mardi 19 juillet 2016


NEW New York Times
“Smash his head with a rock, or slaughter him with a knife, or run him over with your car, or throw him down from a high place, or choke him, or poison him,” the spokesman, Abu Muhammad al-Adnani, said during a 42-minute recorded statement.
At the same time, governments also see a benefit in linking the Islamic State to what are sometimes random and unconnected acts of violence. It is a way to project order amid chaos, and to try to assure jittery citizens that there is a strategy to end the violence. For example, in the days since the Nice attack, French officials have pledged to increase the resources that the country is devoting to the bombing campaign against the Islamic State in Syria and Iraq.
“Even if Daesh doesn’t do the organizing, Daesh inspires this terrorist spirit against which we are fighting,” the French defense minister, Jean-Yves Le Drian, said Saturday, using an Arabic acronym for the Islamic State, which is also known as ISIS or ISIL.
But terrorism experts caution that because the Islamic State seems to have broad appeal to the mentally unbalanced, the displaced and others on the fringes of society, there are limits to how much any military campaign in Syria and Iraq can reduce violence carried out in other countries on the group’s behalf.
William McCants, a scholar at the Brookings Institution and the author of “The ISIS Apocalypse,” said there was a large cadre of “men and women who have no organizational ties to ISIS but murder in its name.” These irreligious criminals and social misfits, whom he described as “ISIS-ish,” are “rebels looking for a cause,” he said.
“Either lone actors or small, insular groups continue to gravitate toward simple tactics that do not require advance skills or outside training,” he said.
The murderous truck-driving rampage by Mr. Lahouaiej Bouhlel, 31, a Tunisian-born Frenchman, is the embodiment of this phenomenon. The authorities in France are still trying to piece together what direct ties, if any, Mr. Lahouaiej Bouhlel had to the Islamic State.
On Saturday, the Islamic State’s Bayan radio station said Mr. Lahouaiej Bouhlel had used “a new tactic” to wreak havoc.
“The crusader countries know that no matter how much they enforce their security measures and procedures, it will not stop the mujahedeen from striking,” the station said.
Such ominous warnings about indiscriminate violence create formidable challenges for world leaders, who must strike a balance of raising awareness about the terrorist threat without gratuitously stoking fears.
“As for how governments can calm their citizens, I’m at a loss,” Mr. McCants said. “Every attack is discussed endlessly on television and social media, which heightens fear of future attacks, makes citizens scared of one another” and puts pressure on governments to look tough, he said. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« LE PRONOSTIC EST TRÈS SOMBRE » 

These irreligious criminals and social misfits, “rebels looking for a cause”. Such ominous warnings about indiscriminate violence create formidable challenges for world leaders, who must strike a balance of raising awareness about the terrorist threat without gratuitously stoking fears.  “Every attack is discussed endlessly on television and social media, which heightens fear of future attacks, makes citizens scared of one another” and puts pressure on governments to look tough.”
« Toughness ? » « fermeté ? » La réaction politique de Sarko dans ce sens ne s’est pas fait attendre ( Sarkozy : «Notre société est attaquée et la réponse n'est pas à la hauteur. La priorité des priorités est de rétablir l'autorité dans le pays ».) ni celle de certains journalistes du reste comme celle Caroline Galactéros qui mérite qu’on s’y attarde :
« Notre pays est frappé plus massivement que d'autres. Pourquoi ? Car nous avons la première communauté musulmane d'Europe, qu'il s'agit elle aussi de sidérer pour la dominer et la retourner contre son pays d'accueil. »
« La guerre est totale et globale. La problématique aussi. Comme la solution. Une hydre gigantesque irrigue nos sociétés à divers niveaux et selon des modes de relation différents, et travaille au corps et au cœur une partie de notre jeunesse en mal de lien avec la nation. Des adolescents ou des jeunes hommes et femmes, chacun en mal d'identification à «quelque chose de plus grand que soi». Certains) « s'auto-saisissent » d'un mandat de tuer et passent à l'acte sur impulsion ou opportunité, au terme d'une radicalisation directe mais aussi diffuse, sans être recrutés sur le net ni exhortés personnellement à l'action. »
«  L'appel du djihad vient conforter, justifier leurs névroses propres, donner un sens à leur ressenti vertigineux d'une inutilité, d'un abandon, d'un égarement qui les «salit» .en nos pays majoritairement «mécréants»
« Ils grandissent et vivent au cœur de nos cités ou de nos campagnes, sans rien dévoiler de la rage qui les étreint, en lien avec leur voisinage, buvant, fumant, dissimulant leur dessein macabre sous un masque de normalité «laïque», fomentant ainsi leur passage à l'acte à l'abri de tout soupçon. Car ce sont des combattants, qui ont besoin de secret, d'une double vie pour propager la mort et échapper ainsi à la souillure des mécréants dans un martyr envisagé comme une échappatoire bénie. »
« Le pronostic est très sombre si l'on persiste à ne pas mesurer la profondeur de l'emprise du mal sur notre société »
Des élections se profilent partout en Europe et aux States. La campagne électorale sera angoissante et sans doute très dure.  Trump, Le Pen et autres Wilders ont le vent en poupe. La barque démocratie risque de tanguer dangereusement.  On se demande qui saura calmer la tempête.

