mardi 29 novembre 2016

La N-VA prêtre à couper le "cordon sanitaire" et s'allier avec le Vlaams Belang: stratégie ou réelle conviction?




FRÉDÉRIC CHARDON ET STÉPHANE TASSIN LE VIF
La fin du "cordon sanitaire" en 2018? Theo Francken (N-VA) a, à nouveau, affirmé qu’une alliance avec le Vlaams Belang était une possibilité. Derrière cette communication politique, on sent la volonté de la N-VA de rassurer son électorat le plus radical, actuellement déçu. Il y a aussi l’enjeu local anversois. La fin du "cordon" est aussi un message au CD&V : pas touche à l’hôtel de ville. Sinon…
LE VLAAMS BELANG, L’ÉPOUVANTAIL DESTINÉ À EFFAROUCHER LE CD&V (ANALYSE)
Guerre pour l’hôtel de ville d’Anvers, Acte II. Kris Peeters, le vice-Premier ministre CD&V, a annoncé il y a dix jours qu’il quittait sa chère commune de Puurs pour s’installer dans la métropole économique flamande. Il espère pouvoir chiper, en 2018, le maïorat à Bart De Wever. Dans le stratego anversois, les nationalistes viennent à leur tour de déplacer un pion : dans une interview à la VRT, vendredi, Theo Francken a rappelé que son parti, la N-VA, était hostile au "cordon sanitaire". C’est-à-dire au refus de nouer des majorités à quelque niveau de pouvoir que ce soit avec le Vlaams Belang (VB). Pour le secrétaire d’Etat, seules des questions pratiques empêchent encore des alliances N-VA/VB.
UN AVERTISSEMENT À PEETERS
Theo Francken ne faisait que confirmer des propos similaires tenus sur VTM en octobre. Le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover, s’était également prononcé en faveur de la rupture du cordon sanitaire "si la N-VA et le Vlaams Belang obtenaient une majorité absolue permettant de prononcer l’indépendance de la Flandre". Ce genre de propos est désormais la tendance lourde à la N-VA. Une tendance lourde qu’on ne peut comprendre pleinement sans en mesurer sa dimension très… locale.
En fait, la majorité actuelle à Anvers se fonde sur une alliance entre la N-VA, très puissante (23 sièges, sur un total de 55), le CD&V (5 sièges) et l’Open VLD (2 sièges). En ouvrant le jeu à l’extrême droite flamingante, la N-VA envoie un message à Kris Peeters : si les rapports de force au conseil communal restent semblables en 2018, Bart De Wever pourrait se maintenir au pouvoir avec le Vlaams Belang pour seul allié (5 sièges). Le président de la N-VA glisse tout simplement une nouvelle carte dans son jeu pour les négociations de la future coalition. Il agite un épouvantail destiné à effaroucher un CD&V jugé trop audacieux et gourmand.
Pour autant, la N-VA va-t-elle prendre réellement le risque politique d’une majorité avec l’extrême droite, à Anvers ou ailleurs en Flandre ?


COMMENTAIRE DE DIVERITY
ALERTE ROUGE :LA DÉMOCRATIE BELGE MENACÉE

Le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover, s’est également prononcé en faveur de la rupture du cordon sanitaire "si la N-VA et le Vlaams Belang obtenaient une majorité absolue permettant de prononcer l’indépendance de la Flandre".
Ceci est gravissime.
Il est des lignes rouges qu’on ne saurait franchir sans bafouer les fondements de la démocratie. Le cordon sanitaire est une de celles-là, « autrement le refus de nouer des majorités à quelque niveau de pouvoir que ce soit avec le Vlaams Belang (VB). »
En annonçant sa volonté de se domicilier à Anvers Kris Peeters  déclare une guerre totale à Bart De Wever car il entend bien lui arracher électoralement son poste de bourgmestre en s’alliant au SPa et à groen pour former une majorité dans la Métropole en 2018. La N-VA riposte en menaçant de déclarer une guerre atomique : une alliance avec le Vlaams Belang dans la ville d’Anvers aux communales de 2018 pour sauver son maïorat, prélude d’une alliance du même type aux régionales de 2019.
Filip Dewinter, enfant terrible du Belang, a été jusqu’à suggérer de faire un pas de côté pour faciliter le rapprochement entre Belang et N-VA.
Qu’on ne s’y trompe pas, ce coup de poker menteur est avec les velléités de scission de la Sécu une et la volonté de saborder la monarchie une vraie menace d’éclatement du royaume de Belgique.
MG
 

lundi 28 novembre 2016

Filip Dewinter se dit prêt à quitter le VB pour permettre une alliance avec la N-VA


Le Vif
Filip Dewinter est prêt à quitter le Vlaams Belang pour permettre à son parti de s'allier à la N-VA en vue des élections communales à Anvers, a déclaré samedi le leader d'extrême droite, en réaction aux propos tenus par Theo Francken vendredi sur la VRT.

© Belga
Celui-ci avait affirmé que son parti était opposé au cordon sanitaire, mais que la collaboration avec le Vlaams Belang butait sur des aspects pratiques, en l'occurrence l'opposition entre MM. Dewinter et De Wever.
"Bart De Wever a souvent exprimé ses réserves absolues vis-à-vis du personnage que représente Filip Dewinter à Anvers", avait rappelé le secrétaire d'Etat à l'Asile et à la Migration. "Si nous y parvenons à une majorité avec le Vlaams Belang, il me semble qu'il sera très compliqué pour Bart De Wever et Filip Dewinter de collaborer."
En prélude au congrès du Vlaams Belang, le leader d'extrême droite a renvoyé la balle aux nationalistes flamands. "S'ils veulent vraiment monter à bord avec nous et que ma figure constitue un obstacle, alors je suis prêt à remettre ma carte de membre à disposition du parti." Il a néanmoins ajouté, sous la forme d'un proverbe, qu'il restait sur ses gardes. "Quand le renard se met à prêcher, prends garde à ta poule."
M. Dewinter a également évoqué la polémique née de son voyage en Grèce et de sa visite chez les néo-nazis du parti Aube Dorée. Un épilogue quant aux sanctions devrait intervenir en conseil de parti samedi prochain, selon lui.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« LE CD&V N’EST PLUS AU CENTRE» 

«  Le CD&V, ce n’est plus le centre  », a affirmé De Wever dans une interview dans le journal ’Het Laatste Nieuws’.
En effet et c’est un formidable scoop  : le CD&V vire à gauche.
Cela n’a échappé ni à De Wever ni à Dewinter qui offre déjà de se sacrifier dans la perspective d’une coalition N-VA-Vlaams Belang aux élections communales de 2018. Le CD&V vire à  gauche et il envoie son champion Kris Peeters défier De Wever Anvers à la tête d’un cartel des gauches ( CD&V/Spa/ Groen).
La seule chance  De Wever de conserver son écharpe maïorale, Dewinter l’a compris, serait d’unir ses forces à celle du Vlaams Belang. On me dira que 2018 est encore très loin. En revanche si, comme nous en sommes persuadés, l’affaire De Decker devait se transformer en une affaire Reynders  forçant le fringant ministre des affaires étrangères à la démission et entraînant la chute du gouvernement Michel (vous me suivez…) le virage à gauche des chrétiens démocrates  prendrait une toute autre signification.
Le CD&V, ancien tout puissant CVP, joue désormais sa survie politique. Il est de plus en plus mal à l’aise au sein de la suédoise.
Reste à savoir à qui profiterait la chute annoncée de la suédoise de plus en plus kamikaze ?
Tous les regards sont donc tournés vers la commission parlementaire que présidera le CDH Delpérée, au demeurant constitutionnaliste distingué, pour faire toute la lumière sur ce qu’on appelle encore l’affaire de Decker avant qu’elle ne se transforme en affaire Reynders. Attention, prenons garde aux caprices de l’imprévisible.
MG


LE BOURGMESTRE D’ANVERS SE DIT « CONTENT » DE LA VENUE DE KRIS PEETERS DANS LA MÉTROPOLE.



• Kris Peeters et Bart De Wever © Belga
Le bourgmestre d’Anvers Bart De Wever (N-VA) s’est réjoui vendredi de l’arrivée prochaine du vice-Premier ministre Kris Peeters (CD&V) à Anvers pour y être tête de liste lors des élections communales d’octobre 2018, en affirmant que l’électeur aura ainsi le choix entre lui et un virage à gauche.
DE WEVER EST « CONTENT »
«  Le CD&V, ce n’est plus le centre  », a-t-il affirmé dans une interview à paraitre samedi dans le journal ’Het Laatste Nieuws’, qui a publié des extraits vendredi.
M. De Wever se dit «  content  » de la venue de M. Peeters dans la Métropole. « Parce que j’aime beaucoup cette ville et plus elle a de poids politique, au mieux  », a ajouté le président des nationalistes flamands.
Il a toutefois admis que la véritable lutte ne devrait débuter qu’en 2018, s’attendant à ce qu’elle soit «  passionnante  ».
UN PARTENAIRE DE COALITION LOYAL
Il a assuré que les électeurs anversois auront un choix très clair à faire, en présentant son bilan : «  Une économie florissante, un quart de criminalité en moins et une ville pétillante  ».
Invité de l’émission Terzake de la VRT-télévision, M. Peeters a qualifié les propos de M. De Wever de «  pas sages  ». La campagne ne débutera qu’en 2018 et le CD&V est à Anvers un partenaire de coalition loyal, a-t-il ajouté.

dimanche 27 novembre 2016

Fillon, son château, son tracteur, son cheval: comment ruiner son image dans "Paris-Match"


Publié le 29-08-2013 par l’OBS


Par Bruno Roger-Petit
Editorialiste invité
François Fillon voulait se montrer sous un jour rassurant mais livre un plan com' ringard, dépassé et contreproductif en s'exposant dans la presse people, selon notre chroniqueur Bruno-Roger Petit.


UNE SÉRIE DE CLICHÉS

(…)Tout est dit trois photos : celle qui ouvre le long reportage consacré aux vacances présentées comme studieuses de François Fillon, où on le voit prenant la pose devant sa gentilhommière, en compagnie de son épouse et de ses enfants, celle qui le montre caressant son cheval et celle le montrant aux commandes d'un tracteur.

Le tout se veut apaisant et rassurant, mais c'est l'effet contraire qui est produit, cette série de clichés est en vérité excluante et violente.

La photo de famille, devant le château familial, évoque ces châtelains de Germinal, qui se gobergent en famille tandis que les mineurs se tuent au travail pour leur bonne fortune. Les vêtements, les attitudes, les poses, les polos Lacoste, les mocassins d'été, les bermudas chics, la petite table pour le thé servi dehors... Tout trahit l'habitus du bourgeois français tel qu'il s'est forgé au tournant du 19e et du 20e siècle et qui a su se préserver jusqu'à la Manif pour tous de 2013.
Ceux qui ont pensé cette photo, consciemment ou inconsciemment, coupent François Fillon d'une immense majorité du peuple de France. Dans la France pré-1789 de 2013, le château ne protège plus. Le château énerve. Le château irrite. Le château est un signe de domination de classe par reproduction d'elle-même.
Ceux qui ont pensé cette photo ont oublié toutes les classes populaires, surtout celles qui votent FN parce qu'elles ne supportent plus l'UMP, considérée par elles comme une organisation de riches pour les riches par les riches. Cette photo ne peut que séduire, éventuellement, ce tiers de l'électorat français qui se reconnait dans cette France-là, une France d'avant, tellement enviable en 1969, mais elle ne peut porter au-delà de cette nostalgie mortifère.


LE CHEVAL ET LE TRACTEUR

C'est en ce sens qu'elle est excluante, donc violente, parce ce qu'elle incarne révèle une façon de vivre qui est aujourd'hui non seulement dépassée, mais aussi inaccessible, voire interdite à l'immense majorité des Français. Même le bling-bling Nicolas Sarkozy s'est toujours gardé d'exhiber l'intérieur de la villa de son épouse au Cap Nègre. C'est dire la mesure de la faute.

LE RESTE EST À L'AVENANT.

La photo avec le cheval, qui est là pour signifier que François Fillon aime les animaux avec une légende où il est question du soutien constant que lui apporte sa fidèle épouse, Pénélope. "Mais le cheval, est-ce que nous lui demandons son avis quand nous lui montons sur le dos ?", comme le disait Etienne Dorsay.

Le cheval, n'est-il pas, par essence, l'accessoire animal de la bourgeoisie française la plus huppée ? Le cheval est-il à la portée de tous ? Non. Le cheval n'est ni chien, ni chat. Le cheval ce n'est pas le compagnon de dizaines de millions de Français. Le cheval n'est pas le petit ami de tous les jours. Le cheval n'est pas un animal de proximité. Le cheval est un animal de luxe. Le cheval est un signe extérieur de richesse. Le cheval aussi, comme le château, est excluant et violent.

