mardi 22 novembre 2016

Kazakhgate: le MR a-t-il fait ce qu’il fallait? Le parti estime que oui


LE SOIR
(…)
CINQ MOTS-CLEFS


Rideau ? En interne, la situation peut se résumer à cinq mots-clefs.
SERVICE MINIMUM. L’opposition raille déjà  : quoi, Armand De Decker est privé de ses mandats internes, mais reste bourgmestre d’Uccle et député bruxellois ? Mais chez les bleus, on estime que «  c’était la meilleure des choses à faire, dans la limite de ce qui est possible à ce stade, puisqu’il n’y a pas d’inculpation. D’ailleurs, même si on l’excluait du parti, on ne pourrait l’empêcher d’exercer les mandats pour lesquels il a été élu  ». Un parlementaire ajoute : «  A l’extérieur, cela peut paraître un peu mineur, mais pas en interne : ce n’est pas négligeable que le Conseil de vigilance soit saisi du dossier et entame une procédure d’examen à l’encontre d’une personnalité qui a exercé de hautes fonctions.  »
Le MR juge donc avoir fait ce qu’il pouvait. Même si cela apparaît comme le service minimum. Pour le reste, «  il faut attendre la justice.  » Qui pourrait tarder : la magistrate en charge du dossier est absente pour maladie jusqu’en janvier, mais le parquet dément que cela retardera la fin de l’information judiciaire…
PREMIÈRE. D’ordinaire, quand un libéral est convoqué par le Conseil de conciliation, il est entendu par le président et un administratif de ce Conseil, puis le président fait rapport devant l’ensemble du Conseil et une décision est prise. C’est la première fois, nous dit-on, que l’audition a été anticipée, sans que les membres du Conseil n’en soient informés. Et qu’une décision est prise immédiatement. Résultat : le Conseil poursuit ses travaux, mais un peu pour la forme ; il se réunira bien comme prévu le 28 novembre pour entendre le rapport du président, mais se bornera (sauf éléments nouveaux) à acter la décision de dimanche.
EUPHÉMISME. Si les libéraux ont convenu dimanche qu’Armand De Decker se mette en congé de ses mandats internes, c’est, précise alors le communiqué du MR, «  vu la tempête médiatique qui entoure l’affaire ‘’Chodiev’’  ». Ce sont donc les reportages de la presse qui expliquent la décision du parti… pas des considérations éthiques, sur le mélange des genres entre mandat public et profession privée ou la rémunération excessive de prestations. Comme un euphémisme…
Une référence à la déontologie se trouve bien dans ce communiqué : Armand De Decker est « invité à introduire une demande d’avis confidentiel à la Commission fédérale de déontologie sur le caractère déontologique de ses interventions dans ce dossier  ». A ce stade, le MR ne se prononce donc pas à cet égard.
CONTRADICTION. Privé de ses mandats internes, De Decker ne peut plus s’exprimer au nom du MR. Mais il reste bourgmestre MR d’Uccle et député bruxellois MR. A ces titres, il est susceptible de s’exprimer dans les assemblées concernées comme élu. Elu sur une liste MR. Et donc avec cette étiquette. Vous avez dit contradiction ?
Si son immunité est levée ou s’il est inculpé, Armand De Decker, rappelle le MR, devra démissionner ou se mettre en congé de ses mandats électifs. Mais selon nos informations, quand on lui a rappelé cet engagement des mandataires libéraux dimanche, il n’a pas indiqué s’il s’y plierait ou pas. «  Car il est persuadé qu’il ne sera pas inculpé  », nous glisse-t-on.
TABOU. L’intervention de De Decker dans le Kazakhgate fait des dégâts collatéraux. Car les noms de ministres de l’époque sont cités dans le dossier : ceux de la Justice, des Affaires étrangères et des Finances, à savoir Stefaan De Clerck, Steven Vanackere et Didier Reynders. Pointés, par Jean-François Etienne des Rosaies, homme de l’ombre de l’Elysée, pour avoir été « sensibilisés » par De Decker au cas Chodiev. Pour l’heure, rien ne prouve que ce soit vrai, des Rosaies étant d’ailleurs considéré comme «  un farfelu  » au MR. Et Didier Reynders dément formellement toute « sensibilisation  ».
Mais ici, il ne s’agit plus d’un député bruxellois en fin de carrière, mais du vice-Premier MR. S’inquiète-t-on dès lors au parti ? On nous assure que non : ni inquiétude ni suspicion à l’égard de Didier Reynders. «  Il n’y a rien de concret. C’est un peu court pour le mouiller. Et c’est le gouvernement dans son ensemble qui, à l’époque, a pris cette décision sur la transaction pénale et la levée du secret bancaire. Ce n’est pas un ministre ou un député tout seul.  »
Confirmation auprès d’un parlementaire : «  Cet aspect-là, concernant Reynders, personne ne l’évoque, même à mots couverts. Car alors, on serait dans une autre dimension…  »


