samedi 22 octobre 2016

CETA: les syndicats soutiennent le refus wallon


© Belga

Le Vif

La régionale wallonne du syndicat libéral CGSLB et la FGTB wallonne affirment leur soutien au refus de la Wallonie de déléguer ses pleins pouvoirs au gouvernement fédéral pour la signature du CETA.

Le Comité régional wallon de la CGSLB, réuni à Modave vendredi, a adopté une résolution de soutien au gouvernement wallon qui a refusé de valider le CETA tel quel, annonce-t-il dans un communiqué vendredi. Pour le syndicat, une modification de la position wallonne ne pourrait être envisagée qu'à la suite d'une étude "sérieuse" afin d'évaluer la force juridique des déclarations annexes. Ces déclarations ont été élaborées afin de répondre aux inquiétudes wallonnes.
La FGTB wallonne, elle, "salue la détermination des représentants politiques wallons et de la Fédération Wallonie-Bruxelles qui placent l'intérêt général avant les intérêts commerciaux des grands groupes transnationaux". Pour le syndicat socialiste, qui appelle les élus à ne pas céder, l'opposition francophone est "de nature à redonner confiance dans la classe politique". "La Wallonie se distingue par son courage politique", ajoute-t-il.
La FGTB considère également que le "mépris à l'égard du vote parlementaire, la campagne de désinformation et les tentatives d'intimidation exercées sur la Wallonie pour essayer de passer en force sont inqualifiables".
Le syndicat socialiste dans son ensemble salue les améliorations apportées au CETA mais souligne que certains problèmes subsistent et ne pourront se résoudre que par une modification du traité lui-même. Parmi les mesures inacceptables pour les deux syndicats se trouve notamment le processus de contestation privé des normes et législations des États. "Ces tribunaux privés ont pour effet d'exercer une pression inacceptable sur le débat démocratique d'États souverains dans le seul but de maximiser les profits de multinationales", dénonce la CGSLB.
Le syndicat libéral souligne également que le Canada ne respecte pas l'une des huit conventions fondamentales de l'Organisation internationale du Travail (OIT), celle portant sur le droit de s'organiser et négocier des conventions collectives. "Avec les syndicats canadiens, qui eux aussi dénoncent le traité, nous sommes extrêmement soucieux de ce problème".
Enfin, il pointe du doigt les natures différentes des systèmes de normes nord-américains et européens. "En Europe, on applique le principe de précaution, c'est-à-dire qu'avant de mettre un produit sur le marché, on doit avoir démontré qu'il n'est pas préjudiciable à la santé de ses utilisateurs. En Amérique du Nord, le système est inverse", souligne la CGSLB qui s'inquiète de la mise en place d'un processus de régulation commun des normes édictées dans ces systèmes. 


COMMENTYAIRE DE DIVERCITY
D’UNE PIERRE DEUX COUPS 

Le professeur Paul Magnette est plus européen (par la discipline qu’il enseigne et par conviction profonde) que régionaliste wallon et, en somme, militant « happartiste ». En jouant les « hérissons » dans l’affaire de CETA ou, si on préfère, les irréductibles Gaulois, Paul Magnette attire à son parti snobé par les sondages les grâces de la FGTB phagocytée par le PTB et donc, pense- t-il, celles du peuple de gauche . D’autre part il parvient du même coup, lui qui peine dans les sondages, à s’attirer les projecteurs médiatiques au détriment de Elio di Rupo de plus en plus contesté au sein de son parti. "Paul Magnette utilise ce dossier pour démontrer que le PS est à l'écoute de la rue" écrit le Vif et d’ajouter : « Le "non" wallon n'est pas encore définitif. Le ministre-président Paul Magnette (PS) tente d'obtenir un report de la signature du traité, actuellement programmée lors d'un sommet le 27 octobre. En vain, jusqu'ici. Mais les lignes ont bougé, notamment suite à une rencontre en direct avec la ministre canadienne du Commerce, Chrystia Freeland. C'est ce qu'il a expliqué ce vendredi au parlement wallon. Des avancées ont notamment été faites dans le secteur sensible de l'agriculture. La détermination wallonne est grande, quitte à faire échouer le CETA. Les pressions se multiplient, mais les manifestations de soutien également. Paul Magnette est devenu le symbole de la résistance. »
C’est bien joué tactiquement et met Louis Michel dans un grand embarras mais cela jette sur la Belgique une terrible suspicion, celle d’un anti européanisme larvé.  Dossier à suivre donc. Un lecteur résume : « Magnette a déclaré qu'il était d'accord sur le fond
mais ... qu'il lui faut du temps,
du temps pour sa pub personnelle
du temps pour "faire plus" que le PTB (son vrai problème)
du temps pour emmerder la majorité
du temps pour marginaliser la Belgique et garantir ses intérêts politiques »
MG 


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CETA: MARTIN SCHULZ RELANCE LES NÉGOCIATIONS AVEC LA WALLONIE CE MATIN 

Le Soir
Le président du Parlement européen rencontre Paul Magnette à 09h.


 
Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a indiqué qu’il rencontrerait la ministre canadienne du Commerce, Chrystia Freeland, ainsi que le ministre-président wallon Paul Magnette samedi matin dans l’espoir de donner un nouveau souffle aux négociations sur le projet d’accord commercial global entre l’Union européenne et le Canada (CETA).
«Je vais rencontrer Chrystia Freeland à 07h30 et Paul Magnette à 09h00 au Parlement européen pour relancer les discussions sur les CETA», a annoncé via le réseau social Twitter, l’Allemand Martin Schulz. «Nous ne pouvons pas nous arrêter dans le dernier kilomètre», a-t-il encore appuyé.
UN ACCORD TOUJOURS POSSIBLE, SELON PAUL MAGNETTE
Vendredi après-midi, la ministre canadienne a annoncé l’échec des négociations sur le CETA en raison de l’opposition de la Région wallonne au traité commercial, au sortir d’une réunion à Namur avec le ministre-président wallon. Ce dernier a pour sa part regretté «l’interruption» des négociations estimant qu’un accord était toujours possible et que la Commission européenne devait reprendre l’initiative sur ce dossier.
La commissaire au Commerce, Cecilia Malmström, a regretté l’interruption des négociations et manifesté son espoir de trouver une solution. «Je pense sincèrement que ce n’est pas la fin du processus», a-t-elle communiqué via Twitter.
Le Premier ministre canadien Justin Trudeau est en principe attendu jeudi prochain à Bruxelles pour signer le projet de traité, les 27 autres membres de l’UE ayant déjà marqué vendredi leur approbation à sa signature.

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