jeudi 29 septembre 2016

Confédéralisme: "pourquoi enfumer le PS n'est plus la meilleure stratégie"



Hendrik Vuye et Veerle Wouters
Députés indépendants Le Vif

Pour Hendrik Vuye et Veerle Wouters, qui ont quitté la N-VA la semaine dernière, l'enfumage du PS n'est plus la voie vers le confédéralisme. "Le 'nous contre eux' ne mène pas au confédéralisme, mais à un gouvernement Michel II. Avec le PS et le sp.a et sans la N-VA." 

Elio Di Rupo et Laurette Onkelinx © BELGA 

"Nous enfermons le PS dans un cordon sanitaire",
"Les partis francophones, et surtout le PS, se trouvent dans une position intenable",
"Nous devons pousser les francophones en position demanderesse",
" Je propose que le Vlaamse Volksbeweging lise les journaux francophones, alors on verra qu'on assiste non à une belgicisation de la N-VA, mais à une régionalisation du PS".
Toutes ces phrases sont des assertions de monostratèges qui pensent qu'il n'y a qu'une seule stratégie qui peut mener au confédéralisme.
La plupart des monostratèges veulent enfumer le PS, jusqu'à ce que les socialistes wallons supplient d'instaurer une réforme de l'état. On l'appelle aussi la doctrine Maddens, ou du moins une de ces applications. Cependant, le mot doctrine est mal choisi, il s'agit plutôt d'une stratégie, comme l'écrit Bart Maddens. Il a formulé sa stratégie dans une opinion parue le 3 mars 2009 dans le quotidien De Standaard. Nous aussi, nous avons longtemps défendu cette stratégie. C'est une stratégie qui, vu le résultat électoral de mai 2014, aurait pu réussir. Mais entre-temps, nous sommes en septembre 2016.
LE SCÉNARIO DE L'ENFUMAGE PERTURBÉ
Il y a eu des évolutions qui perturbent ce scénario de l'enfumage. En mars 2015, Bart Maddens écrivait déjà que "la politique fédérale n'est pas assez à droite pour inciter le PS à tirer le signal d'alarme institutionnel et dérégler le système". Il affine sa position dans l'édition du week-end du Standaard : "Suite à l'influence modératrice du MR et du CD&V, ce gouvernement n'est pas assez à droite pour frustrer le PS au point de vouloir plus d'autonomie wallonne". Une des conditions de la stratégie Maddens n'a pas été remplie. Dans une opinion parue sur Knack.be, Bart Maddens affirme même qu'il est dérangé par la façon dont on use et abuse de la doctrine Maddens.
Cependant, il y a un point qui ne change pas: le PS est un parti de pouvoir. Pour lui, il est impensable d'être exclu du pouvoir pendant dix ans, même s'il faut nuancer cette position. Le PS s'est retiré dans les bastions francophones. Le PS livre trois ministres-présidents : Paul Magnette, Rudy Demotte et Rudy Vervoort. Au total, il y a 11 excellences PS. Il y a donc assez de place pour héberger la machine PS dans les cabinets. À titre de comparaison, à l'ère de Di Rupo, le PS comptait 11 excellences dans les cabinets, soit autant qu'aujourd'hui.
Le gouvernement Michel n'a pas banni le PS dans les mines de sel sibériennes. Le PS s'est simplement retiré dans la peluche wallonne et bruxelloise. La machine PS, pourvue de nombreux cabinettards et du fameux centre d'études "Institut Emile Vandervelde", est intacte.
RÉGIONALISATION DU PS?
La régionalisation du PS est en cours? Nous osons en douter. Le PS ne doit pas régionaliser. Le PS a toujours été un parti régionaliste. Le syndicat socialiste wallon FGTB l'est certainement. À cet égard, rien n'a changé. Il ne faut pas oublier que le PS a coopéré aux six réformes de l'état, non parce que le PS a chaque fois été enfumé, mais parce qu'au fond, c'est un parti régionaliste.
LIRE LES JOURNAUX FRANCOPHONES
Ceux qui lisent les journaux francophones auront certainement lu le dernier sondage de La Libre Belgique et de la RTBF. Les monostratèges y voient une confirmation de leur position. Aujourd'hui, les communistes du PTB obtiennent 13,9% des voix et sont la troisième formation de Wallonie. Pour les monostratèges, ce sondage ne fait que renforcer la nécessité du confédéralisme, ce qui est indubitablement le cas.
Cependant, le scénario démontre que le "scénario de l'enfumage" ou le "cordon sanitaire" autour du PS est du passé. Le cdH perd tellement que la poursuite de la coalition wallonne PS-cdH est impossible. Si ce sondage est confirmé par les élections, il y aura une majorité PS-MR en Wallonie.
Un accord PS-MR pour le gouvernement wallon et le gouvernement de la communauté française signifiera très certainement que les deux partis entreront ensemble dans le gouvernement fédéral. Dans ce cas, le sp.a sera sûrement de la partie du côté flamand. Fini le scénario d'un Michel II sans PS. Ceux qui disent encore que "l'histoire du PS au niveau belge est finie" ne comprennent pas ce qu'il se passe en Wallonie.
CHERCHER DES ALLIANCES
Confédéralisme: persuader, ce n'est ni enfumer, ni offenser
Celui qui souhaite le confédéralisme doit chercher des alliés. C'est possible. Une alliance est envisageable. La N-VA souhaite le confédéralisme. En Flandre, le CD&V est un allié en faveur d'une nouvelle réforme de l'état. En Belgique francophone, le PS est un allié, comme parti le plus régionaliste. Nous allons devoir convaincre les alliés potentiels. Et persuader, ce n'est ni enfumer ni offenser.
Nous l'écrivions déjà lors du lancement de notre projet communautaire en janvier. "Pour réaliser le confédéralisme, il faut des séries d'entretiens avec des personnes de toute couleur politique, partisans et opposants. Le but est de trouver un soutien large pour le confédéralisme et de continuer à faire vivre le confédéralisme grâce à une action orientée vers le public en organisant des journées d'étude, des colloques, des exposés..."Le "nous contre eux" ne mène pas au confédéralisme, mais à Michel II avec le PS et le sp.a, et sans la N-VA.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
IRREFUTABLE À UN DÉTAIL PRÈS
« L'enfumage du PS n'est plus la voie vers le confédéralisme. "Le 'nous contre eux' ne mène pas au confédéralisme, mais à un gouvernement Michel II. Avec le PS et le sp.a et sans la N-VA."
Autrement dit, le Michel II risque fort bien d’être, selon nous, un Di Rupo II

Il est déraisonnable, en effet, comme semble vouloir le faire De Wever-Braecke de vouloir « enfermer le PS dans un cordon sanitaire ». De fait on assiste moins à « une belgicisation de la N-VA qu à une régionalisation du PS".
De Wever espère « enfumer le PS, jusqu'à ce que les socialistes wallons supplient d'instaurer une réforme de l'état » selon la bonne vieille doctrine ou stratégie  Maddens.
De Wever : "Suite à l'influence modératrice du MR et du CD&V, ce gouvernement n'est pas assez à droite pour frustrer le PS au point de vouloir plus d'autonomie wallonne".
Mais attention : « le PS est un parti de pouvoir. Pour lui, il est impensable d'être exclu du pouvoir pendant dix ans »
La machine PS, est intacte.
« Le PS ne doit pas régionaliser. Le PS a toujours été un parti régionaliste. Le syndicat socialiste wallon FGTB l'est certainement. »
« Le cdH perd tellement que la poursuite de la coalition wallonne PS-cdH est impossible. Si ce sondage est confirmé par les élections, il y aura une majorité PS-MR en Wallonie. »
« Un accord PS-MR pour le gouvernement wallon et le gouvernement de la communauté française signifiera très certainement que les deux partis entreront ensemble dans le gouvernement fédéral. »
Fini le scénario d'un Michel II sans PS.
En Flandre, le CD&V est un allié en faveur d'une nouvelle réforme de l'état. En Belgique francophone, le PS est un allié, comme parti le plus régionaliste. Nous allons devoir convaincre les alliés potentiels. Et persuader, ce n'est ni enfumer ni offenser.
"Le "nous contre eux" ne mène pas au confédéralisme, mais à Michel II avec le PS et le sp.a, et sans la N-VA. »
CQFD, bravo l’artiste. Ce n’était vraiment pas une bonne idée de sortir ces deux cerveaux inséparables de la N-VA.
Je partage totalement leur analyse sauf que je ne vois pas sortir de Michel II de ce chapeau de magicien mais plutôt un Di Rupo II.
Mais rappelons que 2019 c’est dans trois ans, un océan de temps en politique. N’oublions pas  que comme le pensait André Cools en politique c’est toujours l’imprévisible qui finit par se produire.
MG
HOE ERG IS HET GESTELD MET DE WERELD WANNEER MEN MENSEN ERVAN VERDENKT HET VERDRIET OVER DE DOOD VAN HUN VADER TE EXPLOITEREN?
De Morgen Guido Everaert is blogger en columnist.