Le tracteur enfin. Ce bon vieux tracteur Renault avec lequel, nous dit-on, François Fillon se charge de l'entretien des terres agricoles de sa propriété sarthoise, ce tracteur, représentation de ce que son conducteur est un homme de la terre, donc un homme de labeur et de devoir, en prise avec les éléments, la réalité, la vie... Ce tracteur est-il la marque de l'authenticité ? Non. Cent fois non. Mille fois non.

Le tracteur, on le sent, on le sait, le tracteur fait partie du plan com', c'est une image que l'on vu cent fois, mille fois, avec Pompidou, avec Bayrou... Le tracteur, le travail de la terre, l'image ne trompe plus personne depuis belle lurette... C'est comme Louis XVI et ses serrures. Rien n'est plus insupportable au peuple, en période de crise, de disette, que les loisirs des puissants mimant le travail du peuple. À l'instar du château et du cheval, le tracteur, rassurant et apaisant, se révèle lui aussi excluant et violent.

(…)  A force de répéter à François Fillon qu'il est le Pompidou des années 2013, le voilà qui nous livre une communication qui aurait été d'une modernité effrénée en... 1969...

En s'exhibant ainsi, Fillon se montre réellement tel qu'il est, dans son essence politique. Et cette exhibition dévoile un responsable politique emblématique d'une classe, de sa domination, de sa reproduction, un archaïsme politique tel que l'on est bien en droit de se demander si il est adapté à la France d'aujourd'hui, sa diversité, sa multiculturalité et ses communautés.

Les enfants sages joliment habillés, la façade du château en arrière plan, les animaux de compagnie à proximité, la lumière de l'été en fin d'après-midi... La droite libérale et bourgeoise dans son éternité... Est-ce vraiment conforme à la réalité de la France de 2013 ? 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VICTOIRE DE L’ANTI SARKO

Victoire de la droite radicale, catho et BCBG qui s’est raidie contre une présidence brouillonne et peu inspirée. « L'homme que l'on n'attendait pas a forgé son ambition dans la durée. En trente-cinq ans, il a tout connu, les humiliations et les victoires. François Fillon ne se pensait pas programmé à la naissance pour s'attaquer au plus haut sommet de l'État. » (Le Figaro). 
Si son programme a convaincu les électeurs de droite, « il comporte toutefois plusieurs mesures floues de même que certaines fragilités, voire quelques  ambiguïtés, ce qui le rend difficilement réalisables en l’état. » (Le Monde). Ses adversaires  de gauche et du FN ne manqueront pas de l’attaquer à boulets rouges.
Le plus dur reste donc à faire : convaincre les Français de se rallier à sa cause.
Tout a été dit ou presque sur cet homme de caractère qui rappelle Georges Pompidou et pas seulement par l’épaisseur des sourcils. On connaît désormais  son programme en forme de remède de cheval qui annonce, comme le dit Marine, une grosse casse sociale.
Il risque fort de laminer une gauche éclatée sans véritable leader  hormis Jean Luc Mélenchon autre homme de conviction qui, très sûr de lui, se sent pousser des ailes.  Les choses vont se décanter assez vite d’ici la primaire de gauche et tout peut se brouiller avant  le scrutin de mai 2017.  On ignore encore si Hollande se présentera. Lui aussi, apparemment.
MG








Après Fidel, Raul Castro affronte une nouvelle génération de cyber-dissidents


Le Soir
Avec les Castro l’opposition n’a pas sa place à Cuba. Et internet offre un nouveau champ de bataille de la liberté d’expression. 


• La communauté cubaine à Miami célèbre l’annonce de la mort de Fidel Castro © Reporters/Abaca
Main de fer de Fidel ou gant de velours de Raul, avec les Castro l’opposition n’a pas sa place à Cuba, où, à l’ombre d’une Église catholique revenue en grâce, fleurit une nouvelle génération de dissidents, avec internet pour champ de bataille de la liberté d’expression.
Derrière la célèbre Yoani Sanchez, les blogueurs ont pour noms Claudia, Orlando, Reinaldo, Miriam ou Yamil. Pratiquement inconnus dans leur propre pays, ils comptent sur le développement d’internet pour faire entendre leur voix, dans un pays où il ne fait généralement pas bon être différent.
FIDEL IMPITOYABLE AVEC LES « TRAÎTRES »
Car Fidel s’est toujours montré impitoyable avec les «  traîtres  », les «  mercenaires » et autres «  apatrides  » et «  parasites  », souvent sanctionnés par de lourdes peines de prison puis poussés à l’exil.
«  La dissidence tant vantée ou la supposée opposition à Cuba n’existe que dans les esprits échauffés de la mafia cubano-américaine et des bureaucrates de la Maison Blanche  », clamait Fidel Castro en juillet 2005 en assurant que la dissidence « n’avancerait pas d’un millimètre de plus  ».
Il l’avait prouvé en déclenchant en mars 2003 une des pires rafles d’opposants de son histoire. A l’issue de procès expéditifs, 75 dissidents sont condamnés à des peines de six à 28 ans de prison. Paradoxalement, alors qu’il avait longtemps tenu le rôle de «  dur  » au sein du régime, c’est son frère Raul qui, depuis qu’il a pris le pouvoir en 2006, va vider les prisons.
Les 52 derniers prisonniers du groupe des 75 du «  printemps noir  » ont finalement tous été libérés grâce à un accord historique conclu à l’été 2010 avec l’Église catholique. Et en janvier 2015 Cuba a achevé la libération «  humanitaire  » de 53 autres détenus dans le cadre de son rapprochement avec Washington, qui considérait ces prisonniers comme des prisonniers politiques.
PROFITER DE LA NOUVELLE LOI
Inconnus à Cuba, sans soutien populaire, harcelés par une répression de basse intensité mais omniprésente, les dissidents, historiques ou jeunes blogueurs, ont bénéficié en 2013 de la nouvelle loi dispensant d’autorisation préalable les candidats au voyage à l’étranger.
Pratiquement tous en ont profité pour sortir de Cuba et prêcher à l’étranger leur dénonciation du régime communiste, avant de revenir à Cuba où leur liberté d’expression reste circonscrite à un internet auquel la grande majorité des Cubains n’a pas accès.
Mais même sur internet, la riposte a été lancée, avec des blogueurs gouvernementaux qui occupent le terrain face aux opposants et à une nouvelle presse en ligne indépendante, mais modérée, qui défie le monopole étatique des médias.
Depuis des décennies, les frères Castro ont accusé les dissidents d’être «  des mercenaires  » à la solde des États-Unis. Mais depuis l’annonce du rapprochement avec le voisin nord-américain, le président Raul Castro les désigne plus sobrement comme « quelques centaines d’individus qui reçoivent argent, instructions et oxygène de l’extérieur ».

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN TYRAN AUX ALLURES DÉBONNAIRES DE ROBIN DES BOIS
« Dans le destin de la société intellectuelle, sans doute italienne, espagnole et allemande, mais surtout française, le rôle de Fidel Castro a été symboliquement plus important, même de manière plus brève, que celui de Mao »(…) « Il restait "la Révolution", un mot obsessionnel que l’on allait entendre, lire et représenter à chaque instant au point d’impatienter des écrivains comme Roland Barthes ou des philosophes comme Althusser. »(…) « La déception a commencé à être angoissante avec la persécution des homosexuels et l’incarcération du poète Ernesto Padilla qui avait de nombreuses amitiés à Paris » Jean Daniel
Il persistait cependant  encore en Europe et même en Belgique quelques rares fidèles de Fidel. Volontiers ils faisaient le pèlerinage à La Havane, visitaient les bars délabrés pour s’y gorger dans  la fumée des cigares de musique cubaine, de rhum servi à la mode d’Hemingway et se faisaient conduire dans des taxis Chevrolet des années cinquante. Certains en ramenaient des bérets couleur olive arborant l’étoile rouge qu’ils exhibent lors des marches de protestation dans les rues de Bruxelles. Et voici que ces ultimes fidèles ouvrent les yeux sur le vrai visage du tyran et ses velléités de nabab croupissant dans la solitude d’un îlot éloigné de le Havane. Protégé des regards indiscrets  il s’y vautrait dans un luxe digne de Trump ou d’Erdogan.  Voici donc venu pour ceux-là  le moment de la chute finale.
MG


FIDEL CASTRO OU LA CHUTE DES GRANDES ESPÉRANCES


 
Le Premier ministre cubain Fidel Castro lors de sa rencontre avec les sénateurs américains Javits et Pell à La Havane, le 29 septembre 1974. (CHARLES TASNADI/AP/AP/SIPA)
Jean Daniel Obs
Le "Lider Maximo" avait suscité l'espoir. C'était avant la répression et le "grand matin des dissidents".
Dans le destin de la société intellectuelle, sans doute italienne, espagnole et allemande, mais surtout française, le rôle de Fidel Castro a été symboliquement plus important, même de manière plus brève, que celui de Mao. Le mythe révolutionnaire incarné par le "Lider Maximo" de la Sierra Maestra a été d’abord celui d’un anti-américanisme qui, en dépit de la modeste taille de l’île de Cuba, a mis en échec toutes les tentatives de complot ou d’assassinat. Mais surtout, comme me le dira John F. Kennedy, Cuba avait la réputation d’être le "bordel" des Etats-Unis. Kennedy disait qu’il aurait été volontiers castriste si le leader cubain ne s’était laissé encanailler, corrompre puis asservir par l’union Soviétique au moment où celle-ci mettait en péril nucléaire la paix du monde.
C’est un fait que pendant quelques années nous avons assisté à la chute de la grande espérance marxiste révolutionnaire et aux révélations de ce qu’on appellera plus tard "le grand matin des dissidents", comme Elena Bonner ou Leonid Plioutch.
Je me souviens des conversations que nous avions aux débuts du "Nouvel observateur" sur "le besoin du communisme" (je crois que le mot est de Castoriadis). Nous n’en avions pas toujours conscience, mais à la réflexion il s’agissait de sauver l’idéal communiste et l’idéologie marxiste soudain immergés dans la barbarie totalitaire.
UNE REPRESSION ANGOISSANTE
On se réfugiait alors avec gravité vers Mao mais avec une allégresse lyrique imprégnée d’espérance vers Castro, d’autant que pendant toute une époque Fidel n’était absolument pas tenté par l’inféodation ni au marxisme ni au communisme. Il restait "la Révolution", un mot obsessionnel que l’on allait entendre, lire et représenter à chaque instant au point d’impatienter des écrivains comme Roland Barthes ou des philosophes comme Althusser.
La déception a commencé à être angoissante avec la persécution des homosexuels et l’incarcération du poète Ernesto Padilla qui avait de nombreuses amitiés à Paris. On restait encore plus ou moins fidèle au Che Guevara devenu une star, qui nourrissait de rêves les jeunes aventuriers de la pensée marxiste.
Et puis Fidel Castro, après des accords justifiés par la crainte de l’Union soviétique, a permis au gouvernement russe l’installation de missiles à Cuba. Ce fut, on le sait, la plus grande menace du 20e siècle qui avait déjà vécu deux grandes guerres. Mais c’était la guerre froide, c’est à dire l’éventualité d’une guerre totale avec la bombe atomique. Kennedy a été littéralement obsédé, et courageux dira De Gaulle, par la volonté d’expulser les russes et leur missiles qu’ils avaient installés à quelques kilomètres de Washington. C’est cette question qui va dominer l’entretien que Kennedy m’avait accordé un mois avant d’être assassiné tandis que je déjeunais avec Fidel.
Jean Daniel 

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
Quand Napoléon est mort, Talleyrand a déclaré : "C'est une nouvelle, ce n'est plus un événement."
On peut dire aujourd'hui la même chose de Castro.


