mercredi 13 juillet 2016

Verhofstadt présente son plan pour l’Europe: « Il y a trop de bureaucratie»


Le leader libéral a présenté au Parlement européen son projet de rapport sur l’avenir de l’UE. Un modèle avec « moins de bureaucratie et plus de politique ».


L’Union européenne (UE) cherche à se réformer. Pour y arriver, le Parlement européen a notamment demandé à Guy Verhofstadt de plancher sur l’avenir institutionnel de l’UE. Le chef du groupe des libéraux déplore les trop nombreuses exceptions accordées aux Etats membres. Pour l’ancien Premier ministre belge, il faut créer un nouveau statut, en plus de celui d’Etat membre.
« Cessons de tenter de garder tout le monde à bord en multipliant les exceptions. Ceux qui préfèrent rester à la marge plutôt qu’au cœur de l’Union bénéficieraient d’un statut de “membres associés”   », dit-il. Guy Verhofstadt demande aussi la création d’un véritable ministre des Finances de l’Union.
L’ex-Premier résume son constat des déficiences avec cette jolie formule : « Il y a trop de bureaucratie, mais pas assez de politique. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE DERNIER DES MOHICANS

Rien ne fera taire le barde Europhilix  habité par l’esprit d’Europe comme personne. Ce Flamand polyglotte est le dernier et le plus motivé des Mohicans pro européens. Il éructe à Bruxelles, râle tout haut à Strasbourg, vit et écrit en Toscane et est domicilié à Gand. Jugé beaucoup trop fédéraliste par les Anglais qui lui ont barré la voie aux postes clés de la direction l’Europe, il se réjouit de leur départ et prend un nouvel élan tout en se préparant à négocier le brexit. Theresa May aura face à elle un interlocuteur coriace. Il paraît que « Maggy May »comme l’appellent déjà les Anglais a du caractère.
Revenons-en aux enjeux :
« L'option des anti-européens ultras est mortifère : elle revient à se condamner à une Europe néo-moyenâgeuse des royaumes, duchés, comtés et principautés en conflit perpétuel.
Est-ce ce marasme que souhaitent les nombreux déçus de l'Europe ? Vraisemblablement pas.
Avant de ricaner, il conviendrait de se souvenir ensemble, sur ce continent souvent maudit par les guerres et les génocides, de tout ce que l'idée européenne nous a apporté, directement ou indirectement : stabilité, paix, libre circulation, protection sociale, inflation jugulée, absence de risque de change, approfondissement de l'identité européenne via l'"European English", programme Erasmus, exception culturelle, approche industrielle plus écologique, solidarité intra-européenne, taille critique pour peser face aux autres pays-monde (USA, Chine, Inde, Russie...), trains à grande vitesse, démocratisation du tourisme, Arianespace, Airbus, etc. (liste non exhaustive). (le Vif)»
Comme dit et ne cesse de répéter Verhofstadt, il nous faut plus d’Europe ; surtout pas moins d’Europe.
MG


DERRIÈRE SES FRONTIÈRES FERMÉES, LA HONGRIE SE DÉPEUPLE
Le Vif
Bonus au troisième bébé, prime au retour des expatriés, aides à la propriété, le gouvernement hongrois fait feu de tout bois pour redresser une démographie en berne qui handicape l'économie du pays. 



Des soldats hongrois patrouillent le long de la frontière avec la Serbie © REUTERS/Dado Ruvic
Le gouvernement ultra-conservateur de Viktor Orban serait même prêt à briser un ultime tabou: le recours à l'immigration.
Selon le ministre de l'Economie Mihaly Varga, l'exécutif travaille à une "réglementation" qui permettrait de faire venir des travailleurs originaires de pays hors-Union Européenne, a-t-il dit la semaine dernière sans détailler le contenu de ce plan.
Un recours à l'immigration choisie que réclame le patronat hongrois: "au moins un quart des entreprises manquent de main d'oeuvre. Le train de l'économie hongroise ne peut démarrer, car il n'a pas de roues", s'est lamentée récemment l'association hongroise des employeurs et industriels (MGYOSZ).
La Hongrie pourrait se tourner vers des salariés "qui peuvent être intégrés culturellement", plaident les patrons citant l'exemple de la Pologne "où travaillent un million d'Ukrainiens".
Dans le même temps, Budapest met en chantier l'organisation d'un référendum, le 2 octobre, contre la répartition des réfugiés dans l'UE décidée par les vingt-huit Etats membres et combattue par Orban.
La Hongrie est confrontée à une double carence démographique: un taux de fécondité parmi les plus bas d'Europe et une émigration de la population parmi les plus fortes du continent.
A Gyömrö, près de Budapest, la famille Stern fait ses adieux. Mark 38 ans, travaillait dans un centre d'appel, Rita, 32 ans, était institutrice. Avec Marci, 2 ans, ils partent s'installer en Irlande.
"Nous quittons la Hongrie à causes des incertitudes politiques et du mauvais système d'éducation", justifie le couple, qui cherche aussi davantage de "reconnaissance pour le travail, l'assiduité".
TROIS ENFANTS, UNE MAISON
Ils compteront parmi les 400.000 Hongrois, au bas mot, qui ont quitté le pays depuis 2008. Le pays, passé sous la barre symbolique des dix millions d'habitants, a perdu 850.000 habitants en 35 ans.
"La population d'âge très actif (...) devrait être l'une des plus faibles d'Europe dans les prochaines décennies (...)", s'inquiète l'OCDE dans son dernier rapport sur le pays.
Arrivé au pouvoir en 2010, reconduit en 2014, Viktor Orban, père de cinq enfants, a fait de la politique familiale une priorité.
En 2017, ce poste représentera 4% du PIB contre 2,4% en moyenne dans l'OCDE, a vanté la ministre en charge de la famille et de la jeunesse Katalin Novak, lors de la présentation du budget qui reconduit de généreux allègements fiscaux liés au nombre d'enfants ou la possibilité de cumuler salaire et allocation de congés maternité.
Dernier instrument en date, lancé mi-2015 et élargi il y a quelques mois: les couples s'engageant à avoir trois enfants dans les dix prochaines années et les foyers en ayant déjà trois peuvent bénéficier de 10 millions de forints (31.700 euros) d'aide financière pour l'achat d'un logement neuf, ainsi que de 10 millions de forints de crédits à taux réduit.
Plus de 12.500 personnes ont souscrit à ce programme qui, selon les économistes, a contribué à une hausse des prix de l'immobilier de 10 à 30%.
Le dispositif pour faire revenir les jeunes Hongrois partis à l'étranger a en revanche fait long feu: seuls 105 jeunes gens ont choisi depuis juin 2015 d'intégrer ce programme assorti d'un coup de pouce financier de 3.000 euros.
"Le gouvernement ferait mieux de simplifier la vie des familles qui veulent rentrer et doivent affronter un casse-tête administratif", estime Balazs Kapitany, directeur de l'institut démographique national, citant les examens imposés pour intégrer le système éducatif hongrois ou la nécessité d'un carnet de vaccination "hongrois" pour chaque enfant.
A moyen terme, estime-t-il, il sera difficile de faire augmenter la population en raison d'une structure par âge défavorable: "les enfants du baby-boom hongrois de 1970/75 n'auront bientôt plus l'âge de procréer et les générations suivantes sont trop peu nombreuses".
Le Premier ministre Viktor Orban s'est prévalu récemment d'une légère hausse du taux de natalité en 2015 comparé à 2014.
En février, il jugeait le redressement de la natalité incontournable car "une nation qui fait reposer sa survie sur l'immigration ne résistera pas. Les migrants, au bout du compte, s'approprieront le pays". 