MG

APRÈS LE TEMPS DE LA CÉCITÉ VOLONTAIRE, RÉAPPRENDRE À DÉFENDRE CE QUI NOUS EST PRÉCIEUX
• Par Caroline Galactéros Figaro


FIGAROVOX/TRIBUNE - Aucune liberté ne vaut sans responsabilité, estime Caroline Galactéros. Face à des dirigeants politiques tétanisés, l'exécutif de 2017 devra aller au choc face à un islamisme radical dont Daech est seulement la face la plus spectaculaire.

Docteur en Science politique et Colonel au sein de la réserve opérationnelle des Armées, Caroline Galactéros est directrice du cabinet d'intelligence stratégique «Planeting». Chroniqueuse sur le site du magazine Le Point et auteur du blog Bouger Les Lignes, elle a publié Manières du monde. Manières de guerre(Nuvis, 2013) et Guerre, Technologie et société (Nuvis, 2014).

POUR TOUS CEUX QUI TOMBERONT ENCORE, OUVRIR LES YEUX EN GRAND, PRENDRE COURAGE ET ALLER AU CHOC.
Pleurer nos morts et ceux, touristes étrangers, qui ont chez nous perdu la vie, Oui. Se recueillir et leur rendre hommage, évidemment. Mais pour eux, pour tous ceux qui tomberont encore, passer enfin des paroles aux actes. Ouvrir les yeux en grand, prendre courage et aller au choc.
Un choc de lucidité en premier lieu.
Il ne s'agit pas d'accabler nos dirigeants. Mais sans doute doit-on les exhorter à quitter enfin les hauteurs de leurs certitudes satisfaites pour se confronter à la triste réalité. Nous ne sommes pas à bord du Titanic prêt à sombrer, regardant l'eau qui monte en état de sidération. Nous sommes la France. Nous pouvons encore redresser la barre. Il faut juste le vouloir enfin et le faire avec courage, lucidité et méthode. Des vertus qui paraissent en perdition elles aussi.
D'abord le diagnostic.
Le terrorisme islamique ne frappe pas seulement la France, pas seulement l'Europe. Il frappe le monde entier.
Notre pays est frappé plus massivement que d'autres. Pourquoi ? Car nous avons la première communauté musulmane d'Europe, qu'il s'agit elle aussi de sidérer pour la dominer et la retourner contre son pays d'accueil.
L'Afrique a perdu plus de 20 000 personnes dans des attaques islamistes depuis 2002. La guerre est totale et globale. La problématique aussi. Comme la solution. Gageons que la présence à Moscou du secrétaire d'Etat américain Kerry marque une inflexion sérieuse dans la gestion de la crise au Moyen-Orient.
En Europe, depuis plus de 18 mois, notre pays est frappé, comme d'autres certes, mais clairement plus
massivement que d'autres. Pourquoi? Car nous avons la première communauté musulmane d'Europe, qu'il s'agit elle aussi de sidérer pour la dominer et la retourner contre son pays d'accueil. Car nous menons au loin des actions militaires nombreuses et importantes, qui visent à contenir ou affaiblir certains
CET ACTIVISME MILITAIRE SERT AUSSI DE DÉFAUSSE À UNE POLITIQUE ÉTRANGÈRE INCOHÉRENTE. NOUS COMBATTONS LES ISLAMISTES AU MALI, NOUS LES SOUTENONS EN SYRIE, NOUS HÉSITONS EN LIBYE.
foyers de l'islamisme conquérant. Cet activisme militaire sert malheureusement aussi de défausse à une politique étrangère brouillonne et incohérente. Une incohérence qui produit des fruits vénéneux. Nous combattons les islamistes au Mali, nous les soutenons en Syrie, nous hésitons en Libye. Nous tirons à hue et à dia. Mais nos forces armées loyales et vaillantes agissent légitimement en fonction de ces mandats politiques. Elles font des miracles avec des moyens trop comptés et sont sur tous les fronts d'une menace intérieure et extérieure dont le spectre s'étend toujours plus. Nos forces de police et de l'appareil de sécurité aussi sont courageuses, compétentes, et totalement dévouées à la protection du pays et de nos concitoyens. L'ennemi lui, observe cette posture combattante courageuse, mais mesure aussi nos ambivalences et nos soutiens contradictoires. Il sent enfin la faiblesse du politique face à l'emprise délétère d'un communautarisme que l'on n'ose plus endiguer et que l'on prend pour de la modernité politique. Alors la terreur mute. Daech, affaibli territorialement en Irak et en Syrie, donne de nouvelles consignes. «Ne venez plus ici ; Restez chez vous, et frappez chez vous. Des civils surtout».
