lundi 13 juin 2016

Quand le déni continue…


Thierry Ollevier, professeur à l’Université Laval (Québec).
Le Soir

Un enseignant à l’étranger, de passage régulier en Europe, s’inquiète pour la sécurité dans les transports belges après les attentats du 22 mars.

Mardi 17 novembre 2015. Bruxelles, Gare du Midi. Trois agents de sécurité Securail bavardent dans une boulangerie dans le hall de la gare. Il n’y a aucun policier ou militaire visible non plus. Quelques tables de contrôles des bagages semblent avoir été installées dans le couloir d’accès aux Thalys et TGV mais il n’y a aucun contrôle d’identité et tout est désert. L’accès au Thalys se passe sans encombres ; l’accès au quai est tout à fait libre, tout comme l’accès au wagon. Il n’y a d’ailleurs pas un seul agent de sécurité sur le quai. Personne n’est présent pour contrôler votre billet ; la personne accompagnatrice peut monter à bord sans la moindre vérification. Il n’y a pas le moindre contrôle des bagages qui s’amoncellent sur le quai, avec des valises, des boîtes…
La contrôleuse de la SNCB s’avouera plus tard dans l’incapacité de contrôler un billet électronique émis par la SNCF… car «  elle ne dispose pas de l’équipement adéquat pour le faire  ».
Ce voyage Bruxelles-Paris en Thalys se sera donc passé sans le moindre contrôle. Le ministre belge des Affaires étrangères a dit que quelque chose se préparait, alors pourquoi les mesures de sécurité n’étaient-elles pas en alerte maximale ?
Pourquoi s’inquiéter outre mesure ? Tout va bien. C’était quatre jours après les attaques de Paris, un peu plus d’un an après l’attaque du Thalys.
Vendredi 20 novembre 2015. Paris, Gare du Nord. L’accès au Thalys était limité aux seuls porteurs de billet. Ont lieu successivement une vérification à la porte du wagon, un contrôle des billets une fois à bord, ainsi qu’une vérification d’identité par la police.
Emotions sans lendemain
Dimanche 29 mai 2016. Gare du Midi, Bruxelles. L’accès au hall des départs des Thalys et des TGV est aisé. Trois douaniers rigolent entre eux et les bagages ne sont pas contrôlés. L’accès au train est aussi facile qu’avant. Le contrôleur reconnaît le laxisme et l’absence de sérieux et de moyens pour les mesures de contrôle. Il n’y a ni agent de sécurité ou policier ni contrôle douanier à l’embarquement. Il n’y a pas de passage de gardes de sécurité dans les rames.
Pourquoi s’inquiéter outre mesure ? Tout va bien.
C’était deux mois après les attaques de Bruxelles, moins de deux ans après la tentative d’attentat dans le Thalys.
Vendredi 3 juin 2016. Paris, Gare du Nord. Des barrières ferment l’ensemble du quai Thalys et seuls les porteurs de billet y ont accès. En plus de ces mesures, le passage aux rayons X des bagages est désormais obligatoire.
Des événements graves se sont passés à Bruxelles. Et puis, des émotions sans lendemain. De grandes déclarations, des postures. On se rassure et on rassure le monde. On se convainc qu’on est à la hauteur. Ne critiquez surtout pas. Pourquoi s’inquiéter outre mesure ? Tout va bien.
Déni, incompétence et manque de moyens. Un dangereux mélange. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BELGIUM BASHING 

Le Belge est maso, il aime à se dénigrer tandis que beaucoup lui envient son art de vivre, son bon sens, son formidable pragmatisme.
Les opinions, les clichés se suivent et se rejoignent dans un autodénigrement redondant : ce qui est excessif devient carrément insignifiant.  Voici quelques opinions  diverses et variées, à vous d’en faire le tri.
MG


LA NOUVELLE MESURE MR-N-VA : "TRAVAILLE GRATUITEMENT OU ON TE COUPE LES VIVRES"
Le Vif

Peter Mertens
Président du PTB

A partir du 1er septembre, le gouvernement veut autoriser le travail d'intérêt général obligatoire " sur base volontaire " pour les bénéficiaires du revenu d'intégration sociale. Ceux-ci pourraient alors être mis au travail sans rémunération, ce qui menace les emplois fixes sur l'ensemble du marché du travail. En cas de refus de ce " contrat ", la personne pourrait perdre ses moyens de subsistance. Une fameuse différence de traitement par rapport aux Panama-fraudeurs, qui ont, eux, depuis longtemps déchiré leur contrat de contribution à la société. 


