vendredi 29 juillet 2016

The only way to defeat Islamic State is to give young Arabs hope


Daoud Kuttab (The Guardian) 


Overturning the jihadi group will leave an ideological vacuum – and to prevent it from rising again, young people need jobs and political representation
In the worldwide struggle against Islamic State and other violent religious extremists, an important factor is often overlooked: the psychological impact of both victory and defeat.
Since Muslims ruled Andalusia, followers of Islam have witnessed one historical defeat after another, the last being the demise of the 600-year Ottoman Empire. In more modern history, Arabs have witnessed political defeats that left Palestine under Israeli military control, Syria and Egypt ceding territory in the six-day-warand Iraq defeated twice by an US-led coalition that included Arab allies.
The Isis ideoligy encourages young Muslims and Arabs coming of age to find in the promised “caliphate” the hope of victory and the false reassurance of return to a lost golden age.
The defeat of Isis is therefore important on two levels. Operationally, it would en the group’s physical  control of territory and the possibility of training and planning attacks. On a psychological level, it would represent the defeat of a warped ideology. 
But defeating Isis physically and ideologically should not be left to military strategists or western troops. It makes a big difference who is credited with their defeat, and for such a defeat to be sustainable it must be matched with a credible alternative for the restless young people who yearn to be part of a winning team. If the west is going to play a part in shaping the future after the defeat of the “caliphate”, it is vital that they don’t claim credit for such a defeat, even if they have played a key role.
But more important still is who will fill the ideological vacuum once Isis is no longer in control of the territory it holds. When young people demonstrated in their thousands on the streets of Tunis and Cairo in 2010-2011, many of them believed the momnt for Arab democracy had arrived. Unfortunately the true agents of change lacked the ability and the organisation to fill the vacuum created by  the departure of Zine al-Abdine Ben Ali in Tunisia and the jailing of Hosni Mubarak in Egypt.
Ironically, the strength and short-term victories of Isis and similar groups has led to a new radical secular movement taking shape in the Middle East and North Africa. This conversation is mostly happening on social media, and like the Arab spring demonstrators, those hopeful of achieving secular democracy have little chance of genuinely filling the vacuum that is sure to develop once the Isis hardcore is defeated.
What is needed now is a new partnership between moderate powers in the Arab world, civil society activists and secularists. The number one condition for such a partnership is genuine respect for others and an end to rivalry. A successful partnership must respect and build on the only alternatives to violent extremism: power-sharing, inclusivity and pluralism.
The raison d’être of this new partnership must be to promote democratic principles and to encourage the separation of church and state while respecting moderate religious conservatives who believe in gradual rather than revolutionary change. But this will not be enough. Feeding the heart without feeding the body will only delay another round of trouble. A Marshall plan of sorts must be implemented that can help address the huge unemployment problem that faces most Arab and Muslim young people today.
All of this may sound idealistic and certainly is not new to the west, which has regularly rejected such ideas in favor of maintaining alliances with autocratic regimes to promote its short-term interests.
The biggest danger in the coming months and years is that the west will selfishly refocus its attention internally. The most recent violent attacks in the US, France and Germany show clearly that isolationism will do little to address borderless issues.
While Isis needs to be defeated, care must be given to who earns the credit. The best-case scenario – although probably an idealistic one – should be an inclusive power-sharing governance structure that can help build a much more progressive and representative future for the Middle East, preventing any resurgence of this ugly scourge.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CONTRE LE «MAL RADICAL»
TENDONS LA MAIN CONTRE LA HAINE

Nous nous effaçons devant la douleur et la lucidité de Michel Visart, père d’une victime de l’attentat de la station de métro Maelbeek qui dit mieux que personne ce que nous ressentons face aux crimes d’une mafia de criminels qui instrumentalisent l’islam à des fins innomables.  




Le Soir
Crarte blanche

Pour l’auteur de cette carte blanche dont la fille est décédée à Maelbeek, il n’y a pas de guerre de religion, de guerre civile. Il y a une organisation criminelle qui n’a rien à voir avec un Etat : il y a des salauds, «  autre nom de ce que le philosophe Kant appelait le «mal radical»

A chaque attentat, où qu’il ait lieu, c’est le même décompte. Celui des morts, en principe exact, celui des blessés graves assez précis, celui des blessés légers fatalement plus flou. Le calcul s’arrête là. Impossible de prendre en compte les victimes collatérales, les familles, les amis, les collègues de travail sans oublier les femmes et les hommes des services de secours.
Acceptons un multiple de cinquante par personne décédée, vous imaginez la somme de souffrances ? Et que la victime soit un prêtre dans une église, un enfant à Nice ou un autre innocent en Syrie ne change rien, c’est à chaque fois le même drame, la même horreur.
Non, il n’y a pas de guerre de religion, de guerre civile comme certains ont osé le dire. Il y a une organisation criminelle qui n’a rien à voir avec un Etat, qui manipule une religion et qui n’a d’autre objectif que de répandre la haine, de détruire l’Humanité. Ses responsables sont des criminels en plus d’être des lâches. Comme il est aisé de revendiquer la paternité d’attentats perpétrés par de pauvres types décérébrés !
Qu’ils soient en haut ou en bas de la hiérarchie, ces criminels doivent être traités comme tel. Il faut les combattre sans pitié et les juger dans le respect de nos lois démocratiques. Il le faut pour stopper à terme cette escalade de l’horreur, pour que partout nous puissions revivre en paix. Partout, parce qu’aucun pays, aucun continent n’arrivera à se protéger en laissant s’embraser le reste du monde.
DIALOGUE ET ÉDUCATION
Comment y arriver ? Ici, je ne peux qu’avouer ma totale incompétence n’étant expert en aucune des matières concernées et pas plus responsable politique. Leur tâche est d’une complexité extrême face à un défi inconnu dans l’histoire. Je reste convaincu que chaque personne en situation de responsabilité donne aujourd’hui le meilleur d’elle-même avec ses compétences et ses limites ce qui ne signifie pas que l’efficacité soit toujours au rendez-vous. Nos démocraties ont suffisamment d’instruments de contrôle pour vérifier cela et corriger le tir.
En tant que citoyen conscient de ses droits et de ses devoirs, de sa chance de vivre en liberté, je suis aujourd’hui, encore plus qu’hier, convaincu qu’il ne faut en aucun cas répondre à la haine par la haine. Au-delà de la nécessité de sécurité qu’il serait idiot de nier, l’urgence est de travailler sur le long terme ce qui n’est absolument pas contradictoire avec deux objectifs essentiels : le dialogue et l’éducation.
Le dialogue en créant des ponts qui n’existent pas aujourd’hui. Sans connaissance de l’autre, sans compréhension mutuelle, tout progrès sera très difficile. Cette démarche ne peut en aucun cas être en sens unique. La main tendue doit saisir une autre main tendue. Rien ne sert d’ouvrir une porte si la personne qui est de l’autre côté refuse ce dialogue. Cette responsabilité est impérativement réciproque.
L’éducation au sens large, pierre angulaire de toute avancée. L’éducation dans le respect de l’autre, de ses convictions et de ses valeurs. L’éducation dans le respect de notre démocratie qui impose à chacun d’accepter les mêmes règles, celles qui nous permettent de vivre ensemble en harmonie et en paix.
Rejetons les appels à la haine et à la violence d’où qu’ils viennent ! Ils nous conduiraient droit dans l’abîme. Nous savons tous qu’il y aura encore des victimes innocentes, de la souffrance. Ayons, chacun, le courage du long terme, tout de suite.

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