lundi 1 août 2016

Hillary Clinton, la tenace


Le Vif
Source: Afp
Hillary Rodham Clinton cite parfois son idole Eleanor Roosevelt, l'épouse de l'ancien président démocrate Franklin Roosevelt: pour faire de la politique quand on est une femme, "il vous faut la peau aussi épaisse qu'un rhinocéros". 

© Reuters 

En campagne, elle aime répéter les mille anecdotes sur les épreuves auxquelles elle a survécu durant ses quatre décennies de vie publique. "J'ai les cicatrices pour le prouver", dit-elle.
Une large majorité d'Américains la trouvent malhonnête. Et pourtant la voici à 68 ans aux portes de la Maison Blanche, première femme à porter les couleurs d'un grand parti américain à l'élection présidentielle.
Assumant pleinement son rôle de pionnière, elle s'est dite jeudi, en acceptant l'investiture de son parti, "heureuse pour les grand-mères et les petites filles et toutes celles qui sont entre les deux".
"Je suis heureuse pour les garçons et les hommes aussi, car quand une barrière tombe pour quelques-uns en Amérique, cela ouvre l'espace pour tous."
- DE CHICAGO À L'ARKANSAS -
Hillary Diane Rodham est née le 26 octobre 1947 à Chicago et a grandi dans la banlieue blanche et paisible de Park Ridge, en plein Midwest, dans une famille de la classe moyenne.
Elle adore sa mère Dorothy; le père, Hugh Rodham, petit patron, est têtu, dur. Mais il lui transmet son éthique de travail et la crainte permanente de manquer. C'est aussi de lui qu'elle hérite des convictions républicaines qu'elle conservera jusqu'à ses années d'étudiante. La famille est protestante méthodiste.
Très bonne élève, elle entre en 1965 dans la prestigieuse université pour jeunes femmes, Wellesley College. Dans le tumulte des "sixties", les quatre années universitaires lui ouvrent les yeux sur la lutte pour les droits civiques, la guerre du Vietnam, l'égalité hommes-femmes...
L'étudiante aux grosses lunettes, qui déteste le maquillage, est bosseuse et ambitieuse. Ses camarades l'élisent présidente des étudiantes, ce qui lui permet un coup d'éclat: un discours idéaliste et exalté à la cérémonie de remise des diplômes.
"Elle était déjà une leader à 19 ans, elle savait ce qu'elle voulait dans la vie", dit à l'AFP Suzanne Salomon.
Suit l'entrée en 1969 à la faculté de droit de Yale et la rencontre avec Bill Clinton, son "Viking venu d'Arkansas".
Elle avait "un air volontaire et une maîtrise de soi que j'avais rarement vus chez quiconque, homme ou femme", écrira Bill.
Son activisme en faveur des droits des enfants et des femmes s'épanouit pendant ces années, et à la sortie, elle choisit de travailler pour le Fonds de défense des enfants, pendant que Bill Clinton se lance en politique dans l'Arkansas.
Après un passage par Washington en 1974, à la commission d'enquête sur le scandale du Watergate, elle rejoint Bill, bientôt élu gouverneur, tandis qu'elle intègre un grand cabinet d'avocats de Little Rock.
Chelsea, leur fille unique, naît en 1980. Evoquant une mère "merveilleuse, attentive et drôle", celle-ci a dit jeudi sa fierté face à une femme animée d'un "sens aigu" de la justice.
- DEUX POUR LE PRIX D'UN -
Sous pression, Hillary Rodham finit par abandonner son nom de jeune fille et devient Hillary Clinton, Première dame de l'Arkansas, puis des Etats-Unis après l'élection de Bill en 1992.
Mais l'image de "co-présidente" de l'ombre tranche avec le rôle traditionnel d'une Première dame s'occupant de bonnes oeuvres. Son épreuve du feu, la refonte du système de santé, tourne au désastre en 1994. Après cet échec, elle se retire des dossiers trop politiques pour se consacrer à la cause des femmes, notamment à l'étranger.
Humiliée par son mari adultère, elle le défend pourtant bec et ongles pour empêcher sa destitution dans l'affaire Monica Lewinsky, alors même qu'ils suivent une thérapie de couple.
Les Américains compatissent: jamais sa cote de popularité n'aura été aussi élevée, 67% d'opinions favorables en décembre 1998.
- SCANDALES -
A l'approche du départ de la Maison Blanche, elle se lance en politique et devient sénatrice de l'Etat de New York. Elle passe son tour à la présidentielle de 2004 mais, aux primaires suivantes en 2008, Barack Obama l'étrille pour son vote autorisant la guerre d'Irak.
Hillary Clinton avait fait de son expérience un slogan, promettant d'être une nouvelle Dame de fer; les Américains lui ont préféré un quadragénaire néophyte incarnant le changement.
Coup de théâtre, elle devient secrétaire d'Etat de Barack Obama pendant son premier mandat. Hyperactive mais sans réels succès à son actif, critiquent ses détracteurs.
Les républicains l'accusent surtout d'incompétence après l'attaque de Benghazi, en Libye, lors de laquelle quatre Américains sont tués dont l'ambassadeur.
Et si elle a échappé à une inculpation dans l'affaire de la messagerie privée qu'elle a utilisée au lieu du compte gouvernemental, le scandale renforce l'image d'un couple Clinton se croyant au-dessus des lois et contribue à l'effondrement de sa cote de popularité.
Mais ces années de diplomatie cimentent aussi son image de femme d'Etat.
"Jamais un homme ou une femme n'a été aussi qualifié qu'Hillary Clinton pour la présidence des Etats-Unis d'Amérique", a affirmé Barack Obama lors de la convention. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CANDIDATE IDÉALE ? 

