vendredi 8 juillet 2016

PAUL MAGNETTE: «KEEP CALM AND RELOAD EUROPE»


LE SOIR
PAR PAUL MAGNETTE, MINISTRE-PRÉSIDENT WALLON (PS)


L’Europe fait face à deux urgences : elle doit lutter contre la fraude fiscale et le dumping social, et cesser d’imposer un modèle institutionnel abstrait. C’est à ce seul prix qu’elle renouera le contact avec ses citoyens.
Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles », écrivait Paul Valéry en 1919. Les Européens de longue date, convaincus que « l’acquis communautaire » était irréversible et l’idéal européen insubmersible, vivent aujourd’hui un nouveau moment valéryen. Le départ annoncé du Royaume-Uni, qui a bénéficié plus que tout autre de son intégration à l’Europe (on a vite oublié que lorsqu’il est entré dans la Communauté en 1972, le pays était en plein déclin industriel), donne du souffle à tous les souverainismes qui couvent sous la cendre.
Les nationalistes de la N-VA n’ont pas attendu vingt-quatre heures pour saisir le flambeau : que l’Ecosse prenne son indépendance et lance un vaste mouvement, se réjouissent-ils, et que l’Europe se réduise à une pauvre confédération de nations drapées dans leur identité.
CRISE DE L’INTÉGRATION POLITIQUE
La vision N-VA ne peut pas être la solution, parce qu’elle est une grande partie du problème. Ce que vit l’Europe, c’est une crise de l’intégration politique, dont la N-VA est l’un des nombreux symptômes. Il fallut des siècles pour que l’Europe dépasse ses divisions, locales et corporatistes. Des siècles pour que la « civilisation des mœurs » pacifie les relations entre les individus et les groupes sociaux. Aujourd’hui le mouvement s’inverse. Les nations se replient sur elles-mêmes ou se décomposent. Les principales familles politiques du XXe siècle (démocrates-chrétiens, libéraux, socialistes et plus tard écologistes) avaient toutes bâti des projets de société assumant la complexité du monde et portant des progrès universels. Elles sont en recul, confrontées à des mouvements politiques qui défendent les particularismes et les « simplifications sauvages ».
DOUBLE URGENCE
Or la première urgence de l’Europe, c’est précisément de faire sauter le verrou des souverainistes et conservateurs dans la lutte contre le dumping social et la fraude fiscale. Ce n’est pas un hasard si les milieux ouvriers sont aujourd’hui les plus virulents critiques de l’Union, au Royaume-Uni et ailleurs : ils souffrent au quotidien du dumping social qui détruit les emplois et tire les salaires et les droits sociaux vers le bas. Et cette régression leur est d’autant plus intolérable que dans le même temps les multinationales et le monde financier éludent massivement l’impôt. Il n’y aura pas de salut européen sans que ce double échec soit préalablement résolu.
Au-delà de cette double urgence, le schéma des Etats-Unis d’Europe, défendu avec une belle constance par Guy Verhofstadt, est-il une réponse ? Je ne le crois pas. Il est trop institutionnel, trop sec, trop enfermé dans une vision classique de la démocratie. Dans l’histoire de l’intégration européenne, le sursaut n’est jamais venu de schémas abstraits mais de projets précis répondant à un problème imminent.
RENOUER AVEC LA SOCIÉTÉ CIVILE
La vraie question est donc : à quoi l’Europe peut-elle être utile aujourd’hui, et dans quel domaine dispose-t-elle des ressources suffisantes pour que son action soit crédible ? Les sujets ne manquent pas, mais qui trop embrasse mal étreint. La lutte contre le réchauffement climatique, et la modernisation écologique de nos économies qu’elle rend possible, est sans doute la meilleure réponse. Elle esquisse un modèle de développement moins dépendant de la croissance et des sources d’énergie importées. L’Europe dispose, dans ce secteur, des scientifiques et des entreprises les plus avancés au monde. Et l’accord de Paris contre le réchauffement climatique, le dernier succès diplomatique européen en date, a rappelé que le vieux continent est plus uni sur ses sujets qu’il ne l’a jamais été.
Faire de cet enjeu un projet de relance européenne, c’est aussi et surtout renouer avec des mouvements de la société civile qui ont précédé le politique. Un modèle de société fondé sur le respect de la nature et des rythmes humains, et sur des pratiques sociales coopératives, est d’ores et déjà en cours de construction à travers les milliers d’initiatives portées par des citoyens européens. Plutôt que d’imposer un modèle institutionnel abstrait, l’Europe gagnerait à fédérer et amplifier ces pratiques.
Faut-il agir à six, douze ou vingt pays ? Faut-il agir à travers des coopérations entre Etats ou des politiques harmonisées ? Ces questions sont secondaires. Les fondateurs savaient que les institutions suivent les projets, et que seules les « solidarités concrètes » peuvent faire reculer les réticences des pouvoirs établis. Il n’est pas trop tard pour s’en souvenir. Et la Belgique, pays fondateur et médiateur, est mieux placée que personne pour prendre l’initiative.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES ANTI EUROPE ONT DÉSORMAIS UN SAINT PATRON : FARAGE. 