BREXIT : MERCI MME MERKEL ! 

La question de la migration et des immigrations a pesé lourd lors de la consultation populaire sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. 

© Belga 

L'appel d'air d'Angela Merkel en vue de compenser la perte de 200.000 habitants par an en Allemagne par un accueil massif de migrants en provenance d'une civilisation en proie aux soubresauts permanents a vraisemblablement joué un rôle crucial en faveur du Brexit. La chancelière allemande a fait peur aux Britanniques.
Certes, le fonctionnement perçu comme opaque de l'Union européenne, réputée loin des peuples voire contre les peuples, son indigestion légistique, sa novlangue, son déficit démocratique, ses doublons, ont agi comme toile de fond. L'Union provoque aujourd'hui la nausée plutôt qu'elle n'entraîne l'engouement.
Pour Paul Magnette, si un référendum avait lieu en Wallonie, terre pourtant pro-européenne s'il en est,  il ne donnerait pas cher de l’Europe en raison de sa politique (obsession ?) d'austérité fortement inspirée par le néolibéralisme, ce qui est peut-être discutable tant le ras-le-bol eurosceptique est multifactoriel.
Ce qui l'est moins, c'est le risque d'un effet domino.
Car il y a parmi le camp favorable au Brexit, deux types d'analyses :
Pour les "eurosceptiques raisonnables", le Brexit est une belle leçon pour les technocrates de Bruxelles.
Soit ceux-ci comprennent leur erreur et s'attèlent à un sursaut de grande amplitude pour sauver le rêve européen tout en restant sur le plancher des vaches (le principe de subsidiarité prescrit déjà que l'Europe ne doit s'occuper que de ce que les États membres ne font pas mieux seuls). Le Brexit aura été alors une gifle salutaire pour mieux avancer vers une construction européenne plus respectueuse des souverainetés voire des régionalismes.
Soit les bureaucrates aux salaires enviés qui squattent le Rond-Point Schuman confirment la perception qu'ils agissent contre ou en dépit des peuples et l'aventure s'arrête là. Message direct à Jean-Claude Juncker, trop souvent dans le déni et soudain matamore envers l'ambulance britannique en partance.
Pour l'autre camp, celui des eurosceptiques jusqu'au-boutistes, il s'agit maintenant d'encourager l'avènement d'autres "Exit", les uns après les autres et contempler notre continent imploser dans un chaos indescriptible, au risque que, comme le veut l'adage, il ne dévore ses propres enfants.
L'option de ces anti-européens ultras est mortifère : elle revient à se condamner à une Europe néo-moyenâgeuse des royaumes, duchés, comtés et principautés en conflit perpétuel.
Est-ce ce marasme que souhaitent les nombreux déçus de l'Europe ? Vraisemblablement pas.
Avant de ricaner, il conviendrait de se souvenir ensemble, sur ce continent souvent maudit par les guerres et les génocides, de tout ce que l'idée européenne nous a apporté, directement ou indirectement : stabilité, paix, libre circulation, protection sociale, inflation jugulée, absence de risque de change, approfondissement de l'identité européenne via l'"European English", programme Erasmus, exception culturelle, approche industrielle plus écologique, solidarité intra-européenne, taille critique pour peser face aux autres pays-monde (USA, Chine, Inde, Russie...), trains à grande vitesse, démocratisation du tourisme, Arianespace, Airbus, etc. (liste non exhaustive).

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