mardi 13 septembre 2016

Hillary Clinton vient-elle de donner l'avantage à Donald Trump?

Marianne


A moins de soixante jours de l'élection américaine, la candidate du parti démocrate vient de signer le faux pas le plus grave de toute sa campagne, dans un contexte de remontée brutale de Donald Trump dans les intentions de vote. 




Précision - Cet article a été rédigé avant le nouveau malaise d'Hillary Clinton, à New York, ce dimanche, lors de la cérémonie de commémoration des attentats du 11 Septembre 2001. Nous y reviendrons dqns les prochaines heures, mais cet article englobe néanmoins la problématique de la santé et de la dissimulation, ce nouvel épisode venant s'ajouter à des précédents de même type. S.T

Hillary Clinton a toutes les cartes en mains pour devenir le 45ème président des Etats-Unis et la première femme à occuper ce poste dans l’histoire américaine, le 8 novembre prochain. D’abord, parce qu’une majorité de l’opinion publique considère d'un oeil bienveillant les deux mandats de Barack Obama, quand bien même une toute aussi large majorité porte un regard sévère sur le mauvais fonctionnement des institutions, le développement des inégalités, l’incertitude économique, l’insécurité, la violence liée aux armes à feu, ou la situation internationale. Ensuite, parce que le parti républicains s’est doté, péniblement, de la plateforme la plus à droite de son histoire, préfigurant un retour aux années Reagan et un rétropédalage brutal sur le plan social. Enfin, parce que la candidature de Bernie Sanders, un indépendant socialiste, a suscité un profond repositionnement du parti démocrate et l’engouement des jeunes électeurs en particulier, permettant à ce parti de bâtir un projet qui, sur le plan intérieur, est indéniablement progressiste. Et ces trois motifs principaux sont, précisément, l’expression de tout ce qui ne va pas pour Hillary Clinton, qui vient de commettre le pire faux pas depuis le début de sa campagne.
Le Faux Pas
Tout d’abord, Hillary Clinton a fait son retour en campagne, lundi 5 août, dans une petite forme qui ne cesse d’interroger, même si l’exploitation de cette question par les Républicains est tout bonnement caricaturale. Mais le long silence du mois d’août, tandis que son équipe de campagne tentait d’enrayer le redéveloppement du sujet des emails, de la Fondation Clinton ou encore, l’affaire Leonardo Dicaprio, n’est pas passé inaperçu.
Interrompue par une quinte de toux brutale et paralysante lors de son discours de rentrée, la candidate est apparue au fils de ses interventions publiques, cette semaine, marquée et tendue, au point que son air sévère rappelle à tous combien elle peut être intraitable et autoritaire. Ensuite, balayant toute opportunité de s’expliquer sur cette interminable série liée à ce qu’elle reconnaît tout juste comme une « imprudence » dans l’usage de sa communication électronique, mais qui apparaît de plus en plus comme une dissimulation par tous les moyens du contenu d’un nombre conséquent d’emails, elle a semblé se placer au-dessus de toute investigation et de toute critique, coupant court à toutes les interrogations légitimes. Il en est de même pour la question de la Fondation Clinton, avec un paradoxe qui ne semble nullement déranger la candidate : alors que son équipe de campagne a annoncé de profondes modifications dans le fonctionnement de la Fondation et qu’une fermeture a même été réclamée jusque dans certains milieux démocrates, elle oppose une fin de non-recevoir à toute discussion. Enfin, campée depuis le début de la semaine dans une posture d’attaque tous azimuts contre son adversaire Donal Trump, au détriment du développement et de l’explication de son programme, alors même que le souvenir des outrecuidances de ce dernier commence a s’estomper dans les esprits et que sa côte d’intentions e votes remonte assez vite,  elle a fini par déraper, vendredi soir, et de manière spectaculaire. Donald Trump ne pouvait pas rêver d’une meilleure opportunité. 



Sur un total de 469 sièges, 34 sont à renouveler au Sénat et 435 à la Chambre des représentants, le 8 novembre 2016. 

LES CERTITUDES DE L'APRÈS 8 NOVEMBRE
Mais avant d’aborder ce qui pourrait être un tournant dans la campagne, notons d’abord ceci. Certains faits sont désormais acquis dans la campagne 2016 pour les élections américaines. Le premier est que le président élu le sera par défaut. S’il est bien un point sur lesquels Hillary Clinton et Donald Trump se ressemblent, c’est sur la perplexité qu’ils soulèvent parmi de nombreux électeurs, la première incapable de se démarquer d’une image entamée de très longue date par un soupçon de malhonnêteté, le second, trublion sans raisonnement élaboré, dont on est incapable de dire s’il est un tacticien talentueux ou un aventurier fantaisiste et inconstant. Le second fait est que l’élection se jouera dans la mobilisation des « contre » : « contre » Hillary Clinton plus que contre la plateforme démocrate, « contre » Donald Trump plus que contre les Républicains. Le troisième fait est que la forte mobilisation des minorités, traditionnellement démocrates et, en particulier, de la minorité noire, viendra à la rencontre de la forte mobilisation des ultra-conservateurs – en particulier ceux liés aux évangélistes – et que, par bien des aspects, c’est une confrontation sociale et raciale qui se joue, plus qu’un choix politique. Quatrième et dernier fait acquis : quel que soit le prochain président élu le 8 novembre, les institutions américaines ne sont pas prêtes de sortir du piège dans lequel les années George W. Bush et Barack Obama les ont précipitées : dans un pays où la paralysie des pouvoirs par de puissants contre-pouvoirs est traditionnellement évitée grâce à de multiple circuits de négociation et d’entente bipartites, ces deux présidences extrêmement clivantes ont fini par priver le Congrès de son rôle habituel, laissant Washington aux mains d’intérêts particuliers.
PANIQUE MÉDIATIQUE
Vendredi soir, lors d’un dîner destiné à lever des fonds pour sa campagne auprès de la communauté LGBTQ à New York, Hillary Clinton a mené une charge tonitruante contre Donald Trump, et a franchi une limite que même ce dernier n’avant jamais franchi : elle s’en est pris à ses électeurs, les qualifiant de « déplorables. » Les principaux médias, visiblement consternés, n’ont guère eu d’autre choix que de relayer les réactions nombreuses à travers le pays, essayant dans la journée de Samedi d’atténuer les dégâts et de souligner les regrets – très partiels et maladroits – prononcés par Hillary Clinton dès le début de la matinée. Si la National Public Review a tenté de défendre « sa » candidate en expliquant son erreur par le contexte « affreux » » de cette campagne, NBC est allé jusqu’à expliquer qu’elle a tort, car, selon le grand réseau de télévision, « tous les électeurs de Donald Trump son pitoyables. » Un autre puissant réseau, Bloomberg, a tenté de souligner la manière dont le clan Trump tente de « capitaliser » sur l’affaire. L’inimitable Huffington Post, jamais à court de démonstrations boiteuses, prétend que les « données » - on cherche encore lesquelles – confirment l’opinion d’Hillary Clinton, tandis que le Washington Post de Jeff Bezos – M. Amazon – tente de faire diversion en se demandant, au nom des démocrates « inquiets » - pourquoi l’avance d’Hillary Clinton n’est pas plus considérable.
POSTURE DIFFICILE
La gifle envoyée par la candidate au peuple « déplorable » qui, selon elle, voterait pour Donald Trump, n’est en rien comparable aux débordements désormais habituels de son adversaire. Tout d’abord, elle dénote d’une perte de contrôle inquiétante à l’approche des trois débats télévisés qui vont voir s’affronter les deux adversaires. Des débats sans aucun mystère quant à leur fonctionnement : Hillary Clinton tentera de confronter Donald Trump à l’ensemble de ses déclarations les plus violentes, essaiera de mettre en relief son absence de compétences, sa méconnaissance des principaux domaines d’exercice du président des Etats-Unis, jouera sur ce qu’elle considère comme une connivence, à tout le moins, entre Trump et Vladimir Poutine, et tentera au final, de prendre le peuple américain à témoin du danger imminent qu’une présidence Trump lui ferait courir. Donald Trump, pour sa part, opposera à toutes les tentatives d’Hillary Clinton des questions demeurées sans réponses et qui la pousseront dans un impasse : que s’est-il exactement passé lors de l’attaque de la cellule américaine à Benghazi, le 11 septembre 2012, et pourquoi les forces américaines ont-elles tant tardées à venir secourir les assiégés confrontés durant de très longues heures à un assaut au cours duquel un ambassadeur des Etats-Unis a trouvé la mort ainsi que quatre agents américains ? Hillary Clinton renverra Trump à son témoignage devant le Congrès et n’ira pas plus loin, se réfugiant derrière des zones d’ombres qualifiées de secret défense. Pourquoi, lors de ses trois heures d’audition devant le FBI au sujet de l’affaire des emails, a t-elle presque systématiquement plaidé l’oubli des circonstances qui lui étaient rappelées et pourquoi avoir refusé de livrer une partie de ces emails à la justice ? On saura fin septembre si ces emails ont été communiqués comme la justice lui en a donné l’ordre, mais on sait d’ores et déjà que beaucoup ont été classés et ne seront pas révélés au public. Trump attaquera également, évidemment, la Fondation et ses sources de financement, mais surtout, c’est sur la politique extérieure de la candidate qu’il pourra être le plus féroce : les traités de libre-échange et la lutte contre l’Etat Islamique. Le seul terrain sur lequel un match nul est possible sera l’immigration, aucune des deux options n’apparaissant très réalistes aux électeurs américains.
LE "PEUPLE" RÉPUBLICAIN VEUT DE NOUVEAU Y CROIRE
En attendant, l’incident de vendredi soir est l’un de ceux dont on peut attendre une consolidation de la remontée de Donald Trump dans les intentions de votes et une remobilisation des électeurs républicains qui avaient commencé à prendre leurs distances avec ce candidat complexe. Il vient rappeler à tous ces électeurs les enjeux phénoménaux qui sont sur la table lors des échéances électorales, bien au-delà de la présidence : la majorité au Congrès et la future composition de la Cour Suprême des Etats-Unis pour de longues années. Reste une inconnue : le terrorisme. Aucune période n’est plus propice à la survenue d’une attaque sur le sol américain. Les partisans du chaos et d’une ligne dure des Etats-Unis – ceux qui souhaitent que leur cause soit nourrie par un fort sentiment anti-américain dans le monde arabe – ont tout à gagner à jouer sur la peur des électeurs et à leur infliger un traumatisme suffisant pour qu’ils virent en direction des Républicains. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HILARY EST ELLE PERDUE ? 