© Belga 

Mercredi après-midi 7 mai 2014. La salle anversoise qui accueille le "grand débat préélectoral des personnalités politiques" est pleine à craquer. Avec, entre autres, Kris Peeters (CD&V), Liesbeth Homans (N-VA), Monica De Coninck (sp.a) et moi-même pour le PTB. Alors présidente du CPAS anversois, Liesbeth Homans avait lancé l'idée de contraindre les bénéficiaires du revenu d'intégration sociale à effectuer un travail d'intérêt général. J'avais alors raconté l'histoire de Harry, un Néerlandais à la Ville de La Haye. Harry, 53 ans, y travaillait comme balayeur de rues. Il y a cinq ans, Harry perdait son emploi, supprimé suite à des mesures d'austérité (l'air est connu). Aujourd'hui, Harry est chômeur, mais il manie à nouveau le balai et la pelle dans l'espace public, en échange de son allocation d'aide sociale. "Je reçois 400 euros de moins par mois par rapport au salaire que je touchais, soupirait-il. Je me sens exploité, comme un esclave." Le Hollandais n'y comprenait rien. Que les rues doivent être propres, ça, oui. Mais pas qu'il ne puisse plus tout simplement avoir un contrat, comme auparavant. "Je fais exactement le même travail, un travail indispensable dans la ville." Mais l'échevin social-démocrate de La Haye, Henk Kool, ne voyait pas où était le problème : "C'est une bonne chose que les chômeurs acquièrent un rythme de travail et de l'expérience", affirmait-il. Harry, lui, confiait : "J'ai cru que je devenais fou quand on m'a dit ça ! Acquérir de l'expérience ? Alors que ça fait des années que je fais ce boulot ?"
Après cette histoire, il y a eu un moment de silence. Kris Peeters, à l'époque ministre-président du gouvernement flamand, très correct et aimable au cours du débat, a approuvé. Non, le plan de Homans ne pouvait pas voir le jour, il était bien d'accord avec moi sur ce point. Et, plus tard, au cours de sa campagne, le ministre-président a répété l'histoire de Harry lors d'un débat en radio avec la N-VA : un travail obligatoire d'intérêt général, il n'en était pas question.
A PARTIR DU 1ER SEPTEMBRE : LE TRAVAIL D'INTÉRÊT GÉNÉRAL OBLIGATOIRE "VOLONTAIRE"
Depuis, Kris Peeters est devenu ministre dans le gouvernement fédéral. Aurait-il oublié l'histoire de Harry ? Car, le vendredi 20 mai, le conseil des ministres où il siège a, en toute discrétion, ouvert grand la porte à la possibilité d'instaurer un travail d'intérêt général obligatoire "volontaire" également dans notre pays. In fine, Peeters court donc quand même derrière la N-VA. A partir du 1er septembre, toutes les personnes qui reçoivent un revenu d'intégration devront signer un "contrat individuel" avec le CPAS - cela s'appelle un "Projet individualisé d'intégration sociale" (PIIS). Jusqu'à présent, un tel contrat était uniquement obligatoire pour les bénéficiaires du revenu d'intégration sociale âgés de moins de 25 ans. Ce contrat couple le droit à l'allocation à certaines conditions. Parfois, suivre un cours de langue ou un accompagnement psychologique suffit. Mais un travail d'intérêt général peut également se muer en condition à l'obtention d'un revenu d'intégration. Il est certes stipulé que c'est "sur base volontaire", car l'allocataire peut en principe refuser un contrat qui lui est proposé. Mais que se passe-t-il alors ? Un CPAS peut interpréter ce refus comme une "non-disposition" au travail et, pour ce motif, il peut dès lors refuser l'octroi du revenu d'intégration. Le volontariat est donc très relatif, car, en tant qu'allocataire, on n'est guère en position de refuser. Il s'agit donc plutôt d'un "volontaire obligatoire" puisque, si on n'effectue pas ce volontariat, on peut être suspendu. Et, une fois que ce travail d'intérêt général figure dans le "contrat", il faut y satisfaire. Le contrat est en effet contraignant, sanctions à la clé : une suspension de l'allocation allant de un à trois mois.
DES HARRY DE LA HAYE PARTOUT EN BELGIQUE ?
Entre-temps, l'austérité est passée à la tronçonneuse dans nombre de villes et communes, qui sont en sous-financement chronique. Les premières victimes sont souvent les personnes employées par la Ville ou la commune elle-même. Des centaines d'emplois pour personnes non-diplômées passent ainsi à la trappe dans les espaces verts ou la propreté publique. N'empêche, les rue doivent être propres. Et donc, la politique d'activation est une solution rêvée pour remplacer des emplois fixes et stables par des jobs subsidiés et temporaires. Il n'est donc absolument pas impossible que le cas de Harry à La Haye devienne celui de Gérard à Verviers ou d'Anton à Anvers.
Anton (un nom fictif) a travaillé au service des espaces verts de la Ville. Son emploi a été supprimé. Vous savez bien, il faut faire des économies... Celles-ci vont faire disparaître 1420 emplois à temps plein au cours des prochaines années. Anton habite dans un des grands immeubles d'Anvers. Une convocation lui a été envoyée par le VDAB (l'équivalent flamand du Forem en Wallonie et d'Actiris à Bruxelles, NdlR) pour une offre d'emploi, mais ce courrier s'est perdu. Comme il ne s'est pas présenté, la sanction a été dure et immédiate : son allocation de chômage lui a été supprimée. D'après la conseillère au CPAS Lise Vandecasteele, ce n'est pas la première fois que l'on sévit aussi sévèrement à Anvers. Anton a donc dû aller au CPAS pour demander le revenu d'intégration, qui s'élève à 850 euros par mois pour un isolé, un montant à peine suffisant pour survivre. Avec la nouvelle législation, il n'est pas impossible que le CPAS lui présente un "contrat" lui "proposant" de retourner à l'entretien des espaces verts de la Ville d'Anvers. Exactement le même boulot qu'auparavant, donc. Seulement, pour 400 euros de moins, et sans qu'il se constitue des droits sociaux. Et, si Anton refuse le "contrat", il peut être suspendu. Et ainsi perdre son allocation de subsistance, et donc "une vie qui réponde à la dignité humaine".
LES POLITICIENS QUI MARTÈLENT QUE RIEN N'EST "GRATUIT" INSTAURENT LE "TRAVAIL GRATUIT"
Des emplois fixes à la ville ou à la commune, qui permettaient aux personnes n'ayant pas fait d'études de se construire une vie, pourront donc bientôt être remplacés par du travail obligatoire d'intérêt général "volontaire". Ainsi, le "travail gratuit" va être instauré par des politiciens qui martèlent sur tous les tons qu'il n'existe rien de "gratuit" dans la vie. L'allocation que l'on touche, le revenu d'insertion sociale, n'est cependant pas une rémunération pour un travail. La loi stipule en effet qu'une allocation du CPAS est destinée à ce que, dans notre société, les gens puissent pourvoir à un minimum de besoins de base. Le revenu d'intégration sociale est le dernier filet de sauvetage, et il se situe bien en dessous du seuil de pauvreté. Cela ronge l'indépendance, sape toutes les possibilités de s'épanouir, tous les moyens d'avoir des perspectives dans la vie. Ainsi, la "liberté" est enlevée aux gens par des politiciens qui n'ont que ce mot à la bouche. Le président de la CSC, Marc Leemans, qualifiait il y a quelque temps le travail d'intérêt général non rémunéré de "harcèlement des allocataires sociaux". "Au sein de l'Organisation internationale du Travail, on appelle cela des travaux forcés", soulignait-il. Dans le meilleur surréalisme belge, on appellera cela des "travaux forcés volontaires". Du travail forcé qui est volontaire, mais que l'on ne peut pas refuser.
