jeudi 20 octobre 2016

En faisant « durer le suspense » lors du dernier débat dans la course à la Maison Blanche, le candidat républicain a rompu avec une tradition bien ancrée dans la démocratie américaine.


De notre correspondant à Washington F (Figaro)
La déclaration sensationnelle de la soirée appartient à Donald Trump et, cette fois encore, ce n'est pas un message qui va contribuer à la paix civile. Aux trois quarts de l'ultime débat qui l'opposait à Hillary Clinton mercredi à Las Vegas, le candidat républicain a été invité par le modérateur, Chris Wallace de Fox News, à répondre à une question simple: «Accepterez-vous le résultat de l'élection?»
«Je verrai le moment venu», a répondu Donald Trump. Il a évoqué «les médias malhonnêtes» et «des millions de gens inscrits sur les listes électorales qui ne devraient pas y figurer». Il a ajouté que, au regard de ses «crimes», «Hillary Clinton ne devrait pas avoir le droit d'être candidate. Rien que de ce point de vue, je dis que l'élection est faussée». Incrédule, Wallace a reposé sa question et Trump a confirmé: «Je vous le dirai le moment venu. Je vais laisser durer le suspense».
Hillary Clinton s'est déclarée «horrifiée». Elle a dénoncé «une constante» chez son adversaire, «chaque fois que les choses ne vont pas comme il voudrait», que ce soit durant les primaires républicaines ou lors des Emmy Awards, une récompense télévisuelle qu'il aurait dû recevoir, estime-t-il, pour The Apprentice. «Vous pleurnichez et cela montre que vous n'êtes pas apte à la fonction, a-t-elle dit, empruntant une formule utilisée la veille par Barack Obama. Donald Trump démolit notre démocratie».
« VOUS PLEURNICHEZ ET CELA MONTRE QUE VOUS N'ÊTES PAS APTE À LA FONCTION» Hillary Clinton s'adressant à Donald Trump
Tout le reste du débat ne pèsera pas très lourd en comparaison de cette nouvelle polémique, colportée depuis quelque temps sur les podiums de campagne mais lancée mercredi en direct à la face des Américains. À moins de trois semaines du verdict, alors que les sondages lui sont défavorables et que 1,5 million d'électeurs ont déjà voté de façon anticipée, cette rupture avec le consensus politique le plus ancré dans la tradition américaine annonce une fin de campagne - et des lendemains de scrutin - très tendus.
En vertu de cette tradition, le perdant reconnaît «gracieusement» sa défaite, félicite le vainqueur et assiste en bonne place à son investiture sur les marches du Capitole au mois de janvier suivant. Même Al Gore a respecté la coutume en 2001, après une longue et pénible bataille pour le recompte des voix en Floride en novembre 2000. Menacer de s'y soustraire, c'est à peu près aussi téméraire que critiquer les Pères fondateurs.
Donald Trump le sait si bien qu'à la même question, posée deux fois à la fin du premier débat fin septembre, il avait fini par répondre: «Si elle gagne, je la soutiendrai, absolument». Depuis, son colistier Mike Pence et sa fille Ivanka avaient confirmé le message.
OPPOSITION RADICALE SUR TOUS LES SUJETS
Le candidat républicain a beau avoir livré une performance honorable pendant une heure et demie mercredi, s'être montré combatif mais plus discipliné, son attitude va amener nombre d'électeurs indécis à se demander s'il défendrait la Constitution et la démocratie comme il incombe au président.
( …)Donald Trump et Hillary Clinton ont confirmé mercredi soir leur opposition radicale sur tous les sujets: la Cour suprême, les armes à feu, l'avortement, l'immigration, l'économie, la lutte contre l'Etat islamique… Il y a eu des échanges salés sur la Russie, la démocrate accusant le républicain d'être «une marionnette de Poutine». Trump a insinué que Clinton avait manipulé les femmes qui l'accusent d'attouchements inappropriés, à l'instar des perturbateurs dans ses rassemblements électoraux. Clinton a caricaturé le parcours autocentré de Trump depuis trente ans par rapport au sien consacré au service public.
Mais quand ces chamailleries s'effaceront des mémoires, restera le précédent créé par Donald Trump de délégitimer une élection qu'il n'a encore ni perdue, ni gagnée.
Philippe Gélie


