samedi 13 août 2016

Déclaration d'impôts d'Hillary : le couple Clinton a déclaré 10,6 millions de dollars

Par LIBERATION, avec AFP



Hillary et Bill Clinton le 28 juillet 2016 lors de la convention démocrate à Philadelphie, en Pennsylvanie Photo SAUL LOEB. AFP


Tradition de la campagne de l'élection présidentielle américaine, la candidate démocrate a publié sa déclaration de revenus pour l'année 2015. Elle critique à l'occasion son adversaire républicain refuse toujours de s'y conformer.
Déclaration d'impôts d'Hillary : le couple Clinton a déclaré 10,6 millions de dollars
Le couple Clinton a déclaré 10,6 millions de dollars de revenus en 2015. Ils ont payé 3,6 millions de dollars d’impôt fédéral, selon le document mis en ligne sur le site de la candidate. Au fil de leur carrière politique, les Clinton ont publié toutes leurs déclarations de revenus depuis 1977, un fait que les démocrates mettent en avant avec insistance.
La principale source de revenus des Clinton est la participation rémunérée de Bill Clinton à des conférences – pour 5,2 millions de dollars – et un versement de l’éditeur du dernier livre d’Hillary Clinton, Simon & Schuster, pour 3 millions. La candidate a prononcé des dizaines de discours payés en 2013, 2014 et 2015 mais a cessé cette activité avant de se lancer dans la course à la Maison Blanche en avril 2015. Les Clinton ont fait un don d’un million à la fondation caritative qui porte leur nom.
Le colistier d’Hillary Clinton, le sénateur Tim Kaine, a également publié dix années de déclarations fiscales avec son épouse, Anne Holton. En 2015, ils ont déclaré un peu plus de 310.000 dollars de revenus. Les candidats républicains et démocrates aux neuf dernières élections présidentielles, depuis Ronald Reagan en 1980, ont systématiquement rendu publiques leurs déclarations de revenus, pour au moins une année, selon le site Politifact. Certains ont publié plusieurs années, comme Bob Dole en 1996 (29 années, selon le Washington Post). En 2012, Mitt Romney avait publié deux ans.
Donald Trump refuse de publier sa déclaration
Mais Donald Trump refuse de le faire, prétextant le contrôle fiscal dont il est la cible depuis plusieurs années. Il affirme que le dépôt obligatoire d’un document de transparence financière auprès de la commission électorale FEC, en mai dernier, est suffisant. «Donald Trump se cache derrière de fausses excuses et renie ses promesses passées de publier ses déclarations fiscales», a déclaré Jennifer Palmieri, directrice de la communication de l’équipe de campagne Clinton. «Que cherche-t-il à cacher ?»
Donald Trump affirme être à la tête d’une fortune de plus de 10 milliards de dollars, mais ce montant n’a pas pu être vérifié indépendamment. Le magazine Forbes estime sa fortune à environ 4,5 milliards de dollars. Les démocrates soupçonnent Donald Trump de ne pas vouloir publier sa déclaration fiscale car elle pourrait montrer que ses revenus sont moindres que ce qu’il prétend publiquement, qu’il ne paie pas ou peu d’impôts ou que ses dons à des oeuvres caritatives sont négligeables.
LIBERATION avec AFP


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
POLITIQUE FRIC 

On croit rêver.
Je ne sais pas ce qui me choque le plus, les revenus faramineux des Clinton ou la fortune de Trump qui me fait penser à l’oncle Picsou de Donald. Je veux dire Donald Duck, pas Donald Trump, quoique...
Après tout Trump est dans la logique capitaliste du rêve européen tandis que les Clinton  se la jouent « couple de gauche », à l’européenne.
Et quid des revenus de Saunders, coqueluche de la jeunesse américaine ?
Comment ne pas songer à Pépé Mujica, l'ex-Président de la République volontairement le plus pauvre au monde. “Beaucoup de personnes sont pauvres, très pauvres, de par le monde. Moi, je ne suis pas pauvre, j'ai juste décidé de vivre de manière austère pour être plus proches de ceux qui le sont. Je ne fais pas l'apologie de la pauvreté, mais celui du partage et de la sobriété“.
On croit rêver.
MG



URUGUAY: PÉPÉ MUJICA, L'EX-PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE VOLONTAIREMENT LE PLUS PAUVRE AU MONDE.
Pierre MARTIAL  6 Février 2016 


© D.R 
“La maison du Président? C'est là-bas, tout au fond du chemin de terre! Vous voyez? C'est la petite baraque au toit en zinc vert avec les poules devant!".

Au fin fond de cette banlieue pauvre de Montevideo, au Paso de la Arena, tout le monde connait José Mujica, affectueusement surnommé, à plus de 80 ans, “Pépé Mujica“.

D'abord parce qu"il vit depuis plus de 20 ans dans cette modeste fermette de 45 m2 avec sa femme Lucia et sa chienne handicapée, à trois pattes, Manuela.

Ensuite, parce qu'il a été Président de la République d'Uruguay de 2010 à 2015! Et qu'il n'a jamais cessé de vivre dans cette baraque, même quand il était le chef de la nation!

Pépé Mujica, né d'une famille de paysans pauvres, a toujours voulu rester au milieu des plus défavorisés et, s'il s'est engagé et a milité depuis son plus jeune âge, c'est justement pour défendre les plus pauvres et les opprimés!

Alors pas question de les abandonner, même quand il était Président, pour les ors de la République et le Palais présidentiel, trop luxueux à son goût!


