mercredi 27 juillet 2016

L'imam de Saint-Etienne-du-Rouvray avait mis en place un comité inter-confessionnel avec le diocèse de Rouen


L'imam de la mosquée de Saint-Etienne-du-Rouvray, Mohamed Karabila, par ailleurs directeur du comité régional du culte musulman de Haute Normandie, avait mis en place depuis 18 mois un comité inter-confessionnel avec le diocèse de Rouen.
Chaque mois, les religieux catholiques et musulmans, dont le père Jacques Hamel, se réunissaient au diocèse pour discuter des liens entre les deux confessions, notamment pour agir sur les problèmes de radicalisation. Une de ces réunions mensuelles était précisément programmée mardi, indique l'imam Mohamed Karabila au Figaro, jour de l'attentat à Saint-Etienne du Rouvray, où le père Jacques Hamel a été égorgé dans son église par deux terroristes se revendiquant de l'Etat islamique.
"L'archevêque de Rouen étant à Cracovie, en Pologne, pour les JMJ, la réunion a été annulée", dit-il. Mais le prélat devant rentrer mardi soir en raison de l'attentat, « une réunion aura sans doute lieu dès mercredi matin », confie l'imam.
Delphine de Mallevoue

"IL FAUT QUE NOUS FASSIONS LE MÉNAGE", JUGE LE RECTEUR DE LA MOSQUÉE DE LYON
Après l'attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray, le recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kaptane, a estimé sur France Info que "c'est à nous, musulmans, à prendre nos responsabilités. Il faut que nous fassions le ménage. Ce qui se passe se fait au nom de l'Islam, et au nom des musulmans. Et cela, nous ne pouvons pas l'accepter".
En outre, il a condamné avec la plus grande fermeté cet attentat: "S'attaquer à un prêtre alors qu'il est en train de prier, c'est le pire des crimes que l'on puisse constituer", a-t-il martelé. 


L’ISLAM DE FRANCE DOIT S’ENGAGER SUR UN PACTE RÉPUBLICAIN
Libération
Par Jean Leonetti, Ancien Ministre Député des Alpes-Maritimes. Maire d’Antibes-Juan-Les-Pins — 

 
A Frejus. Photo Boris Horvat. AFP

L'islam était beaucoup moins présent en France lorsque la loi de 1905 a été votée. Il n'est pas trop tard pour l'intégrer dans une réflexion globale sur l'organisation des rapports entre les différentes religions et l'Etat.

