dimanche 31 juillet 2016

Munich, la piste du tireur raciste se précise

Par Petra Hessenberger Libération


A Munich, au lendemain de la fusillade qui a fait neuf morts. Photo Christof Stache. AFP
Selon la presse allemande, l'auteur de la fusillade dans un centre commercial qui a fait neuf morts était un admirateur d'Adolf Hitler et haïssait les Turcs et les Arabes.
Munich, la piste du tireur raciste se précise.
La tuerie de Munich du 22 juillet qui a fait neuf morts a été présentée par les autorités comme le geste de folie d’un jeune forcené qui était suivi pour des problèmes psychiatriques. Cinq jours après, le 27 juillet, le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung avance l’hypothèse qu’il s’agissait plutôt d’un acte raciste.
Les enquêteurs de la police confirment que David Ali Sonboly, âgé de 18 ans, ne faisait pas partie d’un groupe d’extrême droite, mais supposent qu’il avait un fort penchant pour les idées racistes. Selon des proches, il admirait Adolf Hitler et considérait le fait d’être né le même jour que le dictateur comme un honneur. Né en Allemagne d’une famille iranienne, il se disait fier d’être «doublement aryen», l’Iran étant considéré par les tenants de l'aryanité comme le «berceau aryen». Il haïssait particulièrement les Turcs et les Arabes, «éprouvant un sentiment de supériorité envers eux».
Selon le quotidien, ce n’était donc probablement pas un hasard si toutes ses victimes, résidant à Munich ou aux alentours, avaient des origines étrangères (turques, kosovares, grecques et hongroises). Il avait 300 munitions sur lui, mais ne semble avoir visé que des personnes visiblement d’origine étrangère. Deuxième indice, l’altercation avec un riverain pendant la tuerie où il criait qu’il était allemand et né en Allemagne et pestait contre les «Turcs de merde». Un dernier indice renforçant la thèse d’un terroriste d’extrême droite est le choix de la date : il a commis son acte le jour du cinquième anniversaire de l’attentat du Norvégien Anders Behring Breivik, auteur du massacre de 77 personnes, qu’il prenait comme modèle.
Petra Hessenberger


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ISLAMISME HITLERISME DIFFERENT COMBAT MÊME MODUS OPERANDI 

Daech a ouvert la boite de Pandore ou plus exactement,  les djinns maléfiques sont sortis de la bouteille où ils étaient tenus enfermés depuis si longtemps. Ils ont moins de vingt ans et des courants d’air leur traversent le cerveau. Air chaud du radicalisme qui fanatise, air glacé du fanatisme qui tue. Ils jouent la carte du désespoir l’arcane de Thanatos. Retournez la carte djihadiste vous découvrirez une figurine raciste. Terroristes d’Hallah et terroristes d’extrêmes droite : même combat. De quelles armes disposons-nous pour les  combattre ? L’esprit critique et l’éducation. Enseignantes et enseignants, la balle est dans votre camp.
MG

samedi 30 juillet 2016

"Mon Dieu, que c'est dur d'être catholique aujourd'hui"

La Libre
CONTRIBUTION EXTERNE

Une opinion de Valentine De le Court, romancière, qui fait suite au meurtre du Père Hamel en pleine messe ce mardi.


C'est dur d'être un catholique aujourd'hui,
Non pas parce que les chrétiens sont persécutés aux quatre coins du globe,
Non pas parce que les prêtres ne sont plus en sécurité même en Europe,
Mais à cause du fait qu'il est difficile de ne pas tomber dans la haine, dans le rejet et dans la volonté de revanche,
Je suis tentée, très tentée...
Il n'est pas aisé de pardonner.
Mon Dieu,
C'est dur d'être un catholique aujourd'hui.
De tout temps, la violence a existé au sein des sociétés humaines et suscité des réactions armées. Ces réactions ont tout d’abord été disproportionnées, tombant dans l’escalade sans fin de la barbarie. Un premier progrès a été acquis lorsque l’humain a placé comme limite le principe du « œil pour œil, dent pour dent ». Le conflit s’éteignait lorsque la vengeance était accomplie.
Depuis quelques mois, en lisant sur internet les commentaires de nombre de citoyens qui appellent à l’application stricte de ce vieux principe (refoulement de tous les étrangers, déchéances de nationalité, fichage, privation d’allocations pour les familles des terroristes), je me demande si l’esprit humain n’est pas resté attaché à cette ancienne loi qui, au cours des millénaires, a fait preuve de son inefficacité pour atteindre la paix.
Le message simpliste de la violence est compris par tous et suscite, une fois encore, la réaction simpliste de la violence. En prêchant la réponse agressive (animé par une indignation bien compréhensible), nous réagissons exactement comme le souhaitent les terroristes. Nous parlons un langage qu'ils comprennent, nous nous aventurons sur le terrain où ils cherchent à nous entraîner et sur lequel ils seront toujours gagnants, car eux ne s’embarrassent pas de la moindre limite.
La seule solution ne serait-elle pas de parler un langage qui les surprennent, de manier une arme qu'ils ne connaissent pas ? Et c'est précisément ce qui était à la base du choix de vie du Père Hamel. Ce n'est certes pas une recette miracle. Le message du Christ, l'Amour, n'est pas un message simpliste ni un chemin aisé, mais c'est le seul à mon sens qui ne soit pas une impasse.
Non, ce ne sont pas que des mots. Il s’agit d’un travail de tous les jours qui commence par un travail sur soi. Nous n'éliminerons pas toute la violence sur Terre mais notre combat minimal est de l'éliminer en nous. Ce serait déjà une victoire à notre portée, un exemple qui pourrait susciter d'autres combats similaires. Si nous souhaitons manifester notre solidarité avec le Père Hamel, le mieux n'est-il pas de s'engager à sa suite, à la suite du Christ ?
Dans la société humaine où nous vivons, nous formons comme une chorale où toutes nos voix sont appelées à se mêler. Pour trouver l’harmonie, il ne s’agit pas de se taire, au risque de ne plus entendre que les cris des prêcheurs de haine. Affermir sa voix ne signifie pas dominer les autres, tandis qu’une voix non-assurée entraîne l’ensemble au déraillement.
Nous ne devons pas tomber dans l’angélisme. Mais, comme dans un tableau impressionniste, apporter notre touche de couleur, irremplaçable. A notre niveau, nous n’en voyons pas l’effet, pourtant, avec le recul des années nous pouvons transformer notre monde par petits coups de pinceaux.
Notre société actuelle nous donne un idéal matérialiste et individualiste. Et ce depuis plusieurs décennies. Or, l’humain, par nature, est profondément idéaliste et sociable. Dans la quête d’un idéal digne de lui, il cherche où étancher sa soif. Depuis des années aussi, pris d’un espoir vain de coaliser une société multiculturelle, les occidentaux se sont efforcés, sous prétexte d’ouverture, de gommer le plus possible leur identité judéo-chrétienne, ne remplaçant ces valeurs fondatrices par rien d’autre qu’un consumérisme effréné et une soif de reconnaissance télévisuelle.
L’idéal de violence à laquelle ont succombé les djihadistes est simple à comprendre et facile à mettre en application. L’idéal d’Amour est aisé à envisager et complexe à vivre au jour le jour. Plutôt que d’offrir pour seule réponse un châtiment, proposons cet objectif plus sophistiqué mais combien plus riche et porteur de fruits. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NE PAS PLIER DEVANT LA VIOLENCE 
 
"La paix, c'est ça qu'on veut (...) Tant qu'il y aura des bombes sur la Syrie, nous continuerons les attentats. Et il y en aura tous les jours. Quand vous vous arrêterez, nous arrêterons "
Le gamin qui parle a 19 ans, il vient, le monstre, d’égorger un prêtre, il sait qu’il va mourir, il choisit de sacrifier sa vie.
Soeur Huguette Péron : « J'ai eu droit à un sourire du second. Pas un sourire de triomphe, mais un sourire doux, celui de quelqu'un d'heureux ».
Cela ressemble à une pièce de théâtre sinistre du genre « Murder in the Cathedral »  de T.S Eliot : cinq ou six personnages en quête d’un drame dans un décor gothique. Allégorie brève pour une époque démente.
« Notre société actuelle nous donne un idéal matérialiste et individualiste. Et ce depuis plusieurs décennies. Or, l’humain, par nature, est profondément idéaliste et sociable. Dans la quête d’un idéal digne de lui, il cherche où étancher sa soif. Depuis des années aussi, pris d’un espoir vain de coaliser une société multiculturelle, les occidentaux se sont efforcés, sous prétexte d’ouverture, de gommer le plus possible leur identité judéo-chrétienne, ne remplaçant ces valeurs fondatrices par rien d’autre qu’un consumérisme effréné et une soif de reconnaissance télévisuelle. »
Pendant ce temps, à Auschwitz, un pape nommé François s’immerge dans le silence et la honte : «Je suis allé à Auschwitz, à Birkenau, rappeler les douleurs d'il y a 70 ans. Combien de douleurs! Combien de cruauté! Mais, est-il possible que nous, les hommes, créés à la ressemblance de Dieu, nous soyons capables de faire ces choses? Mais ces choses ont été faites. La cruauté n'a pas pris fin à Auschwitz ou à Birkenau. Aujourd'hui on torture les gens! De nombreux prisonniers sont torturés, immédiatement, afin de les faire parler. C'est terrible. Aujourd'hui, il y a des hommes et des femmes dans des prisons surpeuplées. Ils vivent comme des animaux. Aujourd'hui il y a cette cruauté. Nous disons: en visitant le camp nous avons vu la cruauté d'il y a 70 ans. Comment ils étaient fusillés, pendus, ou par le gaz… Mais, aujourd'hui, en de nombreux lieux à travers le monde où la guerre se déroule, on voit la même chose.»
Comment ne pas penser au film « des hommes et des dieux » à Christian de Chergé, le prieur du monastère de Tibéhirine (Algérie) assassiné avec six autres moines en 1996 : sept hommes ont finalement pris collectivement la décision de ne pas plier devant la violence. « Laissez passer l’homme libre »
MG 


ATTENTAT EN NORMANDIE: LE DIALOGUE SURRÉALISTE DANS L'ÉGLISE ENTRE LES RELIGIEUSES ET LES TERRORISTES
AFP La Libre Belgique

Un dialogue surréaliste s'est engagé mardi dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (France), après l'assassinat du père Jacques Hamel, entre le commando et les deux religieuses retenues à l'intérieur de l'édifice, ont rapporté ces dernières à l'hebdomadaire catholique La Vie.
Alors que le prêtre de 85 ans, qui vient d'être égorgé, et un fidèle grièvement blessé gisent à terre, les deux agresseurs, qui avaient jusqu'à ce moment fait preuve d'agressivité et d'énervement, changent brutalement de comportement. "J'ai eu droit à un sourire du second. Pas un sourire de triomphe, mais un sourire doux, celui de quelqu'un d'heureux", raconte soeur Huguette Péron.
Soeur Hélène Decaux, 83 ans, et l'épouse du fidèle blessé, âgée aussi de plus de 80 ans, demandent à s'asseoir. L'un des deux tueurs accepte. "Je lui ai demandé ma canne, il me l'a donnée", précise soeur Hélène.
Puis la conversation prend une tournure religieuse. L'un des deux hommes demande à soeur Hélène si elle connaît le Coran. "Oui, je le respecte comme je respecte la Bible, j'ai déjà lu plusieurs sourates. Et ce qui m'a frappé en particulier, ce sont les sourates sur la paix", répond la religieuse.
"La paix, c'est ça qu'on veut (...) Tant qu'il y aura des bombes sur la Syrie, nous continuerons les attentats. Et il y en aura tous les jours. Quand vous vous arrêterez, nous arrêterons ", répond son interlocuteur.
"As-tu peur de mourir?", interroge ensuite ce dernier. A la réponse négative de la religieuse, il poursuit: "Pourquoi?". "Je crois en Dieu et je sais que je serai heureuse", réplique soeur Hélène, qui confie avoir prié intérieurement la Vierge et pensé à Christian de Chergé, le prieur du monastère de Tibéhirine (Algérie) assassiné avec six autres moines en 1996.
Avec soeur Huguette, la conversation porte sur Jésus. "Jésus ne peut pas être homme et Dieu. C'est vous qui avez tort", assène l'autre assaillant. "Peut-être, mais tant pis", répond soeur Huguette. "Pensant que j'allais mourir, j'ai offert ma vie à Dieu", ajoute-t-elle.
"Visiblement, ils attendaient la police", considère soeur Hélène. Peu après, les deux hommes tentent une sortie en prenant les trois femmes comme bouclier humain. "Mais ils ne se sont pas mis totalement derrière nous. A croire qu'ils allaient au devant de la mort".
Présente à la messe lors de l'irruption des terroristes, une troisième religieuse, soeur Danielle Delafosse, était parvenue à sortir de l'église et à donner l'alerte.

Attentat dans une église: «Notre fraternité vivra», dit l’imam de la ville

Le Soir
Une cérémonie a eu lieu à la mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray, où a eu lieu la tragédie.


• Capture d’écran. © Twitter
Une cérémonie s’est tenue ce vendredi après-midi à la mosquée de la ville. L’Imam a invité les chrétiens au prêche de l’après-midi.
« Je ne peux pas me taire, mon silence pourrait être interprété comme de la connivence ! », a entamé l’imam de Saint-Etienne-du-Rouvray.« Vous ne passerez pas par nous. Ni aujourd’hui, ni demain ! Vous voulez créer la discorde, mais vous ne nous connaissez pas », a-t-il continué.
« Vous vous êtes trompés de civilisation car vous êtes hors de la civilisation. Vous vous êtes trompés d’humanité car vous êtes hors de l’humanité ! », a-t-il insisté.
"Vous vous êtes trompés de cible/pays/civilation ! On ne vous le pardonne pas"
L’imam a conclu avec ses mots : « Aux criminels qui veulent nous monter les uns contre les uns : notre fraternité vivra ! ».
Invité à la cérémonie, le père Auguste Moanda a déclaré : « Il faut construire des ponts et non des murs entre nous. Nous croyants devons montrer l’exemple ».
Catholiques et Musulmans se sont ensuite rendus ensemble devant l’église où s’est déroulé le drame pour une minute de silence.
Des personnes de confession musulmane sont venues dans l’église avant de se rendre à la mosquée, située juste derrière l’édifice, pour la traditionnelle prière du vendredi.
FRATERNATISATION ENTRE CHRÉTIENS ET MUSULMANS
Un moment émouvant s’est produit quand un musulman, venant de Valenciennes (Nord) et enseignant la religion dans une école publique belge, est tombé dans les bras du responsable catholique de la chorale de la ville, Gabriel Moba.
« En tant que musulman, je ne tolère pas ce genre de choses », a déclaré à l’AFP l’enseignant, Yazid Amara, à propos de la prise d’otages qui s’est soldée par la mort du prêtre.
Voyant la scène de fraternisation, une jeune musulmane de 25 ans, en pleurs, les a félicités. « Je vous remercie pour ça, ils ne nous détruiront pas », a-t-elle dit en évoquant les deux djihadistes qui ont égorgé le père Hamel dans l’église Saint-Etienne, située en centre-ville.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« VOUS VOUS ÊTES TROMPÉS D’HUMANITÉ »

Emotion,  chagrin et miséricorde. Cet imam a du cran. Son propos est hardi, on ne peut que s’en réjouir. Il rejoint les témoignages forts de Gabriel Ringlet et celui de Michel Visart, père d’une adolescente tuée dans l’attentat du Maelbeek.  Nous avons à cœur de répercuter ces cris en espérant qu’ils seront largement répercutés et auront un écho dans les cœurs des hommes et des femmes de volonté que ces crimes bouleversent.
La mal radical (Kant) a pour seule vertu d’éveiller la compassion des êtres les plus endurcis. Ces voyous lamentables  qui s’égarent et que l’islamisme induit en errance se sont en effet trompé d’humanité.
MG

vendredi 29 juillet 2016

The only way to defeat Islamic State is to give young Arabs hope


Daoud Kuttab (The Guardian) 


Overturning the jihadi group will leave an ideological vacuum – and to prevent it from rising again, young people need jobs and political representation
In the worldwide struggle against Islamic State and other violent religious extremists, an important factor is often overlooked: the psychological impact of both victory and defeat.
Since Muslims ruled Andalusia, followers of Islam have witnessed one historical defeat after another, the last being the demise of the 600-year Ottoman Empire. In more modern history, Arabs have witnessed political defeats that left Palestine under Israeli military control, Syria and Egypt ceding territory in the six-day-warand Iraq defeated twice by an US-led coalition that included Arab allies.
The Isis ideoligy encourages young Muslims and Arabs coming of age to find in the promised “caliphate” the hope of victory and the false reassurance of return to a lost golden age.
The defeat of Isis is therefore important on two levels. Operationally, it would en the group’s physical  control of territory and the possibility of training and planning attacks. On a psychological level, it would represent the defeat of a warped ideology. 
But defeating Isis physically and ideologically should not be left to military strategists or western troops. It makes a big difference who is credited with their defeat, and for such a defeat to be sustainable it must be matched with a credible alternative for the restless young people who yearn to be part of a winning team. If the west is going to play a part in shaping the future after the defeat of the “caliphate”, it is vital that they don’t claim credit for such a defeat, even if they have played a key role.
But more important still is who will fill the ideological vacuum once Isis is no longer in control of the territory it holds. When young people demonstrated in their thousands on the streets of Tunis and Cairo in 2010-2011, many of them believed the momnt for Arab democracy had arrived. Unfortunately the true agents of change lacked the ability and the organisation to fill the vacuum created by  the departure of Zine al-Abdine Ben Ali in Tunisia and the jailing of Hosni Mubarak in Egypt.
Ironically, the strength and short-term victories of Isis and similar groups has led to a new radical secular movement taking shape in the Middle East and North Africa. This conversation is mostly happening on social media, and like the Arab spring demonstrators, those hopeful of achieving secular democracy have little chance of genuinely filling the vacuum that is sure to develop once the Isis hardcore is defeated.
What is needed now is a new partnership between moderate powers in the Arab world, civil society activists and secularists. The number one condition for such a partnership is genuine respect for others and an end to rivalry. A successful partnership must respect and build on the only alternatives to violent extremism: power-sharing, inclusivity and pluralism.
The raison d’être of this new partnership must be to promote democratic principles and to encourage the separation of church and state while respecting moderate religious conservatives who believe in gradual rather than revolutionary change. But this will not be enough. Feeding the heart without feeding the body will only delay another round of trouble. A Marshall plan of sorts must be implemented that can help address the huge unemployment problem that faces most Arab and Muslim young people today.
All of this may sound idealistic and certainly is not new to the west, which has regularly rejected such ideas in favor of maintaining alliances with autocratic regimes to promote its short-term interests.
The biggest danger in the coming months and years is that the west will selfishly refocus its attention internally. The most recent violent attacks in the US, France and Germany show clearly that isolationism will do little to address borderless issues.
While Isis needs to be defeated, care must be given to who earns the credit. The best-case scenario – although probably an idealistic one – should be an inclusive power-sharing governance structure that can help build a much more progressive and representative future for the Middle East, preventing any resurgence of this ugly scourge.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CONTRE LE «MAL RADICAL»
TENDONS LA MAIN CONTRE LA HAINE

Nous nous effaçons devant la douleur et la lucidité de Michel Visart, père d’une victime de l’attentat de la station de métro Maelbeek qui dit mieux que personne ce que nous ressentons face aux crimes d’une mafia de criminels qui instrumentalisent l’islam à des fins innomables.  




Le Soir
Crarte blanche

Pour l’auteur de cette carte blanche dont la fille est décédée à Maelbeek, il n’y a pas de guerre de religion, de guerre civile. Il y a une organisation criminelle qui n’a rien à voir avec un Etat : il y a des salauds, «  autre nom de ce que le philosophe Kant appelait le «mal radical»

A chaque attentat, où qu’il ait lieu, c’est le même décompte. Celui des morts, en principe exact, celui des blessés graves assez précis, celui des blessés légers fatalement plus flou. Le calcul s’arrête là. Impossible de prendre en compte les victimes collatérales, les familles, les amis, les collègues de travail sans oublier les femmes et les hommes des services de secours.
Acceptons un multiple de cinquante par personne décédée, vous imaginez la somme de souffrances ? Et que la victime soit un prêtre dans une église, un enfant à Nice ou un autre innocent en Syrie ne change rien, c’est à chaque fois le même drame, la même horreur.
Non, il n’y a pas de guerre de religion, de guerre civile comme certains ont osé le dire. Il y a une organisation criminelle qui n’a rien à voir avec un Etat, qui manipule une religion et qui n’a d’autre objectif que de répandre la haine, de détruire l’Humanité. Ses responsables sont des criminels en plus d’être des lâches. Comme il est aisé de revendiquer la paternité d’attentats perpétrés par de pauvres types décérébrés !
Qu’ils soient en haut ou en bas de la hiérarchie, ces criminels doivent être traités comme tel. Il faut les combattre sans pitié et les juger dans le respect de nos lois démocratiques. Il le faut pour stopper à terme cette escalade de l’horreur, pour que partout nous puissions revivre en paix. Partout, parce qu’aucun pays, aucun continent n’arrivera à se protéger en laissant s’embraser le reste du monde.
DIALOGUE ET ÉDUCATION
Comment y arriver ? Ici, je ne peux qu’avouer ma totale incompétence n’étant expert en aucune des matières concernées et pas plus responsable politique. Leur tâche est d’une complexité extrême face à un défi inconnu dans l’histoire. Je reste convaincu que chaque personne en situation de responsabilité donne aujourd’hui le meilleur d’elle-même avec ses compétences et ses limites ce qui ne signifie pas que l’efficacité soit toujours au rendez-vous. Nos démocraties ont suffisamment d’instruments de contrôle pour vérifier cela et corriger le tir.
En tant que citoyen conscient de ses droits et de ses devoirs, de sa chance de vivre en liberté, je suis aujourd’hui, encore plus qu’hier, convaincu qu’il ne faut en aucun cas répondre à la haine par la haine. Au-delà de la nécessité de sécurité qu’il serait idiot de nier, l’urgence est de travailler sur le long terme ce qui n’est absolument pas contradictoire avec deux objectifs essentiels : le dialogue et l’éducation.
Le dialogue en créant des ponts qui n’existent pas aujourd’hui. Sans connaissance de l’autre, sans compréhension mutuelle, tout progrès sera très difficile. Cette démarche ne peut en aucun cas être en sens unique. La main tendue doit saisir une autre main tendue. Rien ne sert d’ouvrir une porte si la personne qui est de l’autre côté refuse ce dialogue. Cette responsabilité est impérativement réciproque.
L’éducation au sens large, pierre angulaire de toute avancée. L’éducation dans le respect de l’autre, de ses convictions et de ses valeurs. L’éducation dans le respect de notre démocratie qui impose à chacun d’accepter les mêmes règles, celles qui nous permettent de vivre ensemble en harmonie et en paix.
Rejetons les appels à la haine et à la violence d’où qu’ils viennent ! Ils nous conduiraient droit dans l’abîme. Nous savons tous qu’il y aura encore des victimes innocentes, de la souffrance. Ayons, chacun, le courage du long terme, tout de suite.

jeudi 28 juillet 2016

Gabriel Ringlet: "Daech gagne à chaque fois que nous montons dans le sécuritaire"


RTBF info
Gabriel Ringlet, prêtre et professeur émérite à l'Université catholique de Louvain était l'invité de Matin Prem1ère. Au micro de Robin Cornet, il s'est exprimé sur la prise d'otage à Saint-Etienne-du-Rouvray, lors de laquelle le prête Jacques Hamel a été égorgé. 


