mercredi 1 juin 2016

Mannequin de Michel pendu à Mons: «Un retour au Moyen-Âge» pour le MR


Une potence a été installée sur la Grand-Place par la CGSP. 


• Capture d’écran vidéo Sudpresse
Outre la manifestation des services publics, qui a réuni entre 7.500 et 12.000 personnes à Bruxelles, selon la police et les syndicats, des actions ont été menées dans plusieurs villes de Wallonie.
A Mons, un cortège de la CGSP a marché dans les rues de la ville avec à sa tête un « prisonnier » habillé en bleu et portant une pancarte avec une photo de Charles Michel, indique Sudpresse.
Sur la Grand-Place, les manifestants ont ensuite symboliquement pendu un mannequin représentant le Premier ministre, comme on peut le voir sur la vidéo de Sudpresse ci-dessous
Le MR a réagi dans la foulée via Christophe Cordier : «  Le retour au Moyen âge, qu’ils disaient…  ». Le porte-parole du parti fait référence aux propos tenus par le président du PS dans le cadre de la proposition de la FEB de licencier des représentants du personnel qui ne donnent pas satisfaction au travail. «  Nous ne sommes pas au Moyen-Âge ! Il faut arrêter de penser qu’une entreprise se fait sans les salariés, les ouvriers  », avait déclaré Elio Di Rupo.

COMMENTIRE DE DE DIVERCITY
PETIT BONHOMME PENDU
Pour qui douterait encore du caractère essentiellement politique de cette grève en voici la preuve ultime. Ce n’est pas grand place, ni devant le perron liégeois, ni à Charleroi que Charles Michel sera pendu  symboliquement, devant l’hôtel de ville du premier citoyen montois qui se trouve, par un singulier hasard être aussi président de PS, l’homme que l’on  vu en costume rouge à la ducasse de même que dans la manifestation FGTB.
Imaginons donc qu’à force de mettre les usagers à bout, la coalition réussisse à faire tomber le gouvernement fédéral.
Elections anticipées. Quelle coalition pour remplacer la suédois ?
Tout le monde sauf le MR et la N-VA ?
A vos calculettes, est ce arithmétiquement concevable ?
Et qui sera premier ministre. Jouons la chose à petit bonhomme pendu. Avec ou sans la suédoise les problèmes sont à résoudre et ils sont structurels pas conjoncturels.

MG

AUCUN MOUVEMENT SYNDICAL N’A JAMAIS FAIT TOMBER UN GOUVERNEMENT
Bernard Demonty, journaliste au Soir, analyse les conséquences du mouvement de grève. Le petit sondage  du Soir, s’il n’a pas de valeur scientifique, donne toutefois une indication sur la manière dont est perçu le mouvement de grève par nos internautes. Ceux-ci sont plutôt peu favorables à l’action des syndicats.
Pas étonnant, analyse Bernard Demonty, spécialiste des mouvements sociaux pour le service politique du Soir, dès lors que beaucoup de gens en ont subi les inconvénients ce matin. Ce qui est plus nouveau, estime-t-il, c’est l’absence de compréhension des raisons du mouvement. « Il y a un tel désordre dans l’expression des revendications que les gens ne savent plus qui parle et ce qu’ils demandent ».
L’OBJECTIF AFFICHÉ PAR LA CGSP, C’EST DE FAIRE TOMBER LE GOUVERNEMENT. LES SYNDICATS EN ONT-ILS LA FORCE ?
« Nous avons interrogé plusieurs politologues et ils nous indiquent que, dans l’histoire de Belgique, aucun mouvement syndical n’a jamais fait tomber un gouvernement », rappelle Bernard Demonty, tout en précisant que ce n’est pas pour ça que cela ne se produira jamais.
Mais les circonstances ne sont pas favorables aux syndicats pour l’instant, dès lors qu’ils sont divisés. Pour ébranler le gouvernement, il faudrait une grève au finish au niveau national, estime-t-il. Ce qui n’est pas le cas pour l’instant.
Parmi les internautes qui comprennent le combat syndical, plusieurs pointent du doigt un néolibéralisme qui affaiblit l’Etat, et donc les peuples, au profit des plus riches.« Le gouvernement actuel ne peut pas être qualifié de néolibéral », estime Bernard Demonty. Cette accusation témoigne d’un « postulat de ras-le-bol qui provient d’une absence d’écoute d’une partie de la population francophone qui ne se sent pas représentée dans les mesures » prises par le gouvernement Michel.