Le tragique attentat terroriste de Nice a renforcé une idée qui s’est installée dans notre pays : l’islam serait une religion violente qui suscite de la part de certains de nos concitoyens la crainte et le rejet. Cette situation résulte bien sûr des revendications des actes terroristes sur notre sol par l’Etat islamique et de l’attitude d’un islamisme radical prosélyte et contraire à nos principes.
Certains affirment déjà que l’islam est incompatible avec la République. La République française rappelle quant à elle ses valeurs : la liberté de croire ou ne pas croire, la laïcité, et l’égalité homme-femme, mais se refuse à les imposer au nom de la séparation de l’Eglise et de l’Etat. La fermeté légitime de l’Etat exercée sur les imams ou les lieux de culte salafistes s’apparente pour certains à de l’islamophobie, comme toute critique émise vis-à-vis de cette religion qui se confond souvent avec une culture. Les messages de violence et de haine trouvent chez certains un écho favorable.
De concessions en renoncement, des pratiques dictées par l’islam se manifestent dans nos villes et notre système éducatif : le régime dans les cantines, les tenues vestimentaires, des exigences particulières en matière de soin, le refus de certaines activités sportives ou de l’étude de certains épisodes de l’histoire de France. Ces attitudes génèrent des situations de tensions qui ne cesseront de s’exacerber si nous ne réagissons pas pour imposer à l’islam les mêmes règles qu’aux autres religions. Or, sans hiérarchie ni unité, le monde musulman en France n’est pas suffisamment organisé pour répondre de manière adaptée à cette situation et les appels aux «musulmans modérés» restent sans effet visible. La majorité des Français musulmans qui se reconnaît dans les valeurs républicaines est inquiète de ces dérives et de ce climat, elle qui prônent un islam des Lumières par opposition à une vision obscurantiste du Coran diffusé sur Internet. Nous devons affirmer que l’islam est compatible avec la République française et nous donner les moyens d’y parvenir avec tolérance et fermeté.
C’est à l’Etat de reprendre le chantier inachevé de l’organisation de l’islam «de» France qui doit montrer un autre visage. Cette démarche sera longue et difficile car elle n’est pas dans notre culture républicaine qui ne reconnaît aucun culte, ni dans la culture de l’islam, qui ne reconnaît aucun chef. Cela paraît cependant la seule voie pour éviter que la fracture créée entre les musulmans et la majorité du peuple français ne devienne irréparable et aboutisse à un climat larvé de guerre civile.
C’est la République qui doit dicter sa loi comme elle l’a fait en 1905 envers le catholicisme alors que la religion musulmane n’était pas aussi présente en France. Le Conseil français du culte musulman, tentative modeste d’organisation de l’islam en France, doit être renouvelé, affirmer son indépendance envers les pays étrangers et s’engager sur un pacte républicain qui propose à ses fidèles de respecter scrupuleusement les lois, les principes et les valeurs de notre pays. Les imams nommés par cette instance sous le contrôle du ministre de l’Intérieur obéiraient à ces règles et tout nouveau lieu de culte devrait bénéficier de l’accord du maire et du Préfet.
Cette nouvelle organisation du culte musulman mise en place pour une durée déterminée apportera un climat d’apaisement même si, comme lors de l’adoption des lois de 1905, elle entraînera sans doute un débat passionné dans un pays dans lequel le dialogue entre l’Etat et les religions a rarement été apaisé. La France, dans sa tradition de tolérance et de fermeté, permettrait alors aux Français musulmans de vivre leur foi dans la République et d’éviter toute dérive dictée par un pays ou une organisation étrangère. A un islam «en» France incontrôlé et rejeté se substituera un islam «de» France respecté et tolérant. Il n’est pas encore trop tard. 



COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« A UN ISLAM «EN» FRANCE INCONTRÔLÉ ET REJETÉ SE SUBSTITUERA UN ISLAM «DE» FRANCE RESPECTÉ ET TOLÉRANT. IL N’EST PAS ENCORE TROP TARD. »

L’Islam doit être considéré dans la diversité de ses courants : sans manichéisme, et sans angélisme.
« L’islam «de» France doit montrer un autre visage. » Et si, pour changer, l’islam prenait le vrai visage de l’islam ?  Mais quel est donc ce vrai visage de cette religion ambiguë, paradoxale et en pleine expansion ?
Malgré tous les efforts consentis pour la comprendre (lecture structuraliste du Coran, dialogue franc avec des musulmans éclairés et ouverts)   on ne peut arriver qu’à une seule conclusion, l’islam , comme toutes les religions du livre, est d’une insondable complexité. Il est, à tout le moins, un Janus à deux visages, le premier lumineux est celui d’une éthique à visage divin c’est ce qu’on appelle l’islam des lumières ; le second, ténébreux, grimaçant,  vindicatif et barbare  est de conception politique,  on l’ appelle l’islamisme et il fait grand dégât sur terre. Ali Daddy écrit :« Cette conception politique constitue à mon sens une perversion des valeurs coraniques essentielles. Au contraire, l’autre conception, la conception spirituelle, apparaît authentiquement coranique. Elle relève, pourrait-on dire du champ naturel de l’islam, parce que, c’est cette conception spirituelle qui seule est fidèle à l’esprit du Coran. »
Et Ali Daddy de préciser : » Être musulman est donc, de toute évidence, une démarche spirituelle, un choix de caractère éthique et non politique. L’islam, postule une éthique. Et cette éthique, est – ou devrait être – une éthique pacificatrice. »

Et de conclure : « En ma qualité de musulman, j’affirme que mon adhésion à l’islam n’est en aucune façon un engagement de caractère politique mais bien un choix de caractère foncièrement intime et privé. En tant que laïc, en tant que libre-exaministe, j’adhère au principe du libre examen et je revendique le droit d’interpréter le texte fondateur en toute liberté. Le Coran m’en offre et la possibilité et l’invitation.

