lundi 31 octobre 2016

Caroline Fourest: "Des universitaires empêchent de dénoncer l'intégrisme"


  BAPTISTE ERPICUM & CAMILLE DE MARCILLY
La Libre


Dans son dernier livre, l'essayiste répond à bon nombre de procès intentés à la laïcité française. Pas question pour elle de renoncer à la "seule lumière réellement capable de nous éloigner de l'obscurité". Quitte à batailler contre les "démocrates" qui parlent plus volontiers de diversité que d'égalité.

POURQUOI FAITES-VOUS L’APOLOGIE DE LA LAÏCITÉ FRANÇAISE ?
Face à la tyrannie croissante de certains intégrismes minoritaires, on a le choix entre deux options. Soit on affirme la domination de la culture chrétienne, avec pour conséquences la fin de la sécularisation, le recul de nos acquis progressistes, des droits des femmes et des minorités. Soit on affirme une séparation mettant à distance les religions de la chose publique, avec cette fois pour conséquence de réinvestir l’Etat et la citoyenneté. C’est évidemment cette seconde solution que je prône, parce qu’à mes yeux, elle reste le meilleur moyen pour éviter à la fois la montée de l’intégrisme et du racisme.
LE MODÈLE DE LA BELGIQUE DEVRAIT-IL S’INSPIRER DE LA LAÏCITÉ FRANÇAISE ?
(...)
N’EST-CE PAS DANGEREUX DE CONFONDRE LA LAÏCITÉ EN TANT QUE PRINCIPE D’ORGANISATION ET LA LAÏCITÉ EN TANT QUE VALEUR ?
Il ne s’agit absolument pas de placer une philosophie, par exemple l’athéisme, au-dessus des autres. Il s’agit, en revanche, de placer le respect de la loi commune au-dessus des croyances. De ce fait, l’Etat ne s’adresse pas aux citoyens en fonction de leur religion, ou de leur communauté religieuse, mais en tant que citoyens. Bien sûr, la médiation communautaire religieuse continue d’exister. Les élus locaux - les maires ou les bourgmestres - discutent avec les associations religieuses, y compris en France. Seulement, on veille à ce que ce ne soit pas une médiation supérieure à d’autres.
CONCRÈTEMENT, QU’EST-CE QUE CELA VEUT DIRE ?
Trop de maires ont joué aux apprentis sorciers, en pratiquant le clientélisme religieux, en écoutant ceux qui crient le plus fort, au lieu de faire attention aux plus faibles - c’est-à-dire ceux qui n’étaient pas forcément organisés de façon confessionnelle. S’ils ne veulent pas sacrifier le bonheur individuel dans leurs quartiers, les élus locaux doivent tenir tête aux revendications communautaires intégristes au lieu de céder. Il faut aussi que le citoyen en soit conscient et vote pour ces maires ou ces bourgmestres qui tiendraient bon.
UNE TELLE RÉFLEXION VISE-T-ELLE CERTAINS QUARTIERS EN FRANCE, MAIS AUSSI DES QUARTIERS EN BELGIQUE, COMME MOLENBEEK ?
(...)
MALGRÉ VOS ARGUMENTS, LA LAÏCITÉ NE FAIT PAS L’UNANIMITÉ. QUI SONT SES DÉTRACTEURS ?
Si la laïcité n’avait pour ennemis que les intégristes religieux, ce serait très simple. Mais, outre ses adversaires, elle a aussi de faux amis. Notamment des faux amis identitaires. Issus d’une droite cléricale qui a toujours combattu la laïcité en France, ils font semblant de s’y être convertis mais, en fait, ils la considèrent comme un glaive à brandir uniquement contre l’islam. C’est une trahison totale de l’esprit de la laïcité, qui entend justement traiter tous les citoyens à égalité. Il existe, par ailleurs, d’autres faux amis, moins faciles à repérer, du côté des partisans d’un nouveau pacte laïc. On les retrouve à l’université, où d’éminents chercheurs écrivent depuis trente ans que le danger, ce n’est pas l’intégrisme religieux, mais le "laïcisme" ou le "fondamentalisme laïc". C’est un renversement de sens et de priorité inouï. Depuis 30 ans, ces universitaire, très complaisants envers l’islamisme, empêchent qu’on donne l’alerte et décrivent un monde à l’envers…
UN MONDE À L’ENVERS ? C’EST-À-DIRE ?
En France particulièrement, mais je sais que c’est aussi le cas en Belgique, depuis les premiers attentats qui nous ont frappés en 1995, nous n’avons cessé d’entendre des sociologues expliquer que tout était de la faute de la société et, essentiellement, une question de discriminations. Je ne dis pas qu’il ne faut pas lutter contre la pauvreté et les discriminations, bien sûr qu’il le faut, mais ce n’est qu’un aspect de la radicalisation. Les extrémistes religieux viennent de toutes classes sociales. Je pense notamment aux stratèges et aux cerveaux des attentats qui sont plutôt des gens éduqués ou qui viennent de pays musulmans où ils n’ont évidemment subi aucune discrimination. Même si on se concentre sur les petites mains du djihad, ceux qui se font exploser, la question sociale est rarement la meilleure des explications. Le moteur de la radicalisation, c’est avant tout une quête idéologique. Les radicaux cherchent à combler un vide dans leur vie. Ils ont besoin de vibrer et de trouver un sens à leur existence. Ce sens, depuis la fin proclamée des idéologies, c’est parfois l’extrémisme religieux. Surtout s’il va de pair, comme dans le cas de l’organisation Etat islamique, avec la promesse de voyager, d’occuper des maisons gratuitement, de tirer à la carabine, d’avoir un salaire et de posséder des esclaves sexuelles. C’est une aventure qui peut tenter bien des jeunes, surtout si, en face, on leur trouve des excuses et on leur oppose le vide de la compassion.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY 

« Trop de maires ont joué aux apprentis sorciers, en pratiquant le clientélisme religieux, en écoutant ceux qui crient le plus fort, au lieu de faire attention aux plus faibles - c’est-à-dire ceux qui n’étaient pas forcément organisés de façon confessionnelle. »
Ce qui est vrai pour la France l’est forcément aussi pour la Belgique et tout particulièrement pour Bruxelles.
« Les extrémistes religieux viennent de toutes classes sociales. Je pense notamment aux stratèges et aux cerveaux des attentats qui sont plutôt des gens éduqués ou qui viennent de pays musulmans où ils n’ont évidemment subi aucune discrimination. »
Difficile de réfuter ceci.
Il serait temps en effet de regarder les djihadistes radicalistes pour ce qu’ils sont à savoir des nihilistes  au service d’une idéologie totalitaire aussi redoutable que le nazisme ou le communisme dans sa version soviétique.
« Le moteur de la radicalisation, c’est avant tout une quête idéologique. Les radicaux cherchent à combler un vide dans leur vie. Ils ont besoin de vibrer et de trouver un sens à leur existence. »
Là est en effet le nœud du problème ? 


"L'école est une usine à normaliser, à légitimer les différences sociales"
Gérald Papy Rédacteur en chef adjoint du Vif/L'Express 




Vincent Cespedes © Lionel Samain 

Il a été professeur dans des quartiers sensibles, adepte des arts martiaux et se mue à l'occasion en pianiste et compositeur. Vincent Cespedes aime l'éclectisme et plus encore peut-être la proximité. Ce philosophe français qui tranche avec ses pairs s'intéresse dans son dernier ouvrage, Oser la jeunesse, aux "nouveaux jeunes" dans une société qui, assure-t-il, ne rate jamais une occasion de les déconsidérer. Pour les sauver du suivisme consumériste ou du manichéisme des islamistes, Vincent Cespedes exhorte à leur réinsuffler l'élan de la passion alors que l'école, "usine à normaliser", n'est plus, selon lui, en mesure de remplir son rôle.
Le Vif/L'Express : Vous Écrivez Que "La Résignation Est Un Plat Qui Se Mange Tôt". Comment Expliquez-Vous Cette Résignation D'une Partie De La Jeunesse ?
Vincent Cespedes : On la résigne. On ne lui laisse aucun débouché qui pourrait conjuguer l'avenir et la passion. On lui dessine un avenir gris, triste, dépassionné, normalisé. Au lieu d'être emplie de désir, de passion, d'envie, d'héroïsme et d'ambition, la jeunesse est en attente de normalisation, désactivée, dévitalisée, complexée qu'elle est de tout ce qu'elle a appris à l'école.
L'ÉCOLE AURAIT DONC UNE GRANDE RESPONSABILITÉ DANS CE CONSTAT ?
Les jeunes entrent à l'école passionnés et gourmands de connaissances et ils en sortent complètement dévitalisés, sans plus aucune envie de lire ni d'écrire. Personne ne peut supporter de rester sur une chaise huit heures par jour. Même en milieu carcéral, on ne fait pas subir cela aux détenus. Il est hallucinant que cette jeunesse-là, reflet de la massification de l'enseignement qui n'est plus réservé à une petite élite, subisse encore les méthodes archaïques d'enseignement des années 1950 - 1960.
VOUS PARLEZ DE "L'INSUFFISANCE DE L'ÉDUCATION QUAND ELLE SE PRIVE D'INSUFFLER AUX JEUNES LE PLAISIR D'ÊTRE CURIEUX, LIBRES ET SOLIDAIRES, AFIN QU'ILS PUISSENT DONNER UNE FORME GÉNÉREUSE À LEUR RÉVOLTE". L'ÉCOLE FORME-T-ELLE OU DES SUIVEURS OU DES RÉACTIONNAIRES ?
Elle forme des consommateurs. Il n'y a aucune ouverture concrète et passionnée sur le débat. Les jeunes au sortir de l'école ne savent pas prendre la parole en public ou lire un livre en anglais. L'école crée une jeunesse peureuse et pleutre qui préfère la haine à des passions plus nobles. Elle ne pratique aucun exercice démocratique alors qu'elle devrait être une matrice démocratique. Il faudrait un budget par classe dont les élèves décident l'affectation et des créations collectives. Les seuls professeurs que l'on garde en mémoire une fois adulte sont des professeurs passionnés qui étaient, du coup, passionnants. L'école est une usine à normaliser, à légitimer les différences sociales. Elle permet de dire au fils d'ouvrier que s'il en est réduit à faire le boulot de son père, ce n'est pas de la faute du système injuste mais de la sienne parce qu'il n'a pas assez travaillé. L'école n'a que des codes bourgeois. Seuls les fils de bourgeois peuvent s'en sortir, au besoin avec des heures de cours particuliers. Regardez la crispation en France autour de la suppression du cours de latin. A quoi le latin peut-il encore servir ? Si on veut l'étymologie d'un mot, il y a Wikipédia. Si on veut l'apprendre, on peut commencer à 18 ans et être très bon en l'espace de deux ans. Les maths ? Sinus et cosinus ne m'ont jamais servi dans la vie. On nous dit que cela sert à former le jugement. Que dalle ! C'est une école de papa pour faire de bons fils à papa. Cela ne marche pas en banlieue. En France, 150 000 élèves sortent tous les ans du système sans aucun diplôme.
COMMENT EXPLIQUER CE CONSERVATISME ?
Parce que la France est un pays où les vieux gouvernent et font l'opinion. On ne peut plus aller à la télé dire ce que l'on pense si on n'a pas plus de 40 ans. C'est un hold-up démocratique d'une classe âgée sur les jeunes. On veut les jeunes sous contrôle.
VOUS AFFIRMEZ QUE LE SUCCÈS DE LA TÉLÉRÉALITÉ A ÉLOIGNÉ UN PEU PLUS ENCORE LES JEUNES DES ESPACES DE DÉBAT...
Lors de la première émission de téléréalité, le présentateur a fini dans la piscine ; un jeune parlait de la relation qu'il avait eue en cachette la nuit précédente avec une concurrente et un autre s'adressait directement au public à travers la caméra. C'est normal. Cela s'appelle la jeunesse. Révolte, sexe, connivence et utilisation du système. Tous ces "problèmes" ont été gommés dès la deuxième émission de téléréalité. Les contrats ont prévu des clauses pour que cela ne se répète pas. C'est l'image que cette société antijeunes veut avoir de la jeunesse : passive, obéissante et surtout "qui ferme sa gueule". La moindre occasion de se moquer de la jeunesse est exploitée. Tout est cadré pour que cela soit un spectacle acceptable pour la catégorie de téléspectateurs, plus âgés, qui regardent ce genre d'émissions. Les jeunes, eux, sont sur Internet.
L'EUROPE EST CONFRONTÉE À DES DÉPARTS DE JEUNES VERS LE CONFLIT EN SYRIE. VOUS ÉCRIVEZ QUE "L'ISLAMISME PREND EN CHARGE LA TOTALITÉ DE L'EXISTENCE, C'EST CE QUI LE REND SÉCURISANT ET HYPNOTISANT". ON EST LOIN, LÀ, DE LA SOIF DE LIBERTÉ DE LA JEUNESSE ?
La soif des jeunes n'est pas celle de la liberté. La soif de liberté, elle s'exprime à 40 ans quand on a une nana et des marmots, qu'on en a ras-le-bol et qu'on a envie de se casser. Le jeune veut de la passion. C'est pour cela qu'il s'engage à l'armée, dans le trotskysme, auprès des extrêmes. On veut jouir d'être un héros. Mais le héros n'est pas libre. Il a une mission et des médailles. L'islamisme radical propose cela. Les jeunes veulent être reconnus par la communauté, être applaudis par leurs pairs et être des héros. Ceux qui proclament "jeune, j'ai besoin de toi" sont soit des vendeurs, soit des islamistes, soit le Front national. Ce ne sont ni l'Etat, ni les politiques, ni les citoyens.
CELA EXPLIQUE-T-IL AUSSI QUE LE FRONT NATIONAL ATTIRE UN TIERS DU VOTE JEUNE ?
Quand tout nous interdit la passion, on la cherche à tout prix et on la trouve dans la haine. Il ne faut pas sous-estimer la jouissance de haïr. Le Front national propose des ennemis clairs, identifiés, donne de la valeur à tout militant et dit : "Tu as le droit de haïr. Nous, on n'est pas l'establishment." La société refuse de s'adresser aux jeunes par la passion quand il s'agit de vouloir vivre ensemble, de démocratie, d'éducation et de transmission du savoir. C'est une erreur fondamentale. La jeunesse européenne traverse une crise de la passion.
LES RÉSEAUX SOCIAUX N'INSTAURENT-ILS PAS UNE RELATION EN VASE CLOS CHEZ LES JEUNES ?
Les réseaux sociaux ne valent que par la passion. C'est problématique parce que seuls les jeunes véritablement passionnés vont utiliser les réseaux sociaux et Internet pour enrichir leur savoir. Les autres réagissent plutôt en consommateurs. Les réseaux sociaux permettent aussi de se moquer de soi et de partager. C'est un réflexe nouveau. Le plus grand "bouton" d'Internet, ce n'est pas le "like", c'est le "partager". Il y a l'idée d'un bonheur collectif et de quelque chose qui ne vaut que parce que l'on peut le partager. On n'a jamais autant écrit dans l'histoire de l'humanité, à l'exception de la période de guerre avec les lettres du et vers le front, 4 millions par jour.
EST-CE UNE MACHINE À NOMBRILISME, LES RÉSEAUX SOCIAUX ?
Les jeunes font attention à l'image qu'ils donnent aux autres. Il y a une construction de l'identité. C'est anecdotique. Plus intéressante est l'intelligence connective que les réseaux sociaux développent. Elle n'est pas ni l'intelligence individuelle d'érudition ni l'intelligence collective des manifestations et du syndicalisme... Des jeunes deviennent superintelligents parce qu'ils sont connectés et qu'ils échangent. Il y a une augmentation générale de l'intelligence humaine.
RÉCEMMENT, VOUS AVEZ ÉTÉ AU CENTRE D'UNE POLÉMIQUE AVEC LE RAPPEUR MÉDINE QUI, DANS LE MORCEAU DON'T LAÏK DE SON NOUVEL ALBUM, A APPELÉ À "(CRUCIFIER) LES LAÏCARDS" APRÈS L'ATTENTAT DE CHARLIE HEBDO. EST-IL IMPORTANT POUR VOUS QUE LE PHILOSOPHE SE CONFRONTE À LA RÉALITÉ ?
Je vais même plus loin. Il est important qu'il utilise le même langage et qu'il ne s'abrite pas derrière le paravent des mots et de l'érudition. J'adore le rap. Médine est un peu adepte des coups bas. Et c'est aussi le respecter que de dire : "Je ne suis pas d'accord. Ce que tu fais, c'est de la merde. Et je t'explique pourquoi.". Médine a des idées proches de l'islamo-gauchisme : c'est du Tariq Ramadan mélangé avec du Edwy Plenel dans sa dérive actuelle. La plupart des philosophes en France sont les premiers de la classe. Ils sont bourgeois et vivent entre bourgeois. Moi, volontairement, j'ai été professeur en zone sensible.
DANS VOTRE PRÉCÉDENT LIVRE, VOUS ANALYSIEZ LE PHÉNOMÈNE DE L'AMBITION. ET VOUS RAPPORTIEZ LE CONSTAT DU PHILOSOPHE PETER SLOTERDIJK SELON LEQUEL LA PLUPART DES HUMAINS SE SATISFONT DE LEUR ÉTAT ET N'ONT PAS D'AUTRE AMBITION QU'UN PEU PLUS DE CONFORT. EST-CE INQUIÉTANT ?
Il y a 10 % d'ambitieux. Mais beaucoup de gens sont passionnés. Et on peut avoir une très belle vie en étant passionné. Je plaide pour la passion parce que c'est démocratique. L'ambition n'est pas démocratique. Dans l'ambition, il y a un parcours de vie. On hérite de la faille du père ou de la mère.
COMMENT LES FAILLES DES PARENTS, CE QUE VOUS APPELEZ LES "HÉLAS", CONSTITUENT-ELLES LES ÉTINCELLES DE L'AMBITION ?
La théorie des "hélas" montre que l'ambition est une résilience par procuration. Quand un de vos modèles vous dit avoir été nul et ne pas avoir réussi, vous vous dites : "Moi, je vais réussir". J'ai analysé 800 biographies de personnalités célèbres. Dans chacune, on trouve un "hélas" fondateur. Un pacte avec soi-même : moi, je réussirai où mon modèle a échoué. En outre, lorsque le "hélas" est transmis, votre modèle "se démodélise". Du coup, vous cherchez des modèles alternatifs. Tout ambitieux a été ouvert à des mentors hors du cercle familial.
PLAIDEZ-VOUS POUR QUE LES PARENTS SOIENT SINCÈRES ET QU'ILS RECONNAISSENT LEURS "HÉLAS" À LEURS ENFANTS ?
Non, parce que je n'ai pas tranché la question de savoir si le but d'une éducation réussie était de rendre l'enfant ambitieux. Il faut le rendre passionné. Je ne suis pas sûr que l'ambition soit une norme à viser pour l'éducation des enfants. Parce qu'il y a beaucoup trop d'ambitieux et parce que l'ambition est une forme de folie pathologique.
VOUS QUI AVEZ SOUVENT TRAVAILLÉ AU SERVICE DES ENTREPRISES, VOUS DITES QUE LE FLÉAU DU XXIE SIÈCLE, C'EST LE STRESS NORMALISÉ. POURQUOI ?
Le grand défi de l'entreprise est de motiver des employés dépourvus de passion. On a inventé le stress. Le stress est une motivation extrinsèque à coup de récompenses, de pressions et de punitions pour motiver les gens qui ne sont pas passionnés. Ce n'est plus "j'ai envie" ; c'est "je dois survivre", "je dois avoir un diplôme"... On a fait une translation entre la motivation intrinsèque, la passion, et la motivation extrinsèque, la pression. L'origine de la perte de sens de notre société vient de là. On ne sait même plus pourquoi on bosse et pourquoi on vit, alors on se suicide sur son lieu de travail.
EST-CE UN PHÉNOMÈNE NEUF ?
Il a toujours existé. La nouveauté est que la promesse démocratique a augmenté. Donc il y a une sorte de hiatus scandaleux entre une méritocratie de façade et, fondamentalement, une pression généralisée.
DANS L'AMBITION OU L'ÉPOPÉE DE SOI, VOUS RENDEZ HOMMAGE À JACQUES BREL. QU'EST-CE QU'IL VOUS A APPORTÉ ?
Quand ma professeure de maternelle a annoncé sa mort, j'ai été frappé par son malheur. Jacques Brel a été parmi les trois auteurs qui, petit, ont formé ma pensée. Il m'a apporté l'idée que la passion est vitale. Une poésie très forte, accessible à tout le monde, démocratique et exigeante. Un jonglage d'émotions. Une intransigeance artistique absolue. Une façon philosophique de prendre la parole. Un amour des autres jusqu'à l'empathie extrême. Un maître. C'est vers ce mélange d'émotions et de raisonnements que j'essaie de tendre dans mes livres.
Oser la jeunesse, Flammarion, 138 p. L'ambition ou l'épopée de soi, Flammarion, 310 p.
VINCENT CESPEDES EN 6 DATES
1973 Naissance à Aubervilliers, au nord-est de Paris, d'une mère d'origine hongroise et d'un père d'origine espagnole né en Algérie.
Années 1980-1990 Professeur de philosophie.
2008-2011 Crée et dirige la collection Philosopher aux éditions Larousse.
2010 Donne des conférences dans les milieux de l'entreprise et de l'hôpital.
2013 Publie L'ambition ou l'épopée de soi (Flammarion).
2015Oser la jeunesse (Flammarion). 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
OSONS ENFIN LA JEUNESSE


PROFS : RAS LE BOL D'ÊTRE DES PUNCHING-BALLS

Elodie Emery 

Depuis la rentrée, les agressions contre les enseignants se multiplient. Ces derniers dénoncent le manque d'adultes dans les établissements, des classes surchargées et des élèves mal orientés, de plus en plus rétifs à l'autorité.

Un prof d'un lycée de Calais qui se fait fracturer la mâchoire en plein cours. Une prof de maths agressée à Strasbourg, une collègue d'EPS frappée à Colomiers, et un autre incident dans un lycée du Val-d'Oise... en une semaine. Sale rentrée pour les enseignants de l'Education nationale. «Depuis septembre, on constate des incidents plus graves que d'habitude», confirme Maxime Besselièvre, délégué du syndicat CGT Educ'Action dans le 93.
Dans un communiqué, le Snalc (qui regroupe des enseignants du second degré) dénonce pour sa part un «prof-bashing» pratiqué par l'ensemble de la société, et dont ces agressions ne seraient que la manifestation physique : «Quand ce n'est pas un ancien président de la République qui parle de nos six mois de vacances (qu'il vienne donc préparer nos cours, corriger nos copies et qu'il essaye de tenir une journée face à des classes !), ce sont les gros titres sur "l'absentéisme" des professeurs.» Syndicats et profs tombent d'accord sur un constat : les conditions de travail se dégradent.
Premier grief unanimement formulé, le manque de présence d'adultes dans les établissements difficiles. En Seine-Saint-Denis, où les collèges et lycées sont en passe d'être saturés - 3.552 nouveaux élèves cette année -, aucun poste supplémentaire de conseiller principal d'éducation (CPE) n'a été créé. «Il nous faudrait des surveillants, des assistantes sociales à temps plein, des infirmières», détaille Maxime Besselièvre. Dans les lycées professionnels, où les violences se sont multipliées ces dernières semaines, le manque de moyens se double du profond discrédit qui frappe ces filières. Au point que les profs font face à des élèves qui n'ont parfois plus aucun espoir de tirer leur épingle du jeu. 


FLICS, MAGISTRATS, PROFS, MATONS, MILITAIRES... L'ÉTAT CRAQUE ! 
Marianne
Hervé Nathan 

Le chef de l'Etat recevait le Conseil national de la fonction militaire et de la gendarmerie, le 26 octobre 2016, après plusieurs nuits de manifestations policières. Christophe Ena/AP/SIPA 

Des flics tellement en colère qu'ils descendent dans la rue, des magistrats en état de sidération, des profs régulièrement agressés, des matons à bout, des militaires en manque de reconnaissance... Les agents publics sont en première ligne face à la montée de la violence alors même que le sommet de l'exécutif donne le spectacle du délitement de l'autorité. Un dossier à retrouver dans Marianne cette semaine. Extrait.

On connaît la légende apocryphe. Louis XVI interroge un ministre à l'annonce de la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789. « C'est une révolte ? » demande le roi. « Non, Sire, c'est une révolution ! » L'anecdote est probablement fausse, mais elle est populaire, pour une raison simple : la France a connu quelques « Louis XVI au petit pied », qui, heureusement, n'ont pas fini comme lui. François Hollande, notre actuel souverain républicain, est le dernier avatar de l'Histoire.
« CEUX QUI REÇOIVENT LA GIFLE SONT LES PETITS, LES SANS-GRADE : LES SOLDATS DE L'ETAT CRAQUENT. »
La gauche de gouvernement est sûre de son bon droit parce qu'elle a augmenté les effectifs de la sécurité, de la justice et de l'enseignement, que la droite sarkoziste avait laminés. Mais, confie un responsable socialiste, « l'histoire a galopé plus vite que les crédits budgétaires et depuis lors les institutions sont toujours submergées ». Par les attentats terroristes de 2015 et 2016, d'abord, par les violences en marge des manifestations contre la loi El Khomri ou sur les ZAD autoproclamées, ensuite, et, maintenant, par les cocktails Molotov lancés par des voyous contre les policiers en faction, mais aussi des lycées ou des autobus de banlieue. Toujours attentif à ces phénomènes, Manuel Valls identifie, le 24 octobre, « le pendant de cette violence extrême : la contestation large de l'autorité ».*
Un défi est jeté à la face de l'Etat. Et ceux qui reçoivent la gifle sont les petits, les sans-grade : les soldats de l'Etat craquent.





vendredi 28 octobre 2016

Ahmed Laaouej à Schaerbeek: un signe de plus ou un signe de moins


 Ahmed Laaouej assistait mercredi soir au conseil communal de Schaerbeek. 
 
Karim Fadoul
Un nouveau conseiller communal (PS) qui prête serment à Schaerbeek, c'est un événement local. Mais quand assistait à cet événement ce mercredi soir, le député Ahmed Laaouej, cela lui donne une toute autre dimension. Et cela ravive les rumeurs d'arrivée du "Monsieur Finances du PS" dans la cité des Anes.
Il faut dire que la section socialiste se cherche un chef depuis quelques semaines. Laurette Onkelinx a annoncé ne plus vouloir tirer la liste pour les communales en 2018. Son numéro 2, Yves Goldstein a démissionné de la présidence du PS schaerbeekois et de son siège de conseiller communal. Il ne reste donc plus grand-monde pour mener les troupes vers un possible retour au pouvoir dans deux ans. En interne, il reste encore Jean-Pierre Van Gorp, qui a été échevin pendant près de 20 ans. Mais à 60 ans, pas sûr qu'il souhaite s'engager sur le long terme.
"C'ÉTAIT UNE RUMEUR"
Du coup, on reparle d'un parachutage. Ahmed Laaouej tiendrait la corde. Elu dans la petite commune de Koekelberg, son horizon local y est bouché. Dans cette baronnie du Nord-Ouest de Bruxelles, la dynastie Pivin est indéboulonnable ou presque. Vu ses compétences, certains disent qu'Ahmed Laaouej est taillé pour une grande, une très grande commune. Et pourquoi pas la deuxième en terme de population dans la Région bruxelloise, celle que se disputent les états-majors des partis tous les six ans?
L'intéressé, qui n'a pas fait mystère de sa présence au conseil communal schaerbeekois (en témoignent des photos partagées sur les réseaux sociaux) balaie la rumeur. Il dit avoir été présent "pour la prestation de serment d'Ahmed El Maslouhi, qui est un bon pote". Rien de plus? "Je n'ai jamais envisagé" une arrivée à Schaerbeek. "C'était un rumeur." La rumeur dit aussi que la présidente de la Fédération bruxelloise du PS Laurette Onkelinx lui a proposé le challenge. "On m'a demandé beaucoup de choses", répond, faussement naïf, Ahmed Laaouej qui assiste régulièrement à des événements schaerbeekois. Dans ces signes, certains y voient simplement les visites de courtoisie d'un mandataire qui compte, d'autres des prises de marque.
D'ici confirmation ou infirmation officielles, la rumeur continuera d'enfler. Même lorsque d'autres rumeurs annoncent l'arrivée prochaine, toujours à Schaerbeek, de la député Nawal Ben Hamou (Ville de Bruxelles) et du ministre socialiste Rachid Madrane (Etterbeek). 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
AHMED LAAOUEJ CHALLENGER DE BERNARD CLERFAYT? 

C’est la thèse de DiverCity depuis des mois.
Il se dit que Défi et MR feraient alliance avec le CDH contre tous les autres. C’est compter sans le point de vue de l’électeur.
A l’évidence le PS opte pour une stratégie ethnique pour s’emparer de la commune des ânes, bastion FDF depuis des décennies.
Une affaire à suivre de très près.
MG




jeudi 27 octobre 2016

En route pour la Syrie, une armada russe longe les côtes françaises

Par lefigaro.fr


L'unique porte-avions russe en service, l'Amiral Kouznetsov, et les sept navires qui l'accompagnent ont été placés sous étroite surveillance par la marine britannique. L'Otan se dit préoccupée par la possible implication de navires russes dans les opérations aériennes en Syrie.
Les huit navires russes, en route pour la Syrie, sont l'objet de toutes les attentions. Car l'Amiral Kouznetsov, unique porte-avions russe en service qui vient de rentrer vendredi dans la Manche, fait figure de fleuron de la marine russe. À son bord, plusieurs avions et hélicoptères de combat, dont les chasseurs SU-33, MiG-29KR et MiG29-KUBR, et l'hélicoptère Ka-52K, renforceront les forces aériennes déjà déployées en Syrie par la Russie. L'Amiral Kouznetsov, habituellement basé à Severomorsk, dans la mer de Barents, sera déployé à Tartous, où la Russie a annoncé s'apprêter à transformer ses installations portuaires en base navale permanente.
Pour ce premier engagement opérationnel, le navire est aussi accompagné par une petite armada: le croiseur Piotr Veliki, le navire de guerre Vice-Amiral Koulakovet des navires anti-sous-marins… Soit l'une des plus importantes de ces dernières années à passer au large des côtes britanniques et françaises. Flanquées d'un autre navire de guerre britannique, deux corvettes russes remontent également l'océan Atlantique depuis le Portugal pour rejoindre le dispositif. «Il y a des plans en place pour que les Marines de l'Otan surveillent les navires russes lors de leur avancée vers la Méditerranée», a indiqué à l'AFP un responsable de l'Otan. Ce dernier estime au passage que ce déploiement «n'inspirait pas confiance» quant aux motivations de Moscou dans la recherche d'une solution politique à la guerre en Syrie.
Jeudi, une frégate de la marine britannique le HMS Richmond et le navire de guerre HMS Duncan escortaient le porte-avions et les sept bâtiments qui l'accompagnent. Plus tôt dans la semaine, ils avaient déjà été surveillés à distance par la marine norvégienne et pris en photo par des avions lorsqu'ils sont passés au large du pays. Ce déploiement russe intervient quelques semaines après l'annonce par le ministre russe de la Défense, Sergueï Choïgou, que le porte-avions russe, dépendant de la flotte nord, serait envoyé en Méditerranée orientale pour renforcer les forces navales russes dans la zone.
«LA RUSSIE BIEN SÛR A LE DROIT D'OPÉRER DANS LES EAUX INTERNATIONALES.»
Le ministre britannique de la Défense, Sir Michael Fallon.
Le déploiement de l'Amiral Kouznetsov  a surtout une valeur symbolique. Sans système de catapultage, le rayon d'action de ses avions sera relativement limité. D'après le ministre britannique de la Défense, Sir Michael Fallon, celui-ci «vise clairement à tester l'Alliance (...) et notre réponse». Le chef de l'Otan ne cache pas sa préoccupation: «La Russie bien sûr a le droit d'opérer dans les eaux internationales», a concédé jeudi Jens Stoltenberg, soulignant que le porte-avions et son escorte avaient déjà été déployés plusieurs fois en Méditerranée dans le passé. «Ce qui nous préoccupe maintenant, c'est que cette escorte navale puisse être utilisée pour participer aux opérations militaires au-dessus de la Syrie et pour augmenter les attaques sur Alep.»
La Russie est critiquée pour son implication dans le siège d'Alep, la grande ville du nord de la Syrie en partie contrôlée par les rebelles, même si les raids aériens russo-syriens ont été temporairement suspendus. 4300 militaires russes sont déployés en Syrie et, plus d'un an après le début de son intervention, la Russie continue d'y renforcer sa présence militaire malgré l'annonce en mars du président Vladimir Poutine du retrait d'une partie de son contingent.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES RUSSES VEULENT TESTER L'ALLIANCE

"Je pense que le monde s'approche dangereusement de la zone rouge", a déclaré M. Gorbatchev à l'agence de presse russe RIA Novosti.
"Je ne voudrais pas donner de recettes concrètes mais je veux dire qu'il faut que ça cesse. Nous devons renouer le dialogue. Y mettre fin a été une grave erreur", a-t-il ajouté.
Les relations entre Moscou et Washington, déjà au plus bas après l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée et le déclenchement d'un conflit armé dans l'est de l'Ukraine en 2014, se sont encore détériorées depuis l'échec de la trêve en Syrie qu'ils avaient initiée en septembre et qui n'a duré qu'une semaine.
Alep est un des principaux enjeux du conflit syrien, qui a fait plus de 300.000 morts depuis 2011 et a provoqué la pire tragédie humanitaire depuis la Seconde guerre mondiale.
Gorby  a appelé à "revenir aux principales priorités", citant la lutte contre le terrorisme, le désarmement nucléaire et la protection de l'environnement. A côté de ces défis, tout le reste est insignifiant", a-t-il souligné. 
“The West needs to recognize the balance of power has changed in the world because Russia and China have become more powerful than they were in the past.”
En vérité, il conviendrait de prendre très au sérieux les paroles d’avertissement du vieux Gorby. Il cerne mieux que personne les intentions cachées de Poutine et est conscient du potentiel destructeur de la « sainte Russie ».
En Allemagne la question des sanctions économiques imposées par l’oncle Sam est de plus en plus attaquée par l’opinion publique.
Il convient donc de suivre de très près l’évolution des relations russo-germaniques. « Nous devons renouer le dialogue. Y mettre fin a été une grave erreur » « Vladimir Poutine est parfois agressif et choquant. Mais il ne représente pas une menace globale comme l'URSS et n'a certainement pas l'intention ni les moyens de reconstituer l'empire russe ou soviétique. Cependant, certaines provocations envers l'Otan pourraient dégénérer. » (Védrine)
La Syrie, l’Irak sont un cancer dont les métastases ont largement atteint l’Europe. On peut parler en effet de crise mondiale et Gorby a de bonnes raisons d’emboucher la trompette des donneurs d’alarme.


