vendredi 19 août 2016

Jeux olympiques : pourquoi si peu de médaillés belges ?

Nicolas de Pape 
Le Vif    Opinions

Neuf fois champion de Belgique, le joueur de badminton originaire du Limbourg et tout jeune médecin de 28 ans Yhan Tan tirera sa révérence après Rio, les seconds et derniers Jeux olympiques auxquels il participe. En arrière-plan, le défi de cumuler l'entraînement et ses stages en hôpital témoigne de la difficulté d'être un champion en Belgique. 


Jonathan Borlée © Belga

Depuis la Guerre froide, Etats-Unis et Russie n'ont eu de cesse de s'attribuer la part belle des médailles olympiques. Enjeu géostratégique et affirmation de puissances, bien sûr. Les premiers mirent en place un système lié aux universités, pépinières de sportifs de haut niveau auxquels on accorde tous les avantages et toutes les facilités non seulement pour l'entraînement mais aussi pour passer leurs examens. Les Soviétiques et autres Allemands de l'Est ou Roumains étaient quant à eux de véritables athlètes d'Etat, de vrais fonctionnaires assurés d'une rente appréciable tout au long de leur vie et d'une retraite en or. Habitués des anecdotes, les Russes avaient coutume de dire de leurs médaillés d'argent : "Il a raté l'or, il n'aura pas de bidet." Aujourd'hui, les sponsors sont venus perturber le système. En parallèle et jusqu'à aujourd'hui, l'actuelle Russie est aidée dans ses performances par un dopage apparemment systématique tandis que les Etats-Unis, à la pointe du progrès, semblent chercher des voies apparemment légales mais toutefois un peu limites, en attestent les taches de dalmatiens qui garnissent le corps de Michael Phelps, séquelles d'un procédé de récupération qui amène le sang plus rapidement aux muscles. C'est légal... Si l'athlétisme américain a été sali par le dopage, ce n'est peut-être que le sommet de l'iceberg. Comme dit l'adage : il n'est pas interdit de tricher, il est interdit de se faire prendre. 
Aujourd'hui, la nouvelle grande puissance olympique est la Chine qui fonctionne peu ou prou comme l'ex-Union soviétique en pire avec ses "élevages" de champions précoces qui quittent l'environnement familial pour des centres d'entraînement spartiates en province. Beaucoup d'appelés, peu d'élus et, comme les castrats d'antan, un pourcentage d'échecs soigneusement dissimulé.
Il est notoire que notre pays n'est ni une fabrique de champions, ni une usine d'artistes de haut niveau.
Même s'il ne faut évidemment pas adopter ce type de méthodes dans notre pays, avec nos 3 médailles engrangées en 2012 et 3 pour le moment à Rio, nous faisons figure de parent pauvre.
Nos piètres performances seraient-elles dues à un respect de l'éthique olympique ? Nos athlètes seraient particulièrement peu dopés ? Possible. Mais il est notoire que notre pays n'est ni une fabrique de champions ni une usine d'artistes de haut niveau. Le sport "basique" (comme les académies de dessin ou de musique) est très accessible financièrement mais pour les surdoués, l'infrastructure reste quelque peu bancale, en attestent les coups de gueule du père des jumeaux Borlée qui s'entraînent substantiellement aux Etats-Unis. L'escrime attire votre petit garçon ? Votre portefeuille souffrira peu mais l'enfant se retrouvera au milieu de 25 élèves face à un maître.
Le nonuple champion de Belgique de badminton, Yuhan Tan, tout jeune docteur en médecine originaire du Limbourg, a fait récemment cet aveu : "Je n'ai pas eu une préparation facile. Je me levais tôt pour m'entraîner avant d'aller suivre mon stage à l'hôpital." Certains sportifs belge ont un job à plein temps et s'entraînent tôt le matin ou tard le soir après le boulot. Histoire aussi de bénéficier d'une certaine tranquillité (pensons aux nageurs dans les piscines publiques). Impossible de rivaliser avec les grandes ou moyennes puissances olympiques...
D'autant que la Belgique ne compte que 11 millions d'habitants. Elle ne peut afficher autant d'athlètes que les Etats-Unis (proportionnellement, nos 3 médailles en 2012 multipliées par 30 pour atteindre les 330 millions d'Américains donneraient 90 médailles à la Belgique contre 103 aux Etats-Unis ).
Il est toutefois navrant de constater que nos voisins néerlandais, 17 millions d'âmes, ont collecté 20 médailles lors des derniers Jeux d'été. D'autres pays peu peuplés comme la Nouvelle-Zélande, 4 millions d'habitants qui a amassé 13 médailles à Londres ou la Hongrie, pas moins de 13, attestent qu'il est déplacé d'évoquer l'exiguïté de la Belgique comme excuse. Peut-être devrions-nous, comme la Roumanie, nous concentrer sur une ou deux disciplines ? Etre plus sélectifs quant aux athlètes éligibles aux Jeux et n'envoyer que la crème de la crème ?
S'il est clair que la quête de médailles n'est pas un but en soi, nous sommes devant un choix de société. Pour briller aux Jeux olympiques, il faut adopter un autre état d'esprit, se réconcilier avec des impératifs tels que l'esprit de compétition et l'élitisme et accepter que le sport de haut niveau est avant tout un don. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CRÈME DE LA CRÈME OU FOND DU PANIER ?