Pour le surplus, j’adhère sans la moindre réserve à la conception française de la laïcité selon laquelle l’État est totalement incompétent en matière religieuse et la religion totalement incompétente en matière politique et publique. C’est ce que les Français appellent le principe républicain de la double incompétence. En vertu de ce principe, l’État laïque veille à la liberté des cultes sans en privilégier aucun.

Quiconque entend instrumentaliser le Coran au service d’un projet de domination politique choisit la voie de la dénégation (kufr) au mépris de l’invitation coranique à suivre « le chemin de rectitude » (I, 6).

Le Coran invite son lecteur à passer « des ténèbres vers la lumière » (II, 257). Vouloir voir clair, c’est en appeler à la réflexion et à la raison critique, à l’opposé de l’obscurantisme.

Par obscurantisme j’entends une lecture aveugle, littérale, sclérosée, archaïque et réductrice du Coran qui refuse la lumière de l’esprit, de la raison et de la libre interprétation ou pour le dire autrement du libre examen. L’obscurantisme est le choix de ceux que le Coran nomme dans la belle traduction de Jacques Berque les dénégateurs (kafirîn), ceux qui toujours nient les injonctions coraniques de la guidance éthique du bel-agir. »


Pratiquer cette lecture vivante, contemporaine et critique du Coran induit, selon Daddy, plusieurs conséquences fondamentales :

« - 1) Le principe de liberté de conscience
Tout homme, toute femme est libre de croire ou de ne pas croire. Le Coran déclare : « Point de contrainte en matière de religion » (II, 256) et « Que croie qui veut et que dénie qui veut » (XVIII, 29).

- 2) Le principe de la responsabilité individuelle
Chacun doit de façon impérative répondre individuellement de ses actes. Le Coran l’affirme de manière implacable :
« Celui qui aura fait l’équivalent du poids d’un atome de bien le verra
celui qui aura fait l’équivalent du poids d’un atome de mal le verra. » (XCIX, 7-8)

-3) Le principe du respect d’autrui
« Humains, Nous vous avons créés d'un mâle et d'une femelle. Si Nous avons fait de vous des peuples et des tribus, c'est en vue de votre (re)connaissance mutuelle. » (XLIX, 13).
On ne saurait mieux inciter au dialogue interculturel.

- 4) L’exigence éthique du bel-agir (ihsân)
Inlassablement, de sourate en sourate, le Coran recommande cette parfaite irradiation des conduites humaines par l'éternelle beauté. Le Prophète Muhammad a dit « Dieu est beau et aime la beauté. Lorsque vous posez un acte faite-le bellement ».
Et le Coran de préciser : « Dieu aime les bel-agissants » (III, 134).
Cet appel à agir bellement est tellement fort dans le Coran que c’est non seulement l’homme et la femme qui sont invités à agir bellement mais que Dieu s’impose cette injonction à Lui-même.
« Dieu s’assigne à Lui-même la miséricorde » (VI, 54) dit le Coran, c’est-à-dire qu’Il choisit d’aimer et de comprendre l’homme et la femme, ses créatures !