WORLD ENTERING ERA ‘MORE DANGEROUS THAN COLD WAR’ AS RUSSIAN POWER GROWS, FORMER MI6 BOSS WARNS

Sir John Sawers says the West needs to recognise balance of power has changed because Russia and China have become more powerful
A Russian warship passes the Bosphorus on its way to Syria, where fierce air strikes have resumed Getty
The world is entering an era that is “more dangerous” than the Cold War because of an increase in Russian military power, a former MI6 chief has said.
Sir John Sawers has said the West needs to recognize the balance of power has changed in the world because Russia and China have become more powerful than they were in the past.
“We are moving into an era that is as dangerous, if not more dangerous, as the cold war because we do not have that focus on a strategic relationship between Moscow and Washington,” he told BBC Radio 4's Today programme. 
He also claimed the worsening crisis in Syria was a direct result of Britain’s decision “not to engage” in the civil war back in 2013 under David Cameron.
“We vacated the theatre and the Russians have moved in,” he said. “It certainly was a mistake. Chemical weapons were being used against civilians in Damascus by their own regime.”


TURKIJE KLAAR OM IN TE GRIJPEN IN IRAK"
De Morgen- Bron: ANP


De Turkse premier Binali Yildirim. ©AFP

Turkije is er klaar voor om "maatregelen te treffen" in Irak, aangezien de Verenigde Staten en Irak beloftes over het op afstand houden van Koerdische en sjiitische strijders niet zijn nagekomen. Met die waarschuwing kwam de Turkse premier Binali Yildirim vanavond.
Turkije wil niet dat de Koerden en sjiitische milities die worden gesteund door Iran meedoen aan de strijd om Mosoel, het grootste Iraakse bolwerk van terreurbeweging IS. Volgens Yildirim kan Turkije het zich niet veroorloven niets te doen, aangezien het land een 350 kilometer lange grens met Irak deelt. "We hebben alle mogelijke voorbereidingen getroffen omdat de beloftes die de VS en Irak hebben gedaan over de PKK en sjiitische milities nog niet toereikend zijn", aldus Yildirim.
"Turkije kan niet stil blijven zitten als er langs de grens gevechten en slachtpartijen plaatsvinden en mogelijk vluchtelingenstromen op gang komen. Het zal optreden als dat nodig blijkt", zei de premier nog.

"ER KOMEN ZEKER NOG MEER AANSLAGEN"
De Morgen
De slag om Mosoel volgens expert Pieter Van Ostaeyen
Met het offensief op Mosoel heeft een ongeziene strijdmacht de aanval op Islamitische Staat ingezet. Een verovering van de Iraakse stad zou een keerpunt kunnen zijn, maar volgens Pieter Van Ostaeyen (39) zitten we nog decennialang met moslimterreur.


POUTINE ? "NOUS NE COMPTONS PLUS ASSEZ POUR L’IMPRESSIONNER", PAR HUBERT VÉDRINE
Propos recueillis par
Renaud Dély
Pour l'ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, les récentes décisions françaises pour mettre Poutine au pied du mur n'ont guère d'impact. Un entretien à retrouver dans "Marianne" cette semaine. Extrait.
Hubert Védrine, ancien ministre français des Affaires étrangères. - BALTEL/SIPA
Marianne : Faut-il, vraiment, avoir peur de Vladimir Poutine ?
Hubert Védrine : Peur ? Je n'irais pas jusque-là. Vladimir Poutine est parfois agressif et choquant. Mais il ne représente pas une menace globale comme l'URSS et n'a certainement pas l'intention ni les moyens de reconstituer l'empire russe ou soviétique. Cependant, certaines provocations envers l'Otan pourraient dégénérer. C'est exaspérant et perturbant pour l'Occident qui avait tenu depuis 1992 la Russie comme quantité négligeable (depuis vingt-cinq ans, les torts sont partagés). Poutine ne veut plus d'une Russie paillasson, même s'il emploie pour cela des moyens détestables, et ruineux pour son économie. Pour autant, il ne s'agit pas d'une guerre froide entre deux systèmes globaux et rivaux. Vladimir Poutine pousse ses pions là où il le peut, à la périphérie de la Russie, en Géorgie, ou en Crimée quand des fautes sont commises en face. Il n'agit pas de la même manière en Asie : il y est sur ses gardes face à la Chine, en dépit de l'union de façade que les deux pays ont esquissée au sein de l'organisation de Shanghai.
C'est pourquoi il faut prendre Poutine au sérieux, sans angoisse. Il faut à la fois savoir être forts, fermes et dissuasifs - à ce titre, il n'est pas anormal que ses voisins membres de l'Otan veuillent une présence de celle-ci sur leur sol -, et néanmoins il faut continuer à parler et à coopérer avec lui.
VLADIMIR POUTINE PEUT-IL NOUS AIDER À RÉSOUDRE LE CONFLIT SYRIEN ?
La question se pose à l'envers. Ont-ils besoin de nous ? La politique suivie par les Occidentaux, en particulier les Etats-Unis et la France, depuis le début du printemps arabe en Syrie, et donc de la guerre civile, a échoué. Nos motivations étaient morales, mais nous sommes hors jeu. Nous ne sommes pas associés aux dernières tractations russo-américaines sur Alep, qui d'ailleurs ne débouchent sur rien. Les Russes doivent penser qu'ils n'ont pas besoin des Occidentaux et qu'ils verront bien après, quand ils auront reconquis la Syrie non désertique. Le moins pire dans l'immédiat serait que les combattants soient autorisés à partir sans le contrôle de l'ONU (et de son envoyé spécial, Staffan de Mistura), avant l'inéluctable reconquête du quartier rebelle d'Alep par Damas et les Russes. Mais ce n'est pas nous, les Français, qui allons régler la question syrienne. Peut-être reviendrions-nous dans le jeu en représentant un plan politique pour la Syrie d'après ? Mais cela ne peut se faire aussi qu'avec les Russes et les Américains. De toute façon, Poutine engrange ses gains avant la présidentielle américaine. Pour le moment, nous ne sommes pas en situation.
(...)

Un JFK néerlandais prêt à braver "le vent d'extrême droite qui souffle en Europe"


La Libre Belgique
AFP 


Si certains voient en lui le Justin Trudeau de la politique néerlandaise ou un jeune John F. Kennedy, le chef du parti écologiste Jesse Klaver se veut avant tout un antidote contre la montée de la xénophobie aux Pays-Bas.
Enfant unique d'un père absent d'origine marocaine et d'une mère néerlando-indonésienne, celui qui, à trente ans, est le plus jeune dirigeant de parti de l'histoire du pays sait ce que c'est que de grandir aux Pays-Bas avec des origines étrangères.
Contrairement "à ce que certains politiciens veulent vous faire croire, les Pays-Bas sont un pays d'immigration", déclare-t-il dans une récente interview à l'AFP, en référence au député d'extrême droite Geert Wilders, connu pour ses propos anti-islam.
"Je suis un produit de cette immigration", ajoute Jesse Klaver, élevé par ses grands-parents dans un logement social de la banlieue de Roosendaal, dans le sud du pays.
Et à l'approche des élections législatives de mars, le jeune homme aux cheveux bouclés, à la peau mate et aux yeux marron veut lutter contre "le vent d'extrême droite qui souffle sur l'Europe toute entière".
LE 'PETIT NOUVEAU' DE LA POLITIQUE
Débarqué en politique en 2009, Jesse Klaver est devenu, à 23 ans, le plus jeune membre de l'influent Conseil social et économique aux Pays-Bas, chargé de conseiller le gouvernement et le parlement sur les grands enjeux politiques. Six ans plus tard, c'est sans résistance qu'il devient chef du GroenLinks.
Orateur opiniâtre et assuré devant la chambre basse du Parlement, le politicien au visage juvénile et aux propos fermes se livre fréquemment à des joutes verbales avec Geert Wilders, député controversé qui surfe avec une rhétorique anti-islam sur la pire crise migratoire en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale.
Cet homme politique à la chevelure peroxydée doit comparaître lundi devant la justice néerlandaise pour discrimination et incitation à la haine après avoir déclaré voici deux ans vouloir "moins de Marocains" aux Pays-Bas.
"Je suis entièrement et en tous points en désaccord avec Geert Wilders", assure-t-il: "je veux le retour de mon pays, celui de la tolérance".
Alors que le PVV de Geert Wilders a longtemps culminé en tête des sondages avec 25 à 29 sièges au coude-à-coude avec le VVD du Premier ministre libéral Mark Rutte, le parti écologiste de gauche de Jesse Klaver devrait décrocher de onze à quinze sièges, d'après le site de référence Peilingwijzer.
Celui qui pourrait donc devenir un "faiseur de rois" sous le prochain gouvernement de coalition a déjà appelé les partis de gauche, comme les travaillistes du PvdA, les progressistes de D66 et les socialistes du SP, à coopérer davantage et à s'unir face à une éventuelle coalition menée par les libéraux.
Pour le quotidien NRC Handelsblad, ce "petit nouveau" de la politique néerlandaise a donné "un nouvel élan" à son parti, qui n'avait obtenu que quatre sièges aux dernières élections, en 2012.
'JFK'
Adhérant à de nombreuses idées de l'économiste français Thomas Piketty, Jesse Klaver l'a invité au parlement néerlandais en 2014. Comme l'auteur du best-seller "Le capital du XXIe siècle", il estime que la mondialisation a créé une société inégale et une répartition injuste des richesses.
"Nous devons faire en sorte que l'Europe fonctionne pour tout le monde, pas seulement pour un petit groupe de riches qui ont été chanceux et qui ne font que devenir plus riches", assure-t-il.
Ambitieux, ce mari et père de deux garçons est souvent comparé au Premier ministre canadien Justin Trudeau avec qui il a une ressemblance physique frappante.
Mais lui trouve plutôt en John Fitzgerald Kennedy - dont "Jesse Feras Klaver" partage les initiales - sa plus grande source d'inspiration. A tel point qu'il arbore dans son bureau des photos du président américain assassiné à Dallas en 1963 et une tasse barrée de sa célèbre citation: "Une personne peut faire la différence et chacun devrait essayer." 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LE TRANSCULTUREL INCARNÉ 

Il est rafraîchissant de constater que les Pays Bas, où naquit la première République de l’histoire et le fameux esprit de tolérance ait généré un politicien métissé d’aussi grande classe quand Geert Wilders qui a le vent en poupe gagne des partisans en faisant du Le Pen sans vergogne.
Son arbre généalogique en fait une véritable incarnation de l’inter voire du transculturel, un peu comme Obama dont on a trop dit qu’il était noir et pas assez qu’il était un métisse, une synthèse vivante de l’Amérique d’aujourd’hui, l’exact contraire du clown agressif Donald Trump. 
Jesse Klaver fait penser au brillant Kristof Calvo (groen) député fédéral flamand qui n’a pas trente ans et est déjà une des gloires de notre parlement fédéral où il intervient régulièrement  avec beaucoup de panache et une pointe d’arrogance.
MG 

 
GROENLINKSE JESSE KLAVER: "IK WIL NEDERLAND VERANDEREN"
Jesse Klaver, nieuwe partijleider van GroenLinks, houdt een pleidooi voor nieuw idealisme
Hij is links, hij is groen, hij is jong, en hij is de JFK van Nederland. Het idealisme erin, het economisme eruit: dat is wat Jesse (Feras) Klaver (29), kersvers partijleider van GroenLinks, van plan is met de politiek. "Ik ga niet zo"n politicus worden die zichzelf heeft verraden om te kunnen deelnemen aan de macht."
De Morgen
Hij wil Nederland veranderen. En de wereld ook, als dat even kan. Gretig en gedreven, idealistisch maar niet soft: zo worden ze bijna niet meer gemaakt, mijnheer. Nederland heeft sinds kort wel zo'n zeldzaamheid in de politieke rangen. Jesse Klaver (29) werd in de lente partijleider van GroenLinks (de jongste partijleider ooit in de Nederlandse politieke geschiedenis), en gaat de herfst in met zijn eigen boek.


mardi 25 octobre 2016

Des gènes néandertaliens derrière les différences ethniques dans la réponse immunitaire
Le Vif

Source: Afp
Des gènes acquis par les populations européennes dans des croisements entre leurs ancêtres et leurs cousins Néandertaliens, disparus il y a 30.000 ans, seraient responsables des réactions immunitaires différentes de celles des personnes d'origine africaine, suggèrent deux nouvelles études.

© Image Globe
Ces travaux, parus jeudi dans la revue américaine Cell, expliqueraient ainsi pourquoi les Africains ont une réponse immunitaire plus forte aux infections et sont de ce fait plus sujets aux maladies auto-immunes.
Pour la première étude, le professeur Luis Barreiro, chercheur de l'université de Montréal au Canada, a isolé des cellules immunitaires appelées macrophages provenant de 80 Afro-américains et de 95 Américains d'origine européenne qu'il a exposées en laboratoire à des bactéries Listeria et salmonelles.
Les macrophages des Noirs américains ont détruit ces agents pathogènes trois fois plus rapidement que ceux des personnes d'origine européenne.
Les scientifiques ont ensuite mesuré l'activité de certains gènes en réponse à l'infection.
Environ 30% des quelque 12.000 gènes testés liés au système immunitaire ont eu une expression différente chez les deux groupes, et ce même avant l'infection.
Un très grand nombre des gènes dont l'expression a changé au moment de la réaction immunitaire étaient très similaires à ceux provenant des Néandertaliens chez les Américains blancs. Ils ne sont pas présents chez les Africains.
Les scientifiques ont aussi découvert que le changement d'un seul gène au sein d'un important récepteur du système immunitaire réduisait l'inflammation seulement chez les populations européennes.
Ces chercheurs pensent que quand les hommes modernes ont quitté l'Afrique il y a plus de 60.000 ans, ils ont dû s'adapter pour survivre à différents agents pathogènes sur le continent européen.
Des croisements avec des Néandertaliens leur ont permis d'acquérir des gènes qui leur ont procuré une réponse immunitaire mieux adaptée pour lutter contre ces nouvelles infections.
Des études génomiques ont montré que le génome des hommes modernes contenait jusqu'à 4% de gènes néandertaliens.
CONTRASTE FRAPPANT
"Je m'attendais à voir des différences dans la réponse immunitaire selon les origines ethniques des populations mais j'ai été surpris que les personnes de descendance africaine aient toutes eu une réaction nettement plus forte de leur système immunitaire", souligne le professeur Barreiro.
La seconde étude, menée par le généticien Lluis Quintana-Murci de l'Institut Pasteur à Paris, a porté sur des échantillons de cellules immunitaires différentes, des monocytes, provenant de 200 personnes dont environ la moitié était d'origine africaine et l'autre moitié, caucasienne.
Ils ont exposé ces monocytes dans une éprouvette à des bactéries et des virus.
Les chercheurs ont constaté les mêmes différences de réactions immunitaires, les gènes d'origine néandertalienne jouant un rôle majeur pour minimiser la réponse immunitaire chez les sujets d'origine européenne.
Le contraste était particulièrement frappant dans la réponse de ces groupes ethniques à une infection virale.
Pour certaines maladies comme la tuberculose, une réponse immunitaire moins forte paraît aider à mieux combattre l'infection, relèvent les scientifiques.
En revanche, un système immunitaire trop actif peut expliquer pourquoi les Afro-américaines souffrent jusqu'à trois fois plus de pathologies auto-immunes comme le lupus, la maladie de Crohn ou la sclérose en plaques que les Blanches, pointe le professeur Barreiro.
Ces différences semblent persister quel que soit le statut socioéconomique, le fait de fumer et le régime alimentaire.
Déterminer la part de la responsabilité génétique dans ces maladies devrait aider les chercheurs à mieux cerner le rôle des facteurs environnementaux, estiment les auteurs.
Selon les chercheurs, ces travaux "donnent de nouveaux outils pour comprendre les mécanismes qui sous-tendent la réaction immunitaire face aux infections ainsi que la prédisposition aux maladies, aussi bien au niveau individuel qu'à l'échelle des populations humaines".

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
INTERCULTUREL PRÉHISTORIQUE

En somme l’interculturel, le transculturel est aussi vieux que l’humanité : il remonte à la préhistoire. Abel et Caïn est le premier récit interculturel qui ait mal tourné. A qui la faute ?



dimanche 23 octobre 2016

Alain Grignard sur la menace terroriste: «Je ne crois pas à la déradicalisation»

Corentin Di Prima Le Soir
Pour les « Journées de Bruxelles » à Bozar, Gilles de Kerchove, Rachid Benzine, Alain Grignard et Fouad Laroui ont ouvert le débat sur le thème « Comment parler de terrorisme ».

Pour l’ouverture du deuxième – et dernier – jour des « Journées de Bruxelles », organisées par Le Soir, De Standaard et L’Obs, le débat a pour thème « Comment parler de terrorisme ? », avec Gilles de Kerchove (coordinateur belge pour la lutte contre le terrorisme), Rachid Benzine (politologue et islamologue), Alain Grignard (commissaire à la division antiterroriste de la police fédérale) et Fouad Laroui (écrivain).
« LE CALIFAT DE DAESH VA BIENTÔT S’EFFONDRER »
Gilles de Kerkhove entame tout d’abord un état des lieux de la menace terroriste en Europe, qui «  reste élevée, mais nos vulnérabilités ont été réduites grâce à l’amélioration de la coordination entre nos services de police et de renseignements. Il y a beaucoup d’arrestations, de cellules démantelées  ». C’est une menace avec des profils de terroristes très variés, ce qui rend le travail des services de renseignement très complexe. «  La question importante aujourd’hui, sur laquelle je travaille, c’est de savoir ce qu’on va faire avec les 2000 returnees  », dit-il car, «  le califat de Daesh va bientôt s’effondrer. La bataille de Mossoul vient de commencer. Beaucoup des combattants vont être tués, l’armée irakienne ne va pas faire beaucoup de prisonniers. Mais nous devons nous préparer au retour éventuel de types qui ont appris à manipuler des explosifs, voire des armes chimiques. On est beaucoup mieux préparés. Mais il sera difficile de les traduire en justice, car on aura du mal à trouver les preuves. On y travaille, mais c’est complexe. Quand on n’a pas de preuve, on peut évaluer le risque et on peut les surveiller 24/24. Or, ça demande trop de moyens. Soit on tente de les convaincre de renoncer à la violence. Et là ; nos états membres ne sont pas encore assez avancés. La Belgique n’a pas de centre dédié à cette question et on sait que les prisons sont des incubateurs  ». Par ailleurs, rappelle-t-il, al Qaïda est toujours là, et son objectif est le même que Daesh.
Pour Fouad Laroui, ce dont parle Gilles de Kerkhove sont les symptômes et non les causes du terrorisme. «  Il y a dix ans, je m’étais totalement trompé en écrivant qu’il s’agissait un problème religieux. Le terrorisme n’a rien à voir avec la théologie, mais avec l’histoire du 20e siècle. Il y a un récit européen du 20e siècle qui est le récit des vainqueurs. Or, un autre récit est désormais disponible via les chaînes satellitaires, internet. Il y a les fous, les jeunes socialement exclus et surtout un problème local, avec la destruction de l’Irak et de son armée suite à la guerre décidée par Bush en 2003. Les gens qui se radicalisent sont ceux qui ne se retrouvent pas dans le récit européen. Il faut travailler en Europe sur une réconciliation des deux récits, celui des vainqueurs et celui des vaincus. »
« LA DÉRADICALISATION ? JE N’Y CROIS PAS »
Alain Grignard complète ce discours, pour qui les causes du terrorisme ne peuvent se trouver uniquement dans les problèmes socio-économiques, religieux, ou politiques. « Il s’agit d’un mélange de tout cela », dit-il. «  Des quartiers en déshérence créent des cultures d’opposition. Celles-ci rencontrent aujourd’hui un comburant identitaire : le salafisme. »
Comment en sortir ? «  La réponse est éducationnelle. La déradicalisation, je n’y crois pas. Il n’y a pas de système miraculeux qui va changer quelqu’un. La prévention, c’est du long terme. Mais il faut répondre à une menace immédiate, c’est donc très compliqué. D’autant, constate-t-il, que nous sommes dans la situation dans laquelle ces groupes terroristes ont voulu nous mener : l’émotionnel. C’est difficile à entendre pour les familles des victimes, mais on a aujourd’hui moins de chance de mourir dans un attentat terroriste que de tomber dans ses escaliers. Ce climat anxiogène est alimenté par une partie de la presse. Et le politique a un réflexe qu’on peut qualifier de populisme pénal. »


Rachid Benzine renvoie quant à lui l’occident à ses propres responsabilités, notamment sa capacité à proposer du sens aux jeunes. «  Les gens qui sont en Syrie ne sont pas tous des fous ou des jeunes qui ont des problèmes socio-économiques. Qu’est-ce qui les séduit chez Daesh ? Daesh est une révolution économico-politique. Ils arrivent à créer une dette de sens, de reconnaissance. Ils font appel à l’imaginaire, qui est une force révolutionnaire. Cela dit ce que nous ne sommes plus capables d’offrir. Un univers de sens. Daesh propose le rêve du califat vs la démocratie qui ne tient pas ses promesses… Faute de sens à leur vie, certains jeunes vont donner un sens à leur mort. On peut détruire Daesh, mais son discours est un nuage radioactif qui va continuer à se propager. La question des imaginaires est essentielle. Et l’Europe a oublié la force du religieux comme combustible. Qu’est-ce qui séduit nos jeunes ? L’espérance proposée par Daesh est très forte  »
Pour lui, «  l’Europe rate une partie de son histoire, en tournant le dos à ses valeurs, à la solidarité. Il faut prendre au sérieux ce que nous disent ces jeunes-là. Ils proposent une révolution, qu’on le veuille ou non. On a du mal à le comprendre parce que nous sommes dans l’émotionnel. Ils sont attirés par une transformation, dans laquelle ils sont des acteurs. Cela nous renvoie à nous-mêmes : qu’offrons-nous à notre jeunesse  ? »


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
«  LA RÉPONSE EST ÉDUCATIONNELLE »

Oui, il est vraiment très difficile d’entendre ce qu’affirment Gilles de Kerkhove (« qu’est ce qu’on va faire avec les 2000 returnees  qui ont appris à manipuler des explosifs, voire des armes chimiques »), Alain Grignard  (« La déradicalisation, je n’y crois pas. ») , Rachid Benzine ( « Incapacité de l’occident à offrir du sens à ses jeunes »).
Car, en effet tout cela « nous renvoie à nous-mêmes : qu’offrons-nous à notre jeunesse  ? »  « l’Europe rate une partie de son histoire, en tournant le dos à ses valeurs, à la solidarité. Il faut prendre au sérieux ce que nous disent ces jeunes-là. »
Etaient-ils dans la salle nos hommes et nos femmes politiques quand cela fut pointé de la façon la plus claire par des gens qui savent de quoi ils parlent ? Sont-il en train de méditer cela aujourd’hui devant leur journal, leur PC, leur smartphone ? Honnêtement j’ai des doutes.
Alors, on fait quoi ?
«  La réponse est éducationnelle »
Qui en douterait ? Mais à quoi bon répéter cela comme un mantra, un moulin de prière agité par le vent.
Les faits sont accablants : «  Des quartiers en déshérence créent des cultures d’opposition. Celles-ci rencontrent aujourd’hui un comburant identitaire : le salafisme. »
Mais attention, soyons lucides :  « Il n’y a pas de système miraculeux qui va changer quelqu’un . La prévention, c’est du long terme. Mais il faut répondre à une menace immédiate. »
La question de l’enseignement est essentielle. Tout est à repenser et ce n’est pas la pacte d’excellence qui résoudra le problème.
« Nous sommes dans la situation dans laquelle ces groupes terroristes ont voulu nous mener : l’émotionnel. «
Le drame c’est que nous sommes devenus « incapables de proposer du sens aux jeunes. »
Faute de sens à leur vie, certains jeunes vont donner un sens à leur mort. On peut détruire Daesh, mais son discours est un nuage radioactif qui va continuer à se propager. La question des imaginaires est essentielle.  L’espérance proposée par Daesh est très forte  » (Rachid Benzine)
C’est désormais de cela qu’il convient de partir.
DiverCity ne dit rien d’autre depuis huit ans mais nous avons le sentiment de hurler dans le désert et de radoter comme les deux vieux du Muppet Show.
Pour ma part je ne partage pas le pessimisme de Grignard dont je ne conteste pourtant en rien l’immense compétence.
Je demeure pour ma part persuadé d’une vérité simple : celui qui a été radicalisé en rue, sur internet, dans une arrière-salle de sport par des recruteurs se référant au Coran ne saurait être dé radicalisé qu’en déconstruisant ce discours sommaire. Comment ? Par quelqu’un qui sait son Coran sur le bout des doigts et le comprend. C’est la thèse de Ali Daddy, un Coran vivant qui regarde son texte fondateur comme une guidance vers le chemin de rectitude, autrement dit, comme une éthique, comme les Evangiles, la Thora, les Upanishad…
La réponse, en effet, toujours est éducationnelle…
MG