"Je n'ai qu'un cœur en guenille et deux mains tendues de brindilles. C'est l'innocence, c'est la pauvreté, ce vieux prêtre de 86 ans, qu'avait-il fait de mal? Ce n'est pas que lui, Daech s'en prend fondamentalement à l'innocence, s'en prend fondamentalement à tout ce qui est ténu. Il ne s'attaque pas particulièrement à la puissance."
"C'est là que nous sommes au cœur de la monstruosité, c'est ce qu'il y a de plus doux et de plus faible qui est rayé de la carte, et donc nous devons absolument nous unir face à ça."
DAECH, UN NON-PRATIQUANT DE L'ISLAM
Les discours tenu par le monde politique français suite à cet événement tragique étaient durs, teintés de références belliqueuses. "Ce que veulent les terroristes, c'est nous séparer, nous diviser, nous déchirer", déclarait hier François Hollande. Hervé Morin, du parti Les Républicains, a lui dit craindre "un embrasement de la société française, une espèce de guerre civile". Une nouvelle guerre des religions? Gabriel Ringlet n'y croit pas.
"D'abord je ne crois pas du tout que Daech soit pratiquant de la religion musulmane. Ils n'y connaissent rien, ils ne connaissent pas le Coran. C'est entièrement instrumentalisé. Et la toute première victime dans tout ça, c'est un musulman, c'est le musulman de la base."
"S'ils veulent faire en sorte que les peuples et les religions s'opposent, c'est possible au nom d'un pouvoir titanesque mais je pense que nous devons résister par le dialogue, par l'accueil. Je suis très fier de voir que dans l'Eglise catholique, autant au somment qu'à la base, il n'y a que des discours pacifiques, en tout cas dans tous les lieux officiels. Dire que le dialogue avec le monde musulman continuera, c'est la seule résistance possible face à cette barbarie."
LA RELIGION QUI PEUT ÊTRE LA MEILLEURE DES CHOSES, PEUT ÊTRE AUSSI EXTRÊMEMENT DANGEREUSE
Les discours religieux ne rejoignent pas ceux du monde politique, le recteur de la mosquée de Lyon ayant déclaré: "C'est à nous de faire le ménage au nom de l'Islam, et c'est le seul moyen que nous avons, c'est la connaissance et le savoir".
"Il est absolument certain que l'Islam et le monde musulman doit s'interroger, doit devenir critique par rapport à lui-même, commente le prêtre. Je pense que si tous ces jeunes qui tuent dans des conditions atroces étaient mieux formés, qu'ils étaient plus critique, ils ne seraient pas instrumentalisés comme ils le sont."
"La religion qui peut être la meilleure des choses, peut être aussi extrêmement dangereuse lorsque l'on est porteur d'une parole forte. Le grand danger; c'est de vouloir imposer cette parole fortement. Plus on adhère à une religion, plus on doit être critique à son égard. Le christianisme ayant dû lui-même beaucoup traverser de chemins terribles pour en arriver à ce regard critique, soyons un petit peu patient, même s'il y a urgence, à l'égard de ceux qui sont en chemin mais qu'il faut absolument encourager."
"ETRE DEVANT DAESH, DÉSARMÉ"
Le sécuritaire n'est pas la solution à cette barbarie, Gabriel Ringlet est persuadé.
"Nous tenons un discours sécuritaire, nous nous donnons l'illusion de lutter contre ce mal, mais au contraire nous l'aggravons fortement. Daech gagne à chaque fois que nous montons dans le sécuritaire. J'ai très peur de cette rhétorique qui fait beaucoup de vent et de bruit. Le dialogue dominant devrait être un appel à la rencontre de l'autre, ce devrait être un appel à un pluralisme dynamique. Le discours guerrier ne conduira à rien sinon à une augmentation de la violence."
"Etre devant Daech désarmé, quitte à être rayé de la carte, fera qu'un jour on pourra éradiquer cette chose terrible."
"J'aimerais que des rabbins, des imams, des prêtres soient formés dans le même état d'esprit, heureux mais critique de leur religion. Pour que ces jeunes ne soient plus dévoyés, il faut un discours critique et ouvert."
UNE SURMÉDIATISATION QUI JOUE LEUR JEU
Ces derniers jours, les médias relatent presque quotidiennement des actualités d'attaque au couteau, d'explosion, d'attentat. Cette médiatisation excessive, conséquence de notre monde ultra-connecté, fait partie de la stratégie de Daech. L'ancien vice-recteur de l'UCL vise l'utopie, "même si je sais que c'est impossible, nous devrions passer sous silence ces événements terribles. Daech n'attend que cela, un théâtre, une scène. Il devrait passer en coulisse, mais comment faire?"


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
«  POUR QUE CES JEUNES NE SOIENT PLUS DÉVOYÉS, IL FAUT UN DISCOURS CRITIQUE ET OUVERT. »

C’est un discours difficile et une voie quasiment inhumaine que propose Ringlet, le prêtre-professeur prénommé Gabriel qui donne volontiers dans l’angélisme chrétien.
Au vrai, DiverCity ne dit pas vraiment autre chose :  Je pense que si tous ces jeunes qui tuent dans des conditions atroces étaient mieux formés, qu'ils étaient plus critique, ils ne seraient pas instrumentalisés comme ils le sont."
« Le dialogue dominant devrait être un appel à la rencontre de l'autre, ce devrait être un appel à un pluralisme dynamique. »
C’est un message résolument interculturel et franchement contradictoire avec l’ouverture d’une école secondaire musulmane à Schaerbeek qui va exactement dans le sens inverse.
MG

Attentats: "Il y en a marre de la victimisation et des réactions de bisounours"


LA LIBRE BELGIQUE

Une opinion d'Assita Kanko, conseillère communale MR à Ixelles 



Selon plusieurs sources médiatiques, les autorités françaises savaient que l’un des deux assassins du prêtre de 86 ans, assassin à présent identifié comme étant Adel Kermich (19ans), s’était radicalisé. Malgré tout, ils ont laissé sortir ce djihadiste de prison en mars dernier apparemment contre l’avis du parquet, se limitant à lui appliquer un bracelet électronique. Quel suivi après cela ? Il a pu se promener parmi les gens innocents et commettre l’horreur il y’a quelques jours à Saint-Etienne-du-Rouvray.
Voici encore un exemple du laxisme qui gangrène l'Europe. Ce n’est pas la première fois que ces extrémistes qui versent le sang des innocents sont "connus des services de police" ou ont échappé à la justice à un moment donné de leur parcours. Les moyens dont nos pays disposent déjà doivent être utilisés au maximum: une justice forte, efficace et sans complaisance. Des services de police et de renseignement dotés des moyens financiers, technologiques et humains nécessaires. Des prisons décentes et sécurisées capables d’absorber et de gérer ces criminels. Un contrôle plus poussé des canaux de financement du terrorisme. Une éducation qui fabrique des citoyens responsables et solidaires. Des politiques d'intégration et de vivre-ensemble rigoureuses. Un système d'incarcération, de dé-radicalisation et de réintégration éventuelle desreturnees...mais l'expulsion pure et simple là-où c'est possible. Une responsabilisation individuelle claire pour les choix et les actes posés n’est rien d’autre que pure logique.
On ne peut pas se présenter comme victime après avoir joué avec la vie et l’avenir des autres, et ceci quelles que soient les difficultés qu’on a rencontrées en grandissant. Rien ne peut justifier ces actes barbares. Il y en a marre de la victimisation et des réactions de bisounours. Le salafisme n’a pas sa place chez nous. "Le niveau du sang versé au nom d’Allah a beau monter sans cesse depuis des années, ils restent toujours accrochés aux mêmes formules. Pas d’amalgame. Pas de stigmatisation" dénonçait justement Franz-Olivier Giesbert dans Le point après l’attentat de Nice. Le sang des innocents a assez coulé et l’incertitude a été semée dans l’esprit des citoyens honnêtes qui veulent simplement se lever le matin, circuler en sécurité et travailler pour leurs familles et nos pays. C’est leur argent qui nourrit et soigne ceux qui cherchent à détruire ce que nous aimons.
NOS ÉLUS D'ORIGINE TURQUE ET ERDOGAN
Aujourd’hui, c'est toute la chaîne de sécurité qui doit être remise en question. Le débat sur l'islamisme radical ne peut pas continuer à être évité. Une vraie politique européenne d’immigration doit aussi voir le jour, pas des petits accords minables avec Erdogan, contre toutes nos valeurs comme il le démontre plus que jamais ces derniers jours : des milliers de personnes arrêtées de manière arbitraire, torturées, violées, et ceci impunément. Les milieux enseignant, journalistique et judiciaire sont violemment purgés pour qu’il n’y ait plus d’opposition. Les indignations européennes ressemblent à un mauvais vaudeville. Des élus d’origine turque de chez nous n’ont jamais caché leur soutien à l’AKP et à Erdogan, comme si leur identité européenne était subordonnée à leur turquitude. Etrange sens de la loyauté et des priorités. La Turquie quant à elle a menacé de (re)devenir une passoire face à l’immigration clandestine dont l’Europe ne sait apparemment toujours que faire.
Attend-on que l’avenir nous surprenne alors qu’aujourd’hui déjà, l’absence de rigueur, de respect et de cohésion sociale nous enfonce ? Nous ne pouvons pas continuer à négocier et à jouer à cache-cache, notamment avec le président imprévisible d’un pays à la géopolitique éminemment importante comme la Turquie. Nous ne pouvons pas nier le fait que, sans vision globale, nous ne pourrons que continuer à allumer des bougies, à présenter nos condoléances aux familles des victimes et à nourrir des populistes comme Donald Trump. Cela ne ramènera pas les morts. Mais aujourd’hui, nous avons encore le choix. L’Europe doit reprendre la main. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UNE ÉDUCATION QUI FABRIQUE DES CITOYENS RESPONSABLES ET SOLIDAIRES. 

Celle-ci ne saurait être dispensée que par l’enseignement public qui regroupe tous les publics. Mais voilà que le réseau scolaire islamique se développe et que l’Islam militant annonce la création de sections dans chaque commune du parti ISLAM. Celui-ci se veut de plus en plus présent de manière revendicative.  Une vraie menace pour le PS et autres partis communautaristes.  Et voilà que ce même Islam revendicateur  entend dès 6 ans s’emparer de l’éducation des enfants de famille musulmane. C’est le contraire de l’interculturel.  Plutôt que de s’intégrer dans des écoles où ils côtoyeraient des enfants d’autres religions, on veut créer des écoles ethniques qui auront vite fait de drainer la population des écoles communales schaerbeekoises officielles ou depuis deux cent ans on s’efforce d’enseigner une forme d’esprit critique.   C’est donc carrément  un apartheid à rebours que l’on entend créer. On nous objectera que les catholiques avaient leur propre réseau. Mais historiquement, ce n’est pas la même chose. Les catholiques belges n’étaient pas issus de l’immigration. Ils n’avaient aucun particularisme ethnico-religieux à faire valoir.
Désormais,  on profite des libertés publiques reconnues par la constitution pour faire prévaloir des spécificités ethnico-religieuses alors que des enfants devraient justement s’assimiler dans la culture de leur pays d’accueil.
Leur autojustification :  « Il suffit d’analyser les programmes scolaires, les programmes politiques des grands partis, et les directives officielles pour comprendre un fait important : les écoles n’ont plus pour seule mission de dispenser une instruction, mais ont à présent pour vocation de transmettre, outre l’instruction, des valeurs philosophiques, morales et idéologiques. » Voilà qui est lumineux et sans ambiguïté aucune. Et pour qui en douterait encore, question : « Quel avenir pour nos enfants » ? Réponse : « Un réseau d’écoles musulmanes fort  dans lesquelles les valeurs islamiques sont respectées et transmises et où les programmes officiels sont appliqués. Hier, la construction des mosquées était un devoir communautaire. Aujourd’hui, ce sont les écoles » dont acte.
On ne saurait être plus clair : les valeurs de l’islam sont jugées plus essentielles que les valeurs du pays d’accueil.
On ne peut que trouver regrettable ce type d’initiative  qui marginalisera encore plus des enfants et des jeunes dont certains déjà prétextent de la stigmatisation pour se radicaliser.
Petit à petit l’Islam grignote de l’espace pour prôner des valeurs qui ne sont pas en adéquation ni avec les traditions, ni avec les moeurs, ni avec les coutumes en vigueur en Belgique. La création d’écoles islamiques risque, selon nous, d’entraîner l’émergence d’une société parallèle avec ses propres règles, ses propres valeurs, son propre mode de vie. C’est bien là un mouvement  liberticide qui se déploie en usant et abusant de nos libertés publiques, en poussant jusqu’au bout notre logique de tolérance. Au-delà d’une certaine limite, les billets ne sont plus valables. La plus grande vigilance s’impose.
Ceux qui ont lu soumission de Houellebecq s’en souviennent :
2030 un musulman devient président de la république et forme un gouvernement. Il ne réclame qu’un seul ministère, celui de l’éducation.
Beau sujet de méditation.
MG 


La première école secondaire islamique ouvrira en septembre
Le Vif 



L'ASBL Enseignement confessionnel islamique de Belgique (ECIB) a reçu le feu vert du gouvernement de la Fédération Wallonie¬-Bruxelles pour ouvrir à la rentrée de septembre une section secondaire à l'école fondamentale islamique "La Vertu", située à Schaerbeek, annonce jeudi la Libre Belgique. Il s'agit d'une première dans le pays.

© Belga
La section secondaire ouvrira dans un premier temps 120 places pour des élèves de 1ère et 2e années mais à terme, elle compte organiser les trois degrés d'étude, un enseignement de transition générale aux 2e et 3e degrés et accueillir 660 élèves. Plus de 90 élèves se sont déjà inscrits. 

L’ÉCOLE ISLAMIQUE SECONDAIRE « LA VERTU » OUVRIRA SES PORTES EN SEPTEMBRE
· ISLAMIC EVENTS

L’année dernière on nous avait annoncé que le projet d’école secondaire islamique « La Vertu » avait été avalisé. En réalité, il avait franchi une étape importante mais la signature ministérielle finale devait encore arriver. Cette signature a été apposée il y a déjà un petit temps, mais on devait rester prudent et discret à ce sujet. Cela reste un mystère pourquoi la discrétion était de mise. Bref, maintenant que les médias en ont parlé, Islamic-Events se doit aussi de vous informer et de vous inviter à soutenir les écoles islamiques.
En septembre 2015, cette école islamique secondaire ouvrira ses portes à Schaerbeek et il reste des places pour accueillir des élèves. L’école islamique « La Vertu » a ouvert ses portes depuis 2013 en  accueillant les élèves des maternelles et des primaires.
Le projet «La Vertu» a été rendu possible par une alliance heureuse, judicieuse (et trop rare) entre acteurs turcs et marocains. Ainsi la ligue turque (BIF) a acquis le bâtiment et a confié le volet administratif et pédagogique à l’ECIB (le pouvoir organisateur d’al-Ghazali et de La Plume). Il reste à espérer que cette alliance perdure et ne s’estompe pas à la moindre divergence. Cependant, les Turcs n’ont pas offert un bâtiment sans garantie ni contrepartie : certains de leurs membres siègent à présent au sein de l’ECIB.
Au-delà de cet accomplissement, le constat est sans appel : les écoles musulmanes ne sont pas assez soutenues par les musulmans de Belgique. Les causes sont multiples mais la principale est que de nombreux citoyens de confession musulmane ne sont pas assez conscients de l’importance des écoles musulmanes. Certains craignent les écoles ghettos (relayant ainsi la propagande mensongère des médias) et préfèrent ainsi les écoles catholiques ou non confessionnelles. Le sénateur Alain Destexhe (MR) a récemment qualifier l’école « La Vertu » d’une école ghetto.

LES ÉCOLES MUSULMANES ONT LE DROIT D’EXISTER
Les écoles musulmanes ont autant le droit d’exister que les écoles catholiques et juives. La loi de notre pays le permet et aucun musulman ne doit en être complexé. Cependant, sans le soutien des parents musulmans, ces écoles resteront faibles et rares. Certains musulmans osent encore parler d’écoles « dites musulmanes » et non pas d’écoles musulmanes, ce qui est bien entendu erroné mais surtout malhonnête, quand on connaît la réalité quotidienne de ces écoles et surtout les contraintes des programmes officiels.

MÉFIANCE ?
De nombreux parents se méfient des écoles musulmanes, sans jamais prendre la peine d’aller les visiter, mais ils ignorent que l’instruction a évolué en Belgique. Il y a 25 ans, quand ces parents étaient sur les bancs de l’école, la mission des établissements scolaires était avant tout d’octroyer une instruction. Aujourd’hui, les choses ont évolué. Il suffit d’analyser les programmes scolaires, les programmes politiques des grands partis, et les directives officielles pour comprendre un fait important : les écoles n’ont plus pour seule mission de dispenser une instruction, mais ont à présent pour vocation de transmettre, outre l’instruction, des valeurs philosophiques, morales et idéologiques.
Quel avenir pour nos enfants ? Un réseau d’écoles musulmanes fort ? Dans lesquelles les valeurs islamiques sont respectées et transmises et où les programmes officiels sont appliqués. Ou bien des écoles musulmanes faibles et rares et des milliers d’enfants musulmans dans des écoles où les valeurs de l’islam sont discréditées, pointées du doigt et diabolisées, où l’islamophobie et les discriminations avancent chaque jour un peu plus ?

NOTRE SOUTIEN EST UN DEVOIR !
Hier, la construction des mosquées était un devoir communautaire. Aujourd’hui, ce sont les écoles. Des projets avancent et c’est positif mais attention à l’amateurisme, attention à la division et surtout attention aux rumeurs. Ces projets doivent recevoir notre soutien, nos conseils, nos euros…. et nos invocations.

mercredi 27 juillet 2016

L'imam de Saint-Etienne-du-Rouvray avait mis en place un comité inter-confessionnel avec le diocèse de Rouen


L'imam de la mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray, Mohamed Karabila, par ailleurs directeur du comité régional du culte musulman de Haute Normandie, avait mis en place depuis 18 mois un comité inter-confessionnel avec le diocèse de Rouen.
Chaque mois, les religieux catholiques et musulmans, dont le père Jacques Hamel, se réunissaient au diocèse pour discuter des liens entre les deux confessions, notamment pour agir sur les problèmes de radicalisation. Une de ces réunions mensuelles était précisément programmée mardi, indique l'imam Mohamed Karabila au Figaro, jour de l'attentat à Saint-Etienne du Rouvray, où le père Jacques Hamel a été égorgé dans son église par deux terroristes se revendiquant de l'Etat islamique.
"L'archevêque de Rouen étant à Cracovie, en Pologne, pour les JMJ, la réunion a été annulée", dit-il. Mais le prélat devant rentrer mardi soir en raison de l'attentat, « une réunion aura sans doute lieu dès mercredi matin », confie l'imam.
Delphine de Mallevoue

"IL FAUT QUE NOUS FASSIONS LE MÉNAGE", JUGE LE RECTEUR DE LA MOSQUÉE DE LYON
Après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, le recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kaptane, a estimé sur France Info que "c'est à nous, musulmans, à prendre nos responsabilités. Il faut que nous fassions le ménage. Ce qui se passe se fait au nom de l'Islam, et au nom des musulmans. Et cela, nous ne pouvons pas l'accepter".
En outre, il a condamné avec la plus grande fermeté cet attentat: "S'attaquer à un prêtre alors qu'il est en train de prier, c'est le pire des crimes que l'on puisse constituer", a-t-il martelé. 


L’ISLAM DE FRANCE DOIT S’ENGAGER SUR UN PACTE RÉPUBLICAIN
Libération
Par Jean Leonetti, Ancien Ministre Député des Alpes-Maritimes. Maire d’Antibes-Juan-Les-Pins — 

 
A Frejus. Photo Boris Horvat. AFP

L'islam était beaucoup moins présent en France lorsque la loi de 1905 a été votée. Il n'est pas trop tard pour l'intégrer dans une réflexion globale sur l'organisation des rapports entre les différentes religions et l'Etat.

Le tragique attentat terroriste de Nice a renforcé une idée qui s’est installée dans notre pays : l’islam serait une religion violente qui suscite de la part de certains de nos concitoyens la crainte et le rejet. Cette situation résulte bien sûr des revendications des actes terroristes sur notre sol par l’Etat islamique et de l’attitude d’un islamisme radical prosélyte et contraire à nos principes.
Certains affirment déjà que l’islam est incompatible avec la République. La République française rappelle quant à elle ses valeurs : la liberté de croire ou ne pas croire, la laïcité, et l’égalité homme-femme, mais se refuse à les imposer au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. La fermeté légitime de l’Etat exercée sur les imams ou les lieux de culte salafistes s’apparente pour certains à de l’islamophobie, comme toute critique émise vis-à-vis de cette religion qui se confond souvent avec une culture. Les messages de violence et de haine trouvent chez certains un écho favorable.
De concessions en renoncement, des pratiques dictées par l’islam se manifestent dans nos villes et notre système éducatif : le régime dans les cantines, les tenues vestimentaires, des exigences particulières en matière de soin, le refus de certaines activités sportives ou de l’étude de certains épisodes de l’histoire de France. Ces attitudes génèrent des situations de tensions qui ne cesseront de s’exacerber si nous ne réagissons pas pour imposer à l’islam les mêmes règles qu’aux autres religions. Or, sans hiérarchie ni unité, le monde musulman en France n’est pas suffisamment organisé pour répondre de manière adaptée à cette situation et les appels aux «musulmans modérés» restent sans effet visible. La majorité des Français musulmans qui se reconnaît dans les valeurs républicaines est inquiète de ces dérives et de ce climat, elle qui prônent un islam des Lumières par opposition à une vision obscurantiste du Coran diffusé sur Internet. Nous devons affirmer que l’islam est compatible avec la République française et nous donner les moyens d’y parvenir avec tolérance et fermeté.
C’est à l’Etat de reprendre le chantier inachevé de l’organisation de l’islam «de» France qui doit montrer un autre visage. Cette démarche sera longue et difficile car elle n’est pas dans notre culture républicaine qui ne reconnaît aucun culte, ni dans la culture de l’islam, qui ne reconnaît aucun chef. Cela paraît cependant la seule voie pour éviter que la fracture créée entre les musulmans et la majorité du peuple français ne devienne irréparable et aboutisse à un climat larvé de guerre civile.
C’est la République qui doit dicter sa loi comme elle l’a fait en 1905 envers le catholicisme alors que la religion musulmane n’était pas aussi présente en France. Le Conseil français du culte musulman, tentative modeste d’organisation de l’islam en France, doit être renouvelé, affirmer son indépendance envers les pays étrangers et s’engager sur un pacte républicain qui propose à ses fidèles de respecter scrupuleusement les lois, les principes et les valeurs de notre pays. Les imams nommés par cette instance sous le contrôle du ministre de l’Intérieur obéiraient à ces règles et tout nouveau lieu de culte devrait bénéficier de l’accord du maire et du Préfet.
Cette nouvelle organisation du culte musulman mise en place pour une durée déterminée apportera un climat d’apaisement même si, comme lors de l’adoption des lois de 1905, elle entraînera sans doute un débat passionné dans un pays dans lequel le dialogue entre l’Etat et les religions a rarement été apaisé. La France, dans sa tradition de tolérance et de fermeté, permettrait alors aux Français musulmans de vivre leur foi dans la République et d’éviter toute dérive dictée par un pays ou une organisation étrangère. A un islam «en» France incontrôlé et rejeté se substituera un islam «de» France respecté et tolérant. Il n’est pas encore trop tard. 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« A UN ISLAM «EN» FRANCE INCONTRÔLÉ ET REJETÉ SE SUBSTITUERA UN ISLAM «DE» FRANCE RESPECTÉ ET TOLÉRANT. IL N’EST PAS ENCORE TROP TARD. »

L’Islam doit être considéré dans la diversité de ses courants : sans manichéisme, et sans angélisme.
« L’islam «de» France doit montrer un autre visage. » Et si, pour changer, l’islam prenait le vrai visage de l’islam ?  Mais quel est donc ce vrai visage de cette religion ambiguë, paradoxale et en pleine expansion ?
Malgré tous les efforts consentis pour la comprendre (lecture structuraliste du Coran, dialogue franc avec des musulmans éclairés et ouverts)   on ne peut arriver qu’à une seule conclusion, l’islam , comme toutes les religions du livre, est d’une insondable complexité. Il est, à tout le moins, un Janus à deux visages, le premier lumineux est celui d’une éthique à visage divin c’est ce qu’on appelle l’islam des lumières ; le second, ténébreux, grimaçant,  vindicatif et barbare  est de conception politique,  on l’ appelle l’islamisme et il fait grand dégât sur terre. Ali Daddy écrit :« Cette conception politique constitue à mon sens une perversion des valeurs coraniques essentielles. Au contraire, l’autre conception, la conception spirituelle, apparaît authentiquement coranique. Elle relève, pourrait-on dire du champ naturel de l’islam, parce que, c’est cette conception spirituelle qui seule est fidèle à l’esprit du Coran. »
Et Ali Daddy de préciser : » Être musulman est donc, de toute évidence, une démarche spirituelle, un choix de caractère éthique et non politique. L’islam, postule une éthique. Et cette éthique, est – ou devrait être – une éthique pacificatrice. »

Et de conclure : « En ma qualité de musulman, j’affirme que mon adhésion à l’islam n’est en aucune façon un engagement de caractère politique mais bien un choix de caractère foncièrement intime et privé. En tant que laïc, en tant que libre-exaministe, j’adhère au principe du libre examen et je revendique le droit d’interpréter le texte fondateur en toute liberté. Le Coran m’en offre et la possibilité et l’invitation.

Pour le surplus, j’adhère sans la moindre réserve à la conception française de la laïcité selon laquelle l’État est totalement incompétent en matière religieuse et la religion totalement incompétente en matière politique et publique. C’est ce que les Français appellent le principe républicain de la double incompétence. En vertu de ce principe, l’État laïque veille à la liberté des cultes sans en privilégier aucun.

Quiconque entend instrumentaliser le Coran au service d’un projet de domination politique choisit la voie de la dénégation (kufr) au mépris de l’invitation coranique à suivre « le chemin de rectitude » (I, 6).

Le Coran invite son lecteur à passer « des ténèbres vers la lumière » (II, 257). Vouloir voir clair, c’est en appeler à la réflexion et à la raison critique, à l’opposé de l’obscurantisme.

Par obscurantisme j’entends une lecture aveugle, littérale, sclérosée, archaïque et réductrice du Coran qui refuse la lumière de l’esprit, de la raison et de la libre interprétation ou pour le dire autrement du libre examen. L’obscurantisme est le choix de ceux que le Coran nomme dans la belle traduction de Jacques Berque les dénégateurs (kafirîn), ceux qui toujours nient les injonctions coraniques de la guidance éthique du bel-agir. »


Pratiquer cette lecture vivante, contemporaine et critique du Coran induit, selon Daddy, plusieurs conséquences fondamentales :

« - 1) Le principe de liberté de conscience
Tout homme, toute femme est libre de croire ou de ne pas croire. Le Coran déclare : « Point de contrainte en matière de religion » (II, 256) et « Que croie qui veut et que dénie qui veut » (XVIII, 29).

- 2) Le principe de la responsabilité individuelle
Chacun doit de façon impérative répondre individuellement de ses actes. Le Coran l’affirme de manière implacable :
« Celui qui aura fait l’équivalent du poids d’un atome de bien le verra
celui qui aura fait l’équivalent du poids d’un atome de mal le verra. » (XCIX, 7-8)

-3) Le principe du respect d’autrui
« Humains, Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle. Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, c'est en vue de votre (re)connaissance mutuelle. » (XLIX, 13).
On ne saurait mieux inciter au dialogue interculturel.

- 4) L’exigence éthique du bel-agir (ihsân)
Inlassablement, de sourate en sourate, le Coran recommande cette parfaite irradiation des conduites humaines par l'éternelle beauté. Le Prophète Muhammad a dit « Dieu est beau et aime la beauté. Lorsque vous posez un acte faite-le bellement ».
Et le Coran de préciser : « Dieu aime les bel-agissants » (III, 134).
Cet appel à agir bellement est tellement fort dans le Coran que c’est non seulement l’homme et la femme qui sont invités à agir bellement mais que Dieu s’impose cette injonction à Lui-même.
« Dieu s’assigne à Lui-même la miséricorde » (VI, 54) dit le Coran, c’est-à-dire qu’Il choisit d’aimer et de comprendre l’homme et la femme, ses créatures !

Comment peut-on, face à cette déclaration d’amour, commettre au nom de Celui qui la prononce, le moindre acte de barbarie ? Le vrai problème me semble-t-il c’est qu’il faut inlassablement expliquer le Coran avant tout aux musulmans eux-mêmes ! Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes. »
Et si c’était cela le nœud du problème ? Oser dénoncer la méconnaissance crasse de leur religion par la grande majorité des musulmans eux-mêmes. C’est que l’islam n’est pas une orthodoxie comme le judaïsme ou le christianisme qu’il l’on précédé mais bien au contraire une orthopraxie. Qu’est-ce à dire ?
« Le secret de sa réussite réside dans la mise en place d’un long catalogue de rituels précis à suivre. Ils règlent la vie de chacun et encadrent la vie de chacun dans la société, sous le regard de tous, et sont issus des traditions arabes autant que du contenu du corpus coranique. »
« Il s’agit de gestes ancestraux, de rituels primitifs, de catégories intellectuelles qui sont issues de la mentalité arabe précédente, et assez peu transformés. Avant même que ne s’élaborent le texte considéré comme sacré, une parole particulière et une théologie, les gestes de la religion, les rites, se sont imposés en même temps, sans doute, que la domination politique. »
Les rituels sont restés, restent et resteront la base du système religieux musulman. L’islamisme se présente comme le dernier jalon d’une évolution religieuse. L’islamisme qui se présente volontiers  comme une idée neuve dans le monde, renvoie en réalité à des usages immémoriaux. Il  ne fait que les conserver et les prolonger.   La machine à décerveler est largement constituée de cela. En langage technique, le travers du ritualisme mimétique a pour nom l’orthopraxie, la « pratique juste ».
« Pour l’immense majorité de la population, l’adhésion au système se réduit à la pratique répétitive de tels gestes et rien de plus. Mais le système est efficace et assure la cohésion de la société, au détriment du développement individuel et du progrès général.
La pratique, le rite, le geste et la régression cultuelle sont les instruments efficaces de la soumission. Il est trop risqué de parier sur la culture, sur l’intelligence ou sur l’imagination, la créativité qui sont autant de portes de sortie.
tique du jihad. » (maisdisons-hebdo)
« Il est remarquable (et très encourageant) que la contestation vienne désormais à travers le rejet des rites et des obligations collectives. »(ibid)
C’est le triomphe de la raison critique sur l’obscurantisme, les superstitions et la bigoterie hallal.
Il serait temps, que ne l’avons-nous répété, sur ce blog, que la France, la Belgique et l’Europe entière exigent que les imams et autres aumôniers soient formés et certifiés chez nous, dans les langues d’ici. On a perdu 40 ans en fermant les yeux sur l’origine souvent douteuse des imams qui officient dans nos mosquées européennes. Il est urgent de changer le fusil d’épaule.  Car « désormais, n'importe quel abruti désœuvré, mu par un héroïsme de branquignol pour donner un sens à une vie trop ordinaire, peut se procurer la pochette surprise du parfait petit djihadiste via les réseaux salafistes qui sévissent en banlieue ou sur Internet »
« Si nos gouvernements redoutent à ce point les dérives insurrectionnelles, ils seraient bien inspiré de changer enfin de langage et de méthode. »On ne saurait être plus clair.
Le dialogue interculturel est le contraire de la reddition en rase campagne face à l’islamisme. C’est en revanche l’ouverture à l’autre, le respect de ses convictions mais la fermeté déterminé pour ce qui concerne nos conquêtes en termes d’autonomie du sujet et de pensée libre.
MG


JACQUES HAMEL, MARTYR DU FANATISME ET DES LÂCHETÉS POLITIQUES



FIGAROVOX/TRIBUNE - Le père Jacques Hamel a été égorgé par deux dijhadistes, dont l'un avait déjà été arrêté pour terrorisme. Pour Héloïse Lenesley, cet événement révèle le poids tragique des lâchetés politiques qui minent la nation.

Héloïse Lenesley est journaliste. Elle collabore notamment à Causeur.

Aujourd'hui, nous sommes des millions de Français hébétés, révoltés, poignardés en plein cœur par l'assassinat barbare de Jacques Hamel, prêtre, 84 ans. Il était réputé bienveillant, discret et serviable. Ordonné en 1958, il officiait à Saint-Étienne-du-Rouvray où, bien que retraité, il secondait le curé de la paroisse et célébrait la messe quand celui-ci était absent, comme ce mardi 26 juillet. Ce jour-là, deux endoctrinés islamiques ont surgi et l'ont égorgé. Quelle belle proie, quel trophée de rêve pour exacerber l'émotion et attiser les rancœurs bellicistes. Après avoir éviscéré la fête nationale de la France avec un camion fou, on saigne ses églises à blanc. Ses symboles sont écorchés, broyés, calcinés un à un, au nom d'une haine vengeresse que Daech est parvenu à merveille à exporter et à franchiser. Désormais, n'importe quel abruti désœuvré, mu par un héroïsme de branquignol pour donner un sens à une vie trop ordinaire, peut se procurer la pochette surprise du parfait petit djihadiste via les réseaux salafistes qui sévissent en banlieue ou sur Internet. Le narcissisme du sauvage. Le père Jacques Hamel a été sacrifié sur l'autel de l'insondable bêtise du fanatisme mais aussi de la répulsive lâcheté politique qui, pour ne pas froisser les susceptibilités communautaristes ou pour enrayer la fragmentation sismique de l'unité nationale, a pris le parti de baisser les yeux, de ménager la chèvre et le chou, en espérant naïvement que le soleil radieux du vivre-ensemble succèderait à la tempête du survivre-malgré. Il est aisé de se réfugier derrière la crainte d'une guerre civile fantasmagorique pour légitimer l'inertie, le clientélisme, et excuser l'absence de courage politique. Pendant quatre ans, messieurs Hollande, Valls, Cazeneuve, Ayrault et consorts, mesdames Taubira, Vallaud-Belkacem, Cosse, Duflot, sans oublier la maire de Paris Anne Hidalgo, nous ont confinés jusqu'à la suffocation dans la honte d'être Français. Ils ont déclaré la guerre non pas aux racailles mais à l'islamophobie, ils se sont mis en tête de traquer le racisme dans les moindres recoins des réseaux sociaux, de pratiquer la mixité sociale à grande échelle au risque de mieux disséminer le prosélytisme, de diaboliser la «France rance» en distillant des rimes subliminales entre gaullisme avec fascisme. Comment l'ennemi peut-il
Le père Jacques Hamel a été sacrifié sur l'autel de la bêtise du fanatisme mais aussi de la lâcheté politique.
Ils ont déclaré la guerre non pas aux racailles mais à l'islamophobie, ils se sont mis en tête de de diaboliser la « France rance ».
avoir une once de respect pour un pays émasculé par les perpétuelles jérémiades expiatoires, amputé de son récit national, mutilé par sa peur délirante d'un retour aux heures sombres? Il est plus facile d'équarrir une nation qui a déjà un genou à terre. Le sang versé par Jacques Hamel ne l'aura pas été en pure perte. Il a sorti de leur torpeur des médias qui ne se hasardent plus, pour l'heure, à des diagnostics de Diafoirus de l'info, invoquant les actes d'un «déséquilibré», «forcené» ou «dépressif». Soit dit en passant, on prend le pari que les millions de catholiques rendus dépressifs par cette tragédie n'iront pas se défouler en crucifiant un imam. Pas plus qu'ils n'iront vider des Kalash' sur des musulmans en terrasse au prétexte que le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde. Lesdits catholiques ont d'ailleurs reçu la compassion et la solidarité de François Hollande. Le président estime-t-il que ce crime sauvage n'endeuille que la communauté catholique? C'est, plus que jamais, la France entière, qu'elle soit croyante, agnostique ou athée, qui est meurtrie par ce nouvel attentat. Cette France-là veut comprendre pourquoi la sécurité nationale n'est pas assurée. Pourquoi une majorité d'élus de gauche vote contre une proposition d'amendement visant à renforcer les fermetures administratives de mosquées salafistes. Pourquoi l'un des terroristes, qui avait tenté de partir en Syrie et passé un an en prison, a été libéré en mars, dans l'attente de son procès pour «association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste». Pourquoi les propositions du rapport Fenech ont été snobées par les dirigeants. Pourquoi des experts aussi précieux que le juge Trévidic sont écartés par des lois idiotes. Pourquoi on se perd dans des mesurettes comme les centres de déradicalisation, ce patch antifanatisme à un million et demi d'euros par an. Pourquoi il est de mauvais goût d'évoquer les failles du Renseignement et de critiquer la fusion des RG et de la DST. Les Français ne veulent plus d'un François Hollande qui leur entonne jusqu'à la nausée «aux larmes citoyens». Ils veulent gagner la guerre civilisationnelle que l'obscurantisme leur a déclarée. Répliquer à l'attaque ne relève pas de la basse vengeance mais du simple bon sens, à moins d'être suicidaire. Si le gouvernement redoute à ce point les dérives insurrectionnelles, il serait bien inspiré de changer enfin de langage et de méthode.
On prend le pari que les millions de catholiques n'iront vider des Kalash' sur des musulmans en terrasse au prétexte que le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde. 


La presse demande des actes au gouvernement et l’union aux Français
Par AFP — Figaro 

Hommage d'un couple au prêtre assassiné le 26 juillet 2016 place de la République à Paris Photo GEOFFROY VAN DER HASSELT. AFP

La presse demande des actes au gouvernement et l’union aux Français
L’assassinat d’un prêtre par des jihadistes dans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray, fait la Une mercredi de tous les quotidiens dont les éditorialistes demandent des «actes» au gouvernement pour lutter plus efficacement contre le terrorisme et aux Français de «faire bloc».
«Ne rien céder», titre Libération, «Assassiné par les Barbares», écrit Le Figaro, «Face au Mal», titre La Croix et «Martyrisé», écrit en Une Le Parisien.
«Aucune cause ne peut justifier une telle abomination. Notre cri vers Dieu est un appel à l’aide pour résister à la tentation de la vengeance», écrit Guillaume Goubert, dans La Croix.
«Ne tombons pas dans les pièges de Daech. Il faut plus que jamais refuser d’être entraîné sur le terrain de la division», recommande Johan Hufnagel, de Libération. «Il faut résister et ne pas tomber dans la division nationale», renchérit François Wojtalik, du Courrier Picard.
«La cible est précisément choisie pour alimenter la mécanique dévastatrice d’une guerre de religion», prévient Patrick Le Hyaric, de L’Humanité. Pour Dominique Moïsi, dans Ouest-France : «face à cette escalade dans l’horreur, nous devons tenir».
«L’intelligence consiste d’abord à garder son sang-froid», reconnaît Gilles Grandpierre, dans L’Union/L’Ardennais. Mais pour l’éditorialiste, l’intelligence «c’est aussi adapter notre arsenal judiciaire et répressif à l’urgence.»
- 'Le temps des bonnes paroles est révolu' -
«Les Français tiennent bon», se félicite Olivier Auguste, de L’Opinion, avant de lancer : «aux autorités de faire leur travail avant qu’ils ne craquent.»
«Le moment est donc venu de dire : ça suffit ! Assez. Le temps des bonnes paroles est révolu et celui des actes forts doit venir», s’emporte Bruno Dive, pour Sud-Ouest. «A l’évidence, il ne suffit plus de se contenter de mots. C’est insuffisant. On ne combat pas le terrorisme au XXIe siècle avec des outils du siècle passé», constate Laurent Bodin, de L’Alsace.
«Le gouvernement doit prendre la mesure de ce qui se passe en France, adopter l’arsenal militaire, policier et judiciaire pour assurer la sécurité de nos concitoyens», assène Etienne de Montety, dans Le Figaro.
«Ni le renseignement, ni la surveillance, ni le dispositif de protection, ni l’état d’urgence n’ont rempli le rôle qui leur est assigné», s’agace Philippe Marcacci, de l’Est Républicain. Cet attentat «suscite des questions sur la fiabilité et la pertinence du dispositif antiterroriste», relève Dominique Garraud de la Charente Libre.
«Pour lutter contre un terrorisme de proximité, il faut se protéger et surtout se renseigner», explique Jean-Michel Bretonnier, de la Voix du Nord.
«Face aux Kalachnikovs, nous répondons par des bougies, face aux bombes, nous proposons des crêpes noirs», remarque Yann Marec, du Midi Libre.
Et de poursuivre : «si la France est en guerre, comme on le dit depuis un an et demi, elle ne la livre pas vraiment.


mardi 26 juillet 2016

Comment caractériser ce qui relève du terrorisme?


ANAÏS ROBERT (ST.) La Libre Belgique 

 
Terrorisme. C’est un mot que chacun associe à des images d’horreur et de chaos. S’il n’existe pas de doute sur le caractère terroriste des attentats de Paris ou de Bruxelles, pour d’autres événements l’incertitude demeure alors que désormais, chaque action violente, voire contestataire semble être désignée comme "terroriste". L’assassinat de la députée travailliste Jo Cox ? Du "terrorisme d’extrême droite". Les "zadistes" protestant contre le projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes en France ? Des "terroristes verts". L’attaque contre la boîte de nuit, fréquentée par des homosexuels à Orlando, aux Etats-Unis ? Du "terrorisme islamique" – ce que n’a pas démontré l’enquête- Et qu’en est-il de la fusillade commise hier, dans un centre commercial de Munich ?
L’assimilation de toute action violente et meurtrière au terrorisme est parfois trop hâtive, car la notion même de terrorisme est loin de faire l’unanimité. "Selon une phrase célèbre : ‘Le terroriste de l’un est le combattant de la liberté de l’autre’", rappelle François-Bernard Huyghe, directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques, basé à Paris. Dès lors comment caractériser ce qui relève du terrorisme ?
UN TERME SUBJECTIF ET INSTRUMENTALISÉ
Même les Nations unies ne parviennent pas à s’accorder sur une définition. La tentative la plus convaincante de l’Onu reste la résolution de février 2000 qui stipule que le terrorisme désigne tous "les actes criminels conçus ou calculés pour provoquer, avec des objectifs politiques, un état de terreur dans l’opinion…" Une définition très large et qui esquisse à peine la dimension politique de l’acte pour se concentrer sur les crimes, constate Gilles Ferragu, maître de conférence à Sciences-Po Paris.
Chercher à définir le terrorisme, c’est se heurter à une impasse. "Au sein même de l’Onu, Israël et les pays arabes s’opposent sur ce qu’est le terrorisme", rappelle Gilles Ferragu. Le terme est sujet à l’instrumentalisation et son sens varie en fonction du contexte géopolitique. L’exemple des Kurdes est éloquent : ils sont les alliés des Etats-Unis et des Etats européens dans la lutte contre l’organisation Etat islamique (EI ou Daech). Les premiers soutiennent les seconds qui sont considérés comme des terroristes pour la Turquie qui les combat.
Chaque Etat envisage donc le terrorisme en fonction de ses intérêts particuliers. Après les attentats du World Trade Center de New York, le 11 septembre 2001, la France et l’Espagne ont profité du contexte pour durcir leur législation antiterroriste… contre l’organisation indépendantiste basque ETA, souligne l’historienne Jenny Raflik de l’Université de Cergy-Pontoise. Le terme est donc hautement subjectif. "C’est une forme d’arme rhétorique, une manière de qualifier l’adversaire pour le priver de toute légitimité", complète Gilles Ferragu. Les résistants lors de la Seconde Guerre mondiale, Nelson Mandela, tous ont été qualifiés de terroristes pour les discréditer.
Le terrorisme serait-il un objet politique non identifié car non identifiable ? François-Bernard Huyghe est plus définitif. "Le terrorisme n’existe pas", assène-t-il. Il est vrai que le terme, apparu au XIXe siècle, découle du qualificatif "terroriste". Utilisé pour évoquer la période de la Terreur lors de la Révolution française, il fut d’abord associé à une politique de repression menée par l’Etat avant, au fil du temps, de désigner ce qui se retourne contre lui. Le chercheur préfère donc parler de stratégies ou d’actes terroristes.
La "méthode terroriste", elle, est une réalité et répond à des critères précis : elle est motivée par un but politique; elle s’appuie sur une propagation de la terreur à travers des tueries et surtout, leur publicité, rouage essentiel de la mécanique. "Un acte terroriste sans média n’est qu’un crime", souligne Gilles Ferragu. La cible première est l’opinion publique car "l ’objectif est de terroriser une partie de la population et d’en séduire une autre" d’après Jenny Raflik. Il faut tuer (si possible beaucoup), certes, mais il importe surtout de le faire savoir. Un impératif qu’exprimait ainsi le philosophe Raymond Aron : est terroriste "toute action dont l’effet psychologique est largement supérieur à ses effets physiques".
Lorsque, après les attentats de janvier 2015, les Français clament qu’il y a eu "12 morts et 65 millions de blessés", ils témoignent de l’effet de l’action terroriste.
LA REVENDICATION
L’ultravisibilité d’une action terroriste va de pair avec la revendication. Le terroriste tue pour une cause, au nom d’une idéologie ou d’une religion. Il ne se considère d’ailleurs pas comme un assassin, mais comme un "soldat", un "guérillero", un "héros".
Comme l’indique l’organisation Etat islamique (EI) dans ses communiqués, ceux qui commettent des actes en son nom répondent à un appel. C’est la volonté politique derrière l’acte qui permet de marquer la frontière entre le crime de haine, à l’instar de l’attentat d’Orlando commis… dans une boîte de nuit fréquentée par des homosexuels, et l’acte terroriste.
Mais qui prend encore en compte cette distinction ? La rapidité avec laquelle l’attaque de Nice, le 14 juillet, a été qualifiée de terroriste révèle l puissance médiatique de l’organisation Etat islamique. Comme Gilles Ferragu le déplore, "elle est parvenue à instaurer un climat à partir duquel tout crime de masse peut être assimilé à du terrorisme. Nous sommes tombés dans le piège des organisations terroristes qui consiste à avoir peur de la peur elle-même".
En ce contexte de menace terroriste permanente, s’emparer de ce terme sans réflexion, c’est céder à la terreur.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
"UN ACTE TERRORISTE SANS MÉDIA N’EST QU’UN CRIME",
« L’ÉDUCATION – UN TRAVAIL DE LONGUE HALEINE » 
 
En somme les deux leviers médias et enseignement sont gauchis pour ne pas dire tordus. Les médias focalisent volontiers sur le sensationnel hormis quelques éditorialistes de haut vol parmi lesquelles Béatrice occupe une place de choix : toujours elle va à l’essentiel : « un monde en proie à la barbarie a plus que jamais besoin d’un leader américain qui sert les valeurs de la démocratie. »
Le second levier, à savoir l’enseignement, l’école primaire en particulier est de plus en confiée à Bruxelles à des institutrices issues de sixième ou septième professionnelle (il y a des exceptions) pas extraordinairement douées ou motivées pour une profession choisie souvent par défaut.  La plupart d’entre elles n’habitent pas la capitale et « navettent » deux fois par jour de leur lointaine province vers Bruxelles. Elles arrivent stressées à l’école après une grosse heure perdue dans les files et après avoir conduit leurs propres enfants à l’école en voiture. Vers quatre heures elles reprennent la route, vont cueillir leur progéniture et s’en vont faire les courses pour le repas  qu’elles lancent tout en jetant  un regard sur les devoirs de leurs mômes. Leur mari rentre éreinté par une heure de files au moins  et une journée difficile au bureau. Il allume  la télé et s’impatiente parce que le repas tarde à être servi.
Elle couche les petits et se met au travail sur la table de la salle à manger tandis que son cher époux regarde le foot ou une série débile. C’est alors qu’elle ouvre son cartable, vérifie les cahiers de ses élèves et prépare son journal de classe pour le lendemain.  Caricature ? A peine !
Etait-ce différent autrefois ? Sans doute. Les fils et les filles des travailleurs des villes et des campagnes à qui l’accès à l’université était barré optaient pour l’école normale d’instituteurs et institutrices. C’était un choix positif et réfléchi, dicté le plus souvent par une vocation profonde. Ils étaient pour la plupart d’une grande efficacité et les plus motivés enseignaient avant tout l’esprit critique à leurs élèves. Car c’est bien cela qu’il convient d’inculquer très jeunes à tous les gamins et pas seulement aux candidats potentiels au jihad. C’est selon nous le noeud du problème. Si on veut préserver notre style de vie et surtout nos libertés, il est essentiel d’investir dans l’école. Le pacte d’excellence est une farce dont nos descendants sont les dindons. En abandonnant le ministère de l’éducation au CDH par souci stratégique, Elio Di Rupo a commis une faute politique grave qui se payera cash à moyen terme. Car en effet, l’éducation-le meilleur des investissements- est un travail de longue haleine.
MG 


QUEL LEADER CONTRE LA BARBARIE TERRORISTE?
PAR BÉATRICE DELVAUX
La violence d’habitude réservée aux autres continents s’introduit en Europe. Comment y réagir ? L’édito de Béatrice Delvaux.

La barbarie est de retour. Elle frappe désormais à répétition, ne laissant pas huit jours entre deux fusillades, deux explosions ou deux attentats. Ce vendredi soir, une fusillade dans un centre commercial à Munich a fermé les métros et aligné les corps. Alors qu’il y a une semaine à peine, un homme au volant d’un camion fou, broyait des corps. Et puis cet autre qui, dans un train, attaquait ses voisins à la hache. Et il y a quatre mois, ces jeunes gens qui se faisaient exploser en plein Bruxelles, après ceux du Bataclan, après ceux de Charlie Hebdo, après, après…
L’Europe, territoire soudain menacé, miné par la cruauté, la brutalité, victime potentielle de ces atrocités qu’elle croyait réservée aux autres, Libye, Syrie, Israël, Irak, Afghanistan, Mali… La violence pour les autres ? Ce n’était pas un désir mais le sentiment que sur notre continent, imbibé de l’esprit des Lumières, et surtout des leçons tirées de l’histoire passée et récente, nous étions protégés de ces violences à l’état pur, de cette volonté délibérée de tirer, éradiquées à la fois par notre degré de civilisation mais aussi de sécurité.
BRIDER LES RÉACTIONS EN MIROIR
Comment se prémunir contre la barbarie des autres ? Comment juguler les pulsions à leur tour barbares, nourries par l’extrême droite, la haine, les simplismes, qui pourraient saisir nos démocraties et ses citoyens, répondant alors au mal par le mal ? C’est ce que nous avons essayé de comprendre en interrogeant une vingtaine d’experts.
Ils citent notamment l’éducation – un travail de longue haleine –, ils citent aussi – à plus court terme – l’émergence d’un leadership. Enfin, ils espèrent, ils exhortent plus qu’ils ne citent. L’un des experts épingle ainsi le drame du déclin de la social-démocratie qui laisse les couches populaires à l’abandon, sans interlocuteurs autres que les populistes, les extrémistes, tous ceux qui ne font que répondre aux folies meurtrières de Daesh, par une autre forme barbarie, dans une surenchère extrêmement périlleuse.
Mais d’où viendra-t-il ce leadership démocratique, qui peut reconstruire des alliances autour de projets progressistes ? Nos experts ne le voient pas émerger d’Europe. Mais la véritable peur aujourd’hui que nous commençons à nourrir est qu’il ne vienne pas non plus des Etats-Unis. Voire, pire, que ce soit un « barbare » qui gagne ce scrutin, ce Donald Trump ignorant, xénophobe, égocentrique qui veut jeter les étrangers dehors, bâtir des murs entre le monde et les Etats-unis et flatte les instincts de la haine, de la détestation, de l’égoïsme.
«  Ce serait un désastre global si Mr Trump devenait président des Etats-Unis  », écrivait à raison le Financial Times après sa désignation comme candidat du parti Républicain. Car un monde en proie à la barbarie a plus que jamais besoin d’un leader américain qui sert les valeurs de la démocratie.

dimanche 24 juillet 2016

Bruxelles doit repenser la cité

Le Vif
Carte blanche

Groupe du vendredi
Forum composé de jeunes provenant de divers horizons qui prennent du temps pour la réflexion et le débat
Par Laurent Hanseeuw, membre du Groupe du Vendredi, Bruxellois de naissance, de coeur et au quotidien. Il écrit cette colonne en son nom.


Ces derniers mois n'ont pas été tendres pour Bruxelles. Outre l'horreur des attentats, elle est conspuée de toute part, en Belgique et en Europe, comme le symbole de dysfonctionnements politiques et étatiques. Son nom semble avoir été dérobé pour illustrer les maux démocratiques de nos sociétés au dépend de la ville dont elle est le patronyme. 

© IMAGEGLOBE
 
Pour les bruxellois comme moi, c'est une réalité assez désagréable à laquelle nous sommes confrontée. Des journalistes français aux périodiques américains, en passant par les belges et européens de passage plus ou moins long dans la ville, les reproches pleuvent sur la cité. Nos réactions spontanées, et parfois justifiées, sont de discréditer ces critiques en pointant, au choix, leur absence de connaissance totale de la réalité bruxelloise, la responsabilité d'autres niveaux de pouvoirs ou encore l'absence de moyens dont souffre la capitale dans le cadre institutionnel belge. Tout cela est sans doute vrai. Mais cela n'enlève pas que Bruxelles et les bruxellois ont accepté une déliquescence progressive et coupable de la gestion de la cité. Il nous faut y remédier et cela passe avant tout par une conscience des failles bruxelloises.
BRUXELLES CONNAIT UN NOMBRE CROISSANT D'HABITANTS MAIS UN NOMBRE DÉCROISSANT DE CITOYENS. Cette affirmation gratuite peut être vue sous plusieurs angles. La première est le comportement incivique dont nous faisons collectivement preuve. Bruxelles-propreté pourrait sans doute augmenter son niveau de services mais ce ne sont évidemment pas les éboueurs qui jettent les déchets dans la rue. Bruxelles est sale, il faut être aveugle pour ne pas s'en rendre compte. Le fait que seul un journaliste français ose l'écrire révèle bien l'étendu du déni. La propreté de la ville n'est d'ailleurs pas la seule matière dans lequel notre incivilité collective s'exprime.
Bien entendu, les grandes villes sont propices à ce manque de conscience individuelle du bien commun. Mais Bruxelles semble en représenter la quintessence. Un problème aussi complexe n'a pas une seule explication. Néanmoins, un élément sous-estimé est, au-delà de la croissance démographique, surtout le renouvellement constant de sa population. Depuis des décennies, Bruxelles connaît un départ massif de ses habitants "historiques", par dizaine de milliers vers les deux autres régions du pays. SUR LES DIX DERNIÈRES ANNÉES SEULEMENT, UN TIERS DES HABITANTS DE LA CAPITALE L'ONT QUITTÉE. Qu'ils aient été remplacé par d'autres ne changent pas le fait que Bruxelles a été et est rejetée massivement par les Bruxellois.
BIEN PLUS QUE LA CAPITALE DE LA BELGIQUE OU DE L'EUROPE, BRUXELLES EST DEVENUE LA CAPITALE DU NOMADISME.
En comptant les mouvements vers l'étranger, chaque année, sept pourcent de la population bruxelloise quitte la ville. Cela signifie qu'actuellement, un habitant de Bruxelles reste en moyenne un peu plus de quinze ans dans la capitale. Vu qu'il reste tout de même une frange sédentaire, la moyenne est sans doute bien plus basse pour les autres. Or, il est plus difficile de fabriquer des citoyens avec des personnes de passage. Un locataire se sent logiquement moins concerné par la pérennité de son habitat que le (co-)propriétaire-occupant des lieux.
Cette réalité s'illustre d'ailleurs par la participation - et donc la représentativité - démocratique. Moins de six cent mille habitants sont inscrits sur les listes et quelques quatre-cent soixante mille habitants seulement ont émis un bulletin valable aux dernières élections, soit quarante pourcent de la population, contre près de deux-tiers dans le reste du pays. Les francophones ont beau jeu de railler le peu de représentativité des parlementaires bruxellois néerlandophones mais ils les rattrapent dans une certaine forme d'illégitimité démocratique. Les européens, si prompts à critiquer la mauvaise gestion de leur ville d'accueil, ne sont que quinze mille à s'être inscrits pour voter. En matière de responsabilité citoyenne, on repassera. ON N'OSE PAS IMAGINER LA REPRÉSENTATIVITÉ DU PARLEMENT BRUXELLOIS EN CAS D'ABANDON DU VOTE OBLIGATOIRE POUR LES BELGES...
Les Bruxellois de souche ont, ces quarante dernières années, voté massivement avec leurs pieds. Bien sûr, il s'agit partiellement de préférences légitimes, ou d'une culture belge atavique présentant certains problèmes avec le phénomène urbain. Mais le manque total d'attention porté à cette migration interne par les édiles politiques de la ville est inquiétant au vu du résultat visible sur le vivre-ensemble. Répéter que le logement est trop cher à Bruxelles est tout de même un peu court et relève de la paresse intellectuelle. A-t-on seulement une information factuelle et objective sur ces départs ? Contourner le problème en APPELANT À PRÉLEVER L'IMPOSITION SUR LE LIEU DE TRAVAIL EN S'ABSTENANT BIEN DE PROPOSER LE DROIT DE VOTE Y ATTENANT (pas de taxation sans représentation disent les anglo-saxons) est une belle illustration de cette fatuité. Bruxelles a besoin d'argent, certes. Mais on a aussi besoin d'un miroir.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE REMPLACEMENT ?  
 
