dimanche 26 juin 2016

Feuille de route pour une Nouvelle Renaissance européenne

William Bourton 
Le Soir
 

Quarante-huit heures après le vote des Britanniques, 32 personnalités européennes dont Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit se coalisent pour tenter de relancer les moteurs. 


• Guy Verhofstadt, ancien Premier ministre belge, est un des signataires de cette carte blanche. © Belga/Adrian Hancu 

Quel que soit le verdict, l’Europe va devoir se redéfinir » , déclarait Daniel Cohn-Bendit au Soir jeudi dernier, alors que les bureaux de vote sur le Brexit ouvraient leurs portes en Grande-Bretagne.
L’ex-eurodéputé vert persiste et signe, au sens propre : il est l’un 32 signataires d’une « Feuille de route pour une Nouvelle Renaissance européenne », un manifeste au bas duquel on découvre plusieurs grandes figures politiques européennes, comme Felipe Gonzales, Joschka Fischer, Michel Barnier ou Guy Verhofstadt, mais également par des représentants de la société civile et de la culture, qui ne peuvent se résoudre à voir l’idée européenne pourrir sur pied.
Avancer. En se transformant. C’est le leitmotiv de la Charte, applicable dès l’automne prochain, selon les signataires. Concrètement, via quelques-uns des plus grands journaux européens, dont Le Soir pour la Belgique, ils lancent un appel à un grand débat public et citoyen à travers l’Europe, en ciblant six chantiers prioritaires, dans les domaines du renforcement de la démocratie européenne, de la sécurité, de l’intégration, de la politique économique, de la politique sociale et de l’enseignement. Six initiatives, six urgences.
« Voilà dix ans que les opposants au projet européen saturent l’espace public, concluent les europhiles coalisés. Rompons ce cycle absurde. Donnons à l’Union les compétences pour améliorer durablement nos vies. »

FEUILLE DE ROUTE POUR UNE NOUVELLE RENAISSANCE EUROPÉENNE
Un collectif de signataires*

Quarante-huit heures après le vote des Britanniques, 32 personnalités européennes dont Guy Verhofstadt et Daniel Cohn-Bendit se coalisent pour tenter de relancer les moteurs. Nous respectons le vote des citoyens britanniques. Mais il est crucial de ne pas laisser le Brexit détourner notre énergie. Tout au contraire, il peut et doit servir à la raviver. Les Européens doivent se réinventer, et relever des défis collectifs considérables.
• Guy Verhofst

• regrettons.
Le moment est venu de relancer l’appel publié simultanément le 9 mai dernier dans une dizaine de pays européens à l’initiative de personnalités très diverses de la société civile, de la culture et de la politique. Ce texte propose « une feuille de route pour une Nouvelle Renaissance européenne », applicable dès l’automne prochain et axée autour de six initiatives concrètes :
1. Un renforcement de la démocratie et de la culture civique européenne ;
2. Une nouvelle étape en matière de sécurité, de défense et de protection civile des citoyens européens ;
3. Une stratégie pour accueillir, intégrer et, le cas échéant, préparer les conditions de retour à plus long terme des réfugiés dans leur pays ;
4. Une nouvelle politique industrielle européenne, fondée sur une croissance décarbonée, capable de moderniser notre économie et de créer massivement des emplois de proximité ;
5. L’achèvement de la zone euro, pour qu’elle fonctionne efficacement, et non comme une machine à accroître les inégalités ;
6. La création d’un Erasmus pour les élèves du secondaire, qui rassemblera tous les jeunes d’une même génération.
Notre ambition est de contribuer à une réappropriation rapide du projet européen par nos concitoyens, dans l’intérêt général de tous. Nous dessinons ainsi notre futur commun. La feuille de route est ambitieuse, concrète, réaliste, centrée sur les besoins et les préoccupations des citoyens. Sans sa mise en œuvre rapide, le décrochage entre les institutions européennes et les Européens va s’accélérer, premier pas vers une possible implosion de l’Union. Une régression sans précédent menace nos démocraties.
Dans un monde traversé par des défis géopolitiques, sécuritaires, migratoires, climatiques ou économiques transnationaux, une Europe unie et puissante est plus nécessaire que jamais. Respectueuse des diversités nationales, garante des droits fondamentaux, capable d’intégrer les immigrants, de créer des emplois, de réduire les inégalités et d’influencer le cours du monde, l’Union européenne doit devenir une grande puissance démocratique, culturelle, écologique et économique, dans un monde multipolaire où les Européens ne représenteront bientôt plus que 5 % de la population totale. C’est la condition pour que nos concitoyens reprennent confiance en l’avenir.
Voilà dix ans que les opposants au projet européen saturent l’espace public. Ils critiquent pêle-mêle l’inaction de l’Europe en matière de sécurité, de politique étrangère ou de défense, alors que c’est eux-mêmes qui lui ont refusé les moyens d’agir. Rompons ce cycle absurde ! Donnons à l’Union les compétences pour améliorer durablement nos vies.
Six initiatives, six urgences. Au-delà, nous voulons aussi des institutions européennes plus efficaces. Que le Parlement européen prenne, au bon moment, l’initiative d’une convention ouverte et transparente, et engage le débat avec la société civile. Il faut adapter les traités aux enjeux de notre temps. Nous aboutirons ainsi à un nouveau traité, qui permettra aux pays qui le souhaitent d’avancer ensemble.
Pour que notre ambition se concrétise, nous avons besoin que vous, citoyens de nos pays de l’Union, vous vous empariez de notre initiative : débattez, contredisez ou complétez nos propositions. L’Union européenne doit redevenir l’affaire de tous, et non l’affaire de ceux qui veulent la détruire. Seul un tel mouvement citoyen donnera à nos gouvernants le courage d’agir. Nous invitons tous ceux qui partagent cette conviction à nous rejoindre. Commençons ensemble un grand dialogue européen sur ce que nous attendons de l’Union européenne, pour qu’elle puisse profiter à nous tous, maintenant !
Rejoignez-nous et signez la feuille de route sur www.m9m.eu
(*)Les co-auteurs de la Feuille de route pour une Nouvelle Renaissance européenne sont :
Guillaume Klossa (FR), auteur, initiateur de la feuille de route, fondateur d’Europa Nova, ancien sherpa du groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe (Conseil européen) ;
László Andor (HU), économiste, ancien commissaire européen ;
Lionel Baier (CH), réalisateur ;
Michel Barnier (FR), ancien ministre des Affaires étrangères, ancien vice-président de la Commission européenne, Parti Populaire européen ;
Mercedes Bresso (IT), parlementaire européenne, ancienne présidente du Comité des Régions ;
Elmar Brok (DE), président de la Commission des Affaires étrangères, Parti Populaire européen Parlement européen ;
Daniel Cohn-Bendit (FR-DE), ancien président du groupe « Les Verts », Parlement européen ;
Philippe de Buck (BE), ancien directeur général de BusinessEurope, membre du Comité économique et social européen ;
Georgios Dassis (GR), syndicaliste, président du Comité économique et social européen ;
Paul Dujardin (BE), directeur général du Palais des Beaux-arts (BOZAR) de Bruxelles ;
Joschka Fischer (DE), ancien Ministre des affaires étrangères et vice-chancelier d’Allemagne ;
Cynthia Fleury (FR), philosophe ;
Felipe Gonzalez (ES), ancien premier ministre, ancien président du groupe de réflexion sur l’avenir de l’Europe (Conseil européen) ;
Danuta Huebner (PL), ancienne commissaire européenne, présidente de la commission des affaires constitutionnelles, Parti Populaire Européen, Parlement Européen ;
Catiuscia Marini (IT), Présidente du groupe socialiste au Comité des Régions, Présidente de la région d’Ombrie ;
Robert Menasse (AT), écrivain ;
Christophe Leclerq (FR), entrepreneur dans le monde des médias et fondateur d’EurActiv ;
Jo Leinen (DE), président du Mouvement européen, député, Parlement européen ;
Sofi Oksanen (FI), écrivaine ;
Maria João Rodrigues (PT), membre d’équipes de présidence européenne, ancienne ministre, vice-présidente du groupe « Socialistes et démocrates », Parlement européen ;
Roberto Saviano (IT), écrivain ;
Nicolas Schmit (LU), Ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Immigration du Luxembourg ;
Gesine Schwan (DE), présidente de la plateforme de gouvernance Humboldt- Viadrina ;
Philippe van Parijs (BE), philosophe, professeur à l’université d’Oxford, l’Université Catholique de Louvain (UCL) et la Katholieke Universiteit Leuven (KUL) et ancien professeur invité à l’Université de Harvard ;
Kirsten van den Hul (NL), écrivaine et éditorialiste ;
David van Reybrouck (BE), écrivain, fondateur du collectif Brussels Poetry et du sommet G1000 (plateforme pour l’innovation démocratique) ;
Petre Roman (RO), ancien Premier ministre de la Roumanie, ancien Président du Sénat ;
Claudia Țapardel (RO), parlementaire européenne, membre de la Commission des affaires constitutionnelles ;
Guy Verhofstadt (BE), ancien premier ministre, président du groupe « ADLE », Parlement européen ;
Guillaume Vicaire (FR), directeur général du groupe d’édition Editis ;
Cédric Villani (FR), mathématicien, Médaille Fields ;
Sasha Waltz (DE), chorégraphe, danseuse et fondatrice de la compagnie de danse Sasha Waltz and Guests. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
L’EUROPE EST « CHAOS » : SIX CHANTIERS POUR LA RELANCER, VITE. 

Le duo vert et bleu Cohn Bendit-Verhofstadt sort du bois avec une proposition flamboyante. Hormis l’inoxydable Felipe Gonzalez, ça manque terriblement de rouge et c’est sans doute le point faible de cette opération médiatique téméraire mais nécessaire.
Nous retiendrons deux points :
« Notre ambition est de contribuer à une réappropriation rapide du projet européen par nos concitoyens, dans l’intérêt général de tous. »
Et surtout : « La création d’un Erasmus pour les élèves du secondaire, qui rassemblera tous les jeunes d’une même génération. » C’est une idée brillante, puissante et d’un grand réalisme.
C’est aux jeunes qu’appartient la décision et la volonté de relancer le rêve européen. Il convient donc de créer de toute urgence une génération de jeunes citoyens européens critiques et déterminés qui se parlent, se rencontrent pour former d’abord une vraie opinion publique européenne fondée sur une identité européenne collective. Il faut travailler les mentalités pour fonder de la sorte un véritable jeune peuple européen de l’Atlantique à l’Oural.
La Commission et les technocrates de Bruxelles ont dénaturé et tué le projet européen. Seul un élan des jeunes pour donner chair au vieux rêve européen jamais réalisé jusqu’ici malgré de nombreuses et vaines tentatives historiques de fédérer l’Europe par l’épée. Un nouveau départ est possible, maintenant.   
MG