« S'il est clair que la quête de médailles n'est pas un but en soi, nous sommes devant un choix de société. Pour briller aux Jeux olympiques, il faut adopter un autre état d'esprit, se réconcilier avec des impératifs tels que l'esprit de compétition et l'élitisme et accepter que le sport de haut niveau est avant tout un don. »
Intéressant ! On ne peut pas tout avoir : d’une part un CEB où tout le monde réussit, autrement dit la « démocrétinisation » des études et l’excellence. L’excellence on en parle, on s’en gargarise, on en fait un pacte mais, au fond, personne n’en veut. L’excellence implique la sélection des meilleurs au détriment des moins bons. Horreur et discrimination !
Un choix de société ? Nos politiciens ont choisi pour nous. Continuerons-nous à élire les mêmes ? Bart et Elio ? « Nulle autre figure politique n'a autant marqué la Belgique des années 2000 que ces deux-là.  Nulle autre personnalité, néerlandophone ou francophone, de gauche ou de droite, n'a autant pesé sur la trajectoire du pays.
Elio, Bart. Deux prénoms de quatre lettres qui sont devenus des marques, des labels, au service de deux projets de société antagonistes. » Si, la très improbable Maggy. 
MG


BART DE WEVER / ELIO DI RUPO : CHRONIQUES D'UNE AMBITION
FRANÇOIS BRABANT La Libre Belgique

Nulle autre figure politique n'a autant marqué la Belgique des années 2000 que ces deux-là. Nulle autre personnalité, néerlandophone ou francophone, de gauche ou de droite, n'a autant pesé sur la trajectoire du pays.
Elio, Bart. Deux prénoms de quatre lettres qui sont devenus des marques, des labels, au service de deux projets de société antagonistes.
Di Rupo, De Wever. Deux noms à la structure identique, qui semblent conçus pour se répondre et s'opposer. Le président du PS et celui de la N-VA partagent un destin personnel hors du commun. L'un comme l'autre affichent une longévité au pouvoir exceptionnelle - d'autant plus exceptionnelle qu'ils personnalisent deux courants politiques que l'on disait moribonds à la fin des années 1990, le socialisme pour le Montois, le nationaliste flamand pour l'Anversois.
De toute évidence, tous les deux seront à nouveau les protagonistes majeurs des élections de 2019.
Bart De Wever, après avoir pris en 2003 la direction d'un parti nationaliste flamand en lambeaux, après l'avoir propulsé en 2010 et 2014 jusqu'à des sommets inédits, vivra peut-être en 2019 le rendez-vous avec l'Histoire pour lequel il se prépare depuis sa prime jeunesse. Pourra-t-il, voudra-t-il précipiter l'éclatement de la Belgique ?
Elio Di Rupo est parvenu pendant quinze ans à maintenir le PS comme première force politique en Belgique francophone. Une prouesse, alors que la gauche s'effondrait partout ailleurs en Europe... Mais l'éviction du gouvernement fédéral, en 2014, a été un traumatisme. Simple parenthèse ? Ou au contraire le premier acte d'un irrémédiable déclin pour le socialisme wallon et bruxellois ?




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