GILKINET (ECOLO): «UN SCANDALE D’ETAT, LE PLUS GRAVE DEPUIS AGUSTA»
Le député fédéral (Ecolo), en première ligne, place le curseur dans l’affaire Chodiev-De Decker…

En première ligne dans les investigations et les révélations ayant trait à l’affaire Chodiev, Georges Gilkinet (Ecolo), député fédéral, plante le décor à ce stade de l’information judiciaire et à l’avant-veille (mercredi) d’une conférence des présidents, à la Chambre, qui aura à trancher sur l’instauration d’une commission d’enquête.
QUALIFIEZ L’« AFFAIRE » CHODIEV À CE STADE…
Un scandale d’Etat. Le plus grave en Belgique depuis l’affaire Agusta. Reprenez la note que votre journal a publiée samedi, elle est éloquente, on voit les mobiles, les acteurs, on mesure l’importance du dossier, l’urgence dans laquelle on a opéré en 2011… C’est une « note valise », elle donne à voir ce que j’appelle le scandale d’État.
LE SCANDALE, ON VOIT, L’ÉTAT, PAS FORCÉMENT…
Parfaitement, au contraire. Car dans ce dossier, on touche à la souveraineté de la Belgique et au fondement des trois pouvoirs… D’abord, le pouvoir législatif, puisqu’en mars 2011, à la demande du cabinet Reynders, la commission des Finances sera mobilisée soudainement pour adopter, en toute précipitation, un amendement introduisant dans le Code d’instruction criminelle la possibilité d’une transaction à l’amiable en matière pénale ; pas sur des d’excès de vitesse ou que sais-je mais dans des dossiers lourds, punissables pénalement. Deux : on touche au pouvoir exécutif, dès lors que, comme l’a expliqué Didier Reynders lui-même, la décision ayant trait à la loi sur la transaction pénale a été prise en gouvernement à l’époque – un gouvernement en affaires courantes –, en kern je présume, et cela au moment où Armand De Decker frappait à toutes les portes pour tenter d’accélérer la résolution du dossier Chodiev. Enfin, on touche au pouvoir judiciaire, étant donné qu’en 2011, les procureurs généraux avaient émis une circulaire demandant de ne pas conclure de transaction avant la publication d’une loi correctrice, et qu’en tout état de cause, il n’y avait pas de base légale en juin 2011 pour couvrir des faits aussi graves que ceux relatifs à l’affaire Chodiev (association de malfaiteurs, blanchiment…). Voilà, ces trois éléments constituent le scandale d’Etat.
D’OÙ L’IDÉE D’UNE COMMISSION D’ENQUÊTE PARLEMENTAIRE…
Oui. Qui doit faire la lumière sur les pressions exercées, sur les responsabilités politiques, et déboucher sur des réformes en matière de conflit d’intérêts, de Justice, de lutte contre la criminalité financière, afin qu’elle ne laisse pas impunie la grande fraude pour ne s’occuper que des voleurs de pommes.
CETTE COMMISSION, DANS QUEL DÉLAI DEVRAIT-ELLE VOIR LE JOUR ?
Sans attendre. Je ne voudrais pas que le MR se dise favorable sur les plateaux mais fasse tout pour repousser l’échéance ou réduire le spectre de travail d’une telle commission. Il n’y a pas que le volet De Decker. A la limite, on peut travailler sur d’autres facettes du dossier dans un premier temps : quid de la décision au gouvernement ?, quid, avant cela, de la naturalisation de Chodiev, impliquant Kubla ? Etc. Il y a du pain sur la planche. Il faut commencer tout de suite.
QUANT À LA DÉCISION PRISE EN GOUVERNEMENT À L’ÉPOQUE, IL ASSOCIAIT LIBÉRAUX, CHRÉTIENS-DÉMOCRATES ET SOCIALISTES, ET ON PARLE D’UN DEAL ENTRE LE VOTE DE LA LOI SUR LA TRANSACTION PÉNALE ET LA LEVÉE DU SECRET BANCAIRE.
En effet, les cinq partis étaient associés à cet échange : levée du secret bancaire contre la modification du Code Criminel. Ce qui ne veut évidemment pas dire, soyons clairs, qu’en opérant ce deal politique, tous les membres du kern savaient pourquoi il fallait intervenir aussi rapidement sur la transaction pénale, en faveur de Chodiev, à la demande pressante de Sarkozy, en l’occurrence.
POUR CE QUI CONCERNE DIDIER REYNDERS, SON NOM RÉAPPARAÎT DANS LA NOTE DIVULGUÉE SAMEDI, ET IL DÉMENT FERMEMENT TOUTE IMPLICATION.
Cela mérite d’avoir des informations complémentaires, ni plus ni moins, et la commission d’enquête ne peut éluder cet aspect du dossier. Il y a des questions, c’est notre boulot de parlementaire d’y répondre. Sans présumer quoi que ce soit. Simplement, tout le monde connaît la proximité entre Armand De Decker et Didier Reynders, et l’on sait que le premier, comme argument de défense, a déclaré en substance : « Vous croyez que j’ai pu faire ça tout seul ? ». Ces éléments méritent d’être pris en compte, examinés, c’est évident, pour que tout soit bien clair. Il ne faut pas sous-estimer la colère de citoyens à propos de ce dossier.

     
ARMAND DE DECKER, UN GENTLEMAN VICTIME DE SA FASCINATION POUR LES HONNEURS
MATHIEU COLLEYN  Le Vif

Qui, de près ou de loin, sait qui est Armand De Decker n’éprouve aucune peine à imaginer les tourments qui sont actuellement ceux du bourgmestre d’Uccle. Le libéral a fait de son image policée, faite de droiture et de probité, un passeport politique, diplomatique, mondain même. Le voici emporté par la lame sulfureuse du "Kazakhgate". Le scandale vient irrémédiablement gâcher une fin de carrière qu’il avait évidemment rêvée autrement. Dans les couloirs feutrés de la politique, ceux de droite comme ceux de gauche, peu croient pourtant à un Armand De Decker succombant aux sirènes de l’argent mal acquis. Non pas qu’il soit complètement insensible à une monnaie sonnante et trébuchante (certains de ses mandats passés en témoignent) mais, à dire vrai, son implication dans l’épisode kazakh est plus volontiers attribuée à sa propension à se faire bien voir des puissants qu’à l’appât du gain. Désormais méfiant à l’égard de la presse, M. De Decker n’a pas souhaité rencontrer "La Libre" pour alimenter le présent portrait.
ATTACHÉ À LA MONARCHIE
Qu’à cela ne tienne, le "bel Armand", on le connaît un peu. Voici près de 40 ans qu’il promène son mètre nonante sur la scène parfois ubuesque de la politique belge. De la scène, il eut d’ailleurs très tôt le goût, comme cofondateur (avec son frère écrivain Jacques et Albert-André Lheureux) du théâtre schaerbeekois de "l’Esprit frappeur", marquant ses jeunes années à l’athénée Fernand Blum.
Schaerbeekois donc, Armand De Decker est né en 1948 d’une mère enseignante et d’un père artiste peintre, qui fut le seul à avoir fait poser le roi Baudouin. Portraitiste reconnu, Luc De Decker avait notamment dessiné le billet de 20 francs et une série de timbres, rapporte également Jacqueline Rousseau, épouse d’Armand De Decker. C’est peut-être à cette source paternelle que celui-ci a puisé son attachement viscéral à la monarchie, "seul système politique qui convienne à la Belgique", confirme Mme De Decker. Et, partant, à l’unité du plat pays.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA CHUTE  DU BEL ARMAND EN ANNONCERAIT-ELLE UNE AUTRE ?

« A dire vrai, son implication dans l’épisode kazakh est plus volontiers attribuée à sa propension à se faire bien voir des puissants qu’à l’appât du gain. »
Ce portrait brossé à grands traits du « bel Armand » est aussi fidèle que ceux que peignait son père Luc des célébrités belges et de sa majesté le roi Baudouin posant devant son chevalet.
La généreuse et très courageuse intervention de Jacques, son frère, devant les caméras de Deborsu dimanche ne pourront freiner la chute d’Armand qui comme celle d’ Icare et de Sarko résultent d’une irrésistible attraction des rayons du soleil.
Mais depuis le début de cette affaire, il nous semble, sans pouvoir le prouver, qu’ Armand De Decker n’est qu’un rouage secondaire dans une mécanique commandée par l’Elysée. Celle-ci visait à instrumentaliser celui qui s'est vu remettre la cravate de la légion d’honneur par Nicolas Sarkozy en personne, le locataire du palais d’Egmont.  
On sait combien De Decker et Reynders, successeur désigné du bourgmestre d’Uccle sont proches. Le disjoncteur De Decker a sauté, désormais les projecteurs médiatiques et la lampe du commissaire Maigret sont dirigés vers l’homme fort et ancien président du MR, renversé par le clan Michel qui ricane.
S’il devait tomber à son tour, le gouvernement Michel pourrait s’en trouver déstabilisé. Et non seulement le MR d'Uccle serait doublement décapité mais l’espoir de voir Daniel Reynders succéder au besogneux Rudi Vervoort à la tête de la Région bruxelloise partirait en fumée. Sale temps pour le MR.
MG