Pas vraiment un grand monsieur. Il veut la mort de l’Europe, instrumentalise le Brexit, réussit son coup puis se casse mais conserve ses 10.000 euro de traitement mensuel. We are not amused. Verhofstadt lui au moins se décarcasse pour le sien traitement. Il aura ma voix en 2019 et Farage mon mépris et l’Autrichien Hofer aussi. Si l’Europe que tant détestent désormais devait se déliter ce serait la fin de notre civilisation et le retour à Adolphe. Not exactly my thing. L’Europe n’a décidément plus la cote. Le Brexit aurait-il ouvert la boîte de Pandore ?
Beaucoup en sont persuadés et c’est une tragédie.
L’Europe est à repenser maintenant, tout de suite, d’urgence et  autrement. Magnette enseigne l’Europe à l’ULB. Un beau challenge pour lui dans la décennie qui vient.
M. G.


ET SI UN RÉFÉRENDUM ÉTAIT ORGANISÉ EN WALLONIE? "JE NE DONNE PAS CHER DES IDÉAUX EUROPÉENS" AJOUTE MAGNETTE
BELGA
Le ministre-président wallon Paul Magnette a appelé mercredi la Belgique à la fermeté à l'égard du Royaume-Uni dans la négociation que l'Union européenne devrait ouvrir avec Londres une fois activée la sortie du pays de l'UE, notamment en mettant comme préalable une garantie que le Royaume-Uni ne réduira pas l'impôt des sociétés. Il ne donne pas cher du projet européen sans une refondation à laquelle il pose trois préalables. "On voit bien quel est le réflexe du Royaume-Uni: répondre à l'isolement par un isolement accru, baisser l'impôt des sociétés pour essayer d'attirer davantage d'entreprises et compenser ainsi la décision absurde qu'il vient de prendre", a affirmé M. Magnette (PS) en plénière du parlement de Wallonie, à l'occasion d'un débat thématique.
"Nous ne voulons pas l'isoler, mais il faut dire au Royaume-Uni: 'il n'y aura pas d'accord commercial, il n'y aura pas d'accord d'association, il n'y aura pas d'accord du tout si vous baissez l'impôt des sociétés'. Si ceci n'est pas un préalable, il n'y aura pas d'autre discussion", a-t-il poursuivi, dénonçant une concurrence fiscale qui fait le jeu de la désunion européenne et de la fraude.
Si un référendum sur l'appartenance à l'UE était organisé en Wallonie, "je ne donne pas cher des idéaux européens, parce qu'hélas nos concitoyens sont fâchés avec ce qu'on a fait de l'Europe, avec son contenu très néolibéral", a ajouté le socialiste.
Le Brexit est à ses yeux un désastre pour le Royaume-Uni, mais l'occasion d'une refondation en profondeur pour l'Union et ce, à trois conditions, que le gouvernement wallon a exprimées ce mercredi matin en Comité de concertation avec le Fédéral: l'enterrement définitif du Pacte de stabilité et de sa "logique d'austérité" en grande partie responsable du désamour des citoyens pour le projet européen selon M. Magnette, la lutte contre le dumping social parce qu'il revitalise les nationalismes sur une concurrence destructrice et la lutte contre la fraude fiscale. "Ce n'est qu'après que l'on verra s'il faut une refondation fédérale ou des coopérations renforcées, à 6, 12 ou 15."
Pour la Wallonie en particulier, une conséquence du Brexit sera que, dans une UE27, elle remontera mécaniquement dans l'échelle des régions bénéficiant des fonds européens de développement régional. Elle pourrait passer au-delà du seuil des régions en transition, sans compter que les budgets pour ces régions vont baisser. "Il y a donc là une négociation à laquelle nous devrons être très attentifs", a prévenu le chef du gouvernement wallon.
Le ministre de l'Économie Jean-Claude Marcourt a rappelé les points de contact mis sur pied à l'AWEX pour informer au mieux les entreprises. Il n'y a pas de mouvement de panique, à peine quelques appels qui traduisent un phénomène limité, a-t-il dit. La Wallonie proposera au groupe de travail fédéral de mettre sur pied une plate-forme pour ne pas multiplier les points de contact avec les entreprises. Le plus urgent à ses yeux est que le Royaume-Uni déclenche au plus tôt le processus de sortie afin de lever les incertitudes.
La Wallonie conservera un bureau touristique à Londres. Il y aura des difficultés concernant la baisse de la livre sterling, mais "il n'y a pas de raison que la Wallonie ne reste attractive, surtout en raison de la présence de tous ses sites mémoriels pour les touristes britanniques", a relevé René Collin (cdH).
Le ministre de l'Agriculture se dit vigilant vis-à-vis du financement de la Politique agricole commune (PAC), dont le Royaume-Uni est un contributeur net. Mais il espère aussi que le Brexit donnera l'occasion à l'Union de modifier le profil de son agriculture, car le Royaume-Uni est considéré comme "le chantre d'une agriculture commerciale totalement libéralisée, aidée par la Suède, le Danemark, les Pays-Bas". Il dit espérer une agriculture "de taille familiale, raisonnable et durable".