CHARLES MICHEL N'EST PAS JUSTIN TRUDEAU
GÉRALD  PAPY LE VIF
Le sommet des sept plus grandes puissances mondiales, ces jours-ci dans la péninsule japonaise de Shima, consacre les premiers pas sur la scène internationale du Canadien Justin Trudeau. Sept mois après son accession au poste de Premier ministre, sa popularité ne se dément pas. De quoi faire rêver le chef de gouvernement d'un pays à l'optimisme en berne. La comparaison n'est pas incongrue.

Justin Trudeau, premier ministre canadien vs Charles Michel, premier ministre belge © Reuters
Justin Trudeau et Charles Michel sont deux quadragénaires ; ont été nourris à la politique par un père illustre ; sont membres d'un parti libéral (même si le PLC est plus centriste que le MR) et ont été élus sur la promesse d'une rupture. Au Canada, elle a suivi une orientation plus radicale et une symbolique plus forte. Justin Trudeau s'est rapproché des peuples autochtones, a stoppé la participation militaire à la coalition internationale en Irak et en Syrie, a accueilli 25 000 réfugiés syriens puis 10 000 de plus et a annoncé vouloir légaliser la consommation de cannabis en 2017. En fait de rupture, Charles Michel a dû se contenter, lui, d'une inflexion sociale et économique plus libérale, contestée à répétition par la rue, dans le strict cadre budgétaire de l'Union européenne.
Difficile de déterminer si c'est en raison des contraintes multiples ou par manque de stature que Charles Michel gère plus qu'il ne dirige
Toute comparaison a ses limites. Justin Trudeau dirige un gouvernement à sa main, fort de la majorité parlementaire dont dispose le Parti libéral du Canada, quand Charles Michel doit composer avec trois autres partis et ne représente qu'une minorité de la minorité francophone. Et même si le Canada est aussi un Etat fédéral, la coopération entre pouvoirs central et fédérés, de surcroît emmenés par des équipes asymétriques, est autrement plus compliquée à Bruxelles qu'à Ottawa.
Il n'empêche. En regard de la fougue libératrice du Premier ministre canadien capable de raviver la générosité naturelle de ses concitoyens, Charles Michel apparaît systématiquement en position de retenue contrainte. On peut voir là - c'est indéniable - l'ombre tutélaire d'un Bart De Wever, président du principal parti de sa coalition, qui se permet de critiquer un manque d'ambition dont il est le premier responsable. Ou la réserve d'un Premier ministre attaché jusqu'à la caricature à la répartition des compétences quand il se retranche benoîtement derrière l'Ocam (Organe de coordination pour l'analyse de la menace) pour trancher en matière d'antiterrorisme.
L'économiste Bruno Colmant le suggérait récemment, un "comité de concertation" ne soulèvera jamais l'enthousiasme des foules ; les périodes de crise appellent l'émergence d'une figure paternelle et l'aspiration est forte pour un projet de société mobilisateur. En l'état, difficile de déterminer si c'est en raison des contraintes multiples auxquelles il fait face ou par manque de stature que Charles Michel gère plus qu'il ne dirige. Il n'est pas trop tard pour lui, sur le modèle canadien, de se lâcher, de s'imposer et de donner un véritable souffle à son mandat. Par exemple, en fédérant habilement les niveaux de pouvoir autour de politiques communes comme le suggéraient dans une lettre ouverte Bernard Delvaux, Baudouin Meunier et Johnny Thijs. Sous peine de rester uniquement dans l'histoire de Belgique comme le jeune Premier ministre de transition d'une alliance improbable.
COMMENTIRE DE DIVERCITY
TRES INTERESSANT


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