Comment peut-on, face à cette déclaration d’amour, commettre au nom de Celui qui la prononce, le moindre acte de barbarie ? Le vrai problème me semble-t-il c’est qu’il faut inlassablement expliquer le Coran avant tout aux musulmans eux-mêmes ! Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes. »
Et si c’était cela le nœud du problème ? Oser dénoncer la méconnaissance crasse de leur religion par la grande majorité des musulmans eux-mêmes. C’est que l’islam n’est pas une orthodoxie comme le judaïsme ou le christianisme qu’il l’on précédé mais bien au contraire une orthopraxie. Qu’est-ce à dire ?
« Le secret de sa réussite réside dans la mise en place d’un long catalogue de rituels précis à suivre. Ils règlent la vie de chacun et encadrent la vie de chacun dans la société, sous le regard de tous, et sont issus des traditions arabes autant que du contenu du corpus coranique. »
« Il s’agit de gestes ancestraux, de rituels primitifs, de catégories intellectuelles qui sont issues de la mentalité arabe précédente, et assez peu transformés. Avant même que ne s’élaborent le texte considéré comme sacré, une parole particulière et une théologie, les gestes de la religion, les rites, se sont imposés en même temps, sans doute, que la domination politique. »
Les rituels sont restés, restent et resteront la base du système religieux musulman. L’islamisme se présente comme le dernier jalon d’une évolution religieuse. L’islamisme qui se présente volontiers  comme une idée neuve dans le monde, renvoie en réalité à des usages immémoriaux. Il  ne fait que les conserver et les prolonger.   La machine à décerveler est largement constituée de cela. En langage technique, le travers du ritualisme mimétique a pour nom l’orthopraxie, la « pratique juste ».
« Pour l’immense majorité de la population, l’adhésion au système se réduit à la pratique répétitive de tels gestes et rien de plus. Mais le système est efficace et assure la cohésion de la société, au détriment du développement individuel et du progrès général.
La pratique, le rite, le geste et la régression cultuelle sont les instruments efficaces de la soumission. Il est trop risqué de parier sur la culture, sur l’intelligence ou sur l’imagination, la créativité qui sont autant de portes de sortie.
tique du jihad. » (maisdisons-hebdo)
« Il est remarquable (et très encourageant) que la contestation vienne désormais à travers le rejet des rites et des obligations collectives. »(ibid)
C’est le triomphe de la raison critique sur l’obscurantisme, les superstitions et la bigoterie hallal.
Il serait temps, que ne l’avons-nous répété, sur ce blog, que la France, la Belgique et l’Europe entière exigent que les imams et autres aumôniers soient formés et certifiés chez nous, dans les langues d’ici. On a perdu 40 ans en fermant les yeux sur l’origine souvent douteuse des imams qui officient dans nos mosquées européennes. Il est urgent de changer le fusil d’épaule.  Car « désormais, n'importe quel abruti désœuvré, mu par un héroïsme de branquignol pour donner un sens à une vie trop ordinaire, peut se procurer la pochette surprise du parfait petit djihadiste via les réseaux salafistes qui sévissent en banlieue ou sur Internet »
« Si nos gouvernements redoutent à ce point les dérives insurrectionnelles, ils seraient bien inspiré de changer enfin de langage et de méthode. »On ne saurait être plus clair.
Le dialogue interculturel est le contraire de la reddition en rase campagne face à l’islamisme. C’est en revanche l’ouverture à l’autre, le respect de ses convictions mais la fermeté déterminé pour ce qui concerne nos conquêtes en termes d’autonomie du sujet et de pensée libre.
MG


JACQUES HAMEL, MARTYR DU FANATISME ET DES LÂCHETÉS POLITIQUES



FIGAROVOX/TRIBUNE - Le père Jacques Hamel a été égorgé par deux dijhadistes, dont l'un avait déjà été arrêté pour terrorisme. Pour Héloïse Lenesley, cet événement révèle le poids tragique des lâchetés politiques qui minent la nation.

Héloïse Lenesley est journaliste. Elle collabore notamment à Causeur.

