vendredi 25 novembre 2016

"APRÈS LES ESCARMOUCHES, LES FLEURETS MOUCHETÉS".


Le Soir
La presse de vendredi salue la bonne tenue du débat d'entre-deux-tours de la primaire de droite au cours duquel François Fillon et Alain Juppé se sont affrontés "à la loyale".
"Après une semaine de violentes polémiques, où l'on a cru un moment qu'ils n'appartenaient plus au même camp, le débat entre François Fillon et Alain Juppé aura permis d'apaiser les tensions", commente un brin soulagé Paul-Henri du Limbert dans Le Figaro.
"François Fillon et Alain Juppé ont privilégié le fond... avec de petites tensions", titre Le Parisien/Aujourd'hui en France. "Après les escarmouches, les fleurets mouchetés", résume Yann Marec dans Le Midi libre.
Dans Les Dernières Nouvelles d'Alsace, Pascal Coquis constate qu'"après avoir joué les tontons flingueurs tout au long de la semaine afin de faire de son adversaire un épouvantail pour les centristes et les électeurs de gauche, Alain Juppé avait rangé la sulfateuse".
PROGRAMME CONTRE PROGRAMME
Pour L'Alsace et son éditorialiste Laurent Bodin, "vu le niveau de tension à droite depuis la victoire surprise, dimanche, de François Fillon, devançant largement Alain Juppé, le débat d'entre-deux tours de la primaire aurait pu tourner au pugilat. Il n'en a rien été".
"Le combat de rue que certains attendaient ou espéraient n'a pas eu lieu. François Fillon et Alain Juppé se sont affrontés à la loyale pratiquement de bout en bout", estime Patrice Chabanet dans Le Journal de la Haute-Marne.
Conséquence : "ce que le débat a perdu en +peps+, il l'a sans doute gagné en pédagogie", estime Michel Klekowicki dans Le Républicain lorrain.
Les deux candidats ont joué "programme contre programme (...) sans franchir la ligne rouge de l'agressivité", selon Jean-Marcel Bouguereau de La République des Pyrénées.
"C'est bien sur l'économique et le social qu'on a pu observer une dynamique des échanges et la vraie différence entre les deux projets : d'un côté un projet très libéral, de l'autre un projet social libéral. Tout dépend alors du dosage", explique Bernard Stephan dans La Montagne/Centre France.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
PAS UN MOT SUR L’EUROPE ET L’INTERCULTUREL CONNAISSENT PAS… 

Fillon plus assertif, plus radical, le poil plus noir, oeil vif et voix chaude. Le chef de meute face au vieux sage modéré à la paupière tombante. Faites vos jeux.
MG 

CERTES, ON A EU DROIT À UN DÉBAT TECHNIQUE ET À DES CHIFFRES. Pour le reste, à chaque tentative de mettre de l’instabilité dans le déroulement de leurs propositions, les journalistes se sont vu opposer un procès en caricature. Moyen efficace pour reprendre la parole, éviter de répondre et re-dérouler ses idées. «Nous voulons structurer le débat», a tenté Gilles Bouleau en cours d’émission. Perdu, ils n’ont jamais eu la main, ce sont les candidats qui ont donné le tempo du débat à la fin. C’est exactement là où voulait en venir François Fillon. Lors des débats précédents, il s’était plaint des relances des animateurs qui ne lui permettaient pas de s’exprimer comme il l’entendait et qui cherchaient plutôt à faire s’affronter les candidats entre eux. Alain Juppé avait besoin d’un affrontement encore plus direct. L’organisation et la mise en scène, ajoutées à la stratégie de François Fillon de le tenir à distance, ne lui ont pas facilité la tâche. (Libé) 

PRÉSIDENTIELLES : VERS LA FIN DU CULTE DU « CHEF CHARISMATIQUE » ?
Marianne
« Et si les Français étaient en train d’abandonner le « culte du chef et de la personnalité », pour les présidentielles, au profit du vote pour les contenus des programmes ? »
(…)François Fillon, à qui il était reproché d’être trop « terne », a séduit parce qu'il était le seul à présenter un programme cohérent, même s'il est archi-libéral et carrément thatchérien, plus libéral que celui de tous les autres candidats, plus libéral que la majorité des Français, et même que la majorité des électeurs de droite. Après 5 ans de Hollande, je crois que les Français sont surtout demandeurs de cohérence entre la politique menée et le discours tenu, même si cette politique ne leur plaît pas - ce qui aura tellement manqué à Hollande. Je crois qu'il y a une forte demande d'un président qui sait et dit où il va (même si là où il va ne plaît pas tellement aux Français) , après un quinquennat d'une politique de Hollande non assumée par des discours à la limite du surréalisme («Ça va mieux» «Je n'ai pas eu de bol».); et puis, il y a des choses très positives dans le programme de Fillon, comme le retour à 75 % d'électricité d'origine nucléaire, et la rupture avec l'atlantisme inconditionnel par le  rapprochement diplomatique qu'il prône avec la Russie; tout comme le fait d'avoir compris que le mariage homosexuel (sur lequel il ne reviendra d'ailleurs pas) est une cause qui a mobilisé les médias, mais très peu les Français.
Alors, un revirement dans lesquels « les chefs » compteraient moins que la cohérence et la crédibilité de leurs propositions ?