Frederic Vanhauwaert, du Réseau flamand de lutte contre la pauvreté, constate : "Le Réseau n'est pas contre le fait que les gens soient accompagnés vers l'emploi, mais alors vers un emploi décent et payé, et non pas pour un travail bénévole qui leur est imposé pour une allocation bien au-dessous du seuil de pauvreté européen." (http://deredactie.be/cm/vrtnieuws/opinieblog/opinie/1.2445481)
UN ALLOCATAIRE GRINCHEUX QUI SERT LE CAFÉ DANS UNE INSTITUTION DE SOINS
Aujourd'hui, un quart des 100.000 bénéficiaires du revenu d'insertion sociale travaillent. C'est possible via l'"article 60", par lequel le CPAS fait alors lui-même fonction d'employeur et donne ainsi aux gens la possibilité d'avoir un travail rémunéré. On peut par exemple travailler pendant un an sous l'aile du CPAS, en gagnant 500 euros par mois en plus du revenu d'intégration sociale. En outre, ce travail est pris en compte pour la constitution de droits sociaux, de sorte que, par exemple, après une certaine durée, la personne puisse avoir (à nouveau) droit au chômage. Dans la note de concept "Politique flamande des groupes-cibles", le ministre flamand de l'Emploi Philippe Muyters (N-VA) a annoncé qu'il voulait abolir l'article 60. Si cela se produisait, on y serait : plus d'"article 60" (chichement) rémunéré avec maintien des droits sociaux, seulement le PIIS (Projet individualisé d'intégration sociale), non rémunéré et sans constitution de droits sociaux.
Dans les deux cas, chichement payé ou pas payé du tout, cette sorte de travail met la pression sur la totalité du marché du travail. Les emplois existants sont mis sous pression par l'armée des allocataires du bas de l'échelle. Ainsi, la commune d'Eeklo, en Flandre orientale, a étudié la possibilité de faire ramasser les déchets verts par les bénéficiaires du revenu d'insertion. Une belle économie pour le service des espaces verts de la commune. A Aarschot, on veut utiliser les allocataires sociaux pour travailler bénévolement dans les centre de soins et de services. Aux dépens des vrais emplois dans ces centres. "La conséquence est que des gens non motivés font des petits boulots ou qu'un allocataire grincheux sert le café dans une institution de soins", constate Henk, qui a été mis au travail obligatoire par la Ville de Rotterdam (aussi par un échevin social-démocrate, un certain Marco Florijn). Aux Pays-Bas, même l'administration fiscale utilise de la main- d'oeuvre gratuite prise parmi les chômeurs de longue durée. De cette manière, l'État détruit plus d'emplois qu'il n'en crée. En outre, ce flexi-travail gratuit sape les salaires et les conditions de travail du marché de l'emploi par en dessous, ce qui menace d'encore faire augmenter le nombre de travailleurs pauvres.
LE MINISTRE COMMANDITE UNE ÉTUDE, PUIS RACONTE EXACTEMENT LE CONTRAIRE DES CONCLUSIONS DE L'ÉTUDE EN QUESTION
Le ministre de l'Intégration sociale Willy Borsus (MR), qui pousse le travail d'intérêt général obligatoire volontaire, a commandité une étude auprès d'experts de la Haute-école Karel de Grote et des Facultés universitaires Saint-Louis sur ce "Projet individualisé d'intégration sociale" (PIIS), ces contrats qui seront donc généralisés à tous les bénéficiaires du revenu d'insertion à partir du 1er septembre. On se demande bien à quoi sert donc cette étude, puisque le ministre, et avec lui le gouvernement, s'assoit carrément sur ses conclusions. L'étude stipule que "la généralisation" du contrat "peut ouvrir la porte aux décisions et pratiques arbitraires des CPAS envers leurs usagers, sujets aux impulsions de la politique locale". (https://www.researchgate.net/publication/284731478_Het_Geindividualiseerd_Project_voor_Maatschappelijke_Integratie_Een_verkennend_en_evaluatief_onderzoek_in_de_Belgische_CPAS's)
L'étude souligne que, lorsque le contrat "devient une condition" pour l'octroi ou le maintien du revenu d'insertion, le risque existe que celui-ci "devienne un instrument qui, justement, augmente le risque de pauvreté et exclue des gens de ce qui, dans notre système social, constitue le "dernier filet de sécurité"". Un jugement particulièrement sévère. Le ministre Borsus connaît celui-ci, mais il l'ignore résolument et raconte à la presse l'exact contraire. "Le "projet individualisé d'intégration sociale" ouvre la voie aux allocataires du RMI pour s'en sortir", affirme le ministre (http://www.hln.be/hln/nl/957/Binnenland/article/detail/2665452/2016/04/04/Verplicht-voor-elke-nieuwe-leefloner-contrat-met-CPAS.dhtml).
En résumé : le ministre commandite lui-même une étude qui montre que le contrat obligatoire "volontaire" peut devenir un instrument augmentant le risque de pauvreté. Ce même ministre affirme ensuite à la presse que le contrat est la voie pour s'en sortir. C'est la liberté à la libérale. Faut le faire. Le Réseau wallon de lutte contre la pauvreté (RWLP ) s'interroge à juste titre : "Pourquoi financer une étude pour ensuite s'essuyer les pieds sur ses résultats et donc sur les avis professionnels du secteur ?"
ET QUID POUR LES PANAMA-FRAUDEURS QUI NE RESPECTENT PAS LEUR "CONTRAT" AVEC LA SOCIÉTÉ ?
Que votre voisine ne doive pas frapper à votre porte pour demander quelque chose à donner en petit déjeuner à ses enfants, que votre frère ne doive pas venir chez vous parce qu'on lui a coupé l'eau, qu'un ami ne doive pas vous demander de l'aider en lui avançant de l'argent pour payer sa garantie locative... Que tout le monde dans notre pays puisse mener une vie digne, nous y gagnons tous. C'est également inscrit dans la loi. Dans notre loi figure le "droit à l'intégration sociale" (la loi organique des CPAS de 1976). Celle-ci édicte que "toute personne a droit à l'aide sociale. Celle-ci a pour but de permettre à chacun de mener une vie conforme à la dignité humaine". C'est précisément ce droit qui est actuellement menacé. Il est rendu conditionnel, de plus en plus assujetti à des conditions et décisions arbitraires. Quelle que soit la faute, ou la faute supposée, celle-ci est impitoyablement sanctionnée.
Le contraste avec le traitement des Panama-fraudeurs qui ont fait perdre des milliards d'euros à la société en planquant leur fortune dans des paradis fiscaux peut difficilement être plus criant. Cette sorte de gens, au sommet de l'échelle sociale, refuse tout "contrat" avec la société et se soustrait à son devoir de contribution et à son obligation fiscale. Sans la moindre sanction, et avec une série de lois de transactions pénales et des possibilités infinies de procédures à leur disposition. Mais gare à l'allocataire social qui refuserait un "contrat" de travail d'intérêt général ! Il est alors sanctionné très sévèrement, peut-être même par la sanction la plus forte qui existe : priver quelqu'un de ses derniers moyens d'existence. C'est inhumain, et c'est néfaste pour la société. En conséquence, des gens sombrent dans l'extrême pauvreté ou accumulent des dettes énormes. Car ce n'est pas leur argent de poche qu'on leur retire, mais bien les derniers moyens pour pouvoir répondre à leurs besoins de base. Après la perte du revenu d'insertion, beaucoup de gens connaissent alors la fermeture de l'eau, du gaz ou de l'électricité, ou l'expulsion de leur logement.
La clé dans ce dossier est à nouveau au CD&V. Il est à espérer que Kris Peeters repense à ce joli mois de 2014, lorsqu'il était absolument d'accord avec moi sur ce point. Et lorsqu'il disait que nous devions créer des vrais emplois, au lieu de mettre les emplois existants sous pression par du travail d'intérêt général obligatoire "volontaire".