Wallonia: the EU's latest rogue element


The Belgian region’s refusal to accept an EU trade deal with Canada has imperilled a seven-year negotiation. Will the fierce Walloons become a new bêtes noire for EU leaders?
The Guardian

Wallonia, home to the Walloons, has a reputation for being small and fierce, like its emblem: the cock.
Name: Wallonia.
Appearance: Small and fierce.
Location: It’s the bottom half of Belgium.
Where’s Belgium? Oh, get yourself an atlas!
Flag: A cock (a coq hardi in French).
A little risqué. It means bold rooster, is a vibrant red on a yellow background, and is also small and fierce.
And the derivation of the name? From the 3.6 million people who live there, who are called the Walloons.
Also small and fierce? Naturellement, and, when it comes to negotiating a trade deal with Canada, intransigent.
I fear you are going to tell me more. For seven years, the EU and Canada have been negotiating the Comprehensive Economic and Trade Agreement (Ceta), which will provide for free trade and harmonisation of standards. Now, on the brink of ratification, little Wallonia has rejected it, with regional prime minister Paul Magnette demanding further negotiation. Constitutionally, it can demand a Belgian veto, and a Belgian veto can scupper the whole deal.
What’s the Walloons’ problem with the deal? They think it favours big corporations over small businesses, that their agriculture will be undermined by cheap Canadian imports, and that Ceta will erode environmental standards and weaken labour laws.
I seem to have heard these arguments before. Indeed. It is the clash of free trade versus protectionism now being played out in the UK and all over Europe. If Ceta falls, there’s not much hope for the proposed Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) between Europe and the US, and very little prospect of the post-Brexit UK getting the sort of free trade deal it wants with the EU.
How come the Walloons have all this power? It reflects the hopelessly fragmented nature of Belgian political life. The system is based on a series of checks and balances between French-speaking Wallonia and Dutch-speaking Flanders. It makes the country more or less ungovernable – literally so after the 2010 election,when it had no elected government for 589 days.
Why doesn’t Belgium just split? The idea has been floated. Some Walloons favour joining France, while others prefer Germany.
Not to be confused with: Freedonia.
Do say: “About time someone stood up against the dehumanising forces of global neoliberalism.”
Don’t say: “What a bunch of Walloonies.”

NO COMMENT

samedi 22 octobre 2016


CETA: les syndicats soutiennent le refus wallon


© Belga

Le Vif

La régionale wallonne du syndicat libéral CGSLB et la FGTB wallonne affirment leur soutien au refus de la Wallonie de déléguer ses pleins pouvoirs au gouvernement fédéral pour la signature du CETA.

Le Comité régional wallon de la CGSLB, réuni à Modave vendredi, a adopté une résolution de soutien au gouvernement wallon qui a refusé de valider le CETA tel quel, annonce-t-il dans un communiqué vendredi. Pour le syndicat, une modification de la position wallonne ne pourrait être envisagée qu'à la suite d'une étude "sérieuse" afin d'évaluer la force juridique des déclarations annexes. Ces déclarations ont été élaborées afin de répondre aux inquiétudes wallonnes.
La FGTB wallonne, elle, "salue la détermination des représentants politiques wallons et de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui placent l'intérêt général avant les intérêts commerciaux des grands groupes transnationaux". Pour le syndicat socialiste, qui appelle les élus à ne pas céder, l'opposition francophone est "de nature à redonner confiance dans la classe politique". "La Wallonie se distingue par son courage politique", ajoute-t-il.
La FGTB considère également que le "mépris à l'égard du vote parlementaire, la campagne de désinformation et les tentatives d'intimidation exercées sur la Wallonie pour essayer de passer en force sont inqualifiables".
Le syndicat socialiste dans son ensemble salue les améliorations apportées au CETA mais souligne que certains problèmes subsistent et ne pourront se résoudre que par une modification du traité lui-même. Parmi les mesures inacceptables pour les deux syndicats se trouve notamment le processus de contestation privé des normes et législations des États. "Ces tribunaux privés ont pour effet d'exercer une pression inacceptable sur le débat démocratique d'États souverains dans le seul but de maximiser les profits de multinationales", dénonce la CGSLB.
Le syndicat libéral souligne également que le Canada ne respecte pas l'une des huit conventions fondamentales de l'Organisation internationale du Travail (OIT), celle portant sur le droit de s'organiser et négocier des conventions collectives. "Avec les syndicats canadiens, qui eux aussi dénoncent le traité, nous sommes extrêmement soucieux de ce problème".
Enfin, il pointe du doigt les natures différentes des systèmes de normes nord-américains et européens. "En Europe, on applique le principe de précaution, c'est-à-dire qu'avant de mettre un produit sur le marché, on doit avoir démontré qu'il n'est pas préjudiciable à la santé de ses utilisateurs. En Amérique du Nord, le système est inverse", souligne la CGSLB qui s'inquiète de la mise en place d'un processus de régulation commun des normes édictées dans ces systèmes. 


COMMENTYAIRE DE DIVERCITY
D’UNE PIERRE DEUX COUPS 

Le professeur Paul Magnette est plus européen (par la discipline qu’il enseigne et par conviction profonde) que régionaliste wallon et, en somme, militant « happartiste ». En jouant les « hérissons » dans l’affaire de CETA ou, si on préfère, les irréductibles Gaulois, Paul Magnette attire à son parti snobé par les sondages les grâces de la FGTB phagocytée par le PTB et donc, pense- t-il, celles du peuple de gauche . D’autre part il parvient du même coup, lui qui peine dans les sondages, à s’attirer les projecteurs médiatiques au détriment de Elio di Rupo de plus en plus contesté au sein de son parti. "Paul Magnette utilise ce dossier pour démontrer que le PS est à l'écoute de la rue" écrit le Vif et d’ajouter : « Le "non" wallon n'est pas encore définitif. Le ministre-président Paul Magnette (PS) tente d'obtenir un report de la signature du traité, actuellement programmée lors d'un sommet le 27 octobre. En vain, jusqu'ici. Mais les lignes ont bougé, notamment suite à une rencontre en direct avec la ministre canadienne du Commerce, Chrystia Freeland. C'est ce qu'il a expliqué ce vendredi au parlement wallon. Des avancées ont notamment été faites dans le secteur sensible de l'agriculture. La détermination wallonne est grande, quitte à faire échouer le CETA. Les pressions se multiplient, mais les manifestations de soutien également. Paul Magnette est devenu le symbole de la résistance. »
C’est bien joué tactiquement et met Louis Michel dans un grand embarras mais cela jette sur la Belgique une terrible suspicion, celle d’un anti européanisme larvé.  Dossier à suivre donc. Un lecteur résume : « Magnette a déclaré qu'il était d'accord sur le fond
mais ... qu'il lui faut du temps,
du temps pour sa pub personnelle
du temps pour "faire plus" que le PTB (son vrai problème)
du temps pour emmerder la majorité
du temps pour marginaliser la Belgique et garantir ses intérêts politiques »
MG 


Vous souhaitez continuer à nous lire? 

CETA: MARTIN SCHULZ RELANCE LES NÉGOCIATIONS AVEC LA WALLONIE CE MATIN 

Le Soir
Le président du Parlement européen rencontre Paul Magnette à 09h.


 
Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a indiqué qu’il rencontrerait la ministre canadienne du Commerce, Chrystia Freeland, ainsi que le ministre-président wallon Paul Magnette samedi matin dans l’espoir de donner un nouveau souffle aux négociations sur le projet d’accord commercial global entre l’Union européenne et le Canada (CETA).
«Je vais rencontrer Chrystia Freeland à 07h30 et Paul Magnette à 09h00 au Parlement européen pour relancer les discussions sur les CETA», a annoncé via le réseau social Twitter, l’Allemand Martin Schulz. «Nous ne pouvons pas nous arrêter dans le dernier kilomètre», a-t-il encore appuyé.
UN ACCORD TOUJOURS POSSIBLE, SELON PAUL MAGNETTE
Vendredi après-midi, la ministre canadienne a annoncé l’échec des négociations sur le CETA en raison de l’opposition de la Région wallonne au traité commercial, au sortir d’une réunion à Namur avec le ministre-président wallon. Ce dernier a pour sa part regretté «l’interruption» des négociations estimant qu’un accord était toujours possible et que la Commission européenne devait reprendre l’initiative sur ce dossier.
La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a regretté l’interruption des négociations et manifesté son espoir de trouver une solution. «Je pense sincèrement que ce n’est pas la fin du processus», a-t-elle communiqué via Twitter.
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau est en principe attendu jeudi prochain à Bruxelles pour signer le projet de traité, les 27 autres membres de l’UE ayant déjà marqué vendredi leur approbation à sa signature.

vendredi 21 octobre 2016

Vuye et Wouters: "Sur le plan communautaire, nous avons beaucoup en commun avec le Vlaams Belang"


Hendrik Vuye et Veerle Wouters © BELGA 

Le Vif
Source: Knack
Ce jeudi, Hendrik Vuye et Veerle Wouters lancent un nouveau site et un nouveau logo. Après leur départ de la N-VA, les deux députés donnent le coup d'envoi d'une nouvelle fraction.

Il y a un mois, Hendrik Vuye et Veerle Wouters quittaient la N-VA, après une violente querelle au sujet de la stratégie communautaire du parti. Depuis, ils siégeaient comme indépendants au parlement, mais désormais ils veulent continuer comme fraction à part entière. Interrogés par le site flamingant Doorbraak.be, ils expliquent que cette fraction leur permettra de travailler et de poursuivre les projets dont ils s'occupaient au sein de l'ancien centre d'études Objectief V." Veerle Wouters sera cheffe de fraction.
Pour l'instant, les deux nationalistes flamands continuent comme mini fraction, même s'ils n'excluent pas de former une fraction technique avec le Vlaams Belang. "C'est encore prématuré. Beaucoup trop prématuré. Nous sommes encore en train de nous organiser. Mais, soyons sincères, sur le plan communautaire, nous avons beaucoup de points en commun avec le Vlaams Belang."
Entre-temps, Vuye et Wouters continuent leur Grendelboek (livre de verrous), censé décrire tous les "verrous" dans la législation belge, et démontrer comment on peut les contourner. Un plan par étapes en direction de l'indépendance flamande. "Après notre 'Grendelboek', il n'y aura plus d'excuses. Si on ne franchit pas d'étapes en matière de réforme de l'état, ce n'est pas dû aux verrous. Alors, c'est qu'on préfère un congélateur communautaire. C'est vilainement dit, mais c'est le cas."
"LA N-VA EST DERNIÈRE NOUS"
C'est là un coup pour leur ancien parti. Comme au parlement, Vuye et Wouters se focaliseront sur les questions communautaires - leur spécialité - il est écrit que leur fraction se heurtera encore à la N-VA. Après leur départ, Bart De Wever a même déclaré qu'ils feraient tout pour porter préjudice au parti, mais Vuye n'est pas d'accord. "Comme si c'était le but de ma vie. C'est une phrase typique de politicien : tout tourne autour de moi. La N-VA est maintenant derrière moi, et je n'ai pas l'habitude de beaucoup me retourner. L'avenir est devant nous, non derrière nous." (SK) 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES INSEPARABLES
Et voilà que subrepticement « les inséparables » prennent la direction du Vlaams Belang :dégâts collatéraux en vue pour le prti de Bart De Wever et l’image du grand timonier infaillible.

La rupture des « inséparables » avec la N-VA est consommée et confirmée. Et voilà déjà que le couple unoi cans le nationalisme semble déjà vouloir se rapprocher du Vlaams  Belang. Un coup dur pour Bart De Wever.

Caroline Fourest contre tous les intégrismes


Par Laurent Joffrin — Libération
Caroline Fourest, essayiste et journaliste. Thierry PASQUET

Présentée par ses ennemis comme une «laïcarde» de gauche rigide et enflammée, la journaliste et essayiste montre, avec son dernier essai, qu’il n’en est rien. Son plaidoyer pour la laïcité, précis et nuancé, suscitera l’hostilité des extrémistes de tous bords.

En septembre 1900, Eugène Thomas, maire très républicain du Kremlin-Bicêtre, édicte un arrêté qui interdit le port de la soutane sur le territoire de sa commune. Plusieurs édiles suivent son exemple qui paraît s’inspirer du combat en cours contre le cléricalisme. Ces arrêtés sont cassés en Conseil d’Etat et beaucoup de républicains, quoiqu’engagés dans un bras de fer violent avec l’Eglise catholique, les jugent sectaires et inopportuns. Cinq ans plus tard, discutant la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, révolution politique et juridique qui fonde la laïcité à la française, les députés écartent du texte cette disposition répressive. Elle va trop loin, jugent-ils, et obligera la police à se placer dans une situation ridicule ou choquante en verbalisant des prêtres qui recevront en retour le soutien de la masse des catholiques et de la majorité de la population. L’anecdote, qui annonce à un siècle de distance les palinodies de certains politiques sur le port du «burkini», montre ce qu’est la laïcité à la française : un équilibre savant mais ferme, qui proclame la neutralité de l’Etat mais garantit aussi la liberté des cultes. Cet équilibre fondé sur des principes solides et toujours actuels, c’est celui que défend Caroline Fourest dans un livre qui deviendra vite indispensable à tous ceux qui veulent s’y reconnaître dans les débats confus et souvent furieux qui entourent les rapports de la République et des religions, à commencer par l’islam, obsession de la société française depuis bientôt deux décennies.
Intellectuelle, journaliste et militante, Caroline Fourest est engagée depuis longtemps dans la lutte contre les intégrismes religieux de toutes obédiences. Critiquée, parfois haïe aussi bien à l’extrême droite qu’à l’extrême gauche, elle est présentée par ses ennemis comme une «laïcarde» de gauche rigide et enflammée. Son plaidoyer pour la laïcité française démontre qu’il n’en est rien. Résultat d’une longue réflexion, nuancé et précis, il suscitera l’hostilité des deux bords, ceux qui usent de la laïcité avant tout pour attaquer les musulmans, et ceux qui minimisent le danger intégriste pour importer en France le modèle anglo-saxon d’accommodement avec les religions, seraient-elles franchement obscurantistes. C’est sans doute que son livre donne de la laïcité républicaine et de ses prolongements contemporains, en rappelant son histoire et en détaillant ses applications souhaitables dans l’espace public, à l’école ou dans les entreprises, l’une des meilleures descriptions qu’on puisse aujourd’hui trouver dans le débat public.
Le danger ne vient pas des religions, dont le culte est libre en démocratie. Il procède des prétentions de leur aile intégriste, de plus en plus active et nocive, à régenter les consciences et à influer sur les législations comme sur la vie quotidienne. Ce mouvement, rappelle Caroline Fourest, s’est d’abord fait jour, non en Afghanistan ou en Algérie, mais aux Etats-Unis, où les prêcheurs fondamentalistes sont montés en puissance à partir des années 60, pour exiger de l’Etat des concessions parfaitement contraires à la tradition «séculariste» de la démocratie américaine. C’est désormais un mouvement mondial de régression, qui touche les pays protestants, catholiques, musulmans ou orthodoxes, et cherche à faire régresser tous ces pays vers une forme plus ou moins larvée de théocratie. En France, l’intégrisme musulman cherche à dominer l’islam français. Mais la partie la plus conservatrice de l’Eglise catholique veut elle aussi faire reculer la République, par exemple en défaisant la loi sur le mariage pour tous votée par le Parlement et conforme à la logique de l’égalité des droits. Caroline Fourest décrit ce mouvement universel contre l’universalisme, qu’une partie de la gauche, intimidée par le discours anticolonial et différentialiste des groupes militants religieux, sous-estime gravement.
Elle rappelle surtout que la loi de séparation, pierre de touche de la laïcité française, fut votée contre l’opposition farouche et parfois violente de l’Eglise catholique, et contre une coalition réactionnaire agressive réunissant une bonne partie de la droite parlementaire, les journaux nationalistes et les organes catholiques comme la Croix, qui se proclamait à l’époque «le journal le plus antisémite de France». La même lutte se prolonge aujourd’hui, face à des forces déterminées à faire reculer la République, bizarrement soutenues par un certain nombre de partisans d’une «laïcité ouverte», comme si les principes français étaient ceux d’une «laïcité fermée». Cette lutte suppose intelligence, conscience historique, nuance et sens du compromis. Mais c’est une lutte. Même si certaines de ses préconisations, comme l’annulation de la loi Debré ou la fin du concordat en Alsace-Moselle, sont en fait impraticables, c’est la lutte que Caroline Fourest mène avec une louable énergie. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« LA MALADIE DE L’ISLAM »  c’est « L’ISLAM POLITIQUE ».

« LE DANGER NE VIENT PAS DES RELIGIONS, DONT LE CULTE EST LIBRE EN DÉMOCRATIE. IL PROCÈDE DES PRÉTENTIONS DE LEUR AILE INTÉGRISTE, DE PLUS EN PLUS ACTIVE ET NOCIVE, À RÉGENTER LES CONSCIENCES ET À INFLUER SUR LES LÉGISLATIONS COMME SUR LA VIE QUOTIDIENNE. »
Attention, nous sommes arrivés à un tournant.
L’islam politique cherche à dominer la scène et à imposer l’islamisme à l’ensemble des croyants se réclamant de l’islam.
Des voix musulmanes se sont élevées dans Marianne et nous reprenons volontiers ici leur témoignage poignant.
A lire sans modération :
« L’islam est un choix spirituel personnel et intime. L’islam ne s’hérite pas et ne se lègue pas. Et quand bien même cette instance préfabriquée serait représentative, elle ne peut représenter qu’une minorité incapable de faire passer un message remettant en cause ces dogmes archaïques et parfois violents qui constituent ce que le regretté Abdelwaheb Meddeb appelait « la maladie de l’islam », en l’occurrence l’islam politique. »
Il convient de « demeurer fermes et vigilants face aux revendications contraires aux valeurs universelles, au principe de laïcité, portées et incarnées activement par les courants ou les personnalités liés ou proches des Frères musulmans et des salafistes.
Nous ne devons jamais leur céder un iota de ce qui constitue nos acquis démocratiques ;
-Les islamistes tentent, au-delà des crimes terroristes barbares, d’imposer au quotidien, au niveau local, de manière sournoise et pernicieuse, un mode de vie rétrograde, antirépublicain et un projet antidémocratique.
-Il est impératif de « montrer une intransigeance et une sévérité intraitables, contre tous ceux qui tuent, menacent, s’attaquent aux biens et aux personnes dans le but de créer un climat délétère et terrifiant. »
« Nous refusons ce climat de terreur et la société toute entière le refuse. »
« Les non-musulmans qui, par relativisme culturel, continuent d’infantiliser les musulmans refusant de les mettre face à leurs responsabilités. Ceux là aident, d’une manière ou d’une autre, à la banalisation et à l’avancée de la pensée islamiste, nourricière de terrorisme et d’attitudes antidémocratiques et anti-laïques » ;
« Nous lançons cet appel, parce que l’islamisme a ruiné les pays d’origine d’un grand nombre d’entre nous, semant le plus souvent morts, larmes, tragédies et désolation. »
« Oui l’islam spirituel, lorsqu’il accepte de se soumettre aux lois et aux règles intangibles de la nation française, peut se fondre harmonieusement et s’exprimer sereinement et dignement dans la République. Mais nous affirmons très clairement que l’islamisme, ce totalitarisme, est un fléau qui nous menace tous sans exception. »
Qu’on se le dise. 

MG


FACE À L’ISLAMISME, LA RÉPUBLIQUE NE DOIT PAS TREMBLER ! 



Voici un texte important, capital même. Il a pour objectif de faire entendre la voix de cette majorité dite "de culture musulmane", qui rejette l’islamisme et revendique la laïcité et l’universalisme. Contrainte au silence par la menace, les pressions, les compromissions, elle veut aujourd’hui réaffirmer son existence et ses convictions auprès des pouvoirs publics, des politiques, de l’opinion. Ce que pensent les personnes qui ont signé et signeront cet appel est aujourd’hui systématiquement nié, non seulement par les islamistes mais aussi par leurs complices conscients ou inconscients. A "Marianne", nous considérons comme nos compagnons de route les plus exposés de ces femmes et de ces hommes de parole. Nous savons que, dans leur sillage, s’inscrit la multitude des âmes libres. A l’heure des tragédies qui menacent nos valeurs, l’écouter constitue une urgence vitale...


