mardi 7 juin 2016

Un enfant bruxellois sur quatre vit dans une famille où personne ne travaille


BELGA

Près d'un enfant sur quatre grandit dans une famille où les deux parents sont au chômage à Bruxelles. Un enfant sur cinq est dans cette situation en Wallonie contre un enfant sur quinze en Région flamande, selon les statistiques du service de placement flamand, le VDAB et le groupe de recherche Steunpunt Werk, rapportés par L'Echo et De Tijd mardi. A Bruxelles, 25,7% des enfants grandissent dans une famille où personne ne travaille. Ce pourcentage est de 18,5% en Wallonie et de 6,6% en Flandre. Aucun pays européen - pas même la Grèce, fortement touchée par la crise - n'affiche de tels niveaux, relèvent les quotidiens.
Depuis le début de la crise économique, le nombre de familles de chômeurs est en hausse. En 2008, 11,3% des enfants subissaient cette situation contre à 12,8% à l'heure actuelle, selon ces statistiques.
"Les données indiquent qu'une partie de la population est marginalisée, car totalement déconnectée du marché de l'emploi, explique Willem Vansina du VDAB. "L'expérience nous apprend que les enfants qui grandissent dans un tel environnement ont beaucoup de difficulté à sortir de cette situation critique. Résultat: la pauvreté se transmet d'une génération à l'autre." 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA PAUVRETÉ SE TRANSMET D'UNE GÉNÉRATION À L'AUTRE 


Il y  d’une part le « sentiment du déclin irréversible » tel qu’il est diffusé subrepticement par les médias tellement soucieux de faire sensation constamment. « C’est un sentiment de déclinisme, que tout ce à quoi les Belges sont attachés est en train de se perdre et qu’il y a donc un déclin irréversible de notre modèle social et de notre civilisation. Au lieu de voir des défis, ils imaginent un déclin. La raison est l’impuissance politique. »
D’autre part il faut tenir compte de la réalité statistique et de la manière dont celle-ci est interprétée. Ce qui ne fait aucun doute c’est que depuis trente ans quarante peut être, la prospérité a quitté Bruxelles, la capitale détestée que les Wallons comme les Flamands n’ont eu de cesse de « dégraisser ». C’est fait. Bruxelles n’est plus que l’ombre d’elle-même depuis le départ des classes moyenne vers les vertes périphéries. Ceux qui sont partis ont été graduellement remplacés par les travailleurs immigrés chassés des zones industrielles par la délocalisation systématique de celles-ci entraînant un taux de chômage élevé concentré sur la capitale. Les conséquences sont faciles à comprendre : près de 50 %  de chômage chez les jeunes  dans les communes de la couronne pauvre où se recrutent les djihadistes…
Cerise sur le gâteau, la médiocre qualité de l’enseignement, singulièrement en région bruxelloise et tout particulièrement dans les communes à haut taux de chômage. Comment résoudre ce problème ? Par un changement de paradigme scolaire qui ne se profile pas à travers de pacte d’excellence qui n’est pas vraiment un pacte puisqu’il semble ranimer la guerre scolaire et qui, si on en croit ce qui percole sur lui, est loin de garantir un niveau d’excellence. Porté par Joëlle Milquet certains pouvaient encore y croire, par Marie Martine Schyns c’est beaucoup moins évident.
MG

 
"LES BELGES ONT LE SENTIMENT D'UN DÉCLIN IRRÉVERSIBLE DE NOTRE CIVILISATION"
CHRISTOPHE LAMFALUSSY ET DORIAN DE MEEUS La Libre

Mark Echardes, l’un des sociologues les plus écoutés en Flandre, se penche sur la Belgique, ses maux, ses atouts et son politiquement correct. Le professeur de la VUB, qui avait récemment pris la défense de Jan Jambon suite à ses déclarations sur la "minorité significative des musulmans qui auraient dansé" le 22 mars, dresse l'actuel état d'esprit des Belges. Mark Elchardus est l'Invité du samedi de LaLibre.be.

Extraits:
(...)
QU’ATTENDENT LES BELGES DE LA POLITIQUE?
Les gens ne se réfèrent pas tellement aux problèmes institutionnels, car ils sont trop compliqués. Ce qu’on voit, c’est une grande préférence pour la Belgique. Dans mon échantillon des 25-35 ans, les trois quarts préféraient que la Belgique continue d’exister avec un transfert des pouvoirs, dans l’autre sens, des régions et les communautés vers l’État fédéral. 80 % en Wallonie et les deux-tiers en Flandre, donc une solide majorité. Ce qui est un peu ironique, c’est qu’un tiers des gens qui avaient voté pour la N-VA avaient également cette position... La deuxième chose qu’on observe est un scepticisme à l’égard de l’Europe. Ils ont été désillusionnés. Ils pensaient que l’Europe allait pouvoir régler ces questions qui ne peuvent plus être réglées par l’État nation. La crise financière de 2007-08 et celle des réfugiés les ont déçus. L’impression est que plus personne n’a de prise sur les événements. C’est un sentiment de déclinisme, que tout ce à quoi ils sont attachés est en train de se perdre et qu’il y a donc un déclin irréversible de notre modèle social et de notre civilisation. Au lieu de voir des défis, ils imaginent un déclin. La raison est l’impuissance politique.
QUELLES SONT LES CAUSES DE CETTE IMPUISSANCE POLITIQUE ?
Il y trois causes. La première est qu’ils plaident pour une Belgique unie, avec une politique verte très poussée, très à gauche mais avec une immigration très contrôlée. Quand on regarde le paysage politique, cette offre n’existe pas. Les partis de gauche sont cosmopolites. Et les partis un peu plus communautaristes sont de droite. C’est pour cela qu’une personne sur deux, dans cette génération, dit qu’aller voter n’a aucun sens.
ON RECONNAÎT LES WALLONS DANS VOTRE DESCRIPTION, MAIS PAS LES FLAMANDS. AVONS-NOUS UNE MAUVAISE PERCEPTION DE LA FLANDRE ?
Oui, le jeune électorat de la N-VA se place très à gauche du parti.
CETTE GÉNÉRATION VA ARRIVER AU POUVOIR. VA-T-ELLE RECRÉER UNE BELGIQUE ?
Difficile à dire. C’est en tout cas leur préférence. (...) La deuxième raison de l’impuissance politique est un sens très poussé la responsabilité personnelle, qui est presque extravaguant. Cette génération croit qu’un bon job, un quartier agréable, de bonnes écoles pour les enfants, de bons soins sont en premier lieu le résultat de prestations personnelles alors que c’est, en grande partie, une responsabilité collective et politique. Cela pèse émotionnellement. Il y a beaucoup de stress, de dépressions, de suicides même. Ce sens de la responsabilité les coupe de la politique. La troisième cause est le manque de vision de la société. Cette génération place surtout ses espoirs dans la technologie. Nos politiques devraient offrir de la vision. Je suis persuadé que ce que j’ai trouvé pour cette génération, dans un échantillon de 2000 personnes, vaut pour tous les âges. On croit souvent que les opinions divergent avec l’âge. Mon expérience de sociologue me dit le contraire.
(...) 

LA MOITIÉ DES ÉLÈVES MUSULMANS À BRUXELLES EST ANTISÉMITE
La moitié des élèves bruxellois de confession musulmane est antisémite. C'est ce qui ressort d'une étude intitulée "Jong in Brussel" de la plate-forme Onderzoek Jeugd dont les résultats sont publiés jeudi dans De Morgen.
"Un chiffre très élevé et inquiétant" selon le sociologue Mark Elchardus de la VUB. "Ce qui est grave, c'est que ces sentiments anti-juifs n'ont rien avoir avec un niveau social ou culturel peu élevé, ce qui est le cas parmi les autochtones racistes. Chez les élèves bruxellois autochtones, 10% sont antisémites".
"L'antisémitisme chez les élèves à une inspiration théologique et il y a un lien direct entre le fait d'être musulman et celui d'éprouver des sentiments antisémites", selon le scientifique. "Chez les catholiques ayant des sentiments antisémites, ceux-ci sont loin d'être aussi forts", souligne Mark Elchardus qui plaide pour davantage d'attention pour l'entente mutuelle au sein d'écoles comptant de nombreux musulmans.
L'étude met aussi en évidence le fait que les jeunes belges, marocains, turcs et Européens du Sud cherchent des liens dans leur propre culture. Ils se font encore toujours difficilement des amis dans une autre communauté ethnique que la leur, aussi et surtout en ce qui concerne leurs relations amoureuses.



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