Bart de Wever huilt op de radio en dat is nieuws. Zijne ongenaakbaarheid toont zijn menselijke kant. Radio 1 blij, want ze hebben kunnen ontroeren. De kranten blij want we kunnen een ander licht werpen op de politieke meesterstrateeg. De sociale media blij want ze kunnen nog een keer tonen hoe slim ze wel zijn door het hele geval af te doen als een briljante mediazet.

Hoe ziek kun je zijn? Na de perikelen van de voorbije weken heeft de grootmeester zelf een mediacoup gepland en laten zien dat hij toch niet zo’n ijskonijn is. Dat hij ondanks alles gevoelens heeft.
Datzelfde weekend had ik als bij toeval ook nog Herman Brusselmans aan het woord gehoord. Voor een publiek van marketingmensen. Ook zo’n ongenaakbare, die in het echte leven eerder verlegen is, niet moet hebben van roepers en op een integere manier vertelde over zijn ambities, en de manier waarop hij die trachtte te koppelen aan zijn talent. Dat lukte alleen door hard te werken en dat was ook wat hij deed. Brusselmans deed het ver van de publieke opinie, in een relatief besloten groep. De Wever overkwam het voor de spotlights. Maar in wezen ging het over hetzelfde: mensen die zich kwetsbaar opstellen en open vertellen over wat hen boeit, bindt en bezighoudt.
IK ZIE OVERAL EEN ROEP OM AUTHENTICITEIT, OM EERLIJKHEID. DE WEINIGE KEREN DAT HET DAN GEBEURT, ZIJN ER METEEN IDIOTEN DIE DENKEN DAAR IETS ACHTER TE MOETEN ZOEKEN
Ik heb ooit het genoegen gehad om mijnheer De Wever te mogen interviewen. Ja, ik zeg genoegen, gewoon omdat het dat ook was. Misschien niet voor hem, maar alleszins wel voor mij. Dat heeft niets te maken met zijn en mijn politieke voorkeuren. Maar alles met de eruditie, de belezenheid en de diepgang van die mens.
Anderhalf uur lang, meer tijd kreeg ik niet. Meer tijd had ik ook niet meteen nodig. Het was zo al zenuwslopend genoeg. Het interview mocht niet over politiek gaan (niet van hem maar van de opdrachtgever!) maar wel over al het andere. Dat heeft mij dan weer een schimp opgeleverd van Tom Lanoye, die mij maar een tweederangsjournalist vond (ik ben zelfs dat niet, ik heb daarvoor te veel respect voor echte journalisten).
Ik heb toen een man ontmoet die ontzettend op zijn ‘qui vive’ was. Beleefd, lucide, met veel humor, maar niet bereid om het achterste van zijn tong te laten zien. Omdat hij als geen ander wist dat je daar vroeg of laat de rekening voor betaalt. Hij noemde dat toen ‘de wet van het schaap’: als je geschoren wordt (in de media) moet je blijven stilstaan, of er vloeit bloed.
WIE ZICH KWETSBAAR OPSTELT, IN EENDER WELKE OMSTANDIGHEID, ZOU MOETEN KUNNEN REKENEN OP EEN BEETJE MEDEDOGEN
U mag mij gerust naïef noemen, ik hoop ook dat ik dat blijf, maar ik kan er met mijn verstand niet bij dat cynische, slimmigaards in de anekdote van die middag een verkapte poging zien om het kiespubliek weer voor zich te winnen. Hoe erg is het gesteld met de wereld wanneer men mensen ervan verdenkt het verdriet over de dood van hun vader te exploiteren?
Ik zie overal een roep om authenticiteit, om eerlijkheid. De weinige keren dat het dan gebeurt, zijn er meteen idioten die denken daar iets achter te moeten zoeken. Wie zich kwetsbaar opstelt, in eender welke omstandigheid, zou moeten kunnen rekenen op een beetje mededogen. Of minstens op een soort delicate beleefdheid, die zich ver houdt van cynisme. Het vergt moed om eerlijk en open te zijn. In plaats van er schamper over te doen, zou dat met de gepaste sereniteit mogen benaderd worden. Meer is het niet.
COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN DE WEVER A VISAGE HUMAIN
Il est rassurant de constater que le farouche Bart De Wever cache un visage humain et une réelle sensibilité derrière un masque austère et éternellement courroucé.


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