O DIERBAAR BELGIË -
De Redactie.be
 STEF GIJSSELS


België is een van de beste landen om in te leven, toch zagen zeurpieten over een "failed state". Bovendien durven we in eigen land en in het buitenland niet hardop zeggen dat we bij de beste zijn. Het is dringend tijd om dat wél te doen.
Wat bezielt ons toch? België is één van de beste landen van de wereld om in te wonen, in de meest ontwikkelde periode sinds het ontstaan van ons universum, met vrijheden en democratische deelname die weinigen ooit hebben gekend.
We behoren tot de wereldtop qua onderwijs, qua gezondheidszorg, qua export van hoogwaardige producten.
We hebben de grootste herverdeling van middelen, de hoogste lonen, de kleinste loonkloof tussen mannen en vrouwen, de beste “work-life balance”. U moet me niet geloven, maar dit is allemaal te vinden in een nieuwe websitedie ik hiervoor opzette.
En dan nog zijn er zeurpieten die België een ‘failed state’ noemen.
En dan nog zijn er zeurpieten die België een ‘failed state’ noemen. En onze overheid laat dit maar gebeuren. Jarenlang ben ik verantwoordelijk geweest voor het beheer van de wereldwijde reputatie van één van de belangrijkste farmabedrijven in ons land. In die hoedanigheid heb ik geprobeerd om België mee te gaan verkopen als investeringsland tijdens economische missies, op het Wereld Economisch Forum, en tijdens meer gerichte bezoeken en congressen die we opzetten overal in de wereld. De Verenigde Staten, Rusland, China, India … Wat heb ik hieruit geleerd?
WIE NIET MEET, WEET OOK NIET.
Een reputatie opbouwen is hard werk. Het vergt een permanente controle én een een dagelijks ingrijpen door telkens opnieuw op de essentiële punten te hameren. Onze verwezenlijkingen moeten eindeloos worden herhaald voor ze voldoende gehoord, gekend, begrepen en onthouden worden.
Zegt of schrijft iemand iets verkeerds of fouts, dan moet er meteen worden ingegrepen. In de pers, op congressen, tijdens kleinere meetings, op websites en andere kanalen, moet telkens opnieuw herhaald worden wat we hebben bereikt, welke wonderlijke verwezenlijkingen we hebben behaald, waar we voor staan en wat we nog meer willen bereiken voor iedereen. Dit moet echt tot vervelens toe worden herhaald, tot iedereen ervan doordrongen is.
Je moet ook doorgedreven opinie-onderzoeken doen, niet alleen bij de publieke opinie, maar bij alle doelgroepen, de professionele zowel als de niet-professionele stakeholders. Wat denken ze? Wat voelen ze? Dat kost geld, veel geld, maar het loont de moeite. Wie niet meet, weet ook niet.
VEEL GELD
Als een campagne wordt opgezet, mag die geen eenmalige creatieve impuls zijn, zoals Positive Belgium, #CallBrussels, de campagne Share your smile van Toerisme Vlaanderen, Sprout to Be Brussels, We Miss U In Brussels, en andere leuke initiatieven.
De federale regering heeft 4 miljoen euro vrijgemaakt voor een imagocampagne. Dat is honderd keer te weinig. Dat is de kostprijs voor de vernieuwing van een stuk wegdek op een autosnelweg. Dat is de prijs voor het meten van de reputatie van een land. Hoeveel is de reputatie van België waard?
De buitenlandse investeringen in België lopen in de tientallen miljarden. Het toerisme alleen levert al rond de 9 miljard euro per jaar op. In de industrie is bedrijfsreputatie verantwoordelijk voor 10% tot 20% van de omzet. Reken maar uit hoeveel moet worden geïnvesteerd om enige impact te hebben. Wat is onze 'business case' om onze reputatie op te bouwen?