Découvrez le carnet scolaire du cancre Fillon



Le dossier scolaire du lycéen François Fillon circule sur le net depuis 2005. Celui-ci prouve que tout cancre n’est pas perdu.
Par Augustin Scalbert.  L’Obs

(De nos archives) Fin 2004 début 2005, François Fillon est ministre de l’Education nationale, et la loi qu’il entend faire voter provoque un mouvement lycéen. A cette occasion, le dossier scolaire de François Fillon commence à circuler, car alors qu’il envisageait de renforcer la place du contrôle continu, ses bulletins montrent des notes très moyennes tout au long de l’année... Ceux de la classe de première se retrouvent même sur Internet en 2008.
On découvre alors que, lycéen au tournant des années 70, François Fillonétait un cancre. Il ne s’en est d’ailleurs jamais caché. Du genre doué, mais paresseux. Et, surtout, rebelle à l’autorité.
Un riverain a fait parvenir les bulletins à Rue89. Nous ne résistons pas à en publier quelques extraits ci-dessous – sachant que contrairement à d’autres lycéens, l’actuel Premier ministre de la France n’a jamais été accusé de tricherie par ses professeurs.
Pour nos jeunes lecteurs, ces extraits doivent avoir valeur d’édification : ils prouvent que tout cancre n’est pas perdu, et peut se racheter jusqu’à devenir chef de gouvernement. Même s’il s’est fait renvoyer deux fois.
IL LANCE UNE AMPOULE LACRYMOGÈNE DANS LA CLASSE
Avant d’arriver au lycée jésuite Sainte-Croix du Mans, le futur Premier ministre était collégien à l’Institution Saint-Michel-des-Perrais, à quatre kilomètres de Cérans-Foulletourte, où il a grandi et où son père était notaire.
Dans sa biographie « François Fillon, le secret et l’ambition » parue en 2007 aux éditions du Moment, la journaliste Christine Kelly raconte pourquoi l’élève Fillon s’est fait renvoyer trois jours de son collège :
« Lors d’un devoir écrit, il emporte un jour avec lui une ampoule lacrymogène qu’il lâche dans la classe en pleine composition. Tous les élèves doivent alors évacuer d’urgence. François est sévèrement réprimandé. »
A l’époque, Fillon a encore de très bonnes notes, surtout en histoire-géo : Christine Kelly cite un de ses professeurs de troisième, qui dit que « c’est un élève modèle ». « Enfant précoce, François apprend avec une facilité déconcertante », ajoute la journaliste.
« MOINS DE DISSIPATION, PLUS DE MODESTIE »
Au lycée, ça se gâte. Aîné de sa famille, « François est un adolescent révolté », écrit sa biographe :
« Il se rebelle contre tout, contre l’école et contre ses parents. [...] Epris de liberté, François n’accepte pas facilement les remarques. Il n’aime pas non plus les critiques. »
Les bulletins parvenus à Rue89 confirment cette impression. Voici son premier, au début de sa seconde. On remarque que même le professeur de sa meilleure matière, l’histoire, estime qu’il ne travaille pas :
« Ensemble convenable. Doit pouvoir faire un élève sûr, s’il veut s’en donner la peine. »

Plus tard, en « appréciations générales » du premier trimestre de sa première (en section littéraire), on lit « moins de dissipation, plus de courage au travail, plus de modestie : le mélange serait meilleur, plus efficace ».

Appréciations sur François Fillon en classe de première, premier trimestre.
C’est le trimestre suivant, au printemps 1971, que François Fillon se fait renvoyer pour la seconde fois. Christine Kelly débute sa biographie du Premier ministre par cet épisode plutôt croquignolet.
EN TÊTE D’UNE MANIF CONTRE LA PROF D’ANGLAIS
Dans la cour de Sainte-Croix, les élèves manifestent pour réclamer le départ d’une professeur d’anglais, qu’ils jugent incompétente :
« “Démission !”, “Démission”, lit-on sur leurs banderoles improvisées. [...] En tête de cortège, un lycéen aux cheveux noirs, arrivé l’année précédente dans l’établissement, un certain François Fillon. Il est réputé pour être turbulent et insolent. »
Fillon est viré illico du lycée. Mais la manif continue, cette fois aux cris de « Libérez Fillon ! ». Le préfet de discipline finit par céder, en disant « Fillon est un bon garçon, soit, mais n’en faisons pas un martyr ».
Triomphant, le lycéen rebelle réintègre l’établissement. Mais le futur époux d’une Galloise ne progressera pas en anglais, alors que son niveau était « passable » en seconde. Avant la manifestation, sa prof disait : « Pourrait réussir avec un minimum d’efforts. » Après, c’est : « Niveau très insuffisant, aucun travail. » Puis, pour terminer l’année : « Aucun travail ; résultats alarmants. »
A la fin de sa première, en appréciations générales, François Fillon récolte un blâme (le pire niveau possible après « félicitations », « encouragements » et « avertissement »). Il passe tout de même en terminale, avec une appréciation très inquiète du directeur :
« Admis en classe supérieure, de justesse. En continuant ainsi, François est sûr d’un échec. »

Mais en terminale, les appréciations de Fillon sont de pire en pire, et pas seulement en anglais (il n’a plus le même professeur). Sauf en histoire-géo, il échoue partout, parce qu’il ne travaille pas.
En sport, les appréciations sont déplorables depuis la seconde, et les expressions du professeur de l’époque font sourire : sur un bulletin, il dit que François Fillon « manque de virilité »... Aujourd’hui, on dirait sans doute « tonicité ».
EN TERMINALE, « ÇA DEVIENT DANGEREUX »
Voici le bulletin du deuxième trimestre de terminale, qui se termine par une cinglante appréciation du directeur. C’est le relevé le plus salé de l’année, excepté le « bon travail » en histoire-géo : « Faible, bavard » en maths, « très faible » en anglais, « pourrait bien faire s’il participait davantage » en espagnol...

Mais François Fillon obtiendra tout de même son bac.
Un temps, il envisagera d’être journaliste, puis fera du droit jusqu’en troisième cycle, avant de rentrer dans le cabinet ministériel de Joël Le Theule, d’être élu député à 27 ans, et de faire la carrière que l’on sait. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CHURCHILL AUSSI, DIT-ON, ÉTAIT UN CANCRE… 
 
« Winston travaillait à l'école selon son bon plaisir et seulement dans les matières  les matières qu'il aimait. Le statut de cancre lui fut discerné avec les « honneurs » !
Il n'aimait pas l'école avec ses impératifs. Garnement rude, dissipé, insupportable, lamentable, bagarreur, crétin tels sont les qualificatifs de ce personnage, que rien ne prédispose au destin à venir. En juillet 1888, Henry Davidson, son maître d'internat dit de lui : « Il est si régulier dans son irrégularité que je ne sais vraiment que faire. »
A 9 ans, il dévore des classiques comme L'Île aux trésors, à 11 les romans d'aventure d'Haggard. Winston est doté d'une habileté, d'une dextérité et d'un mental exceptionnels, mais il cultive le principe du travail pour le plaisir.
Aussi, dès lors qu'on le force, il ne fait rien.
En dépit de sa petite taille - il ne mesure qu'1 mètre 66 - il gagne en 1889 le championnat de natation par équipe, à 17 ans des championnats d'escrime. Il met à mal ses adversaires, plus grands et plus expérimentés. Il apprend à monter à cheval sans selle, sans étrier, sans rênes. Il monte et descend d'un cheval au trot et devient en quelques semaines l'un des meilleurs cavalier de la fameuse Sandhurst royal military academy.

Winston Churchill possède un sens de la rhétorique doublé d'une empathie exceptionnelle, sa capacité à fédérer autant qu'à mobiliser autour de lui indique un talent interpersonnel remarquable. Ses qualités de pédagogue lui seront d'une formidable utilité pour se « faire comprendre » auprès des différents publics auxquels il s'adressera.
Son sens remarquable de la répartie, la puissance de ses discours forcent l’admiration.
Sa capacité de résilience, son extraordinaire confiance en lui, sa capacité à capitaliser les leçons issues de l'expérience, sa capacité à décider promptement sont autant d'indicateurs d'un talent intrapersonnel indéniable.
Son sens de l'observation des signaux faibles en fait un fin stratège. Il lui faudra maîtriser son impatience et ses élans d'énergie légendaires.
Enfin, sa mémoire, cultivée et entraînée avec discipline au quotidien, lui permet d'accumuler des milliers d'informations utiles qu'il mobilise avec une aisance indécente. Il fait taire pour l'éternité, les prédictions « qu'on » avait posé sur lui sans nuance dans son enfance.
Mémoire exceptionnelle (car travaillée sans relâche), pédagogie, sens du discours, empathie, sens des situations, sens du mouvement, perception du temps, qualités d'écriture issues de l'expérience, maîtrise de soi, capacité à décider promptement, telles sont les facultés de leader qu'a travaillé sans relâche dès sa plus jeune enfance Winston Churchill. » (Focus RH)
Fillon serait-il un Churchill au petit pied? Ses fans de droite en sont persuadés. Reste à savoir ce qu’en penseront les Français. 


« C'ÉTAIT DES CANCRES ! »
Hubert Prolongeau Le Point

« Je déteste mon enfance », avait-il coutume de dire. Quelle part ont eu ses mauvaises notes dans cette détestation ? Affublé d'une répétitrice, nul en chant, en gymnastique, en physique, médiocre en mathématiques, il obtient avec peine le certificat d'études et est refusé aux portes du lycée Condorcet. Alors il jette tout, renonce au baccalauréat et choisit sa voie royale, celle de la vie et de ses pièges. Il a été cancre ? Tant pis : il sera trafiquant, écrivain, ministre, génie. André Malraux était né. Combien sont-ils à avoir marqué leur époque et à avoir pourtant, enfant, peiné comme des malheureux face aux contraintes de l'école ? Honoré de Balzac est expulsé du collège à 14 ans, Jean Cocteau rate quatre fois le bac, le père de Winston Churchill lui écrit que « ses résultats scolaires sont une insulte à l'intelligence », François Truffaut court les rues et rate l'examen d'entrée en sixième, John Lennon échoue à son A-level et, dit un de ses bulletins, « passe son temps à inventer des remarques spirituelles ». Gustave Flaubert est turbulent et mauvais élève, Albert Einstein est lent et peine à apprendre par coeur... Jusqu'à Charlemagne, qui, avant d'inventer l'école, ne réussit à y maîtriser à peu près que « le francisque des Ripuaires », et à Louis XIV, qui fait s'arracher les cheveux à son précepteur, le digne abbé Hardouin de Péréfixe, qu'il baptisait « Préfixe » (« Encyclopédie des cancres », Jean-Bernard Pouy, Gallimard). Aujourd'hui aussi, beaucoup d'écrivains, de journalistes, d'acteurs, d'industriels ont ainsi rejeté une école qui le leur rendait bien. Il est devenu de bon ton de mettre en avant ces premières défaillances qui, par contraste, font d'autant mieux briller le lustre actuel. Ainsi Michel Drucker a-t-il baptisé son autobiographie « Mais qu'est-ce qu'on va faire de toi ? » (Robert Laffont), et Antoine Riboud la sienne « Le dernier de la classe » (Grasset). Sous-entendu : regardez comme j'ai bien fait mentir les prédictions. Et qui ne se souvient de ce cliché des souvenirs d'enfance qui, de Pagnol à Sabatier en passant par Cavanna, fait de la déchéance scolaire une délicieuse péripétie ? Aujourd'hui pourtant, Daniel Pennac, avec « Chagrin d'école » (Gallimard), l'un des succès du moment, vient de remettre en avant la souffrance que sont aussi pour le cancre ces débuts de vie dans la médiocrité.
Philippe Bouvard passera trois fois le bac, puis arrivera au tout jeune CFJ, Centre de formation des journalistes. Là, quand il y a un article à faire, il en écrit quatre versions et les vend à ses camarades moins talentueux mais plus fortunés, ce qui lui vaudra une nouvelle expulsion. Il s'épuisera en petits boulots (vendeur d'encyclopédies, de lunettes chez Lissac...) avant de pouvoir débuter au Figaro , où un coup d'éclat lui mettra le pied à l'étrier.
« N'avoir aucun diplôme m'a gêné culturellement. Aujourd'hui encore, je vis entouré de dictionnaires et d'encyclopédies. »

samedi 26 novembre 2016

Le fritkot, futur chef-d'oeuvre de l'Unesco?


LA LIBRE BELGIQUE 


La culture belge du "fritkot" poursuit son petit bonhomme de chemin en vue d’une reconnaissance mondiale.
La culture du "fritkot" est désormais reconnue comme chef-d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), a indiqué la ministre de la Culture Alda Greoli, mercredi. Une étape primordiale en vue d’acquérir une reconnaissance à l’Unesco puisque ce patrimoine doit d’abord être reconnu par les trois communautés du pays. La ministre a précisé qu’à présent, seule la Communauté germanophone doit encore reconnaître la culture du "fritkot".
Une campagne mettra prochainement en avant le savoir-faire wallon, au travers d’un logo "Friterie de chez nous" permettant aux consommateurs d’identifier les friteries "traditionnelles et authentiques". L’utilisation de pommes de terre fraîches de Wallonie et la vente de frites en cornet ou en barquette à emporter font partie des critères d’attribution de ce logo. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
C’EST AFFLIGEANT 

Entre Namur, capitale officielle de la Wallonie, et Givet, première ville française, j’ai compté une friterie tous les cinq kilomètres. Aucun commerce, hormis peut-être les pharmacies et les officines de bien être ne compte autant d’enseignes.
La friterie, temple de la mal bouffe, serait-elle en voie de devenir l’image emblématique de la Wallonie ? En Flandre, il y aurait au moins autant de friteries que d’églises. On a les chef d’œuvres qu’on mérite.
MG

vendredi 25 novembre 2016

"APRÈS LES ESCARMOUCHES, LES FLEURETS MOUCHETÉS".


Le Soir
La presse de vendredi salue la bonne tenue du débat d'entre-deux-tours de la primaire de droite au cours duquel François Fillon et Alain Juppé se sont affrontés "à la loyale".
"Après une semaine de violentes polémiques, où l'on a cru un moment qu'ils n'appartenaient plus au même camp, le débat entre François Fillon et Alain Juppé aura permis d'apaiser les tensions", commente un brin soulagé Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro.
"François Fillon et Alain Juppé ont privilégié le fond... avec de petites tensions", titre Le Parisien/Aujourd'hui en France. "Après les escarmouches, les fleurets mouchetés", résume Yann Marec dans Le Midi libre.
Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Pascal Coquis constate qu'"après avoir joué les tontons flingueurs tout au long de la semaine afin de faire de son adversaire un épouvantail pour les centristes et les électeurs de gauche, Alain Juppé avait rangé la sulfateuse".
PROGRAMME CONTRE PROGRAMME
Pour L'Alsace et son éditorialiste Laurent Bodin, "vu le niveau de tension à droite depuis la victoire surprise, dimanche, de François Fillon, devançant largement Alain Juppé, le débat d'entre-deux tours de la primaire aurait pu tourner au pugilat. Il n'en a rien été".
"Le combat de rue que certains attendaient ou espéraient n'a pas eu lieu. François Fillon et Alain Juppé se sont affrontés à la loyale pratiquement de bout en bout", estime Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.
Conséquence : "ce que le débat a perdu en +peps+, il l'a sans doute gagné en pédagogie", estime Michel Klekowicki dans Le Républicain lorrain.
Les deux candidats ont joué "programme contre programme (...) sans franchir la ligne rouge de l'agressivité", selon Jean-Marcel Bouguereau de La République des Pyrénées.
"C'est bien sur l'économique et le social qu'on a pu observer une dynamique des échanges et la vraie différence entre les deux projets : d'un côté un projet très libéral, de l'autre un projet social libéral. Tout dépend alors du dosage", explique Bernard Stephan dans La Montagne/Centre France.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAS UN MOT SUR L’EUROPE ET L’INTERCULTUREL CONNAISSENT PAS… 

Fillon plus assertif, plus radical, le poil plus noir, oeil vif et voix chaude. Le chef de meute face au vieux sage modéré à la paupière tombante. Faites vos jeux.
MG 

CERTES, ON A EU DROIT À UN DÉBAT TECHNIQUE ET À DES CHIFFRES. Pour le reste, à chaque tentative de mettre de l’instabilité dans le déroulement de leurs propositions, les journalistes se sont vu opposer un procès en caricature. Moyen efficace pour reprendre la parole, éviter de répondre et re-dérouler ses idées. «Nous voulons structurer le débat», a tenté Gilles Bouleau en cours d’émission. Perdu, ils n’ont jamais eu la main, ce sont les candidats qui ont donné le tempo du débat à la fin. C’est exactement là où voulait en venir François Fillon. Lors des débats précédents, il s’était plaint des relances des animateurs qui ne lui permettaient pas de s’exprimer comme il l’entendait et qui cherchaient plutôt à faire s’affronter les candidats entre eux. Alain Juppé avait besoin d’un affrontement encore plus direct. L’organisation et la mise en scène, ajoutées à la stratégie de François Fillon de le tenir à distance, ne lui ont pas facilité la tâche. (Libé) 

PRÉSIDENTIELLES : VERS LA FIN DU CULTE DU « CHEF CHARISMATIQUE » ?
Marianne
« Et si les Français étaient en train d’abandonner le « culte du chef et de la personnalité », pour les présidentielles, au profit du vote pour les contenus des programmes ? »
(…)François Fillon, à qui il était reproché d’être trop « terne », a séduit parce qu'il était le seul à présenter un programme cohérent, même s'il est archi-libéral et carrément thatchérien, plus libéral que celui de tous les autres candidats, plus libéral que la majorité des Français, et même que la majorité des électeurs de droite. Après 5 ans de Hollande, je crois que les Français sont surtout demandeurs de cohérence entre la politique menée et le discours tenu, même si cette politique ne leur plaît pas - ce qui aura tellement manqué à Hollande. Je crois qu'il y a une forte demande d'un président qui sait et dit où il va (même si là où il va ne plaît pas tellement aux Français) , après un quinquennat d'une politique de Hollande non assumée par des discours à la limite du surréalisme («Ça va mieux» «Je n'ai pas eu de bol».); et puis, il y a des choses très positives dans le programme de Fillon, comme le retour à 75 % d'électricité d'origine nucléaire, et la rupture avec l'atlantisme inconditionnel par le  rapprochement diplomatique qu'il prône avec la Russie; tout comme le fait d'avoir compris que le mariage homosexuel (sur lequel il ne reviendra d'ailleurs pas) est une cause qui a mobilisé les médias, mais très peu les Français.
Alors, un revirement dans lesquels « les chefs » compteraient moins que la cohérence et la crédibilité de leurs propositions ?


Chez les socialistes, il apparaît, de même, que leur « chef naturel », le président de la République en exercice François Hollande, ne semble pas le mieux placé pour pouvoir espérer figurer au deuxième tour de la présidentielle ( sans même parler du leader du parti, Jean-Christophe Cambadélis, dont personne n’imagine qu’il pourrait être candidat- et ne parlons pas de son prédécesseur, Harlem Désir) ; les seuls crédibles sont Manuel Valls, pour une politique économiquement blairiste et sécuritairement musclée, et Arnaud Montebourg, pour une ligne souverainiste et volontariste de réindustrialisation du pays : dans ces deux derniers cas, des lignes différentes, mais, comme celle de François Fillon, cohérentes et faciles à comprendre.
Si cette hypothèse est vraie, il faut en tirer un certain nombre de conclusions :
Pour l'emporter dimanche prochain aux primaires de la droite, Alain Juppé devra trouver cette semaine autre chose qu'un discours anti-Fillon et anti-«ultralibéral » (discours négatif) : il devra tenter d'expliquer, cette semaine, pourquoi son programme est le meilleur (discours positif) : ce ne sera pas facile, mais ce n'est pas impossible ;
(…)  Mélenchon, dont toute la candidature est basée sur sa personnalité (que serait son mouvement des Insoumis sans lui?) Ses propositions cuvée 2017 comme l’explique Chevènement sur son blog «sont des thèses obscurantistes ». Mélanchon est resté un homme du XXème siècle.
Post-Scriptum : Bien sûr, le programme du Conseil National de la Résistance, vieux de plus de 70 ans, n'est plus adapté au monde d'aujourd'hui; mais il est paradoxal que ce soit François Fillon, longtemps étiqueté comme « gaulliste social », qui vienne lui porter le coup de grâce... 

AU DUEL DE LA PRIMAIRE, FILLON ACCUSE LES JOURNALISTES DE TOUT "CARICATURER"
La Libre Belgique
(…)Là où il y avait le plus d'ambiance, c'était entre François Fillon et les journalistes chargés de l'interroger. Chantonnant la rengaine des "médias pourris" qu'il a lui-même écrite lors du dernier débat à sept, Fillon ne cesse d'accuser Gilles Bouleau (TF1) et Alexandra Bensaid (France Inter) de caricatures, reprochant la formulation même des questions posées.
(…)"Gardez les caricatures pour vous", s'emporte alors Fillon, qui, une fois n'est pas coutume, sourit sans cesse.

ÉDITORIAL : «AU-DELÀ DES RÉFORMES…»
PAR PAUL-HENRI DU LIMBERT
Le Figaro
(…)Sur le fond, les deux anciens premiers ministres ont une nouvelle fois démontré qu'ils avaient a priori la même vision des choses et, pour l'essentiel, des projets presque similaires. L'un comme l'autre constatent qu'après le quinquennat Hollande, il faudra tout reconstruire. En s'autorisant - fait remarquable - des mesures draconiennes que la droite n'a jamais osé défendre dans un passé récent. C'est surtout vrai en matière économique et sociale, où l'on cherche en vain des différences majeures. Chez l'un comme chez l'autre, la direction est la même: il s'agit de remettre à plat un cycle infernal où des dépenses nouvelles engendrent une dette infernale qu'on tente, en vain, de colmater, par des prélèvements toujours plus élevés. Sur le plan sociétal, sécuritaire, éducatif, migratoire, les différences existent, mais elles ne sont pas majeures.
Cela suffit-il pour dire que François Fillon et Alain Juppé, c'est bonnet blanc et blanc bonnet? Non. Car leurs mots ne sont pas les mêmes et dénotent une différence de sensibilité. Quand Alain Juppé souhaite des réformes «sans brutalité», évoque «une France apaisée» et défend sa vision de «l'identité heureuse», François Fillon insiste d'abord sur la «colère» et «l'exaspération» des Français. Il défend une vision plus radicale du changement, qui implique, au-delà des réformes, de reconsidérer intellectuellement le modèle français, notamment sa vocation égalitariste et «multiculturelle». Et il perçoit dans chaque critique, même nuancée, qu'Alain Juppé adresse à son programme la preuve que le maire de Bordeaux «ne veut pas vraiment changer les choses». Pour François Fillon, ce qui se joue dimanche prochain, n'est ni plus ni moins qu'une «bataille idéologique» dont l'enjeu consiste, pour la droite française, à redevenir ce qu'elle n'est plus depuis longtemps. Si l'on en juge par les résultats du premier tour, c'est aussi l'avis des électeurs.


jeudi 24 novembre 2016

Trump nomme Betsy DeVos à l’éducation, les enseignants fulminent


Le Soir
La Républicaine de 58 ans est une farouche partisane de l’« école libre ». 


• © Reuters
Donald Trump a nommé mercredi Betsy DeVos, une richissime philanthrope conservatrice et farouche partisane du droit à choisir entre école publique, privée ou enseignement à la maison, pour diriger le ministère de l’Éducation.
« Sous sa direction nous allons réformer le système scolaire américain et supprimer la bureaucratie qui handicape nos enfants, afin que nous puissions offrir une éducation et un choix d’écoles de niveau mondial à toutes les familles », a déclaré le président élu des États-Unis dans le communiqué annonçant la nomination de cette ardente républicaine de 58 ans. Sa nomination doit être approuvée par le Sénat, où les républicains sont majoritaires.
Mme DeVos a dit être honorée d’avoir été choisie « pour redonner à l’éducation américaine sa grandeur », un jeu de mot sur le slogan de campagne du magnat de l’immobilier : « Make America Great Again ». « Le statu quo n’est pas acceptable dans l’éducation », a-t-elle ajouté.
HOSTILE À L’ÉCOLE PUBLIQUE
« Trump a choisi la candidate la plus idéologue et hostile à l’école publique depuis la création du ministère de l’Éducation », a pour sa part fulminé sur Twitter Randi Weingarten, la présidente du syndicat American Federation of Teachers.
Lily Eskelsen Garcia, qui dirige un autre grand syndicat d’enseignants, la National Éducation Association, a, elle, estimé dans un communiqué que l’approche de la future ministre ne « faisait rien pour aider nos étudiants les plus vulnérables tout en ignorant ou exacerbant les fossés flagrants qui existent dans les opportunités »offertes aux jeunes.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA DEMOCRATIE AMERICAINE

Selon le Vif, Hillary Clinton aurait « remporté 2 millions de voix de plus que son rival Donald Trump à la présidentielle américaine du 8 novembre, qui a cependant été remportée par le républicain en nombre de grands électeurs. » Cette avance de 1,5 point de pourcentage de la candidate démocrate, selon les experts du Cook Political Report,  ne change rien au résultat de l'élection, scrutin indirect à un tour. Donald Trump a remporté 290 grands électeurs contre 232 pour la démocrate, qui a concédé sa défaite. On commence à peine à mesurer les conséquences hallucinantes de cette défaite démocrate. « Trump a choisi la candidate la plus idéologue et hostile à l’école publique depuis la création du ministère de l’Éducation ».
C'est la deuxième fois au XXIe siècle qu'un démocrate remporte le nombre de voix mais perd l'élection. En 2000, le vice-président Al Gore a perdu face à George W. Bush même s'il devançait son rival de près de 544.000 voix. Aux Etats-Unis, c'est le nombre de grands électeurs, attribué dans chacun des 50 Etats et dont le nombre varie en fonction de la population, qui détermine la victoire finale.
Ce système singulier nous a valu un W Bush va-t-en guerre à la place d’un Al Gore champion de la cause climatique. On mesure la différence. Cette fois, c’est apparemment bien pire : wait and see. L’imprévisible est aux manettes, lisez plutôt ce qui suit.
MG


SURPRENANT ET INQUIÉTANT.
10 choses à savoir sur Jared Kushner, le gendre qui murmure à l’oreille de Trump
Redaction 1dex (PAR L’OBS [VIA L’IMPORTANT])