Pas besoin de commenter, Kroll a fait la synthèse pour nous. Pour Hilary, c’est plié et nous le savons depuis longtemps. On l’a dit, elle est taillée pour la fonction présidentielle, pas la peine d’énumérer ses qualités puisque ce ne sera pas elle mais le vautour. Avec elle on savait à peu près où on allait. Avec lui, pas du tout : le vautour sera-t-il faucon ? Comment va-t-il s’entourer, est-il colérique ou se contrôle-t-il ? « Nous rendrons l'Amérique plus forte, plus sûre et plus grande!» : “He’s inconsistent. And when you’re the head of a global superpower, inconsistency, unpredictability, those are dangerous things. They frighten your friends and they tempt your enemies. And so I would be very, very concerned.”(NYT)
Obama fut tout sauf le président flamboyant qu’on attendait. Au contraire de W Bush, il fut extrêmement prudent et en cela rassurant ce qui n’est pas rien par ces temps incertains. Bush a créé le chaos au Moyen Orient en affaiblissant considérablement le prestige et la puissance américaine. 9/11 fut le pire des coups portés à l’inconscient collectif américain.
Trump semble être l’incarnation du capitalisme dévorateur et dé-régulateur, à la Reagan de qui il paraît vouloir s’inspirer. Quel impact aura-il sur l’OTAN et aussi sur les relations avec l’Europe qu’il ne semble guère apprécier ? Il aura à coeur de baisser les impôts et de soutenir le lobby des armes à feu. Il sera une bénédiction pour les ultra-riches et l’horreur pour les plus démunis. S’il est élu, les droites et extrêmes droites lèveront la tête en France, en Hongrie, en Pologne, en Autriche, en Hollande et aussi en Allemagne où Merkel est en train de jouer son va-tout.
Va-t-il renouer avec le formidable courant néo con ? Il serait temps que la presse américaine nous explique, comme le fait The Guardian) qui est ce curieux personnage qui s’ingénie à devenir sa propre caricature. Surtout : en quoi Trump président sera-t-il différent de Trump candidat.
Pauvre Hilary, on t’aimait bien tu sais…
MG 

 
DONALD TRUMP’S ATTITUDE TO CLIMATE CHANGE (The Guardian)
The Republican candidate has said he would withdraw from the Paris deal on cutting emissions, and in 2014 referred to the scientific consensus on global warming as “Bullshit”, stating that “our planet is freezing”. The 10 hottest years on record have all occured since 1998.
DONALD TRUMP’S RELIGIOUS TEST FOR MIGRANTS
In December 2015, Trump called for “total and complete shutdown of Muslims entering the United States”. Since then his position has shifted somewhat; in June he said “I want people that have bad thoughts out” and his finance chairman explained: “It is about Muslims from countries that support terrorism.” The RNC chairman, Reince Priebus, has denied that this would amount to a religious test.
DONALD TRUMP’S SUPPORT OF TORTURE
In February, Trump said “Torture works. OK, folks?” and has endorsed waterboarding, which was banned by George W Bush in 2006, saying  : “I like it a lot. I don’t think it’s tough enough.”
DONALD TRUMP’S ATTITUDE TOWARDS FREEDOM OF THE PRESS
He argued that libel laws should be expanded, so that “when the New York Times or the Washington Post writes a hit piece, we can sue them”.
DONALD TRUMP’S ATTITUDE TOWARDS WOMEN
Trump has written that “Women have one of the great acts of all time. The smart ones act very feminine and needy, but inside they are real killers.” He has criticized female public figures for their appearance and retweeted the question: “If Hillary Clinton can’t satisfy her husband what makes her think she can satisfy America?” before deleting it. He also stated   that “there has to be some form of punishment” for women who have abortions (he subsequently  released a statement that, where abortion was illegal, doctors, not women, should bear criminal responsibility).
THE PROSPECT OF DONALD TRUMP AS COMMANDER IN CHIEF
Retired General John Allen has  warned of a “civil military crisis where the military could be ordered to conduct illegal activities” if Trump is elected. Former CIA director, Michael Hayden, has expressed concern about how “erratic” Trump is, saying: “He’s inconsistent. And when you’re the head of a global superpower, inconsistency, unpredictability, those are dangerous things. They frighten your friends and they tempt your enemies. And so I would be very, very concerned.” The Trump campaign denies reports that, referring to nuclear weapons, he asked a foreign policy expert, “If we have them, why can’t we use them?” three times during a briefing.
DONALD TRUMP’S DONATIONS TO PUBLIC OFFICIALS
Trump told the Wall Street Journal in 2015: “As a businessman and a very substantial donor to very important people, when you give, they do whatever the hell you want them to do.” Trump donated $25,000 to Florida’s attorney general, Pam Bondi, a few days after her office said it would review allegations made against Trump University in 2013. The review was ended without any action being taken. Bondi denies any impropriety.
MIKE PENCE’S BELIEFS
The man who will be a heartbeat away from the presidency also questions the expert consensus on global warming, saying the “science is very mixed”. He has refused to say he’s convinced by the theory of evolution. He voted against measures designed to prevent discrimination based on sexual orientation and opposed equal marriage.
Twenty years ago, almost to the week, Bob Dole, then the Republican nominee for president, slipped and fell off a stage. He was 73, and his aides moved fast to put a positive spin on the tumble: if he can fall down and get right back up again, that proves he’s fit enough for the White House!
But that’s not how most people saw it. Earlier that same day Dole had offered congratulations to the Brooklyn Dodgers, a team that had not existed for four decades. (They became the Los Angeles Dodgers in 1958.) By nightfall TV comedians were renaming the candidate Bob Old. His already ill-starred campaign never recovered. 

Eight things that are more important than Hillary's pneumonia
David Shariatmadari

This is the precedent that will currently be terrifying the Hillary Clinton team, as they watch the endlessly replayed clip of her coming close to collapse, knees buckling as she’s helped into a car following Sunday’s 9/11 memorial events in New York. Veteran Clintonites remember that Dole moment well, for it was Bill Clinton who benefited, comfortably winning re-election less than two months later. Now they fear history is repeating itself – with Hillary on the wrong side.
Are they right to be anxious? Could the image of a frail Hillary Clinton, coupled with the belated admission that she is suffering from pneumonia, prove devastating for her candidacy? Suddenly that is the central question of the 2016 contest – and it touches on far more than the nasty turn the candidate endured on Sunday.
The reasons for Democrats to worry are obvious. For months, with next to no evidence, Donald Trump has been ventilating the claim, long nurtured among rightwing conspiracists, that Clinton has a severe and secret illness.
It’s been a doubly effective strike for Trump. First, by claiming that 68-year-oldClinton lacks “strength and stamina”, or that she “sleeps a lot”, the Republican, who’s 70, has been able to tap into the lingering sexist belief that a woman is too weak to lead. Second, the notion that Clinton has hidden this frailty plays nicely into the view, held by some 60% of the US electorate, that she is dishonest anduntrustworthy.
Until Sunday Clinton defenders were able to hit back, dismissing the first line of attack as rank misogyny and the second as unfair exaggeration. But by fainting in view of a camera, and by initially concealing a pneumonia diagnosis that came on Friday, Clinton has allowed Trump to claim vindication. If he has not yet done an “I told you so” tweet, it’s only because he doesn’t have to.
No less damaging are the practical implications. Those who’ve had the illness – including those much younger than Clinton – say that recovery demands total rest and can take seven or eight weeks. She simply does not have that kind of time.
Even if she lightens her campaign schedule, she cannot retreat to her bed between now and 8 November. The first TV debate with Trump, a key moment in any campaign and one that many suspect will determine this race, is just two weeks away. Preparation for that is exacting. What if Clinton forces herself to work, or to do at least a few appearances on the stump, and is visibly unwell again?


TRUMP ÉREINTE CLINTON ET SE POSE EN RASSEMBLEUR
Figaro 



Le candidat républicain profite de la mise hors course de sa rivale démocrate pour asséner ses coups avec force, s'emparant désormais du costume de grand rassembleur.
Envoyé spécial à Baltimore (Maryland) et Ashville (Caroline du Nord)
Donald Trump a commencé la journée de lundi en souhaitant «un bon rétablissement» à Hillary Clinton atteinte d'une pneumonie. Ce n'était qu'une formule de politesse. En campagne à Baltimore (Maryland) et Ashville (Caroline du Nord), il a profité de la mise hors course de sa rivale pour asséner ses coups avec une force et une assurance décuplées, comme un boxeur sentant le KO à sa portée.
Devant les membres de la Garde nationale réunis pour leur convention annuelle, le candidat républicain a expédié les figures imposées. «Quand je serai votre président - je pense que ça va arriver, et nous allons le savoir très bientôt - vous aurez un ami sincère et loyal à la Maison-Blanche.» Il a promis aux militaires la levée du plafonnement budgétaire, «le meilleur équipement du monde» et, «au lieu de guerres sans fin, un vrai plan pour vaincre l'Etat islamique».
Mais il a surtout lancé la contre-attaque, trois jours après la sortie d'Hillary Clintonsur «le panier des déplorables - racistes, sexistes, islamophobes», dans lequel elle jette la moitié des supporteurs de Trump jugés «irrécupérables». «Elle a diffamé, insulté, traîné dans la boue les gens fantastiques qui soutiennent notre campagne, a riposté Trump. Des gens de tous horizons, de tous les coins d'Amérique, qui travaillent dur et veulent un meilleur avenir. Ce sont eux qu'Hillary Clinton diabolise, qu'elle qualifie de déplorables, irrécupérables et non-américains!»
«Elle et ses riches donateurs ont bien ri ensemble. Ces initiés n'ont que mépris pour les citoyens sans pouvoir qui se battent pour gagner leur vie. Elle a exprimé sa pensée profonde, a poursuivi Trump. C'est la même arrogance qui lui a fait violer la loi comme secrétaire d'Etat, mentir au Congrès et accorder des faveurs à la Fondation Clinton. Elle se considère au-dessus des lois.»
«HILLARY CLINTON EST LA VOIX DES 10% QUI SONT AU SOMMET»
Donald Trump
Ce discours percutant débouche sur un renversement des rôles: c'est la critique du camp de Trump, bâti autour du rejet du politiquement correct, qui devient elle-même politiquement incorrecte. «Je fais campagne pour que les puissants ne puissent plus maltraiter les sans-grade. Je fais campagne pour être votre voix. Hillary Clinton utilise les mots de raciste ou de xénophobe pour intimider les honnêtes citoyens. Elle est la voix des 10% qui sont au sommet. Son dédain la disqualifie: vous ne pouvez pas prétendre à la présidence si vous avez dans votre cœur autant de mépris pour les électeurs américains.»
Par contraste, Donald Trump, qui n'a jamais hésité à provoquer et à diviser, s'empare maintenant du costume de grand rassembleur. «Notre campagne est vouée à améliorer la vie de tous les Américains, dit-il. Nous serons un seul peuple devant Dieu, saluant un seul drapeau. Nous rendrons l'Amérique plus forte, plus sûre et plus grande!»
L'exploitation politique du grave faux-pas de Clinton est maximale et, à en juger par les réactions des auditoires de Trump, elle n'est pas sans effet. Il va falloir que la candidate démocrate sorte rapidement de sa convalescence si elle ne veut pas voir le train de Trump s'éloigner à toute vapeur.



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