mercredi 23 novembre 2016

Isabelle Juppé : "Je suis venue vous dire pourquoi je fais confiance à Alain"

Par Marion Galy-Ramounot Le Figaro


C'est une ultra-discrète toujours restée dans l'ombre de son mari. Elle a pris le micro pour la première fois dans un meeting d'Alain Juppé, mardi soir à Toulouse.
Il est 19h05 à Toulouse. Pour la première fois depuis le début de la campagne de la primaire de la droite, Isabelle Juppé, l'épouse d'Alain Juppé, monte sur scène pour porter la voix de son favori. Elle arrive sobrement. Discrètement aussi, ne laissant pas les applaudissements durer trop longtemps. « Je n'ai pas l'habitude de faire des discours, j'ai plutôt l'habitude de les écouter », commence-t-elle d'une voix douce, de celles qui n'ont pas été éraillées par la politique, avant de poser ses coudes sur le pupitre, et de se rapprocher de son public. « Je suis venue vous exposer mes raisons à moi, vous dire pourquoi je fais confiance à Alain pour diriger notre pays. Pourquoi je le fais en tant que femme. » Une femme qui n'est pas que la femme du finaliste à la primaire de la droite, qui n'est pas que « celle qui partage sa vie depuis 25 ans ».
"MOI AUSSI, JE SUIS INQUIÈTE POUR MES ENFANTS"
Une femme qui vient avec trois raisons, ce mardi, de défendre la candidature de son époux. « La première chose, c'est qu'il me rassure, il me rassure dans ce monde de plus en plus turbulent, tourmenté, dangereux, dans cette société de plus en plus fragmentée. Moi aussi, je suis inquiète pour mes enfants, nos enfants, vos enfants. » Elle qui a deux grands d'un premier mariage, et qui est la mère de Clara, née en 1995 de son union avec Alain Juppé. « Face aux menaces, face au danger, Alain sait garder la tête froide et faire preuve de courage », poursuit-elle, se tenant droite, à présent, devant son pupitre. « Dans les moments graves, il fait primer la raison sur l'émotion, ce qui est assez rare ces temps-ci. »
« La deuxième chose, c'est qu'il me redonne le goût de la politique. Ce goût de la chose publique, que nous avions tous un peu perdu. Avec toujours cette même façon de faire, très simple : d'abord il écoute, beaucoup, puis il décide, tranche avec courage souvent, et enfin il rénove, et ce dans tous les domaines. Pourquoi ce qu'il a fait à Bordeaux, il ne le ferait pas pour la France ? » La salle Jean Mermoz de Toulouse, sans doute bien armée de Bordelais, est en liesse. « Dans cette campagne, on lui a souvent dit que Bordeaux n'était pas la France. Ce qui est sûr, c'est que s'il avait échoué à Bordeaux, ce serait mauvais signe pour notre pays. »
"ALAIN EST AUSSI CAPABLE D'ÉMOTION ET DE PASSION"
« Alain me donne envie de croire en la socété moderne qu'il est en train de préparer, continue celle qui nous confiait, deux jours avant le premier tour de la primaire, « aimer aborder avec lui les sujets qui (lui) tiennent à cœur, l'écologie, le numérique, l'égalité entre les hommes et les femmes ». « Il a vu avant tous les autres les grands défis qui nous attendent, s'affirme-telle un peu plus sur la scène toulousaine. La sauvegarde et la protection de la planète, la maîtrise de la révolution numérique, et enfin le rôle central que vont jouer les femmes dans ce nouveau monde. Et là encore, Bordeaux a été un laboratoire d'expérimentation extraordinaire. »
Pour une première performance en direct, devant des milliers d'électeurs, Isabelle Juppé se débrouille bien, très bien. À la fin de son discours d'épouse, Jean-Pierre Raffarin la remerciera d'ailleurs chaudement : « Merci Isabelle Juppé, tu nous a donnés un des plus beaux moments de la campagne ». Elle, conclura sa prise de parole en parlant de passion. « Pendant ces deux ans de campagne, Alain a sillonné la France, a rencontré des centaines et des centaines d'hommes et de femmes. Il m'a raconté ce qu'il a vu, le désarroi, la méfiance, la souffrance... Mais aussi une envie de rebondir, une énergie incroyable, un esprit d'entreprendre. Il a vu un élan incroyable de générosité et une solidarité insoupçonnée. Ça lui faisait briller les yeux d'émotion et de passion. Parce qu'il est aussi capable d'émotion et de passion. Alain a gardé cette capacité d'émerveillement pour la France. » Et de quitter la scène, aussi vite et discrètement qu'elle l'a prise, quelques minutes auparavant, en lâchant un délicat « Merci », très souriant.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA DROITE SE DECHIRE

En se déchirant entre les deux tours, la droite française affaiblit considérablement son impact.
Le peuple de droite entend virer à droite toute. L’effet Fillon semble irrésistible. Il ne l’est peut–être pas. Mais pour cela il faudrait que les électeurs de gauche se mobilisent en masse pour exprimer leur confiance en Alain Juppé plus susceptible de fédérer l’électorat français contre « mister Thatcher » qui plait à droite mais dont le programme et les remèdes de cheval risquent de hérisser le peuple de gauche,  voire  d’ouvrir à Marine Le Pen les portes de l’Elysée. Isabelle Juppé dit cela avec des mots de velours. Puisse son message fort faire un buzz sur les réseaux sociaux.
MG
 

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