mardi 29 novembre 2016

La N-VA prêtre à couper le "cordon sanitaire" et s'allier avec le Vlaams Belang: stratégie ou réelle conviction?




FRÉDÉRIC CHARDON ET STÉPHANE TASSIN LE VIF
La fin du "cordon sanitaire" en 2018? Theo Francken (N-VA) a, à nouveau, affirmé qu’une alliance avec le Vlaams Belang était une possibilité. Derrière cette communication politique, on sent la volonté de la N-VA de rassurer son électorat le plus radical, actuellement déçu. Il y a aussi l’enjeu local anversois. La fin du "cordon" est aussi un message au CD&V : pas touche à l’hôtel de ville. Sinon…
LE VLAAMS BELANG, L’ÉPOUVANTAIL DESTINÉ À EFFAROUCHER LE CD&V (ANALYSE)
Guerre pour l’hôtel de ville d’Anvers, Acte II. Kris Peeters, le vice-Premier ministre CD&V, a annoncé il y a dix jours qu’il quittait sa chère commune de Puurs pour s’installer dans la métropole économique flamande. Il espère pouvoir chiper, en 2018, le maïorat à Bart De Wever. Dans le stratego anversois, les nationalistes viennent à leur tour de déplacer un pion : dans une interview à la VRT, vendredi, Theo Francken a rappelé que son parti, la N-VA, était hostile au "cordon sanitaire". C’est-à-dire au refus de nouer des majorités à quelque niveau de pouvoir que ce soit avec le Vlaams Belang (VB). Pour le secrétaire d’Etat, seules des questions pratiques empêchent encore des alliances N-VA/VB.
UN AVERTISSEMENT À PEETERS
Theo Francken ne faisait que confirmer des propos similaires tenus sur VTM en octobre. Le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover, s’était également prononcé en faveur de la rupture du cordon sanitaire "si la N-VA et le Vlaams Belang obtenaient une majorité absolue permettant de prononcer l’indépendance de la Flandre". Ce genre de propos est désormais la tendance lourde à la N-VA. Une tendance lourde qu’on ne peut comprendre pleinement sans en mesurer sa dimension très… locale.
En fait, la majorité actuelle à Anvers se fonde sur une alliance entre la N-VA, très puissante (23 sièges, sur un total de 55), le CD&V (5 sièges) et l’Open VLD (2 sièges). En ouvrant le jeu à l’extrême droite flamingante, la N-VA envoie un message à Kris Peeters : si les rapports de force au conseil communal restent semblables en 2018, Bart De Wever pourrait se maintenir au pouvoir avec le Vlaams Belang pour seul allié (5 sièges). Le président de la N-VA glisse tout simplement une nouvelle carte dans son jeu pour les négociations de la future coalition. Il agite un épouvantail destiné à effaroucher un CD&V jugé trop audacieux et gourmand.
Pour autant, la N-VA va-t-elle prendre réellement le risque politique d’une majorité avec l’extrême droite, à Anvers ou ailleurs en Flandre ?


COMMENTAIRE DE DIVERITY
ALERTE ROUGE :LA DÉMOCRATIE BELGE MENACÉE

Le chef de groupe N-VA à la Chambre, Peter De Roover, s’est également prononcé en faveur de la rupture du cordon sanitaire "si la N-VA et le Vlaams Belang obtenaient une majorité absolue permettant de prononcer l’indépendance de la Flandre".
Ceci est gravissime.
Il est des lignes rouges qu’on ne saurait franchir sans bafouer les fondements de la démocratie. Le cordon sanitaire est une de celles-là, « autrement le refus de nouer des majorités à quelque niveau de pouvoir que ce soit avec le Vlaams Belang (VB). »
En annonçant sa volonté de se domicilier à Anvers Kris Peeters  déclare une guerre totale à Bart De Wever car il entend bien lui arracher électoralement son poste de bourgmestre en s’alliant au SPa et à groen pour former une majorité dans la Métropole en 2018. La N-VA riposte en menaçant de déclarer une guerre atomique : une alliance avec le Vlaams Belang dans la ville d’Anvers aux communales de 2018 pour sauver son maïorat, prélude d’une alliance du même type aux régionales de 2019.
Filip Dewinter, enfant terrible du Belang, a été jusqu’à suggérer de faire un pas de côté pour faciliter le rapprochement entre Belang et N-VA.
Qu’on ne s’y trompe pas, ce coup de poker menteur est avec les velléités de scission de la Sécu une et la volonté de saborder la monarchie une vraie menace d’éclatement du royaume de Belgique.
MG
 

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