jeudi 11 août 2016

L’excuse sociale du terrorisme : on se fout de qui ?


Une opinion d'Etienne Dujardin, juriste et chroniqueur. 
La Libre


Heureusement pour le délégué aux droits de l’enfant, nous sommes en période de vacances et la plupart des politiques sont en congé, faute de quoi sa phrase prononcée dans un grand média aurait fait fortement polémique. Monsieur Bernard De Vos ose en effet déclarer : "Je ne pense pas que l’on soit face à un problème de radicalisation, mais plutôt à une série de situations individuelles qui explosent, car les jeunes issus de l’immigration subissent une stigmatisation et victimisation importante".
Monsieur De Vos doit être le seul à ne pas voir ce problème de radicalisation. Notre pays a subi des attentats terroristes, des dizaines de personnes sont mortes, des centaines de jeunes partent en Syrie faire le djihad… mais rassurez-vous, braves gens, la Belgique ne connaît pas de problème de radicalisation. Pire encore : si nous sommes aujourd’hui touchés, c’est même de notre faute et cela résulte d’une politique stigmatisante vis-à-vis des jeunes issus de l’immigration.
Ces propos sont désolants, car ils sont faux. Récemment encore, le spécialiste Joseph Henrotin déclarait : "Le plus souvent, un terroriste djihadiste est éduqué et a des perspectives professionnelles". Faire croire que les terroristes agissent car ils sont désœuvrés ou ne pourraient jamais trouver un travail est simplement un déni de réalité. La propre mère de l’un des assassins du prêtre Jacques Hamel avait alerté plusieurs fois sur le processus de "radicalisation" de son fils. La Présidente de "La Brigade des Mères", Nadia Remadna, dont la spécificité est de lutter contre la radicalisation dans les quartiers sensibles, reçoit même des menaces de mort contre elle et contre sa famille.
Ne devrait-on pas attendre un peu plus de modestie de la part de ces partisans de l’excuse sociale du terrorisme ? Cette gauche bien-pensante est la même que celle qui a lutté, pendant des années, contre tout parcours d’intégration obligatoire. Comment peut-on demander à des personnes de s'intégrer alors qu'elles ne connaissent même pas une des langues de notre pays, ni les valeurs, les racines et les usages ? Cette gauche bien-pensante est aussi celle pour qui tout renforcement de la sécurité était, à tort, considéré comme un empiétement sur nos libertés. La seule politique acceptable était la prévention. On voit aujourd'hui où nous a menés le laxisme pratiqué depuis 20 ans à Molenbeek, à Verviers ou dans certaines banlieues françaises... Les pseudo-promoteurs de la tolérance ont créé des quartiers où les classes moyennes et populaires ont fui et où l'intolérance et le terrorisme ont pu germer. Les premières victimes du manque de sécurité ne sont pas les théoriciens de salons des quartiers huppés, mais bien les habitants des quartiers difficiles.
Ces propos sont totalement décalés par rapport au sursaut que nous devons avoir. Monsieur Bernard De Vos ferait bien de lire un peu de littérature au sein de la gauche française. Notamment le Premier ministre Manuel Valls qui déclare : "J’en ai assez de ceux qui cherchent en permanence des excuses et des explications culturelles ou sociologiques à ce qu’il s’est passé. Aucune excuse ne doit être cherchée, aucune excuse sociale, sociologique et culturelle". On pourrait en citer beaucoup d’autres, comme Malek Boutih, Zineb El Rhazoui ou le nouveau talent de la gauche, Amine El Khatami, pour qui : "Il y a un réel problème à gauche où des gens ne veulent pas accepter la situation telle qu'elle est, qui restent perchés dans des idéaux un peu soixante-huitards".
Faire croire à des jeunes que leur mauvaise intégration est la faute de la société est un manque de respect envers tous les jeunes qui ont travaillé dur pour arriver justement à s’intégrer correctement. Envers tous ceux qui sont partis du bas de l’échelle, qui ont été éduqués dans le respect du mérite et de l’effort et qui sont, aujourd’hui, bien insérés dans la société ou occupent de brillantes fonctions. Non, Monsieur De Vos, la culture de la fatalité ne doit pas être promue !


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MOBILISER TOUTES LES RESSOURCES DE L’ETAT DE DROIT.

Il est devenu difficile et je le déplore de parler d’autre chose que du problème du terrorisme par voie de radicalisme salafiste. Certes, nous avons à faire à une problématique extrêmement complexe où  les arguments de De Vos et ceux de son contradicteur ont quelque pertinence. Il est certain que l’échec scolaire, le naufrage social et la chape communautariste ne sont pas étrangères au phénomène de radicalisation rampante. En revanche, c’est l’islamisme militant, conquérant et vengeur qui sert de mèche et les imams google qui fournissent l’allumette. Tous les salafistes ne sont pas des terroristes a dit Valls mais tous les terroristes sont des salafistes. (Valls) A l’évidence, les barbares du FIS qui ont fait plus de 200.000 morts en Algérie, les combattants cruels de Syrie et d’Irak, les djihadistes de Molenbeek, Schaerbeek, Anvers, Maline, Vilvorde ou Verviers  participent de la même mouvance, celle des ennemis affirmés de l’occident et de ses valeurs : les nôtres.
A notre morale autonome inspirée des Lumières ils opposent une morale strictement religieuse fondée sur le commandement divin.
Il ne faut pas seulement s’indigner et s’insurger contre cela, il est temps d’entrer en résistance en mobilisant toutes les ressources de l’Etat de droit.
MG
  

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