samedi 30 juillet 2016

"Mon Dieu, que c'est dur d'être catholique aujourd'hui"

La Libre
CONTRIBUTION EXTERNE

Une opinion de Valentine De le Court, romancière, qui fait suite au meurtre du Père Hamel en pleine messe ce mardi.


C'est dur d'être un catholique aujourd'hui,
Non pas parce que les chrétiens sont persécutés aux quatre coins du globe,
Non pas parce que les prêtres ne sont plus en sécurité même en Europe,
Mais à cause du fait qu'il est difficile de ne pas tomber dans la haine, dans le rejet et dans la volonté de revanche,
Je suis tentée, très tentée...
Il n'est pas aisé de pardonner.
Mon Dieu,
C'est dur d'être un catholique aujourd'hui.
De tout temps, la violence a existé au sein des sociétés humaines et suscité des réactions armées. Ces réactions ont tout d’abord été disproportionnées, tombant dans l’escalade sans fin de la barbarie. Un premier progrès a été acquis lorsque l’humain a placé comme limite le principe du « œil pour œil, dent pour dent ». Le conflit s’éteignait lorsque la vengeance était accomplie.
Depuis quelques mois, en lisant sur internet les commentaires de nombre de citoyens qui appellent à l’application stricte de ce vieux principe (refoulement de tous les étrangers, déchéances de nationalité, fichage, privation d’allocations pour les familles des terroristes), je me demande si l’esprit humain n’est pas resté attaché à cette ancienne loi qui, au cours des millénaires, a fait preuve de son inefficacité pour atteindre la paix.
Le message simpliste de la violence est compris par tous et suscite, une fois encore, la réaction simpliste de la violence. En prêchant la réponse agressive (animé par une indignation bien compréhensible), nous réagissons exactement comme le souhaitent les terroristes. Nous parlons un langage qu'ils comprennent, nous nous aventurons sur le terrain où ils cherchent à nous entraîner et sur lequel ils seront toujours gagnants, car eux ne s’embarrassent pas de la moindre limite.
La seule solution ne serait-elle pas de parler un langage qui les surprennent, de manier une arme qu'ils ne connaissent pas ? Et c'est précisément ce qui était à la base du choix de vie du Père Hamel. Ce n'est certes pas une recette miracle. Le message du Christ, l'Amour, n'est pas un message simpliste ni un chemin aisé, mais c'est le seul à mon sens qui ne soit pas une impasse.
Non, ce ne sont pas que des mots. Il s’agit d’un travail de tous les jours qui commence par un travail sur soi. Nous n'éliminerons pas toute la violence sur Terre mais notre combat minimal est de l'éliminer en nous. Ce serait déjà une victoire à notre portée, un exemple qui pourrait susciter d'autres combats similaires. Si nous souhaitons manifester notre solidarité avec le Père Hamel, le mieux n'est-il pas de s'engager à sa suite, à la suite du Christ ?
Dans la société humaine où nous vivons, nous formons comme une chorale où toutes nos voix sont appelées à se mêler. Pour trouver l’harmonie, il ne s’agit pas de se taire, au risque de ne plus entendre que les cris des prêcheurs de haine. Affermir sa voix ne signifie pas dominer les autres, tandis qu’une voix non-assurée entraîne l’ensemble au déraillement.
Nous ne devons pas tomber dans l’angélisme. Mais, comme dans un tableau impressionniste, apporter notre touche de couleur, irremplaçable. A notre niveau, nous n’en voyons pas l’effet, pourtant, avec le recul des années nous pouvons transformer notre monde par petits coups de pinceaux.
Notre société actuelle nous donne un idéal matérialiste et individualiste. Et ce depuis plusieurs décennies. Or, l’humain, par nature, est profondément idéaliste et sociable. Dans la quête d’un idéal digne de lui, il cherche où étancher sa soif. Depuis des années aussi, pris d’un espoir vain de coaliser une société multiculturelle, les occidentaux se sont efforcés, sous prétexte d’ouverture, de gommer le plus possible leur identité judéo-chrétienne, ne remplaçant ces valeurs fondatrices par rien d’autre qu’un consumérisme effréné et une soif de reconnaissance télévisuelle.
L’idéal de violence à laquelle ont succombé les djihadistes est simple à comprendre et facile à mettre en application. L’idéal d’Amour est aisé à envisager et complexe à vivre au jour le jour. Plutôt que d’offrir pour seule réponse un châtiment, proposons cet objectif plus sophistiqué mais combien plus riche et porteur de fruits. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
NE PAS PLIER DEVANT LA VIOLENCE 
 
"La paix, c'est ça qu'on veut (...) Tant qu'il y aura des bombes sur la Syrie, nous continuerons les attentats. Et il y en aura tous les jours. Quand vous vous arrêterez, nous arrêterons "
Le gamin qui parle a 19 ans, il vient, le monstre, d’égorger un prêtre, il sait qu’il va mourir, il choisit de sacrifier sa vie.
Soeur Huguette Péron : « J'ai eu droit à un sourire du second. Pas un sourire de triomphe, mais un sourire doux, celui de quelqu'un d'heureux ».
Cela ressemble à une pièce de théâtre sinistre du genre « Murder in the Cathedral »  de T.S Eliot : cinq ou six personnages en quête d’un drame dans un décor gothique. Allégorie brève pour une époque démente.
« Notre société actuelle nous donne un idéal matérialiste et individualiste. Et ce depuis plusieurs décennies. Or, l’humain, par nature, est profondément idéaliste et sociable. Dans la quête d’un idéal digne de lui, il cherche où étancher sa soif. Depuis des années aussi, pris d’un espoir vain de coaliser une société multiculturelle, les occidentaux se sont efforcés, sous prétexte d’ouverture, de gommer le plus possible leur identité judéo-chrétienne, ne remplaçant ces valeurs fondatrices par rien d’autre qu’un consumérisme effréné et une soif de reconnaissance télévisuelle. »
Pendant ce temps, à Auschwitz, un pape nommé François s’immerge dans le silence et la honte : «Je suis allé à Auschwitz, à Birkenau, rappeler les douleurs d'il y a 70 ans. Combien de douleurs! Combien de cruauté! Mais, est-il possible que nous, les hommes, créés à la ressemblance de Dieu, nous soyons capables de faire ces choses? Mais ces choses ont été faites. La cruauté n'a pas pris fin à Auschwitz ou à Birkenau. Aujourd'hui on torture les gens! De nombreux prisonniers sont torturés, immédiatement, afin de les faire parler. C'est terrible. Aujourd'hui, il y a des hommes et des femmes dans des prisons surpeuplées. Ils vivent comme des animaux. Aujourd'hui il y a cette cruauté. Nous disons: en visitant le camp nous avons vu la cruauté d'il y a 70 ans. Comment ils étaient fusillés, pendus, ou par le gaz… Mais, aujourd'hui, en de nombreux lieux à travers le monde où la guerre se déroule, on voit la même chose.»
Comment ne pas penser au film « des hommes et des dieux » à Christian de Chergé, le prieur du monastère de Tibéhirine (Algérie) assassiné avec six autres moines en 1996 : sept hommes ont finalement pris collectivement la décision de ne pas plier devant la violence. « Laissez passer l’homme libre »
MG 


ATTENTAT EN NORMANDIE: LE DIALOGUE SURRÉALISTE DANS L'ÉGLISE ENTRE LES RELIGIEUSES ET LES TERRORISTES
AFP La Libre Belgique

Un dialogue surréaliste s'est engagé mardi dans l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (France), après l'assassinat du père Jacques Hamel, entre le commando et les deux religieuses retenues à l'intérieur de l'édifice, ont rapporté ces dernières à l'hebdomadaire catholique La Vie.
Alors que le prêtre de 85 ans, qui vient d'être égorgé, et un fidèle grièvement blessé gisent à terre, les deux agresseurs, qui avaient jusqu'à ce moment fait preuve d'agressivité et d'énervement, changent brutalement de comportement. "J'ai eu droit à un sourire du second. Pas un sourire de triomphe, mais un sourire doux, celui de quelqu'un d'heureux", raconte soeur Huguette Péron.
Soeur Hélène Decaux, 83 ans, et l'épouse du fidèle blessé, âgée aussi de plus de 80 ans, demandent à s'asseoir. L'un des deux tueurs accepte. "Je lui ai demandé ma canne, il me l'a donnée", précise soeur Hélène.
Puis la conversation prend une tournure religieuse. L'un des deux hommes demande à soeur Hélène si elle connaît le Coran. "Oui, je le respecte comme je respecte la Bible, j'ai déjà lu plusieurs sourates. Et ce qui m'a frappé en particulier, ce sont les sourates sur la paix", répond la religieuse.
"La paix, c'est ça qu'on veut (...) Tant qu'il y aura des bombes sur la Syrie, nous continuerons les attentats. Et il y en aura tous les jours. Quand vous vous arrêterez, nous arrêterons ", répond son interlocuteur.
"As-tu peur de mourir?", interroge ensuite ce dernier. A la réponse négative de la religieuse, il poursuit: "Pourquoi?". "Je crois en Dieu et je sais que je serai heureuse", réplique soeur Hélène, qui confie avoir prié intérieurement la Vierge et pensé à Christian de Chergé, le prieur du monastère de Tibéhirine (Algérie) assassiné avec six autres moines en 1996.
Avec soeur Huguette, la conversation porte sur Jésus. "Jésus ne peut pas être homme et Dieu. C'est vous qui avez tort", assène l'autre assaillant. "Peut-être, mais tant pis", répond soeur Huguette. "Pensant que j'allais mourir, j'ai offert ma vie à Dieu", ajoute-t-elle.
"Visiblement, ils attendaient la police", considère soeur Hélène. Peu après, les deux hommes tentent une sortie en prenant les trois femmes comme bouclier humain. "Mais ils ne se sont pas mis totalement derrière nous. A croire qu'ils allaient au devant de la mort".
Présente à la messe lors de l'irruption des terroristes, une troisième religieuse, soeur Danielle Delafosse, était parvenue à sortir de l'église et à donner l'alerte.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

C'est toujours assez hallucinant de le lire, entendre une bigotte de façade donner des leçons!