mercredi 21 septembre 2016

Etterbeek : des élèves obligés de manger par terre faute de place4

Etterbeek : des élèves obligés de manger par terre faute de place
JULIEN THOMAS  la DH 



La grande majorité des enseignants de l’Athénée Royal Jean Absil, à Etterbeek, ont fait grève hier pour témoigner de leur ras-le-bol.
"Aux intercours, cela devient difficile d’avancer dans les couloirs. Il y a des embouteillages, tellement il y a du monde. Il y a un problème !", insiste Carine Hanchir, professeure et déléguée syndicale CGSP, le syndicat majoritaire au sein de l’Athénée Royal Jean Absil. Ce mardi, l’enseignante de cette école secondaire située à Etterbeek a fait grève en compagnie de l’écrasante majorité de ses collègues - seuls 20 professeurs sur 110 donnant cours - pour protester contre la dégradation de leurs conditions de travail au sein de l’établissement.
"Quatre nouvelles classes de première année ont été créées en deux ans, soit deux l’an dernier et deux autres cette rentrée. C’est trop. Les espaces communs ne sont plus adaptés", souligne la déléguée syndicale CGSP. Autant de récentes créations de classes qui s’expliquent par la pression qu’exerce le manque de places sur les établissements dits de qualité, du moins ceux qui jouissent d’une excellente cote auprès des parents de la capitale. L’Athénée Royal Jean Absil se retrouve ainsi aujourd’hui victime de son succès.
Préaux, cours de récréation, salles de gymnastique, laboratoires, réfectoires ou encore toilettes sont aujourd’hui en nombre insuffisants pour répondre aux besoins. C’est que l’école compte aujourd’hui 1.236 élèves, contre à peine 800 élèves il y a encore quelques années. Pour la CGSP, il ne s’agit pas juste d’une ou deux toilettes qui manquent, puisque le bien-être et la sécurité des enfants seraient tout simplement menacés. "Le quotidien pour les élèves, c’est le stress et le boucan. Cela provoque des tensions, de l’agressivité, et parfois de la violence. La sécurité des élèves est menacée, notamment en cas d’incendie", explique le syndicat.
De manière générale , les tensions actuelles au sein de l’Athénée Jean Absil rappellent que la dégradation des conditions d’enseignement concerne désormais l’ensemble de la capitale. La pression scolaire est tellement forte sur les établissements du nord-ouest que de plus en plus de parents cherchent à inscrire leur enfant dans les écoles du sud, lesquelles ne parviennent donc plus à répondre à la demande.
"La saturation des classes dans les écoles, particulièrement dans le réseau libre et l’officiel subventionné, devient problématique. À terme, sans les créations d’école prévues, la situation peut devenir explosive", s’inquiète Fabrice Pinna, le secrétaire permanent CSC enseignement bruxellois.

"DES MONTANTS ONT ÉTÉ DÉBLOQUÉS"
Marie-Martine Schyns (CDH), ministre de l’Enseignement.
"On a une réunion avec la cheffe d’établissement et des représentants des enseignants le 4 octobre. Il y aura aussi une première réunion ce jeudi pour déjà mettre tout à plat. On est, depuis longtemps, au fait des difficultés au sein de l’Athénée Jean Absil. Plusieurs montants ont été débloqués pour les espaces communs. Il y a aussi un projet de réfectoire."


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
A BRUXELLES, SUR 105 ÉCOLES SECONDAIRES, 89 PEUVENT ENCORE ACCUEILLIR DES ÉLÈVES ET IL RESTE, DANS LA CAPITALE, 1.544 PLACES LIBRES. 

Autrement dit, 89 écoles sur 105 refusent du monde. Pourquoi ? Tout simplement parce que les parents n’en veulent pas, à cause de leur absence de « qualité ». Conclusion : on a tort de parler d’un manque de financement, les moyens existent, l’argent est dépensé mais très mal investi. Les décrets successifs visant à installer la mixité sociale par la contrainte ont un effet pervers désastreux. Et le pacte d’excellence visant à réinstaurer la qualité se révèle un leurre. Chacun a dans son entourage plus ou moins proche connaît au moins un garçon ou une fille qui s’est vu(e) refuser arbitrairement l’école de son choix au bénéfice d’un bienheureux dont les chances de réussite sont ténues. Telle est la volonté des partis qui se veulent  progressistes. Le paradoxe c’est que les syndicats de la même tendance s’insurgent contre les conséquences délétères de cette politique (la fronde d’Absil). On aimerait un peu de cohérence. Surtout, on souhaiterait que le politique et les syndicats unissent leurs efforts et leurs forces pour instaurer enfin un système qui serait gagnant pour tous : élèves, enseignants et parents. Et pourquoi pas s’inspirer enfin de ce qui se fait en Finlande et les pays nordiques ? Mais non, on préfère copier le modèle français lequel détricote la magnifique école de la République. Un pays, une Communauté (en l’occurrence Wallobrux) qui néglige à ce point son enseignement ne saurait réussir, malgré l’ambition proclamée des plans Marshall qui se succèdent. Ajoutons que l’échec scolaire et le décrochage qui s’en suit ne sont pas tout à fait étrangers à la radicalisation des adolescents bruxellois frustrés issus de l’immigration. Tout le monde le sait mais le politique ne prend pas les mesures qui s’imposent, malgré une débauche de déclarations d’intention intempestives. On se souvient des promesses électorales de donner priorité absolue à l’éducation. Le PS a donné carte blanche à Joëlle Milquet que la justice a mise hors-jeu l’obligeant à confier sont méga chantier à la frêle Marie Martine Schyns dont le plus grand mérite est d’avoir enseigné le français dans le réseau libre.

On dira que je caricature et que je suis de mauvaise foi. J’en accepte l’augure. J’ai passé cinquante ans (de 1953 à 2013)  dans un enseignement dont le slogan était « la qualité ». J’y ai connu la qualité, comme élève, professeur et chef d’école.  Certes tout ne fut pas parfait mais j’en garde que de magnifiques souvenirs et suis désolé de ce qu’il devient
MG 



UNE VINGTAINE D’ÉLÈVES SONT TOUJOURS SANS ÉCOLE
Pierre Bouillon, Le Soir

UN EFFET DU DÉCRET INSCRIPTIONS.
Au dernier relevé (il date du 16 septembre), on comptait encore une vingtaine d’élèves « sans école ». On parle ici des enfants qui viennent de quitter le primaire et qui, en mars, devaient s’inscrire en 1re  secondaire. Comme tous les enfants de leur âge, ils ont pu mentionner sur leur formulaire d’inscription le ou les écoles de leur choix (on peut mentionner jusqu’à dix établissements).
Cette bulle va s’éteindre très vite (l’obligation scolaire, ça commence le 1er  septembre !…). A la Communauté française, on rappelle qu’il reste de la place dans 451 écoles (on comptabilise au total 16.133 places libres). A Bruxelles, sur 105 écoles secondaires, 89 peuvent encore accueillir des élèves et il reste, dans la capitale, 1.544 places libres.

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