Il est de bon ton aujourd’hui d’égratigner le portrait de Hillary en annonçant, trois mois avant le scrutin une victoire de Trump l’Improbable. Trois mois, c’est un océan de temps en politique, actuellement surtout où l’imprévisible nous réserve une surprise chaque semaine, chaque jour presque. Hilary est la candidate de rêve selon nos critères d’Européens. On aimerait la voir à la tête de la commission européenne à la place du fade Juncker. Mais ce sont les Américains qui votent en novembre et ils pensent autrement que nous comme nous le rappelle Michael Moore, le plus européen d’entre eux avec Woody Allen.
MG 



MICHAEL MOORE: "CINQ RAISONS POUR LESQUELLES TRUMP VA GAGNER"
Le Vif
Source: De Morgen
Michael Moore, l'auteur des documentaires "Bowling for Columbine" ou encore "Fahrenheit 9/11", n'a jamais été avare en polémique. Il en remet une couche en expliquant sur son blog pourquoi Trump va remporter la présidence des États-Unis. 


© Reuters 

Pour Michael Moore, les Américains feraient mieux de se faire à l'idée. Car, pour le réalisateur, il n'y a plus guère de place pour le doute: Trump sera le prochain président des États-Unis. Et ce même s'il n'a jamais autant espéré se tromper et appelle les Américains à ne pas sombrer dans la parade mentale qui consiste à ignorer que le pire est en train d'arriver.
Surtout que le pire est en marche. En effet, si les 16 candidats républicains aux primaires américaines n'ont pas pu arrêter Trump, comment une candidate peu aimée dans son propre camp y arriverait-elle ? Et d'avancer 5 raisons qui offrent un boulevard au candidat.
LA RUST BELT
Les États qui forment la "Rust Belt" (Michigan, Ohio, Pennsylvanie et Wisconsin) sont traditionnellement démocrates, mais pourraient virer de bord au profit des républicains. À eux seuls, les 64 Grands Électeurs de ces États pourraient faire basculer la balance en faveur de Trump. Pas besoin de la Floride ou du Colorado. Ces États ont fort souffert de l'accord de libre-échange mis en place par Bill Clinton. Une carte allègrement jouée par Trump qui n'hésite pas à diaboliser le couple comme "tueur du rêve américain". Trump pourrait donc l'emporter dans ces états en surfant sur ce ras-le-bol.
LA RANCOEUR DE L'HOMME BLANC FRUSTRÉ
Pour une frange non négligeable de la population mâle, l'idée d'une femme présidente est tout bonnement insupportable. Pour beaucoup, il n'est pas question de se laisser dominer par cette "feminazi".
LE PROBLÈME HILLARY
Le principal problème n'est pas Trump, mais Hillary elle-même. Moore lui-même s'était juré de ne plus voter pour elle suite à son vote en faveur de la guerre en Irak. Par la force des choses, et "pour éviter que les doigts psychopathiques de Trump ne s'approchent de trop du bouton atomique", il se dit prêt à tourner casaque. Mais il pense que beaucoup ne sauront faire de même. "Il suffit de regarder les sondages d'impopularité à propos d'Hillary Clinton. Près de 70% des Américains interrogés la trouvent malhonnête et n'ont pas confiance en elle."
LE VOTE DÉPRIMANT
Cette élection va beaucoup dépendre du nombre de gens qui iront voter. Or Hillary ne suscite pas l'enthousiasme et voter pour elle se fera souvent par défaut. Un vote pas franchement mobilisateur. Les supporters de Sanders vont probablement voter pour Hillary, mais ne motiverons pas leur entourage à faire de même. Il n'y aura pas un effet de buzz comme avec Obama. Pour convaincre les jeunes à se rendre aux urnes, Hillary devra trouver quelque chose qui les excite. Elle aurait par exemple pu choisir une colistière, mais elle a préféré la sécurité. Encore une occasion manquée.
"L'EFFET JESSE VENTURA"
Jesse Ventura est ancien catcheur professionnel qui a aussi été gouverneur du Minnesota dans les années 1990. Il a été élu un peu comme une blague et les gens ont voté pour lui "parce que c'était possible". Dans l'isoloir, personne ne sait pour qui on vote : "vous pouvez choisir un parti politique, ou écrire Mickey Mouse ou Donald Duck sur votre bulletin" dit Michael Moore. Cet anonymat pourrait tenter de nombreux mécontents à voter pour Trump. "Ils ne le feront pas parce qu'ils apprécient le personnage ou adhèrent à ses idées, mais tout simplement par qu'ils le peuvent". 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES CAROTTES SONT CUITES

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