mardi 20 septembre 2016

Entre nationalistes et libéraux, le grand écart de la N-VA



Vuye et Wouters ont été exclus du bureau du parti et déchargés de leur mission institutionnelle (élaborer un projet confédéral). Ce coup de tonnerre pose la question de l’autorité au sein de la N-VA ; du grand écart entre nationalistes et libéraux ; et des conséquences sur la majorité fédérale.
Pas facile de concilier l’aile nationaliste « pur jus » du parti avec les tenants d’une ligne plus libérale et moins communautaire. Du moins soucieux de pouvoir continuer le travail socio-économique et sécuritaire entamé sous le gouvernement Michel.
«  La plupart des N-VA restent des nationalistes convaincus, comme les ministres Jambon et Francken ou Geert Bourgeois et Bart De Wever, explique le politologue Dave Sinardet (VUB, Saint-Louis). Mais la différence est stratégique : leur agenda communautaire ne trouve pas trop de soutien dans l’opinion flamande, alors faut-il en parler beaucoup ? D’autres veulent justement en parler davantage pour trouver davantage de soutien. Pour Bart De Wever, je crois que c’est déjà un peu tranché. Le parti est devenu un parti de gouvernance, il est entraîné dans une nouvelle dynamique. »
Alors même si le vice-Premier Jan Jambon répétait lundi que le communautaire «  est l’ADN de la N-VA  », le mouvement flamand, lui, hurlait, le président du Vlaams Volksbeweging jugeant que la N-VA se mue en parti de pouvoir qui veut absolument siéger dans un gouvernement de centre-droit. Mais que pèse encore ce mouvement ? Pour beaucoup de spécialistes, il ne compte plus autant dans l’électorat N-VA, qui gagne surtout des électeurs sur les thèmes socio-économique, de sécurité et d’immigration.
Mais le politologue Marc Swyngedouw (KUL) nuance : «  11 % des électeurs de la N-VA (en 2014) disent clairement avoir voté pour la N-VA pour la scission du pays. Et ce chiffre grimpe à 20 % si l’on prend tous les électeurs de la N-VA qui ont choisi ce parti pour des raisons communautaires au sens large. Donc, si ces électeurs sont déçus, ce n’est pas sans importance. La N-VA pourrait perdre plus qu’elle ne le pense si elle perd totalement son profil communautaire. Et si elle veut être incontournable du côté flamand pour avoir une réforme de l’Etat, elle a besoin de ces deux groupes d’électeurs. »
Oui mais voilà : Vuye et Wouters étaient justement censés rassurer cet électorat nationaliste, en travaillant à un projet confédéral. «  Mais au lieu de calmer l’arrière-ban, ils ont créé plus de nervosité », analyse Dave Sinardet. Ils ont donc été écartés. «  Cela montre aussi que la transformation d’un parti nationaliste flamand en un parti de gouvernance belge crée des tensions, ajoute le politologue. Ce qui n’est pas étonnant. » Mais comme le dit Marc Swyngedouw : « Pour le moment, De Wever peut mener sa politique conservatrice sur le plan culturel et néo-libréale sur le plan économique en Flandre et au fédéral. Pourquoi renoncerait-il au pouvoir ?  »
Reste qu’en 2019, la N-VA devra faire un choix : continuer la politique socio-économique et de sécurité avec la coalition actuelle, ou exiger une réforme de l’Etat qui signifie le retour du PS. Et ce choix ne sera pas sans douleur, il pourrait même provoquer un schisme… 


DE WEVER VEUT MONTRER QUI EST LE PATRON À LA N-VA
PAR MARTINE DUBUISSON 

Vuye et Wouters ont été exclus du bureau du parti et déchargés de leur mission institutionnelle (élaborer un projet confédéral). Ce coup de tonnerre pose la question de l’autorité au sein de la N-VA ; du grand écart entre nationalistes et libéraux ; et des conséquences sur la majorité fédérale.

Pourquoi Bart De Wever (suivi par son bureau de parti) a-t-il décidé de sanctionner aussi lourdement les députés Hendrik Vuye et Veerle Wouters ? Tout commence la semaine dernière, quand Bart De Wever déclare à L’Echo que «  si l’électeur le permet, nous continuerons sans le PS, et si l’électeur exige qu’on discute avec le PS, nous présenterons notre programme communautaire  ». Ce week-end, dans De Morgen,les deux députés rétorquent : «  Pour nous, il est tout simplement inconcevable que la N-VA se présente en 2019 sans ambition communautaire. Ce serait sans nous. » Réplique cinglante de De Wever le même week-end : « On ne mène pas les discussions internes au parti dans les médias. Je l’avais déjà dit au mois de juillet dernier. Cela doit cesser. Je n’ai apparemment pas été assez clair. »
La menace était à peine voilée. Lundi matin, elle s’est concrétisée : le bureau de parti a suivi son président, en sanctionnant lourdement les deux francs-tireurs, si attachés à leur liberté de parole. Sachant qu’Hendrik Vuye avait déjà été rétrogradé en début d’année, lorsqu’il avait perdu son statut de chef de groupe à la Chambre – mais il avait reçu en échange le projet confédéral. Le duo n’était plus en odeur de sainteté depuis…
Mais pourquoi une telle sanction ? Plusieurs éléments l’expliquent, essentiellement liés à la question de l’autorité dans le parti. Donc au leadership de Bart De Wever.
Tout parti tient à une discipline de groupe. Et n’apprécie guère les électrons libres. Pourtant, il n’est pas rare que des débats internes glissent sur la place publique. Qu’on se rappelle la guerre des clans au MR, les discussions-règlements de compte chez Ecolo, le sempiternel débat socialiste sur le régionalisme au PS ou les interrogations sur la présidence au CDH. Malgré l’ambition de serrer les rangs, les partis ne peuvent s’empêcher complètement de laver leur linge sale en public.
Mais à la N-VA, le président n’aime pas ça du tout. Et le parti ne brille pas par sa démocratie interne… «  Disons qu’il pousse encore un peu plus loin que les autres la discipline de parti, analyse le politologue Dave Sinardet (VUB, Saint-Louis). C’est un parti extrêmement centralisé, axé sur cette discipline. Et cela va très loin en termes d’efficacité… Mais ce n’est pas nouveau : rappelez-vous en 2014, les instructions données aux parlementaires sur la manière de parler des Diables rouges ! Et Bart De Wever montre ici clairement ce qu’il n’accepte pas. Il y a donc une vraie logique de pouvoir, aussi dans les contacts avec les journalistes, et une tendance à un certain autoritarisme.  »
D’ailleurs, la mise à pied des deux fortes têtes permet de rappeler qui est le patron. «  C’est un message à ceux qui sont tentés par une dissidence interne et aux autres parlementaires ; cela signifie : jusque-là et pas plus loin », confirme Bart Maddens, politologue à la KUL et proche du mouvement flamand. «  Cela montre qui a le pouvoir dans le parti, qui définit la ligne et qui peut la critiquer, embraie son collègue Marc Swyngedouw (KUL). Pour le moment, sa stratégie ne connaît pas beaucoup d’opposition à cause de ses succès passés, beaucoup disant que c’est grâce à lui, à sa vision, sa stratégie, que le parti en est où il est. Mais si la N-VA ne score pas bien en 2019, il y aura un problème…  » Mais pour l’heure, il n’y a guère d’alternative à De Wever…
«  Bart De Wever prouve que son autorité est toujours forte, ajoute Dave Sinardet, alors qu’on aurait pu croire qu’elle faiblissait. Cela montre qu’on le suit toujours. Mais il prend aussi un risque car l’image de président autoritaire n’est pas forcément bonne pour le parti, parce que les médias vont se focaliser là-dessus.  » Mais, complète le politologue, Bart De Wever a préféré agir rapidement, « couper court à un problème plutôt que d’attendre. Rappelez-vous les remous provoqués durant des mois au VLD par Jean-Marie Dedecker, qui a finalement été viré et a créé son propre parti ; ou les problèmes avec le président Karel De Gucht qui a aussi été écarté après plusieurs mois (il refusait le droit de vote des étrangers, NDRL). Bart De Wever, lui, ne veut pas laisser pourrir la situation des mois, ce qui évite une mauvaise presse. »
Reste, juge Bart Maddens, que «  le parti a réagi fort contre ceux qui font entendre une autre voix. C’est une réaction excessive d’autant que les deux députés n’ont pas fait beaucoup plus que rappeler les bases du nationalisme flamand et le programme du parti, et qu’ils restent loyaux au gouvernement.  » Voilà pourquoi il n’exclut pas deux conséquences à ce qu’il appelle «  un incident majeur  » : que la sanction soit «  contestée en conseil du parti, où il pourrait y avoir un vote de confiance à l’égard de Bart De Wever  » ; et que, «  en réaction aux critiques du mouvement flamand, le parti, pour corriger le tir, mette plus l’accent sur le communautaire qu’il ne le voulait  ».
Car le moins que l’on puisse écrire est que le mouvement flamand n’a pas apprécié l’éviction de Vuye et Wouters, comme on le lira ci-dessous. 


La N-VA tousse, la suédoise s’inquiète 

PAR DAVID COPPI
Les débats sont vifs dans le parti depuis que Bart De Wever a laissé entendre que la N-VA pourrait rempiler aux affaires en 2019 pour une suédoise II.

La N-VA, colosse aux pieds d’argile ? Prise de convulsions depuis que Bart De Wever a laissé entendre que son parti pourrait rempiler aux affaires en 2019 pour une suédoise II qui ferait l’impasse à nouveau sur l’institutionnel, la N-VA se déchire : d’un côté, sa composante nationaliste, de l’autre, une autre plus pragmatique, attachée au pouvoir, convaincue qu’écarter la famille socialiste, comme l’avait déclaré Bart De Wever, c’est déjà une réforme de l’Etat… Ces convulsions sont-elles de nature à déstabiliser la majorité fédérale ? Les partenaires CD&V, VLD et MR doivent-ils se réjouir (pour ce qui concerne les deux premiers, en tout cas) de voir un parti concurrent électoralement connaître de grosses difficultés ? Ou bien s’inquiéter parce que cela pourrait abîmer leur majorité, voire compromettre la législature ?
Au sein de la suédoise, on minimise : « C’est aussi une affaire personnelle : Bart De Wever ne peut pas encadrer Hendrik Vuye et Veerle Wouters, c’est connu. Il avait déjà mis Vuye, ex-chef de groupe à la Chambre, sur une voie de garage en lui attribuant la direction d’un vague groupe de réflexion sur l’institutionnel… Là, il en profite pour l’écarter un peu plus. »
La thèse dominante, donc : c’est un règlement de comptes interne à la N-VA, pas de panique, cela n’a pas d’incidence sur la majorité fédérale. Des interrogations courent néanmoins, qui traduisent une certaine anxiété : « On peut se demander si Bart De Wever ne va pas s’aliéner gravement la frange nationaliste de la N-VA, ce qui pourrait mettre à mal, à la longue, son parti. » Ou encore : « Bart De Wever ne s’y prend-il pas de façon trop autoritaire ? Il doit faire attention à ne pas disloquer la N-VA, même si nous n’en sommes pas là…. »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE GRAIN DE SABLE ET L’EFFET EGMONT 

La Flandre aime élever ses hommes providentiels au pinacle avant de les clouer au pilori. Martens, Tindemans, Dehaene, Leterme mais aussi Schiltz, Verhofstadt ou Stevaert. Tous ces hommes ont connu le frisson de la gloire et de la notoriété avant de choir dans la trappe de l’oubli médiatique.
Et si c’était aujourd’hui le tour de Bart de trembler sur son socle d’infaillibilité et vivre comme le grand Schiltz autrefois : son effet et échec Egmont . Le socle doré s’effrite et la chute est possible car la base renâcle. Il ne faudrait pas s’en réjouir car une implosion de la N-VA est de nature à renflouer le Vlaams Belang qui tourne autour de Bart comme un essaim de vautours et attend son moment Marine Le Pen avec une impatience non dissimulée. En cas d’implosion de la N-VA, une montée spectaculaire du Belang à 30 % n’est pas à exclure. Attention, il s’agit d’un phénomène européen. Le célèbre politologue Maddens, idéologue auto procmamé de la N-VA parle de “een "cruciale test" voor de macht van De Wever »,( Knack.be.)
NSK)
Carl Devos: 'Groot blijven is moeilijker dan groot worden'
On l’aura compris, la Belgique va vivre à nouveau en 2019 une élection absolument cruciale quant à son avenir.
MG


VUYE EN WOUTERS OVER COMMUNAUTAIR PROJECT N-VA: 'WAT BETEKENT CONFEDERALISME VOOR ONS?' 



Veerle Wouters en Hendrik Vuye krijgen van N-VA-voorzitter Bart De Wever een bijzondere opdracht. Ze moeten een project uitwerken om het institutionele terug op de kaart te zetten. Wat is hun visie op de toekomst van België?

De confederale onderhandelingsmethode is radicaal anders. Het gaat erom te kijken wat we nog samen willen doen. Niet eens wat we samen kunnen doen, dat stadium zijn we voorbij. Zo komt men tot een zuiver akkoord, en niet tot een klassiek Belgisch compromis. Zijn we aan het dagdromen? Helemaal niet, ook MR-kopman Didier Reynders heeft meermaals gesteld dat dit de te volgen methodologie is.
Een confederaal staatsmodel biedt heeft, in onze visie, drie basiskenmerken:
1) een homogene en coherente verdeling van bevoegdheden in plaats van de huidige versnippering. Dit zorgt voor efficiënt bestuur.
2) de bevoegdheden moeten zich bevinden op het niveau waar men het makkelijkst tot een politieke consensus komt. Franstaligen en Vlamingen hebben vaak een verschillende visie. Al sedert de invoering van het algemeen stemrecht, stemt Wallonië anders dan Vlaanderen. Laten we dan ook stoppen met elkaar wederzijds te blokkeren en ingewikkelde compromissen af te sluiten die water en vuur moeten verzoenen. Dit is inefficiënt bestuur.
3) verantwoordelijkheid of, zoals men het noemt in het politieke jargon, 'responsabilisering'. Elke deelstaat is verantwoordelijk voor haar inkomsten. Zo draagt ook elke gemeenschap de financiële verantwoordelijkheid voor het gevoerde beleid.
'Het sociaal-economische en het communautaire hangen nauw samen.'
Paul Kumpen, voorzitter van Voka, verklaart recent in Le Soir dat het een goede zaak is dat het communautaire opzij wordt geschoven. We moeten de nadruk leggen op het sociaal-economische. Hij vergist zich. Het sociaal-economische en het communautaire hangen nauw samen. Nu voert de regering Michel een centrumrechts sociaal-economisch beleid. Dat is blijkbaar naar de zin van de Voka-voorzitter. Maar wat wanneer de PS terug aan de macht komt? PS-voorzitter Elio Di Rupo heeft al herhaaldelijk verklaard dat hij sommige maatregelen wil terugschroeven. Exit het sociaal-economisch beleid dat vele Vlamingen nauw aan het hart ligt. Exit het programma dat een meerderheid van de Vlamingen wil.
Kumpen bekijkt de zaken op te korte termijn. Wil men dit beleid ook op lange termijn, dan is een confederaal model onvermijdelijk. Dan beslissen Vlamingen en Franstaligen over hun eigen lot. Beiden zijn heer en meester over het sociaal-economisch model dat ze kiezen. Evident dragen ze ook de financiële gevolgen van hun keuze.
We leven in een land met twee taalgemeenschappen die andere politieke keuzes maken. Dit is echt niet nieuw. Sedert de invoering van het algemeen stemrecht is dit altijd zo geweest. De keuze voor een confederaal model is dan ook de keuze voor meer democratie. Waarom moeten Franstaligen en Vlamingen steeds een onwerkbaar compromis sluiten? Het is toch democratischer dat elke kiezer krijgt wat hij gekozen heeft?
ONAFHANKELIJK PROJECT
We starten deze week met het project. De eerste stappen die we moeten zetten is een (praktische) structuur uitwerken die er voor zorgt dat dit project zo onafhankelijk mogelijk tot conclusies kan komen. Daar horen natuurlijk ook gespreksrondes bij met mensen met allerlei achtergrond, medestanders en tegenstanders. Het doel is om een breed draagvlak te vinden voor het confederalisme en via een publiekswerking het confederalisme levend te houden, door studiedagen colloquia, spreekbeurten, ... Daartoe behoren ook domeinen zoals financieringswet, regionalisering van belastingen, politieke vernieuwing, monarchie,... Het eerste project wordt al voorgesteld begin april: 'Maat van de monarchie'. Een grondige studie over monarchie en macht die eindigt met 25 concrete voorstellen. Eén ding staat vast: we gaan ervoor!


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