LE CANDIDAT AUTRICHIEN D'EXTRÊME DROITE ÉVOQUE LA POSSIBILITÉ D'UN RÉFÉRENDUM SUR L'UE
Le Vif
Le candidat d'extrême droite à l'élection présidentielle autrichienne, Norbert Hofer, a évoqué samedi la possibilité d'un référendum sur la sortie de l'Autriche de l'Union européenne. "Si la Turquie entrait dans l'UE, cela serait une raison légitime de demander au peuple autrichien s'il souhaite rester dans un tel environnement ou non", a-t-il déclaré au journal italien Corriere della Sera.
Norbert Hofer © BELGAIMAGE
Une nouvelle restriction des compétences nationales via une modification des traités ouvrirait également la voie à un "Öxit", selon M. Hofer.
Ce n'est pas la première fois que le candidat populiste évoque cette possibilité, dans la lignée du vote des Britanniques, jeudi 23 juin, en faveur d'une sortie de leur pays de l'Union européenne (Brexit).
Hofer avait perdu l'élection présidentielle le 22 mai au profit du candidat écologiste Alexander van der Bellen, mais la Cour constitutionnelle autrichienne a invalidé vendredi les résultats en raison d'irrégularités dans le dépouillement de certains suffrages.


UKIP : NIGEL FARAGE QUITTE LE NAVIRE
Par Estelle Pattée
Nigel Farage a annoncé ce lundi matin à Londres qu'il démissionnait de la présidence de l'Ukip. Photo Ben Stansall. AFP


SORTI TRIOMPHANT DU RÉFÉRENDUM SUR LE BREXIT, LE LEADER DE L'UKIP A ANNONCÉ CE LUNDI MATIN SA DÉMISSION DE LA TÊTE DU PARTI EUROPHOBE.

Ukip : Nigel Farage quitte le navire
Nouveau rebondissement dans la saga post-Brexit. Alors que Boris Johnson, ex-maire de Londres et partisan d’un Brexit, renonçait le 30 juin à briguer la succession du Premier ministre conservateur, David Cameron, à la tête du parti conservateur, un nouveau capitaine du camp du leave quitte le navire. A la surprise générale, Nigel Farage, leader du Ukip, a annoncé ce lundi au matin, lors d’une conférence de presse, sa démission de la tête du parti europhobe.
OBJECTIF ULTIME
«La victoire du leave au référendum signe la fin de mon ambition politique. J’ai pris part à ce combat en quittant le monde des affaires parce que je voulais que nous devenions un pays autonome, pas pour entamer une carrière politique», a justifié celui qui avait fait une intense campagne pour le Brexit. 
Cofondateur du Ukip (The United Kingdom Independence Party) en 1993, l’ancien trader de 52 ans avait fait d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne son objectif ultime. Une victoire qu’il a savourée, le 28 juin dernier, devant les députés européens réunis en session extraordinaire à Bruxelles. «N’est-il pas drôle, quand je suis venu ici il y a 17 ans en disant vouloir mener une campagne pour faire sortir le Royaume-Uni de l’UE, que vous ayez tous ri de moi ?  Vous ne riez plus maintenant, n’est-ce pas ?», a-t-il lancé devant les députés qui l’ont en retour copieusement hué.
SUCCESSION
Nigel Farage avait déjà démissionné en tant que chef de file du Ukip en mai après avoir été battu lors des élections législatives dans sa circonscription de South Thanet. Une décision sur laquelle il était revenu seulement trois jours plus tard, après que le parti eut refusé sa démission.
Un scénario qui ne semble pas se répéter cette fois-ci. «Pendant le référendum, j’ai dit que je voulais retrouver mon pays… Maintenant, je veux retrouver ma vie et cela commence aujourd’hui», a-t-il prévenu.

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