WAT BELGIË EN EUROPA HEBBEN VERWEZENLIJKT IS VERBLUFFEND, ALLEEN WORDT DIT ONVOLDOENDE GEZEGD.
Overheden hebben jammer genoeg een zeer minimalistische visie op communicatie en ‘branding’. Niet alleen in België. Kijk ook naar de Europese Commissie. Alle verwezenlijkingen van Europa dreigen teniet gedaan te worden door de gebrekkige of zelfs onbestaande communicatie van haar eigen instellingen.
Wat België en Europa hebben verwezenlijkt is verbluffend, alleen wordt dit onvoldoende gezegd. De boodschappen raken niet verder dan enkele technici en professionele stakeholders, de burger hoort er nooit iets van. En dan is men verbaasd dat de burger afhaakt.
Reputatie krijg je door een duidelijke visie te hebben over waar je naartoe wil. Reputatie krijg je door positieve gevoelens op te wekken, door mobiliserend te zijn rond waarden en doelstellingen. België heeft de kans om op nog meer vlakken de nummer één van de wereld te worden.
OOK HET BINNENLAND OVERTUIGEN
En een campagne moet niet enkel in het buitenland worden gevoerd, ook bij ons, in België. Alle Belgen moeten weten waar we staan, wat we hebben bereikt. We mogen er best trots op zijn.
Wie weet dat de grootste doorbraken tegen malaria, HIV/AIDS en tuberculose van de laatste jaren uit onze Belgische labo’s komen?
Wie weet dat we Belgische technologie op mars hebben staan?
Wie weet dat onze sociale voorzieningen, onderwijs en gezondheidszorg bij de beste ter wereld horen?
Het negativisme moet worden gestopt. Het is al te gemakkelijk om kritiek te hebben, maar vele opiniemakers verwarren negativiteit met kritische zin. Het is zo gemakkelijk om te blijven wijzen op wat er fout gaat, en tegelijk te ‘vergeten’ het bredere plaatje te tonen.
Er is niets zo destructief als negatief zijn: het vernietigt waarde, harde economische waarde zoals geld en jobs. Het is de beste ‘self-fulfilling prophecy’.
JUSTITIE, STAKINGEN, ARMOEDE, ...?
Maar het is de taak van de overheid om te zorgen voor correcte informatie. De negativiteit ontstaat in het communicatie-vacuüm dat wordt gecreëerd. Desinformatie, geruchten en foute gegevens kunnen slechts groeien op plekken waar geen correcte, heldere en feitelijke informatie werd gegeven.
En uiteraard is reputatie het gevolg van een realiteit. Die is gelukkig goed, maar we zetten die onvoldoende in de verf. En niemand kan ontkennen dat de stand van zaken bij justitie een schande is, zowel de werking van het gerecht als de staat van sommige gevangenissen zijn schokkend voor een land met ons inkomen én onze belastingdruk. Ook de armoedevermindering kan beter, en de wachtlijsten voor de gehandicaptenzorg. Of dat alles komt door een gebrek aan middelen of door een gebrek aan management-vaardigheden, laat ik in het midden.
ONZE HELE BELGISCHE REPUTATIE LATEN AFHANGEN VAN ENKELE WANTOESTANDEN, IS NATUURLIJK OOK NIET CORRECT.
Maar om onze hele Belgische reputatie te laten afhangen van deze wantoestanden, is natuurlijk ook niet correct.
België heeft vandaag de tiende beste reputatie ter wereld, beter dan Groot-Brittannië, Duitsland, Frankrijk, Oostenrijk, Spanje, Italië en de Verenigde Staten. België heeft alle troeven om nog beter te scoren. Laten we de wereld tonen dat we bij de top-3 thuishoren. Dat zal leiden tot nieuwe investeringen en meer jobs


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