mercredi 7 septembre 2016

Bruxelles, capitale européenne de la Culture en 2030?

Philippe Carlot 


Le Ministre-Président bruxellois Rudi Vervoort. - © LAURIE DIEFFEMBACQ - BELGA

Pour ramener du monde dans la capitale, les autorités misent désormais sur la culture. Bruxelles voudrait en effet devenir une véritable vitrine en la matière.
Le Ministre-Président Rudi Vervoort (PS) vient de l'annoncer : il a posé la candidature de Bruxelles pour devenir capitale européenne de la Culture en 2030. "C’est une idée qui est en gestation depuis quelques mois et je pense qu’il y a des éléments d’actualité bien évidemment qui nous retardent. Ce que nous avons vécu durant cette année 2016 sont des événements difficiles. Et, en même temps, il faut aussi être porteur d’un projet à long terme."
"2030, ça peut paraître très loin mais ça nous amène déjà à 2024 pour le dépôt de la candidature, ce qui veut dire qu’il est temps de commencer à travailler, avec l’ensemble du secteur, à déposer une candidature puisque ce sera le tour de la Belgique en 2030 pour que ce soit à nouveau la capitale de ce pays qui soit capitale culturelle européenne".
Question : peut-on être candidat(e) après l’avoir déjà été ? "Oui, heureusement d’ailleurs. Il n’y a pas de souci par rapport à ça."
La dernière ville belge à avoir été capitale culturelle européenne, c'était Mons, l'an dernier. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BRUXELLES CAPITALE INTERCULTURELLE DE L’EUROPE
 
Bruxelles 2000 fut de l’avis de tous un flop et une lamentable assorti d’une formidable cacophonie. Pourtant le projet ne manquait pas d’ambition :Favoriser la participation des citoyens, reconquérir les espaces publics, donner une place aux nouveaux médiums et supports d’expression, valoriser le patrimoine.
Tout cela est à remettre sur le métier.
Bruxelles, capitale de l’Europe, ça veut dire quoi pour Bruxelles ? Aujourd’hui ville-capitale administrative. Demain, pour se développer, Bruxelles doit aussi devenir une capitale humaine et culturelle pour l’Europe. Certes mais elle ne saurait y parvenir que dans le cadre d’une dynamique inter, voire transculturelle seule susceptible de d’encourager la revitalisation du tissu urbain. En effet sans participation des citoyens -d’où qu’ils viennent- à la vie culturelle de leur ville, Bruxelles continuera d’agoniser.
Cela suppose une stimulation de l’interaction entre espace public et puissance publique, le cas échéant en encourageant des confrontations. La démarche artistique doit s’imbriquer  dans la culture urbaine.
Il s’agit de renforcer la socialisation moderne des nouvelles générations et d’élargir les publics. La démarche qui consiste à permettre aux gens de créer. La décentralisation exigerait une action culturelle dans chaque commune voire dans chaque quartier. Ce travail de proximité devait reposer tant sur la notion de ville polyglotte  pluri, inter et transculturelle.
Ainsi faudra-t-il écouter les habitants, répondre aux créateurs, soutenir l’action démocratique et l’émancipation, croire à l’intelligence de tous pour faire de Bruxelles une ville ouverte à toutes ses cultures et à tous ses créateurs.
Ce travail participatif, de proximité, passe obligatoirement par la reconquête des espaces publics en réponse au sentiment d’insécurité supposée ou ressentie en ville. L’espace public peut devenir un lieu d’ouverture au monde et d’éducation informelle aux arts plastiques.
Le soutien apporté aux artistes de rue est essentiel pour renforcer
le lien entre social et culturel.
Reconquérir l’espace public, les rues, les places, les parcs permettrait la rencontre entre les citoyens et les créateurs européens.
Il s’agit bien de faire de la Région Bruxelles capitale une ville participative, créative et dynamique au cœur de l’Europe. Il s’agit clairement de stimuler la participation de tous afin de multiplier les interactions fécondes dans un tissu social particulièrement complexe.
MG


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