vendredi 9 septembre 2016

Baromètre politique: la N-VA séduit un wallon sur cinq

La Libre
A. C.


Qu’elle semble loin, l’époque de la campagne électorale où le jeu, côté francophone, consistait à diaboliser la N-VA. Aujourd’hui, s’ils devaient exprimer un vote pour un parti flamand, 19,1 % des Wallons choisiraient le parti de Bart De Wever, pourtant ouvertement séparatiste.
Cette question, posée dans le cadre du baromètre La Libre/RTBF/Dedicated, prend son sens dans le débat sur la création d’une circonscription électorale unique (ou circonscription fédérale). Cette dernière s’étendrait sur l’ensemble du pays et permettrait aux électeurs de voter pour des partis de l’autre communauté linguistique, ce qui n’est pas possible aujourd’hui. Certains députés fédéraux seraient dès lors élus par l’ensemble des Belges.
Concrètement, 54 % des sondés se disent favorables à une telle circonscription. Les Bruxellois, résidants de la seule région bilingue du royaume, en sont les plus chauds partisans, avec 64 % d’opinions favorables. Suivent les Wallons (58 %) et les Flamands (49 %). 19 % des Belges (22 % des Flamands) y sont opposés, 29 % sont sans avis.
Les deux formations qui tireraient le mieux leur épingle du jeu en cas de circonscription fédérale seraient le MR et le SP.A. 31,9 % des Flamands sont prêts à voter pour les libéraux francophones (loin devant le PS); 23 % des Wallons en faveur des socialistes flamands. Ce n’est pas étonnant. Le PS est la première force politique au sud du pays. Ses électeurs (69 % d’entre eux) ont logiquement tendance à reporter leurs voix vers le parti frère néerlandophone. Dans la même logique, le MR peut compter sur les électeurs de l’Open VLD (84 %). Mais aussi sur ceux de la N-VA (64 %).
RAPPROCHEMENT MR/N-VA
Les nationalistes n’ont pas d’homologues francophones. La seule formation séparatiste wallonne est le très méconnu RWF (Rassemblement Wallonie France), qui ne pourrait compter que sur 1 % des voix N-VA. A contrario, si les projets communautaires du MR et de la N-VA n’ont rien en commun, leurs programmes socio-économiques, eux, se rejoignent clairement. Les deux formations se sont aussi rapprochées depuis qu’elles gouvernent ensemble au fédéral. Enfin, le MR se présente comme le principal adversaire du PS au Sud, un atout aux yeux des nationalistes.
Globalement, les sondés sont cohérents avec eux-mêmes et choisissent le parti frère de celui pour lequel ils voteraient dans leur communauté. Dans le chef des Bruxellois, ce sont les verts flamands de Groen qui seraient les grands vainqueurs de la manœuvre avec 20 % des suffrages francophones de la région qui atterriraient dans leur besace.
L’exercice reste très théorique. Il a spécifiquement été demandé aux sondés d’exprimer un vote en faveur d’un parti de l’autre communauté. Or, dans une circonscription fédérale, rien n’empêcherait les électeurs de voter pour un parti de leur régime linguistique. Mais le sondage a le mérite de faire apparaître deux enseignements majeurs. Un : la N-VA n’est pas un repoussoir pour les Wallons. Deux : la stratégie de Charles Michel semble fonctionner, celle consistant à faire du MR le parti pivot au niveau fédéral, capable de faire le lien entre Flamands et francophones.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY

SURPRENANT N’EST-IL PAS ?

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