Aujourd'hui, nous sommes des millions de Français hébétés, révoltés, poignardés en plein cœur par l'assassinat barbare de Jacques Hamel, prêtre, 84 ans. Il était réputé bienveillant, discret et serviable. Ordonné en 1958, il officiait à Saint-Étienne-du-Rouvray où, bien que retraité, il secondait le curé de la paroisse et célébrait la messe quand celui-ci était absent, comme ce mardi 26 juillet. Ce jour-là, deux endoctrinés islamiques ont surgi et l'ont égorgé. Quelle belle proie, quel trophée de rêve pour exacerber l'émotion et attiser les rancœurs bellicistes. Après avoir éviscéré la fête nationale de la France avec un camion fou, on saigne ses églises à blanc. Ses symboles sont écorchés, broyés, calcinés un à un, au nom d'une haine vengeresse que Daech est parvenu à merveille à exporter et à franchiser. Désormais, n'importe quel abruti désœuvré, mu par un héroïsme de branquignol pour donner un sens à une vie trop ordinaire, peut se procurer la pochette surprise du parfait petit djihadiste via les réseaux salafistes qui sévissent en banlieue ou sur Internet. Le narcissisme du sauvage. Le père Jacques Hamel a été sacrifié sur l'autel de l'insondable bêtise du fanatisme mais aussi de la répulsive lâcheté politique qui, pour ne pas froisser les susceptibilités communautaristes ou pour enrayer la fragmentation sismique de l'unité nationale, a pris le parti de baisser les yeux, de ménager la chèvre et le chou, en espérant naïvement que le soleil radieux du vivre-ensemble succèderait à la tempête du survivre-malgré. Il est aisé de se réfugier derrière la crainte d'une guerre civile fantasmagorique pour légitimer l'inertie, le clientélisme, et excuser l'absence de courage politique. Pendant quatre ans, messieurs Hollande, Valls, Cazeneuve, Ayrault et consorts, mesdames Taubira, Vallaud-Belkacem, Cosse, Duflot, sans oublier la maire de Paris Anne Hidalgo, nous ont confinés jusqu'à la suffocation dans la honte d'être Français. Ils ont déclaré la guerre non pas aux racailles mais à l'islamophobie, ils se sont mis en tête de traquer le racisme dans les moindres recoins des réseaux sociaux, de pratiquer la mixité sociale à grande échelle au risque de mieux disséminer le prosélytisme, de diaboliser la «France rance» en distillant des rimes subliminales entre gaullisme avec fascisme. Comment l'ennemi peut-il
Le père Jacques Hamel a été sacrifié sur l'autel de la bêtise du fanatisme mais aussi de la lâcheté politique.
Ils ont déclaré la guerre non pas aux racailles mais à l'islamophobie, ils se sont mis en tête de de diaboliser la « France rance ».
avoir une once de respect pour un pays émasculé par les perpétuelles jérémiades expiatoires, amputé de son récit national, mutilé par sa peur délirante d'un retour aux heures sombres? Il est plus facile d'équarrir une nation qui a déjà un genou à terre. Le sang versé par Jacques Hamel ne l'aura pas été en pure perte. Il a sorti de leur torpeur des médias qui ne se hasardent plus, pour l'heure, à des diagnostics de Diafoirus de l'info, invoquant les actes d'un «déséquilibré», «forcené» ou «dépressif». Soit dit en passant, on prend le pari que les millions de catholiques rendus dépressifs par cette tragédie n'iront pas se défouler en crucifiant un imam. Pas plus qu'ils n'iront vider des Kalash' sur des musulmans en terrasse au prétexte que le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde. Lesdits catholiques ont d'ailleurs reçu la compassion et la solidarité de François Hollande. Le président estime-t-il que ce crime sauvage n'endeuille que la communauté catholique? C'est, plus que jamais, la France entière, qu'elle soit croyante, agnostique ou athée, qui est meurtrie par ce nouvel attentat. Cette France-là veut comprendre pourquoi la sécurité nationale n'est pas assurée. Pourquoi une majorité d'élus de gauche vote contre une proposition d'amendement visant à renforcer les fermetures administratives de mosquées salafistes. Pourquoi l'un des terroristes, qui avait tenté de partir en Syrie et passé un an en prison, a été libéré en mars, dans l'attente de son procès pour «association de malfaiteurs en vue d'une entreprise terroriste». Pourquoi les propositions du rapport Fenech ont été snobées par les dirigeants. Pourquoi des experts aussi précieux que le juge Trévidic sont écartés par des lois idiotes. Pourquoi on se perd dans des mesurettes comme les centres de déradicalisation, ce patch antifanatisme à un million et demi d'euros par an. Pourquoi il est de mauvais goût d'évoquer les failles du Renseignement et de critiquer la fusion des RG et de la DST. Les Français ne veulent plus d'un François Hollande qui leur entonne jusqu'à la nausée «aux larmes citoyens». Ils veulent gagner la guerre civilisationnelle que l'obscurantisme leur a déclarée. Répliquer à l'attaque ne relève pas de la basse vengeance mais du simple bon sens, à moins d'être suicidaire. Si le gouvernement redoute à ce point les dérives insurrectionnelles, il serait bien inspiré de changer enfin de langage et de méthode.
On prend le pari que les millions de catholiques n'iront vider des Kalash' sur des musulmans en terrasse au prétexte que le christianisme est la religion la plus persécutée dans le monde. 


