jeudi 9 juin 2016

La fronde monte contre Di Rupo


Le Soir


Le mécontentement gagne le boulevard de l’Empereur. Le PS peine à peser sur le débat politique.


Cela gronde de plus en plus dans les rangs du PS. Le parti semble avoir perdu sa capacité de communiquer. Et son image s’en ressent. Les mandataires sont nombreux à reconnaître qu’  « en interne, on ne parle plus que de ça ». Le mécontentement gagne contre la ligne actuelle et celui qui l’incarne, Elio Di Rupo. Principale cause de cette grogne croissante : la lenteur de gestation du « chantier des idées » lancé en 2015. Ce processus de renouvellement du programme socialiste ne devrait se conclure qu’en 2017. En attendant, les militants« ont l’impression qu’il n’y a que le PTB qui propose des alternatives ».
Le maintien d’Elio Di Rupo à la présidence du parti est également en cause. Son retour à la tête du PS, lorsqu’il avait laissé le Seize à Charles Michel, n’a jamais fait l’unanimité au sein du parti. Mais l’idée que le Montois n’est pas capable de reprendre le leadership de la gauche a gagné beaucoup de terrain au cours des derniers mois. Pour certains ténors du PS, « Elio Di Rupo apparaît comme un homme du passé »alors que le parti a besoin « d’un chef d’opposition plus partisan, plus passionné ». Et les regards de nombreux mandataires de se tourner vers Paul Magnette. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE MEURTRE DU PÈRE 

La politique est une tueuse qui dévore l’image de ceux qui s’y adonnent. Comme autant de papillons agités, ils se brûlent les ailes à la flamme du pouvoir réel ou seulement médiatique.  Quelques exemples belges : Elio Di Rupo, Charles Michel et Bart De Wever tous les trois en chute libre dans les sondages au bénéfice d’une Maggie Deblock qui semble, en mère bienveillante et souriante, fasciner les foules. Hollande, Vals, Merkel, Cameron subissent le même désamour des foules déboussolées par la violence d’une crise morale suicidaire qui ronge l’Europe. Et puisque nos politiciens raisonnables ne font plus le poids ni l’unanimité, on se tourne vers les faux prophètes : Le Pen, Trump, Hedebouw et autres prometteurs de jours meilleurs. Les années de décadence, dit-on parfois, sont des années de bonheur. Pas sûr, vraiment.
MG 

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