mercredi 22 juin 2016

Un nouveau plan de lutte contre le radicalisme

JULIEN THOMAS  La Libre Belgique



La Région bruxelloise va débloquer prochainement trois millions d’euros afin d’encourager davantage les politiques de vivre et de faire ensemble. La manière dont cet argent sera attribué et dépensé doit néanmoins encore faire l’objet de discussions. C’est ce que le ministre-président Rudi Vervoort (PS) a indiqué, la semaine passée, au député bruxellois Ahmed El Khannouss (CDH).
Le parlementaire humaniste interrogeait le chef de l’exécutif régional sur ses intentions en termes de la lutte contre la radicalisation, après que le réalisateur Ismaël Saïdi ait abandonné en janvier dernier son projet de capsules vidéo sur l’islam. "Il a été convenu qu’un plan pour le vivre et le faire ensemble serait établi dans le cadre du Plan régional de développement durable (PRDD). Nous espérons trouver une solution pour juillet, avant les vacances parlementaires, en concertation avec les présidents des collèges communautaires", lui a répondu Rudi Vervoort.
ACCOMPAGNER LES PARENTS
En plus de ces trois millions d’euros, la Région subsidie également une série d’associations effectuant un travail de fond en faveur du vivre ensemble, a ajouté le ministre-Président. Enfin, d’autres initiatives sont en cours de concrétisation, à l’instar de l’ACS dont va prochainement bénéficier l’Exécutif des musulmans de Belgique. "Il sera chargé de l’épauler dans la prévention de la polarisation. Un soutien structurel de l’exécutif est par ailleurs en cours d’examen. J’ai décidé de mieux soutenir cet organisme", a fait savoir le ministre-Président.
Parmi les associations déjà aidées par la Région bruxelloise se trouvent l’ASBL Dakira (65 000 € par an), chargée notamment de mettre en place des journées de sensibilisation pour jeunes et des rencontres-débats sur le vivre ensemble, ou encore l’ASBL Videp (53 000 €), qui doit réaliser deux films autour du thème de la radicalisation. Quant à l’ASBL Save Belgium, créée par Saliha Ben Ali, la mère d’un jeune Bruxellois parti et mort en 2013 en Syrie, elle a reçu 15 000 € pour la Mothers School, un projet visant à accompagner les mères.
La prévention de la polarisation se concrétise donc par diverses initiatives complémentaires et il sera veillé à ce que les outils créés avec l’aide de la Région soient utilisés de manière décloisonnée, a conclu Rudi Vervoort. Reste que si le ministre-Président avait affirmé en janvier vouloir poursuivre le projet de capsules vidéo sur l’islam, rien n’indique aujourd’hui que ces petits clips verront finalement le jour.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AMATEURISME

Les asbl bénéficiaires de la manne de subsides de la Région semblent bien peu crédibles face à la tâche herculéenne qui les attend. Les pistes de déradicalisation qu’elles proposent nous laissent vraiment rêveur. La solution pourtant  est tellement simple : qui a été radicalisé par des sourates du Coran ne saurait être déradicalisé que par un discours inspiré par ce même Coran. C’est-à-dire par une parole coranique critique de déconstruction-reconstruction. Seuls des hommes et des femmes qui soient eux-mêmes des Corans vivants incarnant une conception éthique et critique du texte fondateur en sont capables. Ces gens existent, j’en ai rencontré. Ils passent généralement aux yeux du politique pour « peu représentatifs » de leurs communautés. Mais ce sont ceux-là qui possèdent la clef du problème et partant une partie de la solution : une « guidance » pour ramener des gamins « égarés » sur le « chemin de Rectitude.
Il s’agit rien moins que de convertir des « mal agissants » à l’éthique coranique du Bel Agir. Quel magnifique défi. Mohammed El Bachiri, veuf de Lubna victime de l’attentat de la station Maelbeek, ne dit pas autre chose dans son magnifique discours de rupture de jeûne prononcé dans l’église Saint Jean Baptiste de Molenbeek.
MG

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