PRISONNIER-OTAGE DE LA DICTATURE MILITAIRE PENDANT 10 ANS DONT 2 ANS AU FOND D'UN PUITS

C'est à l'âge de 15 ans, en 1950, que le jeune José, orphelin de père à 6 ans, commence à s'engager contre la misère et l'injustice.


Dans les années 60, face à la montée des groupes paramilitaires qui veulent faire la loi et prendre le pouvoir dans son pays avec force agressions, enlèvements et assassinats, José Mujica est un des fondateurs, avec Raoul Sendic, du groupe emblématique des Tupamaros. Sortes de “Robin des Bois” uruguayens, les Tupamaros s'étaient donné pour mission de protéger le peuple et de contenir la montée des paramilitaires.

En 1973, alors que la dictature militaire fait rage, il est fait “prisonnier-otage” par la junte et est emprisonné dans des conditions insoutenables.

Torturé chaque jour, mis à l'isolement total, il sera ainsi détenu pendant plus de 10 ans, dont 2 ans au fond d'un puits. Il en sortira en 1985, à demi-fou.

Une folie et une expérience terrifiante dont il fera, paradoxalement, sa plus grande force.

"C'est étrange, se confie-t-il aujourd'hui, mais l'homme apprend parfois plus des moments difficiles que des moments de bonheur. Ces années noires ont été horribles et pourtant, elles m'ont apporté beaucoup“

Un silence, puis: “Par exemple, je ne sais plus haïr. Vous connaissez le luxe de ne pas haïr?”


ELU PRÉSIDENT, IL FAIT REDISTRIBUER LES 90% DE SON SALAIRE À DES ORGANISATIONS CARITATIVES 



© D.R
Dès sa sortie de prison, l'ex-Tuparamo reprend le combat, un combat plus pacifique cette fois mais toujours aussi inlassable et sans concession.

En 1994, il devient député. En 1999, il est élu sénateur et est réélu aux mêmes fonctions en 2004. Tout en continuant de travailler comme agriculteur.

En 2010, consécration d'une vie au service de son peuple, il est élu Président de la République.

Fini donc la fermette et le dur travail d'agriculture? Et bienvenue au confort présidentiel, aux voitures de fonction, au luxueux Palais présidentiel et aux très confortables émoluments de la République?

Pas du tout! En aucun cas! Ce serait bien mal connaitre Pépé Mujica!

Dès le lendemain de son élection, il fait connaitre - au grand dam du Protocole-, qu'il est hors de question pour lui d'habiter au Palais présidentiel. Trop riche pour lui! Il restera dans sa baraque, point barre! Mais il rassure son monde: la demeure présidentielle continuera à servir, il s'y engage. En 2012 par exemple, lors de la terrible vague de froid qui s'abattit sur le pays, il la fait inscrire comme refuge pour les sans-abris!

Secundo, il refuse toutes voitures de fonction qu'on veut lui imposer. Sa Coccinelle, bleue achetée en 1987, lui suffit amplement, affirme-t-il.

Et tertio, il décide de faire redistribuer les 90% de son salaire mensuel de Président à des associations caritatives, se déclarant bien loti de conserver les 10% restant, soit l'équivalent de 900 euros, montant du salaire moyen en Uruguay.


L'APOLOGIE, NON DE LA PAUVRETÉ, MAIS CELLE DU PARTAGE ET DE LA SOBRIÉTÉ

C'est le 1 mars 2015 que Pepe Mujica a mis fin à ses fonctions présidentielles. Non pas qu'il en avait assez! A 80 ans, il est encore en pleine forme! Rien ne vaut l'amour de sa famille, de ses amis et de ses chiens pour vous conserver un homme! Mais la Constitution de l'Uruguay n'autorise qu'un seul mandat présidentiel de 5 ans.

Pépé Mujica est donc retourné, serein et bonhomme, à sa fermette, à ses fleurs et à son jardin, au fin fond de sa banlieue et aux côtés de ses amis.

Quand on lui demande ce que cela lui fait d'être l'ex-Président le plus pauvre au monde, il hausse les épaules. “Beaucoup de personnes sont pauvres, très pauvres, de par le monde. Moi, je ne suis pas pauvre, j'ai juste décidé de vivre de manière austère pour être plus proches de ceux qui le sont. Je ne fais pas l'apologie de la pauvreté, mais celui du partage et de la sobriété“.

Est-il satisfait de ce qu'il a fait, de l'exemple qu'il a pu donner? Il lève les yeux au ciel.
“J'ai fait ce que j'ai pu... J'ai dédié une grande partie de ma vie à essayer d'améliorer la condition sociale du monde dans lequel je suis né. J'ai eu quelques déconvenues, de nombreuses blessures, quelques années de prison.... Enfin, la routine pour quelqu'un qui veut changer le monde...“

SES PROJETS?
“Continuer à vivre le plus longtemps possible! C'est un miracle que je sois encore en vie après tout ce que j'ai vécu! Et puis lire aussi, lire beaucoup! J'ai passé plus de 10 ans dans un cachot dont 7 sans pouvoir lire. J'ai du retard à rattraper!“

Je te souhaite encore de longues années de vie et de lecture, Pépé Mujica, et je te serre avec émotion contre moi.

Tu es pour moi, - pour nous toutes et tous -, beaucoup plus qu'un exemple...
Tu es un espoir!

Bien à toutes et à tous

Pierre MARTIAL

© D.R

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