APRÈS LE BREXIT, UNE JEUNESSE AMÈRE ET FURIEUSE ENVERS LES PLUS ÂGÉS
LA LIBRE BELGIQUE 
 
Les "vieux" ont pris la décision qui engage leur avenir: les jeunes Britanniques, très majoritairement favorables au maintien dans l'UE, sont particulièrement frustrés par les résultats du référendum et furieux envers leurs aînés.
"Je suis en colère. Ceux qui ont voté Brexit ne vont pas avoir à se battre pour leur avenir", dit Mary Treinen, 23 ans, consultante en technologie qui vit à Shoreditch, dans l'est de Londres. Dans ce quartier hipster, ce samedi matin, les passants qui déambulent devant les boutiques dépassent rarement la quarantaine. Dans les cafés, les magasins, les ateliers d'artistes, tous redoutent les conséquences d'un Brexit.
"Ce vote, c'est de l'étroitesse d'esprit", souligne Bianca Kostic-London, 30 ans, une Australienne qui vit à Londres depuis neuf mois et se dit très déçue.
#NotInMyName (Pas en mon nom) est devenu tendance sur Twitter.
Une analyse de l'électorat par le milliardaire conservateur Michael Ashcroft montre que 73% des 18-24 ans et 62% des 25-34 ans ont voté pour rester dans l'UE, alors que 60% des plus de 65 ans ont voté pour le divorce avec Bruxelles.
Quelques heures après le résultat, une petite manifestation spontanée s'était formée devant les bureaux du Premier ministre conservateur David Cameron, au 10 Downing Street.
Richie Xavier, un barman de 21 ans, trouve "pas juste que les vieux parlent pour nous. Sans vouloir froisser personne, nous allons vivre plus longtemps qu'eux. Je me sens dépossédé de mon avenir."
Lors d'un meeting du parti d'opposition travailliste dans le centre de Londres samedi, bon nombre de participants déploraient la fracture générationnelle ouverte par le vote entre ceux qui sont nés dans l'Union européenne et les autres.
"Les jeunes qui ont voté massivement pour rester ne doivent pas être dépossédés", a lancé au public Jeremy Corbyn, chef du Labour.
Terence Smith, plus jeune maire du pays âgé de 19 ans, a voté "Remain". "J'essaie encore de réaliser à quoi nous allons devoir faire face", explique l'édile de Goole, ville du Yorkshire, dans le nord de l'Angleterre. "Il y a un profond fossé entre les générations que nous allons devoir combler", estime-t-il.
Les réseaux sociaux débordent de l'amertume et la colère de jeunes Britanniques: "Ce vote ne représente pas la jeune génération qui devra vivre avec les conséquences", écrit Luke Tansley.
Eleanor, sous le pseudonyme @PrettiestStar_, lance: "Je refuse de ravaler la colère, la peur et la tristesse que provoque cette décision qui changera mon futur pour un autre que je n'ai jamais voulu."
"Le sort de notre pays a été décidé par des nostalgiques d'un passé qui n'a jamais existé et ils ont créé un avenir déprimant", estime Rebecca sur @ReallyRew.
Matthew van der Merwe a, lui, écrit au quotidien des affaires Financial Times pour raconter comment ses arrière grands-parents ont fui la vague de nationalisme empoisonné des années 1930 en Europe pour l'Afrique du Sud, que ses parents ont ensuite quitté en raison de l'apartheid.
"J'ai été la première génération à naître dans un pays libéral, ouvert, démocratique et dans un monde devenu de plus en plus coopératif", écrit l'étudiant de Cambridge. "Jeudi, nous avons fait machine arrière, on ne sait pas encore à quel point. L'optimisme que je partageais avec ma génération est bien entamé", dit-il.
Une lecteur anonyme évoque, lui, le fardeau financier que représentent le sauvetage des banques et des fonds de pension des personnes âgées. "Qu'obtenons nous en retour? Nous perdons le droit de circuler librement, d'étudier, de travailler, de vivre et d'être traités en égaux dans n'importe quel pays européen". "Il conclut: "Dès que j'aurai fini mes études, je quitterai ce pays". 


THE BIG WORRY IN BERLIN IS NOW FRANCE AND ITS EUROSCEPTIC VOTERS
Hans Kundnani 

While Germany values the UK as a trading partner, too many concessions will encourage other nations to leave the EU
Over the past few months, Europeans have gradually wrapped their heads around the idea that the United Kingdom might actually vote to leave the European Union. Contingency plans were developed to prevent “contagion” and stop the EU unravelling. Yet when Europeans woke up on Friday morning to discover the Brits had actually done it, they, like many of us in the UK itself, were shocked.
In particular, the British decision sent shockwaves through Germany, which finds itself increasingly at the centre of the EU and, as the chancellor, Angela Merkel said on Friday morning, feels a special responsibility for it. The crisis comes after three others during the last six years, all of which are far from resolved. But Germans see Britain’s decision to leave the EU as an even greater existential threat than the refugee crisis, which had in turn affected them more directly than the euro crisis or the Ukraine crisis.
Merkel graphically described the British vote as an “incision” in the European project. Social Democrat leader Sigmar Gabriel tweeted simply: “Damn. A bad day for Europe.” The cover of the new issue of Spiegel, The cover of the new issue of Der Spiegel published on Friday, went even further. It showed the Queen walking over the European flag and declared: “Europe is dead. Long live Europe?”
Germans are astonished and baffled that the British, whom they had always thought of as pragmatic, would put what they see as an imaginary form of sovereignty above clear and hard economic interest. But now it has happened – and they find themselves between a rock and a hard place. Not least because of the importance of the UK as a trading partner, the instinct of many Germans is to do all they can to keep the UK in the single market.
While other European leaders, including European commission president,  Jean-Claude Juncker r, called for the UK to invoke article 50 of the Lisbon treaty as soon as possible so it could leave quickly, Merkel cautioned against reaching any “simple and quick conclusions” that could divide Europe further.
THE REALITY IS THAT THERE IS LITTLE APPETITE FOR FURTHER INTEGRATION EVEN IN 'CORE' EUROPE
At the same time, Germans fear emboldening Eurosceptic forces in other EU member states. The big worry in Berlin is France. A much-quoted recent poll showed the French population was even more Eurosceptic than the British. Front National leader Marine Le Pen is expected to go through to the second round of the presidential election next year and has called for a referendum on French membership of the EU.
For that reason, Germans want to avoid making too many concessions to the UK that would give incentives for other states to follow suit. The finance minister, Wolfgang Schäuble, said earlier this month “in is in, out is out”, and ruled out the so-called Norwegian model., which would allow the UK access to the single market. A leaked finance ministry paper instead proposed a looser “association agreement”.
But that approach has been criticised by some who argue that it is not in either the German or the European interest to “shut the door” in the UK’s face, as one columnist in the (itself somewhat Eurosceptic) Frankfurter Allgemeine Zeitung, Germany’s newspaper of record, put it. She called for “a fraction of the enormous flexibility that Brussels showed when, at the highest financial risk, it tried to keep Greece in the euro”.
The instinct of many pro-Europeans, in Germany and elsewhere, is also to push forward with further steps in integration among the core around the eurozone to demonstrate the resilience of the EU.
In the weeks leading up to the referendum, there was much speculation about whether the French and German governments might immediately announce a new initiative after  the UK had voted to leave, perhaps on European defence.
The reality, however, is that there is little appetite for further integration even in “core” Europe. It was striking that even Schäuble, a federalist who saw “Grexit” as an opportunity because it would be so “traumatic” that it would force further integration, said earlier this month that the EU couldn’t simply react to a British vote to leave the EU with a call for more integration. “Many would rightfully wonder whether we politicians still hadn’t understood,” he told Spiegel.
Thus Europe cannot go forward. Meanwhile, to go backwards goes against the idea of European integration and would be seen as precisely the wrong message to send right after the first major step in European fragmentation. And the status quo is unsustainable. Thus, Europe is, as the German political scientist Claus Offe has written, entrapped.
The fear, though, is that the British decision to quit the EU has set in motion a dynamic of disintegration that cannot be stopped. So-called functionalist theorists of European integration believed that it would be a kind of self-perpetuating process, whereby steps in one area would lead inexorably to steps in other areas – what they called “spillovers”.
Now the same thing might happen in reverse: “spillback”.
Hans Kundnani is the author of The Paradox of German Power

Aucun commentaire: