mardi 27 septembre 2016

Syrie : Alep croule sous les bombardements et manque de tout

•Par Etienne Jacob, AFP agence et Figaro


La pénurie guette la ville syrienne touchée depuis jeudi soir par d'intenses attaques du régime syrien et de la Russie, désormais accusés de «crimes de guerre» par les Occidentaux.
«Bombarder des civils, ce n'est pas la guerre, c'est un crime». Dans plusieurs villes françaises ce week-end, Handicap international organisait sa 22e pyramide de chaussures. L'association fustige notamment l'utilisation d'armes explosives durant cette guerre: mines antipersonnel, sous-munitions, missiles, roquettes, etc. Une pétition a d'ailleurs été mise en place pour dénoncer les bombardements civils, réunissant près de 30.000 signatures.
À plusieurs milliers de kilomètres, Alep a été la cible de nouvelles frappes aériennes lundi. L'aide humanitaire se fait quant à elle de plus en plus rare. Ces attaques ont fait suite à une semaine d'escalade dans les bombardements, consécutive à la fin d'un cessez-le-feu qui a tenu une semaine. Jeudi, l'armée syrienne a lancé une nouvelle offensive pour tenter de reconquérir la totalité de la ville. Depuis, 128 personnes ont été tuées, en très grande majorité des civils, selonl'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
LES PÉNURIES S'AGGRAVENT
Des «dizaines de raids» ont été menés par les avions russes et du régime à partir de dimanche minuit sur l'est de la ville contrôlé par les rebelles. Ils se sont intensifiés à l'aube, provoquant d'importants incendies, selon le correspondant de l'AFP. Parmi les morts figurent vingt enfants et neuf femmes, a précisé Rami Abdel Rahmane, le directeur de l'OSDH. En outre, 36 civils ont été tués dans les zones rurales de la province d'Alep et environ 400 blessés sur l'ensemble de la province, selon lui.
Les 250.000 habitants des quartiers rebelles d'Alep ne reçoivent plus d'aide de l'extérieur depuis pratiquement deux mois et sont privés depuis samedi d'eau à cause des bombardements, affirme l'Unicef. Les hôpitaux «font face à une très forte pression en raison du nombre élevé de blessés et du manque de sang disponible lié en partie à l'absence de chirurgiens spécialisés dans les transfusions», a indiqué une source médicale à l'AFP. «De ce fait, les blessés les plus sérieux sont immédiatement amputés».
Côté nourriture, le prix de sept portions de pain arabe est passé de 350 livres syriennes (70 cents) la semaine dernière contre 500 LS (1 dollar) avant l'offensive. Certains produits de base, comme le sucre, ne sont plus disponibles. Les associations caritatives ont en outre arrêté depuis vendredi les distributions de repas à base de riz ou de lentilles de peur des bombardements. L'un d'eux a frappé une file d'habitants attendant d'être servis, selon l'AFP.
IMPASSE SUR LA PAIX
À New York, les pays occidentaux ont mis Moscou en accusation au cours d'une réunion d'urgence qui s'est tenue dimanche soir au Conseil de sécurité de l'ONU. «Ce que la Russie soutient et fait (à Alep), ce n'est pas de la lutte antiterrorisme, c'est de la barbarie», a lancé l'ambassadrice américaine Samantha Power. «Des crimes de guerre sont commis» à Alep et ils «ne peuvent pas rester impunis», a affirmé l'ambassadeur français François Delattre. Il a accusé Damas et Moscou de poursuivre une solution militaire en Syrie et de se servir des négociations comme d'un «écran de fumée».
L'ambassadeur russe, Vitali Tchourkine, a rejeté la responsabilité de l'impasse sur la coalition internationale conduite par Washington. «Des centaines de groupes ont été armés, le pays a été bombardé sans discernement», a-t-il assuré. «Dans ces conditions ramener la paix est désormais une tâche presque impossible.» Il a également répété les conditions posées par Moscou, notamment la nécessité de séparer opposition modérée et groupes extrémistes comme l'ex-Front Al Nosra.
L'ambassadeur britannique Matthew Rycroft a évoqué une saisine de la Cour pénale internationale, compétente pour les crimes de guerre. Mais la dernière tentative du Conseil pour le faire s'était soldée par un veto russe. Dans ce contexte, l'appel lancé par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon pour «mettre fin au cauchemar» en Syrie a peu de chances d'être entendu cette semaine.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
«BOMBARDER DES CIVILS, CE N'EST PAS LA GUERRE, C'EST UN CRIME»


Picasso Guernica. (juin 1937)
« Les 250.000 habitants des quartiers rebelles d'Alep ne reçoivent plus d'aide de l'extérieur depuis pratiquement deux mois et sont privés depuis samedi d'eau à cause des bombardements »
Je n’ai pas regardé le débat télévisé du siècle mais j’ai vu en revanche l’émission Panorama de la BBC qui montre les insoutenables souffrances des malheureux habitants d’Alep. Les médecins spécialisés, les pharmaciens ont fui la ville pour les chemins incertains de l’exil depuis longtemps. Les plus démunis sont restés
dans cet enfer dantesque . «Des crimes de guerre sont commis» à Alep et ils «ne peuvent pas rester impunis», a affirmé l'ambassadeur français François Delattre.
Pauvres gens.
MG

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