LE TRÈS DISCRET MARI D’IVANKA TRUMP, FILLE AÎNÉE DU PRÉSIDENT-ÉLU, A UNE INFLUENCE CROISSANTE DANS LA NOUVELLE ÉQUIPE DE TRANSITION.
Lors de la campagne du candidat républicain, Jared Kushner était la tête pensante de Donald Trump. Désormais, il est celui qui murmure à l’oreille du président-élu des Etats-Unis. Gendre de l’homme d’affaires, mari d’Ivanka Trump, Jared Kushner, 35 ans seulement, est devenu l’une des personnalités les plus influentes du futur système Trump à la Maison-Blanche. Selon la presse américaine, même les deux principaux conseillers de Donald Trump, Steve Bannon, chef de la stratégie, et Reince Priebus, secrétaire général, doivent avoir l’approbation de Jared Kushner avant toute proposition ou initiative.
Fuyant les projecteurs, effacé et calme – à la limite de la timidité, disent certains -, à l’opposé de la personnalité sulfureuse de son beau-père, il est apparu plus fréquemment sur le devant de la scène depuis l’élection du 8 novembre. On l’a vu, élégant, policé, physique de jeune premier, lors de la rencontre entre Donald Trump et Barack Obama, mais aussi lors de la visite du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à la Trump Tower.
Il figure parmi les happy fews qui entourent quotidiennement Donald Trump dans son bureau du 26e étage pour composer l’équipe de transition. Le milliardaire aurait confié, à propos de Jared Kushner, qu’il était « une version de lui-même en plus jeune ».
Au départ, Jared Kushner n’est apparu qu’épisodiquement au bras de sa femme au détour d’un meeting ou deux. Il s’est investi une première fois dans la campagne en élaborant le discours de son beau-père prononcé en mars devant le lobby pro-israélien AIPAC. Devant un auditoire sceptique quant à sa volonté de protéger Israël, Donald Trump avait utilisé un téléprompteur pour la première fois. « Le discours n’était pas particulièrement bon ou intéressant », souligne Vox, mais a été bien accueilli dans la salle. Une gageure pour un public qui n’était pas acquis à sa cause.
Au fur et à mesure de son implication dans d’autres discours clés, Jared Kushner a pris du galon et s’est vu confier la campagne digitale du candidat. « J’ai appelé mes amis de la Silicon Valley, parmi les meilleurs en communication digitale. Ils m’ont donné les contacts de leurs sous-traitants, » raconte Jared Kushner, dans une rare interview à « Forbes« . Le gendre de Donald Trump a mis en place une vaste base de données de supporters et élaboré des techniques perfectionnées de micro-ciblage sur les réseaux sociaux.
Il l’a également aidé à s’adapter à la réalité des collectes de fonds.
FAISEUR DE ROIS
Il serait à l’origine du renvoi de deux importants et proches conseillers du candidat : Paul Manafort et Corey Lewandowski. C’est également lui qui aurait conseillé à son beau-père de prendre Mike Pence comme colistier à la place de certains fidèles de la première heure qui étaient sur les rangs. Plus récemment, il aurait été à l’initiative de l’éviction brutale du gouverneur du New Jersey, Chris Christie, de l’équipe de transition.
Ce dernier avait poursuivi son père en 2004 pour évasion fiscale lorsqu’il était procureur du New Jersey. Plus qu’une revanche personnelle, Jared Kushner a, semble-t-il, craint que l’affaire de corruption, dite du « Bridgegate », dans laquelle Chris Christie est cité, ne porte préjudice au futur président. Le haut conseiller à la Sécurité nationale, le très traditionnel Mike Rogers, un temps pressenti pour diriger l’équipe de transition à la place de Mike Pence, aurait fait les frais de sa proximité avec Chris Christie et a été, lui aussi, mis de côté.
LE COMTE DE MONTE-CRISTO
Le roman d’Alexandre Dumas, qui raconte l’histoire d’un homme innocent emprisonné cherchant à se venger contre les personnes qui lui ont fait du tort à sa libération, figurerait au top de sa liste de livres préférés, écrit le « New York Times ». La légende voudrait que la famille Kushner ait été, comme le personnage du livre, Edmond Dantès, dans le registre de la vengeance pour gérer ses affaires et que l’affaire Chris Christie en serait l’exemple.
IVANKA
Jared Kushner s’est marié à Ivanka Trump en 2009 après que cette dernière s’est convertie pour lui au judaïsme. Le jeune couple fréquente les cercles mondains de Manhattan et réside dans un loft de Park Avenue. Selon « Vanity Fair », c’est grâce à son amie Wendi Deng Murdoch, ex-épouse du magnat des médias, Rupert Murdoch, que la fille Trump a rencontré son futur mari. Le couple, parents de trois enfants, s’attache particulièrement à donner l’image du couple parfait sur les réseaux sociaux.
MAUVAIS ÉLÈVE
Jared Kushner a grandi à Livingston (New Jersey) dans une famille aisée et démocrate proche de plusieurs responsables politiques à qui elle a fait de larges dons financiers. Après avoir été scolarisé dans une école privée juive à Livingston, il est passé par Harvard, en dépit de ses mauvaises notes. Daniel Golden, journaliste à ProPublica, a révélé dans une enquête que le père de Jared a fait une donation de 2,5 millions de dollars en 1998 qui aurait ouvert les portes de la prestigieuse université à son fils. Jared Kuschner a ensuite étudié à l’université de New York, où il a obtenu un MBA et un diplôme en droit.
GRATTE-CIEL
Comme son beau-père, Jared Kuschner a fait fortune dans l’immobilier. Il s’est très tôt impliqué dans les affaires de son père, Charles, (autre point commun avec Donald Trump), la Kushner Companies. Il s’est retrouvé en première ligne de la prospère entreprise familiale après que son père a été envoyé en prison pendant 18 mois, accusé de fraude fiscale et de subornation de témoin. Ironie du sort, c’est Chris Christie, soutien de Donald Trump, alors procureur général du New Jersey, qui avait engagé les poursuites. Dans un effort pour réhabiliter le nom de la famille et remonter la pente, Jared Kushner a largement investi dans l’immobilier à Manhattan (comme Donald Trump encore).
L’une de ses plus grosses prises fut l’achat d’un gratte-ciel dans le Midtown Manhattan, au 666 Fifth Avenue (pas très loin de la Trump Tower) pour 1,8 milliard de dollars. Un prix record pour un immeuble de bureau à New York. Après quelques difficultés lors de la crise de 2008, les affaires de Jared Kushner vont mieux. « Jared a réussi dans l’immobilier, mais je pense qu’il aime la politique plus que l’immobilier », dit de lui Donald Trump.
« THE NEW YORK OBSERVER »
Sa fortune personnelle lui a permis d’acquérir le journal conservateur « The New York Observer » en 2006 (il n’avait alors que 25 ans), pour la somme de 10 millions de dollars. Selon la BBC, ses relations avec les différents rédacteurs en chef ont été houleuses : en sept ans, six responsables se sont succédé à la tête de la rédaction. Le journal a basculé cette année dans le tout numérique. Jared Kushner, qui s’est rapproché de Rupert Murdoch, assure qu’il préservera son indépendance, comme il l’a fait, dit-il, dans le domaine de l’immobilier. « The Observer » fut l’un des rares titres à avoir soutenu Donald Trump.
INEXPÉRIMENTÉ
Autre point commun avec le président-élu américain : son manque total d’expérience en politique. Il a expliqué, cité par le « New York Times », qu’il lui suffisait d’écouter le niveau sonore des applaudissement des supporters pour mesurer leur adhésion. Dans un éditorial dans « The Observer », il comparait l’exercice du pouvoir au management d’une entreprise :
« L’administration est composée de plusieurs strates pour éviter les erreurs. Le problème c’est que cela coûte beaucoup et que ça ne produit pas grand-chose. Dans les affaires, nous donnons le pouvoir à des gens intelligents pour faire le job et on leur donne toute la latitude pour y arriver. »
HOLOCAUSTE
Petit-fils de survivants polonais de la Shoah, juif pratiquant, Jared Kushner a dû défendre son beau-père, accusé d’antisémitisme après avoir tweeté une image d’Hillary Clinton sur fond de billets de banque, accompagnée d’une étoile de David. Il a assuré dans une lettre ouverte publiée dans son journal que Donald Trump était une « personne incroyablement aimante et tolérante ». Il a également rejeté les critiques contre Steve Bannon, considéré comme un porte-voix de l' »Alt-Right », mouvement qui véhicule des thèses racistes et antisémites.
Par ailleurs, Jared Kushner, dont la famille entretient de très bonnes relations avec des responsables politiques israéliens et avec l’AIPAC, pourrait jouer un rôle dans d’éventuels pourparlers de paix au Proche-Orient, estime Donald Trump. Jared Kushner avait essayé d’organiser une rencontre entre le candidat et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, avant que le projet ne soit abandonné.
Steve Bannon, l’inquiétant bras-droit de Donald Trump
CONFLIT D’INTÉRÊTS
La constitution américaine, si elle interdit qu’un proche du président n’occupe un poste actif dans le gouvernement afin d’éviter toute forme de népotisme, ne dit rien sur la possibilité que ledit proche soit conseiller. Selon la presse américaine, Jared Kushner chercherait à contourner la loi pour avoir la possibilité d’entrer dans l’administration de son beau-père et ainsi avoir accès aux briefings de sécurité quotidien à la Maison-Blanche.
Sarah Diffalah


ACCUSÉE DE CONFLITS D'INTÉRÊT, IVANKA TRUMP ENTEND SÉPARER SON BUSINESS DE SES PRISES DE POSITION
Le Vif
Source: Belga



Accusée de conflits d'intérêt, la fille du futur président américain Donald Trump, Ivanka, semble désormais vouloir mettre une séparation entre ses affaires et ses prises de position, en commençant par ses comptes sur les réseaux sociaux.
Ivanka Trump au jeu du "C'est pas moi c'est lui" © Reuters
Dans une "lettre" postée mardi sur ses comptes Instagram et Twitter, elle explique qu'elle utilisera désormais deux comptes séparés. @IvankaTrumpHQ pour tout ce qui touche à ses marques de vêtements et bijoux et la façon dont elle les a toujours promues en écrivant sur les femmes qui jonglent entre travail et famille.
Son compte existant, @IvankaTrump, suivi par quelque 2,4 millions de personnes, sera désormais son compte "personnel". La lettre-communiqué souligne que cette séparation doit permettre aux sociétés au nom de la fille du président élu de rester complètement apolitique, tandis que le compte "personnel" permettra à Ivanka de mettre en avant ses points de vue.
Ivanka Trump est appelée à gérer, avec ses frères, la fortune et les affaires de son père pendant le mandat de ce dernier à la Maison Blanche. Déjà très présente pendant la campagne, elle est apparue depuis l'élection plus incontournable encore, assise au côté du Premier ministre japonais Shinzo Abe lors de sa rencontre avec le président élu jeudi dernier, provoquant un tollé chez les démocrates qui ont crié au conflit d'intérêt.
Elle a aussi participé la semaine dernière à une conversation téléphonique avec le président argentin Mauricio Macri. Le chef de la diplomatie argentine a cependant assuré que M. Macri et elle n'avaient parlé que de "banalités". Et qu'aucune discussion n'avait eu lieu sur une tour que voudrait construire Donald Trump dans la capitale argentine, contrairement à ce qu'avait rapporté un influent journaliste argentin.
Au point que certains médias américains l'ont surnommée "Première dame", la femme de Donald Trump, Melania, étant elle beaucoup plus discrète. Le mari d'Ivanka, Jared Kushner, absent des réseaux sociaux, est présenté lui depuis quelques jours comme l'éminence grise de son beau-père. Même si aucun poste officiel ne lui a été encore attribué, Donald Trump a indiqué mardi au New York Times qu'il le verrait bien l'aider à essayer de faire la paix entre Israéliens et Palestiniens.

mercredi 23 novembre 2016

Isabelle Juppé : "Je suis venue vous dire pourquoi je fais confiance à Alain"