Nous sommes des citoyens de culture, de tradition ou de confession musulmane ; nous sommes athées, agnostiques ou croyants ; nous sommes d’origine arabe, africaine, perse, berbère, turque ou kurde ; nous sommes des Français, des résidents en France ou des amis de la République vivant à l’étranger.
Nous sommes surtout - et avant tout - des démocrates attachés à la laïcité et aux principes de la République.
Nous sommes enfin des femmes et des hommes libres, universalistes, amoureux de la France, de sa culture et de ses valeurs.
Même s’il n’est pas question pour nous de nous enfermer dans une logique communautaire ni de brandir une quelconque identité singulière, car contrairement aux tenants du communautarisme, DIRE NOTRE REFUS CATÉGORIQUE AUX USURPATEURS ET AUX APPRENTIS-SORCIERS QUI S'ÉRIGENT EN QUASI AUTORITÉ CLÉRICALE AUTOPROCLAMÉE de l’uniformisation religieuse et de l’islam politique, nous revendiquons, en premier lieu, notre qualité de citoyennes et de citoyens, nous avons simplement décidé, au regard des événements et du contexte, d’assumer nos responsabilités pour dire notre refus catégorique aux usurpateurs et aux apprentis-sorciers qui s'érigent, en quasi autorité cléricale autoproclamée, et se permettent, depuis plusieurs années, en notre nom aussi, pour les uns, de s’exprimer, de revendiquer, de communiquer et d'agir souvent avec la complicité des pouvoirs publics, et, pour les autres, de menacer, d’intimider, de terroriser et de commettre des crimes. Les premiers et les seconds agissant, avec une rhétorique particulière, « au nom de tous les musulmans ».
À ce sujet, nous tenons à rappeler que l’islam – notamment sunnite qui représente l’écrasante majorité – ne reconnaît aucun clergé. De plus, nous trouvons inacceptable que cette instance, appelée CFCM, traversée par des courants vecteurs de l’islam politique et par d’autres, liés à des États étrangers ne respectant pas les principes laïques ni les règles de la démocratie, puisse usurper une « représentation » de « plus de cinq millions de musulmans de France », avec l’accord des pouvoirs publics et ce, depuis plusieurs années. Cette mascarade doit cesser au plus vite, car il n’y a pas cinq millions de personnes qui, en France, se définissent comme des musulmans. L’islam est un choix spirituel personnel et intime. L’islam ne s’hérite pas et ne se lègue pas. Et quand bien même cette instance préfabriquée serait représentative, elle ne peut représenter qu’une minorité incapable de faire passer un message remettant en cause ces dogmes archaïques et parfois violents qui constituent ce que le regretté Abdelwaheb Meddeb appelait « la maladie de l’islam », en l’occurrence l’islam politique.
Pour toutes ces raisons et à l’occasion de la célébration de la Révolution française qui a instauré la République et consacré les libertés individuelles et collectives ainsi que la Déclaration des droits de l’homme, nous demandons avec force :
AUCUN CALCUL POLITIQUE NE PEUT SOUFFRIR DE COMPROMISSION AVEC LES TENANTS DU PROJET INTÉGRISTE INSTRUMENTALISANT L’ISLAM-
Au président de la République, au premier ministre, aux membres du gouvernement, à l’ensemble des élus et des partis politiques républicains de demeurer fermes et vigilants face aux revendications contraires aux valeurs universelles, au principe de laïcité, portées et incarnées activement par les courants ou les personnalités liés ou proches des Frères musulmans et des salafistes. Aucune élection, aucune gestion de carrière, aucun calcul politique ne peut souffrir de compromission avec les tenants du projet intégriste et totalitaire instrumentalisant l’islam. L’islamisme nous impose une guerre et sa principale arme est le terrorisme, mais l’islamisme nous impose aussi une grande bataille idéologique que nous devons assumer collectivement. Nous ne devons jamais leur céder un iota de ce qui constitue nos acquis démocratiques ;
- Aux élus locaux de ne pas reculer et de faire front face aux pressions des islamistes qui tentent, au-delà des crimes terroristes barbares, d’imposer au quotidien, au niveau local, de manière sournoise et pernicieuse, un mode de vie rétrograde, antirépublicain et un projet antidémocratique. Il ne s’agit pas seulement de réinvestir les territoires et d’occuper le terrain social, mais plus encore de lutter avec une ferme détermination et sans relâche contre les zones de non-droit et du communautarisme, généralement infestées d’agents recruteurs pour le compte de l’islam politique qui savent mieux que quiconque profiter des vulnérabilités pour capter de nouveaux adeptes parfois à travers l’action sociale, d’autres fois par le biais du soutien scolaire, par exemple. Combat qui doit tirer sa force et son efficacité d’un soutien sans faille de l’État, qui doit assurer sa présence, en tout lieu et en tout temps ;
NOUS REFUSONS CE CLIMAT DE TERREUR ET LA SOCIÉTÉ TOUTE ENTIÈRE LE REFUSE. NUL NE DOIT ÊTRE INQUIÉTÉ POUR SES OPINIONS
-À l’institution judiciaire de montrer une intransigeance et une sévérité intraitables, contre tous ceux qui tuent, menacent, s’attaquent aux biens et aux personnes dans le but de créer un climat délétère et terrifiant. Il n’est pas admissible que nous vivions dans une logique de peur où les tentatives d’attentats et les attaques islamistes succèdent aux menaces de mort et aux intimidations. Nous refusons ce climat de terreur et la société toute entière le refuse. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, pour sa croyance ou pour sa non-croyance. L’institution judiciaire, en première ligne dans cette mission républicaine et démocratique, doit infliger des peines exemplaires, dans le cadre des lois en vigueur. C’est ce message clair d’intransigeance que la République doit envoyer aux tueurs fanatiques et à leurs alliés. Ces derniers sont ces religieux qui légitiment la violence et refusent de la condamner, ces non-musulmans qui, par relativisme culturel, continuent d’infantiliser les musulmans refusant de les mettre face à leurs responsabilités et, au-delà, tous ceux qui aident, d’une manière ou d’une autre, à la banalisation et à l’avancée de la pensée islamiste, nourricière de terrorisme et d’attitudes antidémocratiques et anti-laïques ;
- À la société civile de se mobiliser et de puiser dans les valeurs de la République, les ressources nécessaires afin de répondre à tous les partisans, de la haine, des clivages et des divisions. Lorsqu’il s’exprime en Occident, l’islamisme clive et vise à alimenter les courants d’extrême droite et les tenants de la xénophobie, mais aussi à s’alimenter de leur vision antidémocratique et haineuse. Refusons cette bipolarisation du débat, car l’islamisme s’épanouit aux côtés des autres pourvoyeurs de haine et en compagnie des champions du laxisme et du relativisme culturel ;
NE PAS CÉDER AU CHANTAGE À "L’ISLAMOPHOBIE", UNE ESCROQUERIE INTELLECTUELLE QUI VISE À INSTAURER UNE SORTE DE DÉLIT DE BLASPHÈME DÉGUISÉ
- Aux intellectuels de ne pas céder au chantage à « l’islamophobie », véritable escroquerie intellectuelle qui vise à anesthésier et à atrophier le débat, à interdire la critique d’idéologies ou de groupes extrémistes, voire d’une religion ou d’un dogme, et d’instaurer une sorte de délit de blasphème déguisé. Tout en luttant — auprès des organisations antiracistes — contre le racisme et les discriminations qui visent souvent des personnes de confession ou de culture musulmane, il convient de demeurer vigilant quant à l’instrumentalisation des combats antiracistes par d’obscurs groupuscules qui visent à empêcher la liberté d’expression et le droit au blasphème et qui, sciemment, se refusent de condamner les crimes abjects et surtout de nommer leurs auteurs : l’islamisme, le salafisme et/ou le salafisme djihadiste. Il n’est pas excessif de rappeler que la culture de la violence est consubstantielle à tous les courants de l’islam politique. À ce titre, il serait erroné et naïf de croire qu’il existerait des « islamistes modérés ». Lorsque ces derniers le sont en apparence, c’est pour obéir à de petites tactiques politiques conjoncturelles ;
- À tous les Français, à toutes les personnes résidant sur le territoire de France et à tous les amis de la République, de continuer d’œuvrer tous ensemble contre la misogynie, le racisme, la xénophobie, l’antisémitisme et l’homophobie, de construire une France fraternelle, solidaire et rassemblée, malgré les différences, les divergences et les contradictions, autour du socle républicain qui doit transcender les clivages politiques et idéologiques et dépasser les identités singulières.
Nous lançons cet appel, parce que l’islamisme a ruiné les pays d’origine d’un grand nombre d’entre nous, semant le plus souvent morts, larmes, tragédies et désolation. Souvent en raison – aussi – de la gabegie ou de la complicité passive ou active des pouvoirs en place et de certains gouvernements occidentaux qui choisissent la voie du laxisme ou celle du cynisme, comme ce fut le cas durant la décennie noire en Algérie.

NOUS LANÇONS CET APPEL, PARCE QUE L’ISLAMISME A RUINÉ LES PAYS D’ORIGINE D’UN GRAND NOMBRE D’ENTRE NOUS
Il suffit de voir, par ailleurs, l’état de déliquescence culturelle, sociale, politique, sécuritaire ou économique dans lequel se retrouvent les pays qui ont donné une place à l’islam politique, pour s’en convaincre. Nous poussons ce cri d’alerte parce que nous savons parfaitement – et mieux que quiconque - que le salafisme et les Frères musulmans, et plus largement tous les courants islamistes, sunnites et chiites, qui instrumentalisent l’islam à des fins politiques, sont un poison extrêmement nocif pour les sociétés et le vivre ensemble. Nous lançons ce signal d’alarme parce que nous refusons, à tout jamais, l’idée que la République puisse s’aventurer à prendre le risque de se retrouver déstabilisée et ébranlée, par l’hydre islamiste, devenu malheureusement un péril intérieur.
Oui l’islam spirituel, lorsqu’il accepte de se soumettre aux lois et aux règles intangibles de la nation française, peut se fondre harmonieusement et s’exprimer sereinement et dignement dans la République. Mais nous affirmons très clairement que l’islamisme, ce totalitarisme, est un fléau qui nous menace tous sans exception.
C’est pourquoi nous déclarons avec la plus grande gravité, qu’il est vital pour nous citoyens, pour la République, pour la France, que nous soyons lucides, responsables et vigilants à chaque instant !
* Premiers signataires :
Mohamed Sifaoui, journaliste, président de l’association Onze janvier
Zineb El Rhazoui, journaliste à Charlie Hebdo
Boualem Sansal, écrivain
Djemila Benhabib, journaliste, écrivain
Fethi Benslama, universitaire et psychanalyste
Nadia El Fani, cinéaste
Hocine Drouiche, Dr en Droit musulman, imam et président du conseil des imams du Gard
Chahla Chafiq, écrivaine, sociologue
Hassan Chalghoumi, président de la conférence des imams de France
Marieme Helie Lucas, représentante de Secularism is a women's issue
Moulay Chentouf, Coordonnateur du Parti pour la laïcité et la démocratie en Algérie (PLD)
Asma Guenifi, psychologue clinicienne et ex-présidente de Ni putes ni soumises
Fazal Ur Rehman Afridi, président de l’Institut de recherches stratégiques de Khyber
Fariba Hachtroudi, écrivaine, journaliste et présidente de l’association Mohsen Hachtroudi
Imad Iddine Habib, fondateur du Conseil des ex-musulmans du Maroc
Sihem Habchi, ex-présidente de l’association Ni putes ni soumises
Dr Rafik Hassani, médecin
Soukaïna Brahma, étudiante en géopolitique
Walid El-Husseini, président du Conseil des ex-musulmans de France
Feriel Belhassen, courtier en assurances
Rezk Shehata, chef d’entreprise et président de l’association Laïcité pour tous
Rosa Akif, diplômée en Sciences politiques
Souhaïb Meddeb, conseil financier
Assia Smaïl, militante associative
Sam Touzani, humoriste
Lynda Trabelsi, cadre de la fonction publique territoriale
Karim Bey Smaïl, technicien en informatique
Lynda Aït Hamoudi, étudiante en management de la qualité des organisations
Dr Nazim Benhabib, chirurgien
Meriam Russel, militante Femen
Ziad Goudjil, conseiller régional Ile-de-France
Zoulikha Berezel, co-présidente de l’association Shalom Paix Salam
Fewzi Benhabib, universitaire
Jamila Alla, conseillère en insertion
Hassan Azadi, consultant en droit social
Lalia Ducos - Helal, militante associative
Tayeb Zahzah, opérateur économique
Zohra Bitan, militante politique
Atmane Tazaghart, écrivain, journaliste
Zakia Bekhti, gérante de société
Ahmed Megueni, chef d’entreprise
Melek Ekim, étudiante en droit
Malik Aït Aoudia, journaliste
Nadia Remadna, médiatrice sociale, présidente de l’association Brigade des mères
Aziz Sahiri, conseiller technique
Dr Amel Tamzali, psychiatre
Walid Khalifeh, militant démocrate kurde
Lamine Madjoubi, entrepreneur
Abderrahmane Merzouk, activiste saoudien opposé au wahhabisme, réfugié en France
Abdelali Ragad, journaliste
Adnane Trabelsi, chef d’entreprise
Rachid Mohand Mestiri, journaliste
Smaïn Roudène, chauffeur de direction
Hamid Benichou
Neil Tamzali, chef d’entreprise
Lyes Hakem, chef d’entreprise
Oussama Bouhas, étudiant
Khaled Issa, juriste
Menad Ahmed-Zaïd, collaborateur parlementaire
Mustapha Harzoune, journaliste
Rashid Saeed Yagoub, journaliste
Mohand Bakir, journaliste
Dr Yacine Hassani, médecin
Moncef Ben Othmane, fonctionnaire
Dr Mansour Abdelmalki
Wissem Bourbia, directeur de fonds
Youssef Tamzali, enseignant à l’école vétérinaire de Toulouse
El Hachemi Souami, journaliste