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN ÉLÉPHANT RÉPUBLICAIN QUI « TRUMPE » ÉNORMÉMENT

Donald Trump semble mépriser la démocratie.
Il a eu le front de « délégitimer une élection qu'il n'a encore ni perdue, ni gagnée. »
Hillary Clinton a remporté haut la main trois débats télévisés sur trois, elle caracole largement en tête dans les sondages. L’Europe et le NYT, la presse libérale la donne largement gagnante. Est-ce à dire qu’elle peut se regarder d’emblée comme la prochaine locataire de la Maison Blanche ? Rien n’est moins sûr.
« The presidential debate was another exercise in narcissism, bombast and mendacity by Mr. Trump. One could only hope that this might be the last grand display of his gross unfitness to be president.” (NYT) “He is talking down our democracy,” Mrs. Clinton warned. His trashing of the democratic process, in service of his own ego, risks lasting damage to the country, and politicians of both parties should recoil from him and his cynical example.”
Trump, Poutine,Edogan, Orbaen, Le Pen, même combat contre les valeurs de la démocratie.
Divercity, contre vents et marées avait annoncé une victoire du Brexit. Divercity estime que jamais ce gorille dominant (King King perché sur la tour Trump) ne se donnera jamais battu même s’il devait s’incliner devant une victoire, selon nous très incertaine, de Hillary. La frustration de l’Amérique WASP (White, Anglo Saxon Protestant) est une guêpe qui se prépare à piquer tout ce qui s’opposerait à son règne dominant mais assurément déclinant. Elle met ses derniers espoirs dans ce vieillard agressif et libidineux, un DSK au verbe tonitruant, le génie politique en moins.
L’homme a fait ses classes dans l’immobilier en écrasant ses concurrents comme un bulldozer, il a fait un malheur en télévision en se comportant comme l’éléphant dans un magasin de porcelaine. Et voici qu’il s’est lancé en politique jetant dans les cordes et mettant au tapis tous ses challengers républicains, à la surprise générale. Il a pris goût aux meetings enivrants, à l’adulation des foules partisanes, au pugilat électoral qui est devenu une drogue pour lui. Et voilà qu’il se heurte à une femme de marbre qui le ridiculise, par trois fois, devant des dizaines de millions d’Américains. Comme Al Capone, c’est un caractère mais ce n’est pas un bulldog anglais façon Churchill.   Il a la mâchoire et la morphologie d’un American Staff. Il ne lâchera pas son adversaire qu’il a menacée déjà de la prison et même de pire. C’est un tueur sans foi ni loi qui, comme un sheriff de western, clame haut et fort le retour du Law and Order. Sa loi et son ordre qui, je le crains n’est pas vraiment démocratique.
Nous assistons en occident à la montée de l’autoritarisme. Bert Brecht a écrit autrefois  la « résistible ascension d’Arturo Ui » en songeant à Hitler. Vous avez dit « résistible » ?
« Résistible », vous le pensez vraiment ?
MG

 
DONALD TRUMP’S CONTEMPT FOR DEMOCRACY
Donald Trump turned, in the third and final presidential debate, from insulting the intelligence of the American voter to insulting American democracy itself. He falsely insisted there were “millions of people” registered to participate in the election who did not have the right to vote and declared he would not commit to honoring the outcome.
Hillary Clinton was clearly shocked that he was attacking the very foundation of the republic, the American tradition of peacefully transferring power. “That’s horrifying,” she said, rightly. At one point, Mr. Trump even said, outrageously, “She shouldn’t be allowed to run.”
The presidential debate was another exercise in narcissism, bombast and mendacity by Mr. Trump. One could only hope that this might be the last grand display of his gross unfitness to be president.
Mr. Trump arrived at the debate in Las Vegas after days of making venomous attacks on the democratic process, and by implication, the voters’ ability to make sound choices. Asked about whether he would accept the election result, he tersely answered, “I will look at it at the time.” In rejecting his answer, Mrs. Clinton noted that Mr. Trump is a chronic complainer when he loses, even in an Emmy award competition. But applying his loser’s lament to an American presidential election is a far different proposition than whining about a TV show. “He is talking down our democracy,” Mrs. Clinton warned.
Mr. Trump and Mrs. Clinton clashed over Mr. Trump’s favorable view of President Vladimir Putin of Russia. She pointed out that Russian hackers have been traced by numerous government intelligence agencies as the source of leaks undermining the Democratic Party and the American election. Mr. Trump defended the Russian leader, insisting he had no close relationship with him, but that Mr. Putin had “outsmarted” Mrs. Clinton “every step of the way.”
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They clashed as well on the issue of abortion, with Mrs. Clinton noting Mr. Trump had previously said abortion should be illegal and women who have them should be punished and that he also wants to defund Planned Parenthood. Mr. Trump said he would appoint anti-abortion justices to the Supreme Court.
And he stood by his insistence that he would build a massive wall across the Mexican border. “We have some bad hombres here,” he said, maintaining his insulting allegations that Mexican immigrants are criminals. Mrs. Clinton, clearly trying to needle her thin-skinned opponent, said he ducked the issue in his visit to the Mexican president: “He choked.”
The debate was tightly directed by the moderator, Chris Wallace, but Mr. Trump showed no inclination to back off his bullying and cunning in keeping the focus on himself rather than on the problems of the nation.
Mr. Trump again faced the issue that sent his reputation into a tailspin in recent opinion polls — his hot-microphone bragging in 2005 that he sexually assaulted women. Women have come forward to offer evidence of instances of abuse, and Mr. Trump insisted, falsely, that the accusations have been debunked. “They want either fame, or her campaign did it,” he said. “She got these people to step forward,” he said of Mrs. Clinton, as usual offering no evidence for his claims.
“Nobody has more respect for women than I do,” Mr. Trump declared, in one of his more transparent lies of the night.
Mr. Trump’s meltdown in the closing weeks could be dismissed as a sore loser’s bizarre attempt at rationalizing his likely defeat. But his trashing of the democratic process, in service of his own ego, risks lasting damage to the country, and politicians of both parties should recoil from him and his cynical example.

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