Par Marion Galy-Ramounot Le Figaro


C'est une ultra-discrète toujours restée dans l'ombre de son mari. Elle a pris le micro pour la première fois dans un meeting d'Alain Juppé, mardi soir à Toulouse.
Il est 19h05 à Toulouse. Pour la première fois depuis le début de la campagne de la primaire de la droite, Isabelle Juppé, l'épouse d'Alain Juppé, monte sur scène pour porter la voix de son favori. Elle arrive sobrement. Discrètement aussi, ne laissant pas les applaudissements durer trop longtemps. « Je n'ai pas l'habitude de faire des discours, j'ai plutôt l'habitude de les écouter », commence-t-elle d'une voix douce, de celles qui n'ont pas été éraillées par la politique, avant de poser ses coudes sur le pupitre, et de se rapprocher de son public. « Je suis venue vous exposer mes raisons à moi, vous dire pourquoi je fais confiance à Alain pour diriger notre pays. Pourquoi je le fais en tant que femme. » Une femme qui n'est pas que la femme du finaliste à la primaire de la droite, qui n'est pas que « celle qui partage sa vie depuis 25 ans ».
"MOI AUSSI, JE SUIS INQUIÈTE POUR MES ENFANTS"
Une femme qui vient avec trois raisons, ce mardi, de défendre la candidature de son époux. « La première chose, c'est qu'il me rassure, il me rassure dans ce monde de plus en plus turbulent, tourmenté, dangereux, dans cette société de plus en plus fragmentée. Moi aussi, je suis inquiète pour mes enfants, nos enfants, vos enfants. » Elle qui a deux grands d'un premier mariage, et qui est la mère de Clara, née en 1995 de son union avec Alain Juppé. « Face aux menaces, face au danger, Alain sait garder la tête froide et faire preuve de courage », poursuit-elle, se tenant droite, à présent, devant son pupitre. « Dans les moments graves, il fait primer la raison sur l'émotion, ce qui est assez rare ces temps-ci. »
« La deuxième chose, c'est qu'il me redonne le goût de la politique. Ce goût de la chose publique, que nous avions tous un peu perdu. Avec toujours cette même façon de faire, très simple : d'abord il écoute, beaucoup, puis il décide, tranche avec courage souvent, et enfin il rénove, et ce dans tous les domaines. Pourquoi ce qu'il a fait à Bordeaux, il ne le ferait pas pour la France ? » La salle Jean Mermoz de Toulouse, sans doute bien armée de Bordelais, est en liesse. « Dans cette campagne, on lui a souvent dit que Bordeaux n'était pas la France. Ce qui est sûr, c'est que s'il avait échoué à Bordeaux, ce serait mauvais signe pour notre pays. »
"ALAIN EST AUSSI CAPABLE D'ÉMOTION ET DE PASSION"
« Alain me donne envie de croire en la socété moderne qu'il est en train de préparer, continue celle qui nous confiait, deux jours avant le premier tour de la primaire, « aimer aborder avec lui les sujets qui (lui) tiennent à cœur, l'écologie, le numérique, l'égalité entre les hommes et les femmes ». « Il a vu avant tous les autres les grands défis qui nous attendent, s'affirme-telle un peu plus sur la scène toulousaine. La sauvegarde et la protection de la planète, la maîtrise de la révolution numérique, et enfin le rôle central que vont jouer les femmes dans ce nouveau monde. Et là encore, Bordeaux a été un laboratoire d'expérimentation extraordinaire. »
Pour une première performance en direct, devant des milliers d'électeurs, Isabelle Juppé se débrouille bien, très bien. À la fin de son discours d'épouse, Jean-Pierre Raffarin la remerciera d'ailleurs chaudement : « Merci Isabelle Juppé, tu nous a donnés un des plus beaux moments de la campagne ». Elle, conclura sa prise de parole en parlant de passion. « Pendant ces deux ans de campagne, Alain a sillonné la France, a rencontré des centaines et des centaines d'hommes et de femmes. Il m'a raconté ce qu'il a vu, le désarroi, la méfiance, la souffrance... Mais aussi une envie de rebondir, une énergie incroyable, un esprit d'entreprendre. Il a vu un élan incroyable de générosité et une solidarité insoupçonnée. Ça lui faisait briller les yeux d'émotion et de passion. Parce qu'il est aussi capable d'émotion et de passion. Alain a gardé cette capacité d'émerveillement pour la France. » Et de quitter la scène, aussi vite et discrètement qu'elle l'a prise, quelques minutes auparavant, en lâchant un délicat « Merci », très souriant.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA DROITE SE DECHIRE

En se déchirant entre les deux tours, la droite française affaiblit considérablement son impact.
Le peuple de droite entend virer à droite toute. L’effet Fillon semble irrésistible. Il ne l’est peut–être pas. Mais pour cela il faudrait que les électeurs de gauche se mobilisent en masse pour exprimer leur confiance en Alain Juppé plus susceptible de fédérer l’électorat français contre « mister Thatcher » qui plait à droite mais dont le programme et les remèdes de cheval risquent de hérisser le peuple de gauche,  voire  d’ouvrir à Marine Le Pen les portes de l’Elysée. Isabelle Juppé dit cela avec des mots de velours. Puisse son message fort faire un buzz sur les réseaux sociaux.
MG
 

Pacte d’excellence: vers la fusion de l’enseignement technique et professionnel


Eric Burgraff Le Soir


Marie-Martine Schyns, ministre de l’Education, annonce au «Soir» la création d’une filière unique dans le qualifiant. 


Sur la maternelle, Marie-Martine Schyns veut «tendre vers une obligation de fréquentation». © Le Soir 

Le pacte d’excellence de l’enseignement francophone arrive dans sa phase finale. Lancé à l’été 2014, il atterrira d’ici quelques semaines. « C’est plutôt un décollage », défend Marie-Martine Schyns, ministre de l’Education dans son interview au Soir.
L’humaniste tranche d’ores et déjà certaines des questions abordées par les groupes de travail qui ont planché sur la grande réforme. Et donne ses priorités : « L’aide aux directeurs, l’investissement dans l’enseignement maternel, le retour aux savoirs et la création d’une filière unique dans l’enseignement qualifiant. » Sur ce dernier point, elle précise : « Les filières technique et professionnelle disparaîtront au bénéfice d’une filière unique orientée “qualifiant », annonce-t-elle. Par le biais de stages, d’une immersion et de l’alternance, «  un lien progressif sera fait avec le monde de l’entreprise ».
Sur la maternelle, Marie-Martine Schyns veut « tendre vers une obligation de fréquentation ». Tout en pointant une difficulté : seul le fédéral peut abaisser l’âge de l’obligation scolaire. Elle a donc envisagé une alternative, « un décret qui rendrait obligatoire la fréquentation d’un minimum de demi-journées en maternelle pour valider une inscription en première primaire. » 


FRANÇOISE BERTIEAUX (MR): "LE PS ET LES SYNDICATS ONT MIS LA MAIN SUR LE PACTE D'EXCELLENCE"
BOSCO D'OTREPPE  La Libre Belgique


La cheffe de groupe MR au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Françoise Bertieaux, le précise d’entrée de jeu : elle considère le travail réalisé par les acteurs du Pacte comme étant "remarquable". Mais cela l’inquiète encore plus pour la suite, ajoute-t-elle dans la foulée, "tant je n’ai pas l’impression que le gouvernement se donne les moyens de respecter le travail réalisé".
DES ERREURS MÉTHODOLOGIQUES
Ce qui tracasse avant tout la libérale, c’est l’analyse qu’elle fait du budget 2017 de la Fédération. "Ce budget prévoit 465 millions d’euros de dépenses nouvelles , explique-t-elle . Or, parmi celles-ci, seuls 21 millions sont destinés au Pacte. C’est un montant ridicule au vu des besoins qu’occasionnera une bonne mise en œuvre de ce Pacte. D’autant que ces millions risquent d’être alloués en partie à une agence de communication qui devra orchestrer la publicité du Pacte."
Mais la parlementaire va encore plus loin dans ses critiques et pointe la méthodologie employée par le gouvernement.
"Si l’on veut assurer la réussite de la réforme, il faut d’abord impliquer les acteurs en leur offrant plus d’autonomie, plus de responsabilités, et en assurant une vraie contractualisation avec eux en fonction des objectifs fixés. Le bureau d’études McKinsey est le premier à dire qu’il s’agit là d’une condition indispensable à toute réforme réussie. Je souhaite que le gouvernement soit plus proactif pour assurer ce mode de gouvernance avant toute chose. Le deuxième élément qui sera indispensable à la réussite du Pacte est de revoir en priorité la formation initiale des enseignants. Or, force est de constater que l’on n’avance pas en la matière, et que Jean-Claude Marcourt, le ministre socialiste en charge du dossier, tourne en rond. Comment voulez-vous par exemple que l’on favorise les remédiations, si l’on n’a pas formé les profs en la matière ? Enfin, je souhaite que l’on avance dans l’ordre et que l’on mette la priorité sur les mesures qui concernent le maternel et le fondamental, avant de penser au secondaire. Ce n’est pas le cas actuellement."
GARDER LES MAINS LIBRES
P our Françoise Bertieaux, une des grandes qualités du Pacte est de proposer une réforme globale et systémique. " Mais le gouvernement ne nous rassure pas. Il ne travaille pas dans l’ordre et j’ai même l’impression que le PS va utiliser le Pacte pour faire avancer une ou deux mesures symboliques. Regardez le tronc commun : on veut l’imposer sans l’avoir préparé. Or, il s’agit d’une mesure idéologique souhaitée depuis des années par le PS. J’observe d’ailleurs que ce dernier parle au nom du Pacte et a repris la main sur les 21 millions qui lui seront consacrés. Les syndicats ont pu par ailleurs faire en sorte que McKinsey ne soit pas présent à Waterloo. Tout cela m’inquiète. Je répète donc que jamais nous ne signerons le programme du PS et que si l’esprit du Pacte est trahi, nous nous sentirons très libres de ne pas nous y lier.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
FAIRE REVENIR LA CONFIANCE MAIS COMMENT ?

« Le moteur de la réussite du Pacte pour un enseignement d’excellence sera la confiance accordée au terrain. » Anne François, conseillère psychopédagogique
« Si nos gouvernants ne prennent pas les mesures indispensables pour recréer cette confiance à tous les étages du système éducatif, le Pacte pour un enseignement d’excellence restera lettre morte. Notre système éducatif y survivra-t-il ? »
Il n’est pas indifférent d’imaginer qu’il n’y arrivera peut-être  pas.
« J’ai l’impression que le PS va utiliser le Pacte pour faire avancer une ou deux mesures symboliques. Regardez le tronc commun : on veut l’imposer sans l’avoir préparé. Or, il s’agit d’une mesure idéologique souhaitée depuis des années par le PS. » F. Bertiaux
A l’évidence, l’’enseignement est un sujet politique particulièrement sensible sur le plan idéologique. La guerre scolaire se poursuit depuis 1959 (pacte scolaire) sous d’autres formes et les alliances ne sont plus les mêmes que du temps du pacte scolaire : désormais le CDH et le Ps roulent pour la même cause.
Mais comment donc réussir malgré tout le pari du Pacte visant à  offrir à chacun des élèves selon ses besoins un enseignement d’excellence ?
Il s’agit selon Bertiaux de « revoir en priorité la formation initiale des enseignants. Comment voulez-vous par exemple que l’on favorise les remédiations, si l’on n’a pas formé les profs en la matière ?
Le décret “Missions” voté en 1997 avait de nobles intentions : “Promouvoir la confiance en soi, le développement de chacun des élèves ; les amener à s’approprier les savoirs et les compétences les rendant aptes à prendre une place active dans la vie sociale […] les préparer à être des citoyens responsables […] assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale”.
Toutefois, cet important décret reste aujourd’hui, dans de nombreuses écoles, au stade de généreuses intentions non concrétisées. L’inflation de décrets est absolument insupportable et « n’incite guère les acteurs de l’Ecole à changer leurs pratiques de terrain”. » (Anne François) « L’avenir du nouveau Pacte se jouera dans les cours de ré création, dans les salles de professeurs, sur les trottoirs devant les écoles, dans chacune des classes et dans les bureaux des directions d’école pas dans les cabinets ministériels, dans les enceintes parlementaires ni sur les plateaux de télévision. »
La confiance peut revenir à condition de « créer des places en quantité, d’instaurer la qualité et la diversité dans toute la Fédération Wallonie Bruxelles et particulièrement à Bruxelles de la maternelle à l’enseignement supérieur ; d’accorder aux directions d’école l’autonomie suffisante leur permettant de déployer leur projet d’école au bénéfice de chaque élève inscrit dans leur établissement est aussi urgent. De remodeler en profondeur le récent décret Titres et Fonctions sera un premier signal à leur intention et à celle des enseignants.
C’est dans chaque classe et avec chaque élève que sera tissé l’enseignement d’excellence. Les parents, blessés par dix années de décrets inscription inefficaces, sont en attente de retrouver leur responsabilité parentale de partenaires éducatifs avec l’école choisie en fonction des besoins de chacun de leurs enfants. Privés de cette confiance, ils sont nombreux à opter pour l’école à domicile, l’école privée. »
Cette dernière observation est symptomatique d’un changement radical d’attitude et de stratégie des parents les plus engagés. Ceux-ci cherchent à éviter par tous les moyens que leurs enfants ne fréquentent les écoles de l’entité Wallobrux. A Bruxelles cela se traduit par une fuite vers l’enseignement flamand qui scolarise plus de 20% des enfants bruxellois.   Il serait temps de sortir l’école des tenailles d’acier du politique. C’est ce qu’ont compris les Finlandais dont l’enseignement qui est organisé par les municipalités bénéficie d’un indice de confiance extrêmement élevé.
MG

LE PACTE D’EXCELLENCE ÉCHOUERA SI LA CONFIANCE NE REVIENT PAS 
Anne François, conseillère psychopédagogique in La Libre Belgique

A l’école, les acteurs de terrain n’ont pas confiance dans les réformes successives qui leur sont imposées. Toute décision doit être construite avec et par les équipes du terrain. C’est dans chaque classe que sera tissé l’enseignement d’excellence. L e moteur de la réussite du Pacte pour un enseignement d’excellence sera la confiance accordée au terrain.
Quelles sont les leçons à tirer, après un siècle d’instruction obligatoire en Belgique(1) ? Comment réussir le pari du Pacte ? Offrir à chacun des élèves selon ses besoins un enseignement d’excellence ?
L’instauration, en 1914, de l’instruction obligatoire jusque 14 ans a permis une alphabétisation rapide. En 1947, les statistiques officielles indiquaient que 97 % des miliciens étaient capables de signer et de lire quelques lignes dans un journal. La signature, en 1958, du pacte scolaire a mis sous le boisseau une guerre scolaire qui perdure encore. Le choc provoqué, en mars 2015, par l’arrêt de la Cour constitutionnelle actant le caractère engagé du cours de morale laï que en témoigne. Ça saigne encore sous le pansement du pacte de 58.
L’enseignement rénové s’est largement généralisé depuis 1979. Quarante ans plus tard, des effets pervers sont encore de mise. La sociologue Anne Van Haecht écrit : “Le privilège que son idéologie [du rénové] assignait à l’enseignement général a conduit à la transformation des filières techniques et surtout professionnelles en filières de relégation” (2). Est-ce un paradoxe qu’un des axes thématiques du Pacte d’excellence s’intitule “réformer et revaloriser l’enseignement qualifiant” ?
Le slogan “tous bilingues en 2001” clamé par une ministre de l’Enseignement en 1996 ne peut que, vingt ans plus tard, faire sourire. De généreuses intentions non concrétisées
Le décret “Missions” voté en 1997 a de nobles intentions : “Promouvoir la confiance en soi, le développement de chacun des élèves ; les amener à s’approprier les savoirs et les compétences les rendant aptes à prendre une place active dans la vie sociale […] les préparer à être des citoyens responsables […] assurer à tous les élèves des chances égales d’émancipation sociale”.
Mais cet important décret reste aujourd’hui, dans de nombreuses écoles, au stade de généreuses intentions non concrétisées : conseil de participation, cycle cinq huit, évaluation formative, pédagogie différenciée…
Le Contrat pour l’école est une tentative inaboutie de réponse élaborée en 2006 face aux consternants résultats de la Communauté française aux épreuves Pisa (Programme international pour le suivi des acquis des élèves, NdlR).
Le décret inscription, accélérateur de la crise de confiance entre parents et responsables politiques, est une partie de cette réponse. L’inflation de décrets et circulaires devint galopante. Les réformes successives du premier degré qui le rendent incompréhensibles pour non-initiés sans en assurer son efficacité en est un exemple !
Le Conseil de l’éducation et de la formation (3) constate en 2015 : “Si le Contrat pour l’école a été à l’origine de différents décrets, ceux-ci n’ont pas automatiquement amené les acteurs de l’Ecole à changer leurs pratiques de terrain”. ll recommande “que l’autorité publique analyse les freins qui empêchent les mesures de sortir leurs effets et organise le changement en créant les conditions nécessaires à son appropriation par les acteurs”.
Les acteurs de terrain n’ont pas confiance Alors, quels sont ces freins à lever par le Pacte d’excellence pour initier le changement ?

Le frein principal, le seul traité ici, est le manque de confiance des acteurs de terrain envers ces réformes successives s’imposant à eux. L’avenir du nouveau Pacte se jouera dans les cours de ré création, dans les salles de professeurs, sur les trottoirs devant les écoles, dans chacune des classes et dans les bureaux des directions d’école pas dans les cabinets ministériels, dans les enceintes parlementaires ni sur les plateaux de télévision.
Répondre à la hausse démographique en créant des places en quantité, qualité et diversité suffisante dans toute la Fédération Wallonie Bruxelles et particulièrement à Bruxelles de la maternelle à l’enseignement supérieur, est une première urgence.
Accorder aux directions d’école l’autonomie suffisante leur permettant de déployer leur projet d’école au bénéfice de chaque élève inscrit dans leur établissement est aussi urgent.
Remodeler en profondeur le récent décret Titres et Fonctions sera un premier signal à leur intention et à celle des enseignants.
Toute décision de changements structurels (prolongation du tronc commun, suppression du redoublement, mise en place des aménagements raisonnables), doit être construite avec et par les équipes du terrain afin qu’elles puissent y adhérer et modifier leurs pratiques avec les moyens logistiques, humains et matériels requis.
C’est dans chaque classe et avec chaque élève que sera tissé l’enseignement d’excellence. Les parents, blessés par dix années de décrets inscription inefficaces, sont en attente de retrouver leur responsabilité parentale de partenaires éducatifs avec l’école choisie en fonction des besoins de chacun de leurs enfants. Privés de cette confiance, ils sont nombreux à opter pour l’école à domicile, l’école privée.

Prémices d’un enseignement à deux vitesses, signe de la dualisation sociale a contrario de l’objectif de l’enseignement pour tous et l’égalité d’accès ?
La confiance est à retisser entre les élèves et l’école qui, malgré son caractère obligatoire, est un réel cadeau. La confiance rebâtie entre les familles et l’institution est le socle de la réussite scolaire. Pascal Duquenne, Mousta Largo ou encore la fratrie Borlée sont des exemples qui montrent, qu’ensemble, familles et écoles peuvent relever le défi d’une excellence éducative avec des enfants aux profils bien différents. Si nos gouvernants ne prennent pas le temps et les mesures indispensables pour recréer cette confiance à tous les étages du système éducatif, le Pacte pour un enseignement d’excellence restera lettre morte. Notre système éducatif y survivra-t-il ?
(1) La loi Poullet sur l’instruction obligatoire votée en 1914, appliquée dès 1919.
(2)Anne Van Haecht, “L’enseignement rénové avant, après”, Cahiers bruxellois 2015/1.
(3)CEF avis 127, 27 mars 2015.


LA DÉPUTÉE MOUREAUX VEUT DES COURS D’HISTOIRE EN FONCTION DE L’ORIGINE DE L’ÉLÈVE
Belga Le Soir

La ministre Schyns n’est pas opposée à cette proposition.


• © Belga
La députée bruxelloise Catherine Moureaux (PS) propose d’adapter une partie du cursus d’histoire de l’enseignement secondaire en fonction de l’origine de l’élève, écrivent les titres Sudpresse mercredi. La ministre francophone de l’Enseignement Marie-Martine Schyns (CDH) se dit ouverte à cette motion.
« Notre volonté, c’est qu’au terme de ses études, chaque étudiant du secondaire ait au minimum été confronté à l’histoire de la colonisation et de la décolonisation au Congo. Mais aussi à celle d’un autre pays ’à la carte’, en fonction du public scolaire », explique Catherine Moureaux.
La ministre Schyns ne s’y oppose pas, mais attend la conclusion des travaux sur le Pacte d’excellence avant de se lancer dans ce processus. Des acteurs de terrain soulignent néanmoins les difficultés pratiques qu’engendrerait cette réforme, expliquant qu’actuellement, l’enseignement de certains thèmes comme la Shoah ou l’évolution ne va pas sans poser de problèmes dans certains établissements.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
POLITIQUE ET ENSEIGNEMENT FONT MAUVAIS MÉNAGE

On prend de plus en plus conscience que les dysfonctionnements scolaires en Communauté française sont induits principalement par des ingérences politiques permanentes.
L’enseignement n’est-il pas une matière trop sérieuse que pour être confiée à la seule responsabilité des hommes et des femmes politiques ?
« Notre volonté, c’est qu’au terme de ses études, chaque étudiant du secondaire ait au minimum été confronté à l’histoire de la colonisation et de la décolonisation au Congo. Mais aussi à celle d’un autre pays ’à la carte’, en fonction du public scolaire », explique Catherine Moureaux. « Notre volonté ? » Notre bon plaisir ? Voici donc le dernier caprice politique socialiste, un brûlot diffusé dans la presse par la fille de l’emblématique bourgmestre de Molenbeek dans le dessein de séduire un électorat issu de l’immigration.
On aimerait que l’école soit non pas un instrument de manipulation et d’asservissement politique et idéologique mais bien au contraire le lieu de l’émancipation et de l’autonomisation de citoyens libres dans leur tête et armés d’un solide esprit critique.
MG 



mardi 22 novembre 2016

Kazakhgate: le MR a-t-il fait ce qu’il fallait? Le parti estime que oui


LE SOIR
(…)
CINQ MOTS-CLEFS


Rideau ? En interne, la situation peut se résumer à cinq mots-clefs.
SERVICE MINIMUM. L’opposition raille déjà  : quoi, Armand De Decker est privé de ses mandats internes, mais reste bourgmestre d’Uccle et député bruxellois ? Mais chez les bleus, on estime que «  c’était la meilleure des choses à faire, dans la limite de ce qui est possible à ce stade, puisqu’il n’y a pas d’inculpation. D’ailleurs, même si on l’excluait du parti, on ne pourrait l’empêcher d’exercer les mandats pour lesquels il a été élu  ». Un parlementaire ajoute : «  A l’extérieur, cela peut paraître un peu mineur, mais pas en interne : ce n’est pas négligeable que le Conseil de vigilance soit saisi du dossier et entame une procédure d’examen à l’encontre d’une personnalité qui a exercé de hautes fonctions.  »
Le MR juge donc avoir fait ce qu’il pouvait. Même si cela apparaît comme le service minimum. Pour le reste, «  il faut attendre la justice.  » Qui pourrait tarder : la magistrate en charge du dossier est absente pour maladie jusqu’en janvier, mais le parquet dément que cela retardera la fin de l’information judiciaire…
PREMIÈRE. D’ordinaire, quand un libéral est convoqué par le Conseil de conciliation, il est entendu par le président et un administratif de ce Conseil, puis le président fait rapport devant l’ensemble du Conseil et une décision est prise. C’est la première fois, nous dit-on, que l’audition a été anticipée, sans que les membres du Conseil n’en soient informés. Et qu’une décision est prise immédiatement. Résultat : le Conseil poursuit ses travaux, mais un peu pour la forme ; il se réunira bien comme prévu le 28 novembre pour entendre le rapport du président, mais se bornera (sauf éléments nouveaux) à acter la décision de dimanche.
EUPHÉMISME. Si les libéraux ont convenu dimanche qu’Armand De Decker se mette en congé de ses mandats internes, c’est, précise alors le communiqué du MR, «  vu la tempête médiatique qui entoure l’affaire ‘’Chodiev’’  ». Ce sont donc les reportages de la presse qui expliquent la décision du parti… pas des considérations éthiques, sur le mélange des genres entre mandat public et profession privée ou la rémunération excessive de prestations. Comme un euphémisme…
Une référence à la déontologie se trouve bien dans ce communiqué : Armand De Decker est « invité à introduire une demande d’avis confidentiel à la Commission fédérale de déontologie sur le caractère déontologique de ses interventions dans ce dossier  ». A ce stade, le MR ne se prononce donc pas à cet égard.
CONTRADICTION. Privé de ses mandats internes, De Decker ne peut plus s’exprimer au nom du MR. Mais il reste bourgmestre MR d’Uccle et député bruxellois MR. A ces titres, il est susceptible de s’exprimer dans les assemblées concernées comme élu. Elu sur une liste MR. Et donc avec cette étiquette. Vous avez dit contradiction ?
Si son immunité est levée ou s’il est inculpé, Armand De Decker, rappelle le MR, devra démissionner ou se mettre en congé de ses mandats électifs. Mais selon nos informations, quand on lui a rappelé cet engagement des mandataires libéraux dimanche, il n’a pas indiqué s’il s’y plierait ou pas. «  Car il est persuadé qu’il ne sera pas inculpé  », nous glisse-t-on.
TABOU. L’intervention de De Decker dans le Kazakhgate fait des dégâts collatéraux. Car les noms de ministres de l’époque sont cités dans le dossier : ceux de la Justice, des Affaires étrangères et des Finances, à savoir Stefaan De Clerck, Steven Vanackere et Didier Reynders. Pointés, par Jean-François Etienne des Rosaies, homme de l’ombre de l’Elysée, pour avoir été « sensibilisés » par De Decker au cas Chodiev. Pour l’heure, rien ne prouve que ce soit vrai, des Rosaies étant d’ailleurs considéré comme «  un farfelu  » au MR. Et Didier Reynders dément formellement toute « sensibilisation  ».
Mais ici, il ne s’agit plus d’un député bruxellois en fin de carrière, mais du vice-Premier MR. S’inquiète-t-on dès lors au parti ? On nous assure que non : ni inquiétude ni suspicion à l’égard de Didier Reynders. «  Il n’y a rien de concret. C’est un peu court pour le mouiller. Et c’est le gouvernement dans son ensemble qui, à l’époque, a pris cette décision sur la transaction pénale et la levée du secret bancaire. Ce n’est pas un ministre ou un député tout seul.  »
Confirmation auprès d’un parlementaire : «  Cet aspect-là, concernant Reynders, personne ne l’évoque, même à mots couverts. Car alors, on serait dans une autre dimension…  »


GILKINET (ECOLO): «UN SCANDALE D’ETAT, LE PLUS GRAVE DEPUIS AGUSTA»
Le député fédéral (Ecolo), en première ligne, place le curseur dans l’affaire Chodiev-De Decker…

En première ligne dans les investigations et les révélations ayant trait à l’affaire Chodiev, Georges Gilkinet (Ecolo), député fédéral, plante le décor à ce stade de l’information judiciaire et à l’avant-veille (mercredi) d’une conférence des présidents, à la Chambre, qui aura à trancher sur l’instauration d’une commission d’enquête.
QUALIFIEZ L’« AFFAIRE » CHODIEV À CE STADE…
Un scandale d’Etat. Le plus grave en Belgique depuis l’affaire Agusta. Reprenez la note que votre journal a publiée samedi, elle est éloquente, on voit les mobiles, les acteurs, on mesure l’importance du dossier, l’urgence dans laquelle on a opéré en 2011… C’est une « note valise », elle donne à voir ce que j’appelle le scandale d’État.
LE SCANDALE, ON VOIT, L’ÉTAT, PAS FORCÉMENT…
Parfaitement, au contraire. Car dans ce dossier, on touche à la souveraineté de la Belgique et au fondement des trois pouvoirs… D’abord, le pouvoir législatif, puisqu’en mars 2011, à la demande du cabinet Reynders, la commission des Finances sera mobilisée soudainement pour adopter, en toute précipitation, un amendement introduisant dans le Code d’instruction criminelle la possibilité d’une transaction à l’amiable en matière pénale ; pas sur des d’excès de vitesse ou que sais-je mais dans des dossiers lourds, punissables pénalement. Deux : on touche au pouvoir exécutif, dès lors que, comme l’a expliqué Didier Reynders lui-même, la décision ayant trait à la loi sur la transaction pénale a été prise en gouvernement à l’époque – un gouvernement en affaires courantes –, en kern je présume, et cela au moment où Armand De Decker frappait à toutes les portes pour tenter d’accélérer la résolution du dossier Chodiev. Enfin, on touche au pouvoir judiciaire, étant donné qu’en 2011, les procureurs généraux avaient émis une circulaire demandant de ne pas conclure de transaction avant la publication d’une loi correctrice, et qu’en tout état de cause, il n’y avait pas de base légale en juin 2011 pour couvrir des faits aussi graves que ceux relatifs à l’affaire Chodiev (association de malfaiteurs, blanchiment…). Voilà, ces trois éléments constituent le scandale d’Etat.
D’OÙ L’IDÉE D’UNE COMMISSION D’ENQUÊTE PARLEMENTAIRE…
Oui. Qui doit faire la lumière sur les pressions exercées, sur les responsabilités politiques, et déboucher sur des réformes en matière de conflit d’intérêts, de Justice, de lutte contre la criminalité financière, afin qu’elle ne laisse pas impunie la grande fraude pour ne s’occuper que des voleurs de pommes.
CETTE COMMISSION, DANS QUEL DÉLAI DEVRAIT-ELLE VOIR LE JOUR ?
Sans attendre. Je ne voudrais pas que le MR se dise favorable sur les plateaux mais fasse tout pour repousser l’échéance ou réduire le spectre de travail d’une telle commission. Il n’y a pas que le volet De Decker. A la limite, on peut travailler sur d’autres facettes du dossier dans un premier temps : quid de la décision au gouvernement ?, quid, avant cela, de la naturalisation de Chodiev, impliquant Kubla ? Etc. Il y a du pain sur la planche. Il faut commencer tout de suite.
QUANT À LA DÉCISION PRISE EN GOUVERNEMENT À L’ÉPOQUE, IL ASSOCIAIT LIBÉRAUX, CHRÉTIENS-DÉMOCRATES ET SOCIALISTES, ET ON PARLE D’UN DEAL ENTRE LE VOTE DE LA LOI SUR LA TRANSACTION PÉNALE ET LA LEVÉE DU SECRET BANCAIRE.
En effet, les cinq partis étaient associés à cet échange : levée du secret bancaire contre la modification du Code Criminel. Ce qui ne veut évidemment pas dire, soyons clairs, qu’en opérant ce deal politique, tous les membres du kern savaient pourquoi il fallait intervenir aussi rapidement sur la transaction pénale, en faveur de Chodiev, à la demande pressante de Sarkozy, en l’occurrence.
POUR CE QUI CONCERNE DIDIER REYNDERS, SON NOM RÉAPPARAÎT DANS LA NOTE DIVULGUÉE SAMEDI, ET IL DÉMENT FERMEMENT TOUTE IMPLICATION.
Cela mérite d’avoir des informations complémentaires, ni plus ni moins, et la commission d’enquête ne peut éluder cet aspect du dossier. Il y a des questions, c’est notre boulot de parlementaire d’y répondre. Sans présumer quoi que ce soit. Simplement, tout le monde connaît la proximité entre Armand De Decker et Didier Reynders, et l’on sait que le premier, comme argument de défense, a déclaré en substance : « Vous croyez que j’ai pu faire ça tout seul ? ». Ces éléments méritent d’être pris en compte, examinés, c’est évident, pour que tout soit bien clair. Il ne faut pas sous-estimer la colère de citoyens à propos de ce dossier.

     
ARMAND DE DECKER, UN GENTLEMAN VICTIME DE SA FASCINATION POUR LES HONNEURS
MATHIEU COLLEYN  Le Vif

Qui, de près ou de loin, sait qui est Armand De Decker n’éprouve aucune peine à imaginer les tourments qui sont actuellement ceux du bourgmestre d’Uccle. Le libéral a fait de son image policée, faite de droiture et de probité, un passeport politique, diplomatique, mondain même. Le voici emporté par la lame sulfureuse du "Kazakhgate". Le scandale vient irrémédiablement gâcher une fin de carrière qu’il avait évidemment rêvée autrement. Dans les couloirs feutrés de la politique, ceux de droite comme ceux de gauche, peu croient pourtant à un Armand De Decker succombant aux sirènes de l’argent mal acquis. Non pas qu’il soit complètement insensible à une monnaie sonnante et trébuchante (certains de ses mandats passés en témoignent) mais, à dire vrai, son implication dans l’épisode kazakh est plus volontiers attribuée à sa propension à se faire bien voir des puissants qu’à l’appât du gain. Désormais méfiant à l’égard de la presse, M. De Decker n’a pas souhaité rencontrer "La Libre" pour alimenter le présent portrait.
ATTACHÉ À LA MONARCHIE
Qu’à cela ne tienne, le "bel Armand", on le connaît un peu. Voici près de 40 ans qu’il promène son mètre nonante sur la scène parfois ubuesque de la politique belge. De la scène, il eut d’ailleurs très tôt le goût, comme cofondateur (avec son frère écrivain Jacques et Albert-André Lheureux) du théâtre schaerbeekois de "l’Esprit frappeur", marquant ses jeunes années à l’athénée Fernand Blum.
Schaerbeekois donc, Armand De Decker est né en 1948 d’une mère enseignante et d’un père artiste peintre, qui fut le seul à avoir fait poser le roi Baudouin. Portraitiste reconnu, Luc De Decker avait notamment dessiné le billet de 20 francs et une série de timbres, rapporte également Jacqueline Rousseau, épouse d’Armand De Decker. C’est peut-être à cette source paternelle que celui-ci a puisé son attachement viscéral à la monarchie, "seul système politique qui convienne à la Belgique", confirme Mme De Decker. Et, partant, à l’unité du plat pays.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA CHUTE  DU BEL ARMAND EN ANNONCERAIT-ELLE UNE AUTRE ?

« A dire vrai, son implication dans l’épisode kazakh est plus volontiers attribuée à sa propension à se faire bien voir des puissants qu’à l’appât du gain. »
Ce portrait brossé à grands traits du « bel Armand » est aussi fidèle que ceux que peignait son père Luc des célébrités belges et de sa majesté le roi Baudouin posant devant son chevalet.
La généreuse et très courageuse intervention de Jacques, son frère, devant les caméras de Deborsu dimanche ne pourront freiner la chute d’Armand qui comme celle d’ Icare et de Sarko résultent d’une irrésistible attraction des rayons du soleil.
Mais depuis le début de cette affaire, il nous semble, sans pouvoir le prouver, qu’ Armand De Decker n’est qu’un rouage secondaire dans une mécanique commandée par l’Elysée. Celle-ci visait à instrumentaliser celui qui s'est vu remettre la cravate de la légion d’honneur par Nicolas Sarkozy en personne, le locataire du palais d’Egmont.  
On sait combien De Decker et Reynders, successeur désigné du bourgmestre d’Uccle sont proches. Le disjoncteur De Decker a sauté, désormais les projecteurs médiatiques et la lampe du commissaire Maigret sont dirigés vers l’homme fort et ancien président du MR, renversé par le clan Michel qui ricane.
S’il devait tomber à son tour, le gouvernement Michel pourrait s’en trouver déstabilisé. Et non seulement le MR d'Uccle serait doublement décapité mais l’espoir de voir Daniel Reynders succéder au besogneux Rudi Vervoort à la tête de la Région bruxelloise partirait en fumée. Sale temps pour le MR.
MG


"GEEN IDEE IN WELK SPEL WE MEEDEDEN"
Reconstructie. Het ontstaan van de afkoopwet: niet het werk van Armand De Decker alleen
En plots moest en zou het parlement stemmen over de afkoopwet. Maar welke rol speelde toenmalig financiënminister Didier Reynders? "Het was een strijdpunt voor hem", zegt Yves Leterme (CD&V), toen premier.
2 maart 2011, federaal parlement. Na een schorsing van enkele uren krijgen de leden van de commissie Financiën in de vooravond plots een tekst onder de neus geschoven. Het is het voorstel van de meerderheid om de 'afkoopwet' erdoor te krijgen, als amendement op de wet 'algemene bepalingen'. Er móét en zál die avond over gestemd worden. De oppositie staat paf. Vanwaar plots die haast? CD&V'er Servais Verherstraeten heeft twee weken voordien nog een volwaardig wetsvoorstel ingediend.


Didier Reynders reçoit la Légion d'honneur des mains de Sarkozy
Publié le mercredi 27 mars 2013
La DH



 L'ancien président français Nicolas Sarkozy a remis mercredi les insignes de la Légion d'honneur au vice-Premier ministre MR et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. La cérémonie s'est déroulée dans la galerie des glaces du Palais d'Egmont envahie par de très nombreux invités du monde politique - surtout MR - et des affaires et sous l'attention de nombreux journalistes, photographes et cameramen. 

M. Reynders a souligné à cette occasion que la décoration lui avait été décernée par M. Sakozy sur sa réserve personnelle. Depuis, M. Sarkozy n'a pas été réélu et il a fallu attendre un peu pour trouver une date qui convenait aux deux hommes. 

Didier Reynders s'est dit très heureux que l'ancien président ait trouvé le temps de venir à Bruxelles. La distinction est évidemment un témoignage de l'amitié qui les lie depuis de nombreuses années, mais elle est aussi la preuve des excellentes relations qui existent entre la Belgique et la France, a-t-il commenté avant l'arrivée de l'ex-président français. 

Le fait que M. Sarkozy a été mis en examen la semaine dernière n'a rien changé. "La justice française doit faire son travail", a souligné M. Reynders, ajoutant que ce rebondissement n'avait en rien modifié le protocole très strict de la réception. 

Tout au long de son discours, Nicolas Sarkozy, très détendu, a utilisé le tutoiement pour s'adresser à Didier Reynders. Il a rendu un hommage appuyé au rôle de celui-ci pendant les 12 année qu'il a passées aux Finances. Il a rappelé que, pendant la même période, il y a eu 10 ministres des Finances en France. "C'est cette stabilité qui a permis ton bilan impressionnant", a-t-il dit parlant aussi de "de réforme courageuses et ambitieuses". 

Non sans humour, il a aussi rassuré son auditoire. "Je suis heureux d'être ici à vos côtés à Bruxelles. Mais je n'ai pas vocation de m'installer ici. Je repars ce soir", a-t-il lancé faisant allusion à la polémique qui entoure la volonté de certains riches français - dont Gérard Depardieu - de s'installer en Belgique pour échapper à la taxation française sur les très hauts revenus. 

Cette venue de Nicolas Sarkozy a provoqué un engouement médiatique important aussi auprès de la presse française non seulement parce qu'il s'agit d'une de ses premières sorties européennes depuis la fin de son mandat en 2012 mais aussi parce que l'ancien président a été mis en examen jeudi dernier en France pour "abus de faiblesse" dans l'affaire Bettencourt. 

Une quarantaine de minutes avaient été prévues pour des interviews de M. Reynders avant l'arrivée de M. Sarkozy. Il était toutefois clairement indiqué sur les invitations et répété à plusieurs reprises sur place qu'il n'était pas question de poser des question à M. Sarkozy.