DAECH N'EST QUE LA FACE SPECTACULAIRE D'UNE HYDRE GIGANTESQUE QUI IRRIGUE NOS SOCIÉTÉS À DIVERS NIVEAUX ET SELON DES MODES DE RELATION DIFFÉRENTS, ET TRAVAILLE AU CORPS ET AU CŒUR UNE PARTIE DE NOTRE JEUNESSE EN MAL DE LIEN AVEC LA NATION.
L'emploi du véhicule comme arme avait aussi déjà été expressément conseillé par ses porte-parole. «Porter la guerre au Loin» était d'ailleurs déjà la stratégie d'Al-Qaïda, maison mère du Califat. Une preuve de plus que celui-ci n'est que la face spectaculaire d'une hydre gigantesque qui irrigue nos sociétés à divers niveaux et selon des modes de relation différents, et travaille au corps et au cœur une partie de notre jeunesse en mal de lien avec la nation. Des adolescents ou des jeunes hommes et femmes, chacun en mal d'identification à «quelque chose de plus grand que soi». Un destin commun, un faisceau de vertus et de principes de vie qui rassemble et inspire fierté et projets. C'est aussi cela qu'il faut reconstruire.
Cette terreur a de nombreux visages. Il y a ceux, de confession musulmane ou fraîchement convertis, qui reçoivent des ordres précis, des cibles et des «top départ» pour agir. Il y en a d'autres qui, chez nous ou ailleurs, «s'auto saisissent» d'un mandat de tuer et passent à l'acte sur
(Certains) « s'auto-saisissent » d'un mandat de tuer et passent à l'acte sur impulsion ou opportunité, au terme d'une radicalisation directe mais aussi diffuse, sans être recrutés.
impulsion ou opportunité, au terme d'une radicalisation - humaine ou de plus en plus souvent numérique - directe mais aussi diffuse, sans être «recrutés» sur le net ni exhortés personnellement à l'action. L'appel du djihad vient conforter, justifier leurs névroses propres, donner un sens à leur ressenti vertigineux d'une inutilité, d'un abandon, d'un égarement qui les «salit» en nos pays encore majoritairement «mécréants». Cela peut nous paraître fou, stupide, irréel. Mais ce sont des faits, aussi immatériels que concrets dans leurs tragiques conséquences. Nombre de ces djihadistes, petits délinquants ou «jeunes» plutôt intégrés, qui n'ont rien à voir avec «les damnés de la terre» auxquels nos bonnes âmes voudraient les identifier - pour les excuser ou pour s'excuser peut-être elles-mêmes de n'y rien comprendre - vivent en fait dans une schizophrénie glaçante. Ils grandissent et vivent au cœur de nos cités ou de nos campagnes, sans rien dévoiler de la rage qui les étreint, en lien avec leur voisinage, buvant, fumant, dissimulant leur dessein macabre sous un masque de normalité «laïque», fomentant ainsi leur passage à l'acte à l'abri de tout soupçon. Car ce sont des combattants, qui ont besoin de secret, d'une double vie pour propager la mort et échapper ainsi à la souillure des mécréants dans un martyr envisagé comme une échappatoire bénie.
Le pronostic ensuite. Il est très sombre si l'on persiste à ne pas mesurer la profondeur de l'emprise du mal sur notre société. Il y aura d'autres camions, d'autres voitures piégées ou folles, d'autres attaques kamikazes dans nos écoles ou nos bâtiments publics les plus symboliques. Il y aura toujours pire.
Le choc de l'action enfin.
Les symboles importent mais ne suffisent pas. Jamais. Après ce nouveau carnage il faut mettre en actes une
Il faut donner des ordres clairs et des règles d'engagement adaptées qui libèrent le courage et l'initiative de nos forces policières et militaires sur le territoire national. Il faut étendre le dispositif, le rendre très mobile, aléatoire et extrêmement coordonné.
politique ferme et sans pitié. Il faut enfin faire preuve d'autorité. Le manque de moyens? Evidemment. Il en faut plus, beaucoup plus pour traquer, déjouer et répondre à la violence qui cible notre pays. Mais les moyens ne suffiront pas. Et ce n'est pas comme on l'entend parfois, parce qu'il y a eu un nouvel attentat que les dispositifs mis en place sont inutiles! Qui peut oser par exemple dire que le dispositif Sentinelle n'a pas permis d'éviter bien d'autres attaques à Paris? Ces soldats sont lourdement protégés, armés, entraînés et très courageux. Les tueurs du Bataclan avaient soigneusement étudié et esquivé leurs positions… aucun dispositif n'est toutefois imparable et l'imagination du mal est foisonnante. Il faut en tout cas donner des ordres clairs et des règles d'engagement adaptées qui libèrent le courage et l'initiative de nos forces policières et militaires sur le territoire national. Il faut étendre le dispositif, le rendre très mobile, aléatoire et extrêmement coordonné. Il faut en finir avec les querelles territoriales des services de police et de gendarmerie, comme avec l'inhibition et cette autre schizophrénie du pouvoir qui parle de guerre, dénonce l'innommable, multiplie les déclarations martiales et se gargarise d'avoir assuré la sécurité de l'Euro, baissant immédiatement la garde en réduisant des effectifs de Sentinelle, certes comptés, de 10 000 à 7000 hommes. Sans prendre garde au message qu'il envoie ainsi à ceux qui guettent et en oubliant presque le terrifiant signal qu'a constitué le double meurtre d'un couple de policiers chez eux, à Magnanville. Il n'y a plus de limites ni de frontières à la terreur. Plus aucun tabou, plus aucune inhibition. Comment, dans un tel contexte, croire encore possible d'exorciser le mal en le niant? La guerre, que d'aucuns refusent même de nommer, est sans trêve. La France est ciblée car elle a peur. Peur de prendre des mesures répressives symboliques. Or, quel que soit le rapport de force, ce sont toujours les forces morales qui assurent la victoire.
Réapprendre à mourir pour vivre enfin. Réapprendre ce qui est précieux, ce qu'il faut aimer, le prix des idéaux, et les contraintes personnelles que les individus doivent tolérer pour pouvoir vivre pacifiquement ensemble, quelle que soit leur confession et entre confessions sur le territoire français.
Réapprendre à mourir pour vivre enfin. Réapprendre ce qui est précieux, ce qu'il faut aimer, le prix des idéaux, et les contraintes personnelles que les individus doivent tolérer pour pouvoir vivre pacifiquement ensemble, quelle que soit leur confession et entre confessions sur le territoire français. Nous sommes arrivés au stade terminal de la cécité volontaire, du déni de réalité, de la croyance dans le pouvoir des seuls mots, du refus de tirer les conséquences politiques d'une impuissance trop longtemps supportée voire encouragée.
Le pouvoir qui prendra la sécurité des Français en main dans quelques mois aura le devoir d'oser l'impopularité, d'affronter pressions et controverses et de prendre des mesures radicales pour protéger nos concitoyens et rétablir sans équivoque ni angélisme une claire autorité de l'Etat au service des principes et valeurs incarnés par notre nation. Celui qui est encore en place pourrait, devrait engager ce processus douloureux indispensable et assumer pleinement ses erreurs et ses défaillances. Il le doit aux Français de nouveau pris pour cibles.
A la guerre comme en amour, la peur n'évite pas le danger. Il faut assumer ce que l'on est, ce que l'on veut être. On peut résister à la tentation ou y succomber, mais en connaissance de cause. Aucune liberté ne vaut sans responsabilité.
Nous sommes arrivés au stade terminal de la cécité volontaire, du déni de réalité, de la croyance dans le pouvoir des seuls mots, du refus de tirer les conséquences politiques d'une impuissance trop longtemps supportée voire encouragée.




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