Chez les socialistes, il apparaît, de même, que leur « chef naturel », le président de la République en exercice François Hollande, ne semble pas le mieux placé pour pouvoir espérer figurer au deuxième tour de la présidentielle ( sans même parler du leader du parti, Jean-Christophe Cambadélis, dont personne n’imagine qu’il pourrait être candidat- et ne parlons pas de son prédécesseur, Harlem Désir) ; les seuls crédibles sont Manuel Valls, pour une politique économiquement blairiste et sécuritairement musclée, et Arnaud Montebourg, pour une ligne souverainiste et volontariste de réindustrialisation du pays : dans ces deux derniers cas, des lignes différentes, mais, comme celle de François Fillon, cohérentes et faciles à comprendre.
Si cette hypothèse est vraie, il faut en tirer un certain nombre de conclusions :
Pour l'emporter dimanche prochain aux primaires de la droite, Alain Juppé devra trouver cette semaine autre chose qu'un discours anti-Fillon et anti-«ultralibéral » (discours négatif) : il devra tenter d'expliquer, cette semaine, pourquoi son programme est le meilleur (discours positif) : ce ne sera pas facile, mais ce n'est pas impossible ;
(…)  Mélenchon, dont toute la candidature est basée sur sa personnalité (que serait son mouvement des Insoumis sans lui?) Ses propositions cuvée 2017 comme l’explique Chevènement sur son blog «sont des thèses obscurantistes ». Mélanchon est resté un homme du XXème siècle.
Post-Scriptum : Bien sûr, le programme du Conseil National de la Résistance, vieux de plus de 70 ans, n'est plus adapté au monde d'aujourd'hui; mais il est paradoxal que ce soit François Fillon, longtemps étiqueté comme « gaulliste social », qui vienne lui porter le coup de grâce... 

AU DUEL DE LA PRIMAIRE, FILLON ACCUSE LES JOURNALISTES DE TOUT "CARICATURER"
La Libre Belgique
(…)Là où il y avait le plus d'ambiance, c'était entre François Fillon et les journalistes chargés de l'interroger. Chantonnant la rengaine des "médias pourris" qu'il a lui-même écrite lors du dernier débat à sept, Fillon ne cesse d'accuser Gilles Bouleau (TF1) et Alexandra Bensaid (France Inter) de caricatures, reprochant la formulation même des questions posées.
(…)"Gardez les caricatures pour vous", s'emporte alors Fillon, qui, une fois n'est pas coutume, sourit sans cesse.

ÉDITORIAL : «AU-DELÀ DES RÉFORMES…»
PAR PAUL-HENRI DU LIMBERT
Le Figaro
(…)Sur le fond, les deux anciens premiers ministres ont une nouvelle fois démontré qu'ils avaient a priori la même vision des choses et, pour l'essentiel, des projets presque similaires. L'un comme l'autre constatent qu'après le quinquennat Hollande, il faudra tout reconstruire. En s'autorisant - fait remarquable - des mesures draconiennes que la droite n'a jamais osé défendre dans un passé récent. C'est surtout vrai en matière économique et sociale, où l'on cherche en vain des différences majeures. Chez l'un comme chez l'autre, la direction est la même: il s'agit de remettre à plat un cycle infernal où des dépenses nouvelles engendrent une dette infernale qu'on tente, en vain, de colmater, par des prélèvements toujours plus élevés. Sur le plan sociétal, sécuritaire, éducatif, migratoire, les différences existent, mais elles ne sont pas majeures.
Cela suffit-il pour dire que François Fillon et Alain Juppé, c'est bonnet blanc et blanc bonnet? Non. Car leurs mots ne sont pas les mêmes et dénotent une différence de sensibilité. Quand Alain Juppé souhaite des réformes «sans brutalité», évoque «une France apaisée» et défend sa vision de «l'identité heureuse», François Fillon insiste d'abord sur la «colère» et «l'exaspération» des Français. Il défend une vision plus radicale du changement, qui implique, au-delà des réformes, de reconsidérer intellectuellement le modèle français, notamment sa vocation égalitariste et «multiculturelle». Et il perçoit dans chaque critique, même nuancée, qu'Alain Juppé adresse à son programme la preuve que le maire de Bordeaux «ne veut pas vraiment changer les choses». Pour François Fillon, ce qui se joue dimanche prochain, n'est ni plus ni moins qu'une «bataille idéologique» dont l'enjeu consiste, pour la droite française, à redevenir ce qu'elle n'est plus depuis longtemps. Si l'on en juge par les résultats du premier tour, c'est aussi l'avis des électeurs.


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