C’est le concept clé de Renaud Camus, le « fellow traveller » du FN. Un personnage fort peu recommandable.
Le remplacement, c’est son obsession et c’est celle du FN évidemment. Or, si je lis bien ce papier, c’est exactement de cela qu’il serait question à Bruxelles : « du  renouvellement constant de la  population bruxelloise » (…). Depuis des décennies, Bruxelles connaît un départ massif de ses habitants "historiques", par dizaine de milliers vers les deux autres régions du pays. Sur les dix dernières années seulement, un tiers des habitants de la capitale l'ont quittée.
Qu'ils aient été « remplacés » par d'autres ne change pas le fait que Bruxelles a été et est rejetée massivement par les Bruxellois. Bien plus que la capitale de la Belgique ou de l'Europe, Bruxelles est devenue la capitale du nomadisme  « Les Bruxellois de souche ont, ces quarante dernières années, voté massivement avec leurs pieds »
Bruxelles connait un nombre croissant d'habitants mais un nombre décroissant de citoyens. Sur les dix dernières années seulement, un tiers des habitants de la capitale l'ont quittée. »
Certains reviennent, des jeunes et aussi pas mal de Flamands, s’installent « provisoirement» avant de repartir, le plus souvent quand leur aîné entre en âge de rejoindre l’enseignement secondaire.
Motif ? Le plus souvent le problème délicat du choix d’école et la grande réticence à voir leurs enfants  contraints à partager la classe d’enfants du même âge issus de l’immigration :crainte du faible niveau d’exigence des écoles et des enseignantes crainte en somme d’une promiscuité sociale et culturelle.
« Bruxelles a besoin d'argent, certes. Mais on a aussi besoin d'un miroir. »
D’un  miroir, pourquoi pas, mais pas d’un rétroviseur. C’est d’un bien mauvais miroir que ce sert Laurent Hanseeuw qui parle en son nom personnel mais à l’évidence sous le contrôle de ses amis du groupe du vendredi.

Le vieux Eric Corijn et ses amis de Brussels Studies qui sont d’une autre trempe que leurs jeunes amis passéistes (une collection de jeunes cadres brillants du Vendredi) nous invitent à construire la ville en regardant vers l’avenir.
Selon Corijn, la cohésion sociale deviendra de ce que les habitants-citoyens imaginent comme devenir commun et non pas d’une vision passéiste, historique « camusienne » par rapport à une identité historique qui s’évapore : Bossemans repose au cimetière de Molenbeek, Coppenolle à celui de Saint Gilles et Bruxelles ne brussellera plus jamais comme du temps des grands-parents de Jacques Brel.
A première vue ces vendredisiens distingués  ressemblent plus à des passéistes  renfrognés qu’à des visionnaires téméraires. Dommage.
MG 


QUI ?
Le Groupe du Vendredi vise à apporter des idées pour la société en interaction avec celle-ci, dans tous ses aspects et composantes. Il est soutenu par la Fondation Roi Baudouin.
Par le biais d’analyses et d’études stratégiques, le groupe veut enrichir le débat public et politique d’idées nouvelles mais réalistes. Ce groupe représente un forum unique, composé de jeunes prometteurs provenant de divers horizons, qui prendront du temps pour la réflexion et le débat.
Le ‘Groupe du Vendredi’, est un groupe de jeunes talents belges (de 25 à 35 ans) déterminés à améliorer l’état de notre société. Pour ce faire, ils préparent des documents stratégiques sur des défis clés et alimentent le débat d’idées et d’éléments nouveaux.
Chaque document stratégique passe par un long processus de réflexion. Il est d’abord soumis à un panel élargi, également composé d’experts et de praticiens. Ensuite, il est revu et amendé par les membres du groupe et par une sélection de correspondants.   
LE GROUPE DU VENDREDI, UN THINK TANK JEUNE
“Le Soir” publie à partir d’aujourd’hui les résultats du Thermomètre Solidaris – RTBF – Le Soir portant sur la vie des jeunes adultes entre 18 et 30 ans. Les témoignages sont rapatriés sur ce blog pour vous permettre de réagir.
Le premier constat est particulièrement sombre : leur vision de la société et de son avenir s’avère très pessimiste. La méfiance dans le système en général, politique en particulier, est criante. Un chiffre fort: 4% des 18-30 ans font confiance aux partis politiques.
Nous avons décidé de vous présenter une association de jeunes qui s’inscrit à contre-courant de cette tendance: le groupe du vendredi.

Une vingtaine de jeunes engagés dans la vie sociale, économique ou politique de notre pays qui se réunissent pour réfléchir à des solutions inventives pour les défis de demain.» C’est ainsi que se définit le groupe du vendredi, qui existe depuis bientôt deux ans. L’association est composée de jeunes de 25 à 35 ans.
Nous avons rencontré quatre membres de ce groupe pour débattre de différents sujets : logement, travail, enseignement… A la table : Naïm, économiste, Charlotte, étudiante en droit, Brieuc et Laurent, tous deux économistes. Certains sont engagés en politiques, d’autres pas. «Nous sommes pluralistes, on accepte les orientations idéologiques de chacun », commente Brieuc, le président du groupe.
Premier débat : le financement des études supérieures. «Personne n’est d’accord sur ce sujet », entame Charlotte, en riant. « Le groupe, c’est un endroit où on discute des choses. Certaines opinions du groupe sont diffusées dans la presse, ça ne veut pas dire qu’on est tous d’accord. Mais le débat a eu lieu. » Les idées fusent : augmenter le financement de base, mettre en place un système de minerval plus élevé mais différé. Très vite, les restrictions pratiques apparaissent : «En Communauté française, pour avoir des fonds pour le supérieur, il faudrait négocier avec d’autres niveaux de pouvoir puisqu’on fonctionne en enveloppe fermée », remarque Laurent.
La discussion se poursuit sur les pensions, le marché du travail et le logement. Les membres du groupe sont emballés, cherchent la confrontation, se chamaillent gentiment. «On sait que tu es VLD, toi», lance Laurent à son président, le taquinant sur un de ses positionnements.
Bref : ces quelques éléments d’ambiance montrent bien l’esprit collectif du groupe, que nous avons sollicité une nouvelle fois pour un commentaire sur les grands résultats de l’enquête Solidaris. En deux jours, plusieurs membres se sont penchés sur la question et nous ont fourni des notes longues de deux pages.
DE L’ANALYSE, DE LA NIAQUE ET DU CLASH
Attardons-nous sur ce chiffre : 5 % des jeunes pensent que voter permet vraiment de changer les choses. Commentaire du groupe : «Offrir le droit de vote sans une éducation à la citoyenneté c’est un peu comme offrir une voiture sans permis de conduire…»
Testez le groupe du vendredi sur le pessimisme apparemment généralisé des jeunes pointé par Solidaris. Ils vous répondront que le discours serait sans doute différent si on tenait compte de davantage d’indicateurs (l’amélioration de la qualité de l’air, par exemple), que les médias jouent un rôle dans le négativisme ambiant, qu’on oublie qu’on vit dans une société de confort.
Bref : vous trouverez chez eux de l’analyse, de la niaque, du clash, mais pas de bras baissés.

Voici d’autres réactions du groupe sur les rapports des jeunes aux institutions.
Un jeune sur deux pense que l’enseignement ne prépare pas bien au monde du travail
-      Les universités par exemple sont fort déconnectées du monde « réel » en règle générale. Il serait sans doute utile d’étendre les relations entre les instituts de formation et les entreprises/institutions. Cela peut passer notamment par des séminaires de personnalités issues du monde du travail et des stages.
-             Il y a un travail d’information à faire aussi pour les jeunes qui sortent de l’enseignement secondaire. Beaucoup ne sont pas conscients des opportunités potentielles d’emplois qui s’offriront à eux lorsqu’ils sortiront de leurs études supérieures et sont dès lors surpris à la sortie. D’un autre côté, il est évident qu’il n’est pas si facile de se projeter dans le futur à 18 ou 20 ans.
-       Assurer un enseignement de qualité passe aussi par la revalorisation de celui-ci à tous les niveaux et, en particulier, des filières technique et professionnelle.
64% SE DISENT INQUIÉTÉS PAR LE SYSTÈME ÉCONOMIQUE ET FINANCIER
-       C’est le nœud du problème économique aujourd’hui : le manque de confiance généralisé. Celui-ci est malheureusement auto-réalisateur. Il n’y a pas de baguette magique pour restaurer la confiance. Beaucoup a déjà été fait au niveau des autorités budgétaire et monétaire. Il y a encore du chemin à parcourir. Probablement le message d’austérité devrait être plus nettement adouci et, à nouveau, il est nécessaire de faire place à davantage de positivisme, mais ça ne se décrète pas si facilement.
-       Le système financier et les banques en particulier ont des responsabilités extrêmes dans la société. Si une grande entreprise fait faillite, c’est une catastrophe pour les employés et les fournisseurs. Si une grande banque fait faillite, c’est une catastrophe pour le pays, tant les banques sont interconnectées et leur rôle est essentiel au bon fonctionnement de l’économie.
SEUL 11% DES JEUNES CROIENT ENCORE DANS L’ÉCHELLE SOCIALE
-       Le problème est que l’égalité des chances est un mythe, même dans une société aussi redistributrice et dans laquelle l’enseignement est aussi accessible que la nôtre.
-       Il y a sans doute lieu de compenser davantage les « inégalités de base » en offrant un enseignement plus adapté aux besoins d’éducation et de formation de certains pans de la population.