"GEEN IDEE IN WELK SPEL WE MEEDEDEN"
Reconstructie. Het ontstaan van de afkoopwet: niet het werk van Armand De Decker alleen
En plots moest en zou het parlement stemmen over de afkoopwet. Maar welke rol speelde toenmalig financiënminister Didier Reynders? "Het was een strijdpunt voor hem", zegt Yves Leterme (CD&V), toen premier.
2 maart 2011, federaal parlement. Na een schorsing van enkele uren krijgen de leden van de commissie Financiën in de vooravond plots een tekst onder de neus geschoven. Het is het voorstel van de meerderheid om de 'afkoopwet' erdoor te krijgen, als amendement op de wet 'algemene bepalingen'. Er móét en zál die avond over gestemd worden. De oppositie staat paf. Vanwaar plots die haast? CD&V'er Servais Verherstraeten heeft twee weken voordien nog een volwaardig wetsvoorstel ingediend.


Didier Reynders reçoit la Légion d'honneur des mains de Sarkozy
Publié le mercredi 27 mars 2013
La DH



 L'ancien président français Nicolas Sarkozy a remis mercredi les insignes de la Légion d'honneur au vice-Premier ministre MR et ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders. La cérémonie s'est déroulée dans la galerie des glaces du Palais d'Egmont envahie par de très nombreux invités du monde politique - surtout MR - et des affaires et sous l'attention de nombreux journalistes, photographes et cameramen. 

M. Reynders a souligné à cette occasion que la décoration lui avait été décernée par M. Sakozy sur sa réserve personnelle. Depuis, M. Sarkozy n'a pas été réélu et il a fallu attendre un peu pour trouver une date qui convenait aux deux hommes. 

Didier Reynders s'est dit très heureux que l'ancien président ait trouvé le temps de venir à Bruxelles. La distinction est évidemment un témoignage de l'amitié qui les lie depuis de nombreuses années, mais elle est aussi la preuve des excellentes relations qui existent entre la Belgique et la France, a-t-il commenté avant l'arrivée de l'ex-président français. 

Le fait que M. Sarkozy a été mis en examen la semaine dernière n'a rien changé. "La justice française doit faire son travail", a souligné M. Reynders, ajoutant que ce rebondissement n'avait en rien modifié le protocole très strict de la réception. 

Tout au long de son discours, Nicolas Sarkozy, très détendu, a utilisé le tutoiement pour s'adresser à Didier Reynders. Il a rendu un hommage appuyé au rôle de celui-ci pendant les 12 année qu'il a passées aux Finances. Il a rappelé que, pendant la même période, il y a eu 10 ministres des Finances en France. "C'est cette stabilité qui a permis ton bilan impressionnant", a-t-il dit parlant aussi de "de réforme courageuses et ambitieuses". 

Non sans humour, il a aussi rassuré son auditoire. "Je suis heureux d'être ici à vos côtés à Bruxelles. Mais je n'ai pas vocation de m'installer ici. Je repars ce soir", a-t-il lancé faisant allusion à la polémique qui entoure la volonté de certains riches français - dont Gérard Depardieu - de s'installer en Belgique pour échapper à la taxation française sur les très hauts revenus. 

Cette venue de Nicolas Sarkozy a provoqué un engouement médiatique important aussi auprès de la presse française non seulement parce qu'il s'agit d'une de ses premières sorties européennes depuis la fin de son mandat en 2012 mais aussi parce que l'ancien président a été mis en examen jeudi dernier en France pour "abus de faiblesse" dans l'affaire Bettencourt. 

Une quarantaine de minutes avaient été prévues pour des interviews de M. Reynders avant l'arrivée de M. Sarkozy. Il était toutefois clairement indiqué sur les invitations et répété à plusieurs reprises sur place qu'il n'était pas question de poser des question à M. Sarkozy. 

Aucun commentaire: