mercredi 16 novembre 2016

Après la victoire de Trump, des démocrates veulent changer le système électoral


Le Soir
La candidate démocrate Hillary Clinton a remporté plus de voix populaires… Mais Donald Trump a gagné plus de grands électeurs. 


• © Reuters
Une sénatrice démocrate américaine a déposé mardi une proposition de loi pour supprimer le collège électoral de la Constitution, au prétexte que Donald Trump a été élu président en ayant obtenu moins de voix qu’Hillary Clinton.
«  C’est le seul mandat du pays où on peut obtenir plus de voix et perdre malgré tout la présidence  », a déclaré Barbara Boxer, sénatrice de Californie. « Le collège électoral est un système obsolète et antidémocratique qui ne reflète pas notre société moderne, il doit changer immédiatement. Tous les Américains doivent avoir la garantie que leur voix compte  ».
Au moins 290 grands électeurs contre 232… pour Trump
Le 8 novembre, les Américains ont en fait élu, État par État, 538 grands électeurs. Dans 48 des 50 États américains, il suffit à un candidat d’obtenir une voix de plus que son adversaire pour rafler la totalité des grands électeurs en jeu dans cet État, ce qui rompt la proportionnalité des résultats.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
VOTE OBLIGATOIRE ?

Il est bon de s’interroger sur les modalités de scrutin.
A l’évidence le résultat des élections n’exprime pas la volonté de la majorité arithmétique des Américains. C’est gravissime et ce n’est pas la première fois. Gore a perdu devant Busch quand il totalisait plus de voix. La double présidence de Bush fut calamiteuse. Et voilà qu’on remet cela. C’est insupportable, comme l’est également le système français à deux tours. Chez nous d’aucuns envisagent de supprimer le vote obligatoire. C’est insensé et dicté par des petites stratégies électoralistes. « Car enfin, si le vote est un droit, n’est-il pas tout autant un devoir ? » Tout est dit en une question oratoire.
MG


LE MR VEUT MAINTENIR LE VOTE OBLIGATOIRE
Martine Dubuisson 
Le Soir

57 % des libéraux ont voté contre la suppression du vote obligatoire.
Le MR a décidé de maintenir le vote obligatoire, à l’occasion d’un congrès destiné à actualiser la doctrine du parti en vue des prochaines élections.
Au centre de toutes les conversations ces dernières semaines dans les rangs réformateurs, l’amendement préconisant la fin de l’obligation de vote a finalement été rejeté par 57 % des quelque 1.500 militants et mandataires du parti réunis mardi soir à Ciney.
Martine Dubuisson @mad_soir 


Supprimer l'obligation de vote? Les libéraux ont décidé: c'est non

Dans une salle de congrès aux allures de ring de boxe où la bande originale du film « Rocky » a résonné un moment, l’ancien ministre Louis Michel a sorti l’artillerie lourde pour dénoncer cet amendement, défendu par le jeune loup du parti Georges-Louis Bouchez.
«  Abolir l’obligation de vote, c’est miser sur les électeurs qui seraient indigents intellectuellement, qui ne seraient pas assez motivés pour aller voter  », a fustigé l’eurodéputé, dénonçant une proposition «  infantilisante  » aux «  relents de vote censitaire  ».
Le nouveau manifeste adopté
Le congrès MR a finalement adopté le nouveau manifeste du parti « Pour un libéralisme engagé », avec les quatre amendements approuvés. Celui-ci réaffirme et modernise les valeurs et objectifs du parti et servira de base à la rédaction des prochains programmes électoraux du parti.
Avant le vote, les bleus devaient trancher six points sur lequel il n’y a pas eu consensus durant les 42 réunions qui ont préparé ce congrès :
► Le vote obligatoire (maintenu à 57 %)
► Un service citoyen obligatoire (rejeté à 68 %)
► Faire signer par tous les citoyens une déclaration d’adhésion aux valeurs et libertés fondamentales (accord à 70 %)
► La spécialisation par catégorie d’enseignement des réseaux dans l’officiel (adopté à 77 %)
► L’impôt dédicacé (adopté à 65 %)
► La généralisation de l’apprentissage de plusieurs langues (adopté à 92 %)
LE DISCOURS D’OLIVIER CHASTEL
«  Nous refusons de transmettre un héritage malsain, un pays endetté, une protection sociale exsangue, sans repères éthiques, une économie essoufflée, un monde insécurisé et non pacifié  », a insisté le président du parti, Olivier Chastel. «  Les réponses cohérentes à ces défis ne peuvent être apportées que par la démocratie libérale  », a-t-il assuré.
Après les votes et un discours de clôture, le congrès s’est achevé sur une note festive, le parti libéral célébrant cette année les 170 ans de son existence.


VOTE OBLIGATOIRE: LE PREMIER DEVOIR DU CITOYEN!
André Flahaut, ministre d’Etat (PS)

L’ex-ministre de la Défense et ancien président de la Chambre livre son plaidoyer pour le maintien du vote obligatoire. Sans cela, dit-il, nous verrons un jour une minorité non représentative de la population exercer le pouvoir, sous le couvert légalisé d’une imposture.
  
Alea jacta est pour les Etats-Unis d’Amérique… et pour le monde.
Le triste spectacle des élections américaines, par-delà les « shows », les insultes, les mises en scène, a, à plus d’un titre, de quoi nous faire réfléchir.
Notamment à propos du vote obligatoire que le MR souhaite à nouveau remettre en cause.
Avant de dire « vote obligatoire », ne dit-on pas « DROIT de vote » ?
D’aucuns, bien trop nombreux, n’hésitent cependant pas à le galvauder !
D’autres, à des fins purement électoralistes, s’évertuent, par une logique démocratiquement mortifère, de convaincre du droit du non-vote !
Je vous le dis tout de go ! Cela m’écœure et me révolte.
Car enfin, si le vote est un droit, n’est-il pas tout autant un devoir ?
Pourquoi la dimension sociale – notamment – qu’assure le vote serait-elle surannée ? Pourquoi affaiblir le coefficient de représentativité des élus ? Pourquoi au nom d’une vision idéalisée de la liberté devrait-on défausser le citoyen de ce qui définit justement sa citoyenneté ?
Je ne nie pas la désaffection des gens envers la chose publique mais je crois que c’est plutôt de cela dont nous devrions nous inquiéter au lieu de sombrer dans la facilité électoraliste, le nez collé sur les hypothétiques résultats de futures élections.
Les discussions peuvent être infinies sur le maintien du vote obligatoire mais pour ma part, je considère que le droit de vote est un acquis extrêmement précieux, qu’il est le premier garant de la démocratie.
A quoi servirait la liberté de penser s’il n’est de liberté de choisir ?
UN VOTE CITOYEN
D’autant que chez nous, le vote blanc est possible, comme le vote nul. Et c’est là que se situe la vraie discussion.
Je maintiens que le droit de vote est un devoir citoyen au sein duquel, chez nous, toutes les libertés restent possibles.
Maintenir le devoir électoral est un gage de responsabilisation du citoyen, tout autant que d’une juste représentativité.
Aux Etats-Unis, comme en France dans quelques semaines, un (e) président(e) sera élu (e)… par environ un quart de la population en âge de voter ! Où est la logique ?
Ce n’est pas pour cela que ceux de 14-18, de 40-45, ceux de la Grèce des Colonels, ceux du Portugal de Salazar, ceux de l’Espagne de Franco se sont battus.
Ce n’est pas pour rester dans la paralysie et la négation de la démocratie qu’ils ont occupé la place Tahrir.
S’ils résistent aujourd’hui à Alep, s’ils traversent la Méditerranée… c’est aussi pour un jour, obtenir le droit de vote, et s’en servir…
Sans le maintien du vote obligatoire, nous aurons des minorités, voire des majorités silencieuses qui n’auront plus d’autres choix démocratiques que les inutiles défouloirs des réseaux sociaux.
Et de l’autre côté, au mieux, une majorité, au pire une minorité non représentative de la population, exercera le pouvoir, sous le couvert légalisé d’une imposture.
On le voit en Afrique
On l’a vu et on le voit ailleurs…
En Belgique, le vote est obligatoire mais au pays du surréalisme, il est vrai qu’il n’est jamais aisé de savoir si une pipe en est une et si le droit n’est pas aussi un devoir.
J’ai cependant fait clairement mon choix, certes par idéal mais aussi par pragmatisme, pour une simple évidence arithmétique donc démocratique.




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