La presse demande des actes au gouvernement et l’union aux Français
Par AFP — Figaro 

Hommage d'un couple au prêtre assassiné le 26 juillet 2016 place de la République à Paris Photo GEOFFROY VAN DER HASSELT. AFP

La presse demande des actes au gouvernement et l’union aux Français
L’assassinat d’un prêtre par des jihadistes dans son église à Saint-Etienne-du-Rouvray, fait la Une mercredi de tous les quotidiens dont les éditorialistes demandent des «actes» au gouvernement pour lutter plus efficacement contre le terrorisme et aux Français de «faire bloc».
«Ne rien céder», titre Libération, «Assassiné par les Barbares», écrit Le Figaro, «Face au Mal», titre La Croix et «Martyrisé», écrit en Une Le Parisien.
«Aucune cause ne peut justifier une telle abomination. Notre cri vers Dieu est un appel à l’aide pour résister à la tentation de la vengeance», écrit Guillaume Goubert, dans La Croix.
«Ne tombons pas dans les pièges de Daech. Il faut plus que jamais refuser d’être entraîné sur le terrain de la division», recommande Johan Hufnagel, de Libération. «Il faut résister et ne pas tomber dans la division nationale», renchérit François Wojtalik, du Courrier Picard.
«La cible est précisément choisie pour alimenter la mécanique dévastatrice d’une guerre de religion», prévient Patrick Le Hyaric, de L’Humanité. Pour Dominique Moïsi, dans Ouest-France : «face à cette escalade dans l’horreur, nous devons tenir».
«L’intelligence consiste d’abord à garder son sang-froid», reconnaît Gilles Grandpierre, dans L’Union/L’Ardennais. Mais pour l’éditorialiste, l’intelligence «c’est aussi adapter notre arsenal judiciaire et répressif à l’urgence.»
- 'Le temps des bonnes paroles est révolu' -
«Les Français tiennent bon», se félicite Olivier Auguste, de L’Opinion, avant de lancer : «aux autorités de faire leur travail avant qu’ils ne craquent.»
«Le moment est donc venu de dire : ça suffit ! Assez. Le temps des bonnes paroles est révolu et celui des actes forts doit venir», s’emporte Bruno Dive, pour Sud-Ouest. «A l’évidence, il ne suffit plus de se contenter de mots. C’est insuffisant. On ne combat pas le terrorisme au XXIe siècle avec des outils du siècle passé», constate Laurent Bodin, de L’Alsace.
«Le gouvernement doit prendre la mesure de ce qui se passe en France, adopter l’arsenal militaire, policier et judiciaire pour assurer la sécurité de nos concitoyens», assène Etienne de Montety, dans Le Figaro.
«Ni le renseignement, ni la surveillance, ni le dispositif de protection, ni l’état d’urgence n’ont rempli le rôle qui leur est assigné», s’agace Philippe Marcacci, de l’Est Républicain. Cet attentat «suscite des questions sur la fiabilité et la pertinence du dispositif antiterroriste», relève Dominique Garraud de la Charente Libre.
«Pour lutter contre un terrorisme de proximité, il faut se protéger et surtout se renseigner», explique Jean-Michel Bretonnier, de la Voix du Nord.
«Face aux Kalachnikovs, nous répondons par des bougies, face aux bombes, nous proposons des crêpes noirs», remarque Yann Marec, du Midi Libre.
Et de poursuivre : «si la France est en guerre, comme on le dit depuis un an et demi, elle ne la livre pas vraiment.


Aucun commentaire: