lundi 7 novembre 2016

Clinton-Trump : le choc des deux Amérique

Par Philippe Gélie,  du Figaro 



INFOGRAPHIE - Hillary Clinton et Donald Trump étant opposés pratiquement sur tout, le résultat de l'élection présidentielle, ce mardi, peut déboucher sur des orientations très différentes pour les États-Unis et pour le monde.
Correspondant à Washington
La démocratie qui s'exprime dans les urnes ce mardi doit trancher entre deux visions de l'Amérique. Portés par les aspirations contradictoires de leurs électeurs, Donald Trump et Hillary Clinton divergent presque en tout. Caractère, expérience, programmes. Les enjeux sont considérables: orientations économiques, choix de société, immigration, protection sociale, options militaires et diplomatiques, politique commerciale… Le reste du monde est tenu en haleine, car les deux prétendants ont promis d'engager les États-Unis dans des voies opposées.
L'Amérique de Trump est un pays protégé par «un grand, un magnifique mur» le long de sa frontière avec le Mexique, qui doit mettre fin à l'immigration illégale, aux trafics de drogue et d'armes. C'est un pays où les demandes de visa sont soumises à «un contrôle extrême», où les clandestins ayant un casier judiciaire sont expulsés et où l'accueil des réfugiés est interrompu. Un pays où règnent «la loi et l'ordre», où la police peut «profiler» certaines communautés, arrêter et fouiller tout suspect («stop and frisk») et où la menace terroriste justifie des «interrogatoires musclés».
L'AMÉRIQUE DE TRUMP EST UN PAYS OÙ LES RÈGLES ENVIRONNEMENTALES SONT ALLÉGÉES ET LES ENGAGEMENTS CLIMATIQUES ABANDONNÉS AFIN DE LIBÉRER LES FORAGES PÉTROLIERS ET L'EXPLOITATION DES MINES DE CHARBON
C'est un pays qui baisse les impôts pour tous (à 15 % pour les entreprises, 33 % pour les plus hauts revenus), investit 500 milliards de dollars dans la rénovation de ses infrastructures, allège les réglementations pesant sur l'activité, relance sa sidérurgie et ses industries lourdes pour «créer 25 millions d'emplois». Un pays qui surtaxe les multinationales ayant délocalisé leur production, renégocie ou dénonce les traités de libre-échange et s'oppose au dumping de la Chine. Un pays où les règles environnementales sont allégées et les engagements climatiques abandonnés afin de libérer les forages pétroliers et l'exploitation des mines de charbon.
C'est un pays où les prochains juges nommés à la Cour suprême sont conservateurs et opposés à l'avortement. Où le système d'assurance-maladie Obamacare est «immédiatement abrogé et remplacé». Où le libre choix scolaire est garanti. Où les restrictions aux achats d'armes sont levées. Où les poursuites judiciaires contre les médias sont facilitées.
«L'Amérique d'abord» signifie-t-elle une Amérique en repli? Pas nécessairement. Trump croit en l'expression de la puissance. Il prévoit de renforcer considérablement les effectifs et les équipements de l'armée, promet de bombarder «massivement» l'organisation État islamique en Syrie, de coopérer avec la Russie en se faisant «respecter» par Poutine, de durcir si nécessaire le rapport de force avec la Chine. Il entend que les alliés européens contribuent davantage à leur défense et au budget de l'Otan. Et il a tenu des propos ambigus sur la possibilité de laisser des pays comme le Japon ou l'Arabie saoudite se doter de l'arme nucléaire.
L'AMÉRIQUE DE CLINTON EST UN PAYS OÙ UNE «RÉVOLUTION VERTE» DOIT OUVRIR UN RÉSERVOIR D'EMPLOIS, DOPER L'AVANCE TECHNOLOGIQUE ET ALIMENTER TOUS LES FOYERS EN ÉLECTRICITÉ RENOUVELABLE D'ICI À DIX ANS
En comparaison, pour les Américains et le monde, Hillary Clinton incarne la continuité - souhaitée ou redoutée. Son programme n'en aligne pas moins une quarantaine de «plans» de réformes.
Son Amérique est un pays où les baisses d'impôts s'arrêtent à la classe moyenne et où les riches sont plus lourdement taxés. Où le salaire minimum est porté de 7,25 à 12 dollars de l'heure. Où les frais d'inscription à l'université deviennent gratuits pour les familles gagnant moins de 125.000 dollars par an. Où l'Obamacare est préservé mais amélioré. Où une «révolution verte» doit ouvrir un réservoir d'emplois, doper l'avance technologique et alimenter tous les foyers en électricité renouvelable d'ici à dix ans.
LES EXPERTS S'ATTENDENT À CE QU'UNE CRISE INTERNATIONALE METTE À L'ÉPREUVE LE NOUVEL ÉLU, PROVOQUÉE PAR LES NORD-CORÉENS OU D'AUTRES
C'est un pays où les droits des minorités ethniques ou sexuelles sont renforcés. Où des juges «libéraux» nommés à la Cour suprême préservent le droit à l'avortement et le mariage homosexuel. Où les communautés musulmanes sont «associées» à la lutte contre le terrorisme intérieur. Où les sans-papiers ont la possibilité d'être naturalisés. Où la police est entraînée pour mettre fin à ses «préjugés raciaux». Où les armes de guerre sont interdites à la vente et l'achat d'armes légères soumis au contrôle du casier judiciaire.
La communauté internationale sait plus ou moins à quoi s'attendre avec Clinton: des alliances et des engagements préservés, mais sans doute l'exigence de contreparties accrues, notamment des Européens ; une vigilance renforcée face à la Russie, la Chine, l'Iran, la Corée du Nord ; la poursuite du combat contre l'État islamique enrichie d'une «montée en puissance» du renseignement, d'une traque pour éliminer le «calife» Abou Bakr al-Baghdadi et, peut-être, de «zones sécurisées» pour accueillir les réfugiés.
Le contraste est net. L'une est assez prévisible, ce qui rassure les alliés de Washington et inquiète ses adversaires. L'autre est un inconnu en qui on peut voir une chance unique ou un risque majeur. La réponse viendra sans doute très vite. Les experts s'attendent à ce qu'une crise internationale mette à l'épreuve le nouvel élu, provoquée par les Nord-Coréens ou d'autres. Le premier défi du vainqueur est déjà inscrit au fronton de la Maison-Blanche: gérer la déception des perdants, et peut-être leur insoumission. 


CPMMENTAIRE DE DIVERCITY
GOD BLESS AMERICA 

Cette analyse nous éclaire sur ce que sera demain l’Amérique.
Cette interminable campagne abîme la démocratie et débouche sur un choix qui scellera pour longtemps le destin des désormais Ununited States et il infléchira immanquablement le sort et le visage du monde.
Si Trump l’emporte, il y aura assurément un glissement  vers un régime fort à la Erdogan ou Poutine. Si Trump est vaincu, il ne s’inclinera pas devant le choix des urnes, il l’a dit et incitera ses partisans  à s’indigner et à se révolter ce qui peut entraîner de fortes tensions et jusqu’à entrainer des troubles graves.
Un internaute commente :  « Clinton ne fera rien car le congrès restera aux mains des républicains. De plus elle risque de subir une procédure d'impeachement. »
C’est pour la même raison que Barack Obama n’a pas marché sur les eaux.  Mais il a imposé au monde le visage d’un président jeune, métissé, élégant, souriant et intelligent, faible diront certain mais franc et foncièrement honnête. Mais ceci est bien sûr l’opinion d’un Européen qui ne connaît pas l’Amérique profonde et les profondes frustrations de l’électorat wasp. Wasp signifie aussi guêpe et on sait qu’elles piquent au risque de mourir en enfonçant leur dard dans la chair de leur victime.  Cette campagne a ouvert la boîte de Pandore et déchaîné la haine.
Prométhée vola le feu aux Dieux pour le donner aux hommes. Pour se venger, Zeus ordonna à Vulcain de créer une femme faite de terre et d’eau. Elle reçut des Dieux de nombreux dons : beauté, amabilité, adresse, grâce, intelligence, mais aussi l’art de la tromperie et de la séduction. Ils lui donnèrent le nom de Pandore, qui en grec signifie "dotée de tous les dons", comme Hillary en somme. Elle fut ensuite envoyée chez Prométhée. Epiméthée, le frère de celui-ci, ou Bill si on préfère se laissa séduire et finit par l’épouser. Le jour de leur mariage, on remit à Pandore une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité. On lui interdit de l’ouvrir. Par curiosité, elle ne respecta pas la condition et tous les maux s’évadèrent pour se répandre sur la Terre. Seule l’espérance resta au fond du récipient.
« L’amour s’en va comme cette eau courante
L’amour s’en va
Comme la vie est lente
Et comme l’Espérance est violente »
Méditons, chers lecteurs, rien ne va plus, les jeux sont faits à l’heure qu’il est. Retenons notre souffle et ayons une pensée pour la candidate qui défend et incarne une démarche de caractère interculturel face à l’ogre wasp.
God Bless America.
MG



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