lundi 27 juin 2016

Ils sont 27.000 en Belgique: la carte des expatriés britanniques en Europe


La Libre Belgique
Louis Colart

Plusieurs expatriés envisagent de se faire naturaliser belge après le référendum sur le Brexit. 


• © AFP
Près de 5 millions de Britanniques vont perdre la citoyenneté européenne, lorsque le pays sera bel et bien sorti de l’Union. C’est l’une des conséquences du Brexit. Et elle inquiète certains ressortissants du royaume de sa majesté, si l’on en croit les informations faisant état de nombreuses demandes de naturalisation dès ce vendredi 24 juin.
En effet, selon les informations collectées par Le Soir,  dans plusieurs communes bruxelloises. «  Quant aux demandes de renseignements, elles se comptent par dizaines : les services de la population n’ont fait que cela, ce matin  », nous précisait Florence Reuter (MR), bourgmestre de Waterloo, une commune qui recense environ 450 Britanniques.
Les Britanniques sont nombreux en Belgique. Plus de 27.000 expatriés, selon les chiffres de l’ONU, datant de 2013. The Telegraph a compilé, pays par pays, où sont réparties ces 5 millions de personnes dans le monde. Beaucoup résident en Europe, notamment en Espagne (4e destination préférée dans le monde).


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
A NOUS LES PETITES ANGLAISES ET LES PETITS ANGLAIS 

Voilà qui montre à quel point l’identité nationale est une pure vue de l’esprit pour qui a découvert (grâce notamment à Erasmus) d’autres horizons que celui de « mère patrie » pour se découvrir européen ou mieux citoyen de « terre patrie » (Morin) autrement dit, citoyen du monde.  Et voici que pour les plus doués de nos jeunes, la « crème de la crème » comme disent les Anglais le cosmopolitisme apparaît comme une évidence. Cela est lié, on le sait désormais, au degré de formation (« education » en anglais)  des sujets de sa majesté et de toutes les souverainetés nationales.
Ce sont les incultes, les vieux grincheux, les aigris, les frustrés psychologiques et sociaux qui ont opté pour le Brexit. Ils sont des  dizaines de millions en Europe, plus peut-être. Ils se préparent à faire à nouveau le lit de l’extrême droite en Hongrie, en Pologne, en France et même en Allemagne désormais. Ce sont tous ceux-là et toutes celles-là que Bruxelles a snobés, ignorés, méprisés qui aujourd’hui se vengent en optant pour l’exit et on peut les comprendre. Sans un sursaut européen majeur, à défaut d’une pédagogie musclée et téméraire c'en sera fini pour de bon du rêve européen. On peut rêver et imaginer que les « nés coiffés »de l’Europe convainquent les frustrés de l’Europe des bénéfices et des potentiels de celle-ci. Seul un enseignement et des medias , des réseaux sociaux  résolument européens peuvent réussir cela, un Erasmus virtuel pour le secondaire. Mais cela prendra du temps et exige un immense investissement. Il n’y a pas d’autre voie.
MG


LONDRES ACTIVERA-T-IL EFFECTIVEMENT LE BREXIT?

« Les choses ne se passent pas tout à fait comme cela avait été annoncé », explique un diplomate européen interrogé par Le Soir. 


• © AFP
La question peut paraître étonnante, mais dans certains milieux dirigeants européens, on se la pose déjà : est-ce que le Royaume-Uni respectera la volonté démocratique exprimée lors du référendum, et actionnera le Brexit, c’est-à-dire la sortie de l’Union européenne ?
« Les choses ne se passent pas tout à fait comme cela avait été annoncé », explique un diplomate européen généralement bien informé des tendances des réflexions en haut lieu. Contrairement à ce qu’il avait promis, David Cameron a décidé qu’il ne notifierait pas la décision du peuple britannique aux autorités européennes, ce qui ouvrirait sur le champ la négociation du divorce. Quant au camp du Brexit, il semble n’avoir aucun plan, et n’a pas donné une seule indication qu’il compte notifier la décision. » On n’a pas manqué de remarquer aussi à Bruxelles le vent de révolte qui s’est levé contre le résultat du référendum parmi les jeunes, à Londres et en Ecosse, ou dans les milieux économiques. De quoi expliquer que le camp victorieux hésite en fin de compte à rendre effective la décision qui n’est, formellement, que consultative.« Les 27 préféreraient que le Royaume-Uni reste dans l’UE. Mais le cas échéant, c’est aux autorités britanniques à clarifier la situation », ajoute encore le diplomate.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BREXIT OR NOT BREXIT 

On peut se tirer une balle dans le pied, shooter dans son propre goal mais David Cameron a fait beaucoup plus fort que cela.  Il a, dans le dessein de sauvegarder l’unité dans son parti divisé,  provoqué le démantèlement du Royaume désormais désuni et peut-être enclenché la chute des dominos européens. Faire marche arrière en ignorant la décision du peuple souverain ?  Il faut remonter très loin dans l’histoire pour y trouver un acte aussi involontairement suicidaire.
Reste à savoir s’il y a, en Europe, des hommes et des femmes d’Etat 
capables de susciter le grand sursaut européen ? Hollande ? Après tout il n’a plus rien à  perdre et on le sait européen dans l’âme et grand admirateur de Jacques Delors. Charles Michel ? Il aurait tout à y gagner mais il n’a pas la stature de son père, Européen de coeur. Qui d’autre Merkel ?  Angela n’a pas ni l’engagement européen ni le charisme d’un Helmut Schmidt. Mais elle a le sens de l’histoire et est merveilleusement imprévisible.
MG

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