samedi 19 novembre 2016

Steve Bannon, homme de l’ombre de Trump: «L’obscurité, ça a du bon. C’est le pouvoir»


Le nouveau conseiller en stratégie de Donald Trump se présente comme « un nationaliste économique ». 


• © Photo News
Steve Bannon, le nouveau conseiller en stratégie controversé du président élu des États-Unis Donald Trump, affirme qu’il n’est pas un partisan de la suprématie des Blancs mais « un nationaliste économique » qui veut bâtir un « nouveau mouvement politique » sur la base d’un plan de grands travaux créateur d’emplois.
UN PLAN DE 550 MILLIARDS DE DOLLARS
« Les conservateurs vont devenir fous. Je suis celui qui pousse au plan de grands travaux de milliers de milliards de dollars. Avec des taux d’intérêt négatifs dans le monde, c’est la meilleure occasion de tout reconstruire », a-t-il déclaré.
Le président élu Donald Trump a promis un grand plan d’investissement, d’environ 550 milliards de dollars, pour relancer la croissance et rénover des infrastructures « négligées pendant trop longtemps », rare proposition du populiste saluée par le FMI, la banque centrale américaine et des démocrates.
LE DÉBUT D’UN MOUVEMENT
Selon Steve Bannon, artisan dans la campagne de Trump d’une dénonciation des élites politiques et financières, « les mondialistes ont détruit la classe ouvrière américaine et ont créé une classe moyenne en Asie ». « La question maintenant concerne les Américains qui essaient de ne pas se faire niquer ».
« Si nous y arrivons (au plan de grands travaux, ndlr) nous aurons 60 % des voix des Blancs, 40 % des voix des Noirs et des Hispaniques et nous gouvernerons pendant 50 ans », assure-t-il.
CRITIQUE DES MÉDIAS
Il s’en prend aussi à « la bulle des médias (…) symbole ultime de ce qui va mal avec ce pays. C’est juste un groupe de gens qui se parlent à eux-mêmes et qui n’ont aucune idée de ce qui se passe ».
Celui qui est considéré comme l’homme de l’ombre de Donald Trump estime que « l’obscurité, ça a du bon ». « Dick Cheney. Dark Vador. Satan. C’est le pouvoir. Ça nous aide seulement quand ils (la gauche et les médias, ndlr) se trompent. Quand ils sont aveugles à propos de qui on est et ce que nous faisons ».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN  NEW DEAL À LA ADOLPHE HITLER ? 
 
« Les économistes d’Hitler rejetaient le laissez-faire, admiraient Keynes, et le devançaient même à bien des égards. Hitler a institué un New Deal pour l’Allemagne, qui ne différait de ceux de Roosevelt et de Mussolini que dans les détails. » (Llewellyn H. Rockwell, Jr).
Dans les années 1930, Hitler a été largement considéré comme l’un des adeptes de la planification centrale et du protectionnisme, qui reconnaissait l’échec supposé du libre marché et la nécessité d’un développement économique dirigé à l’échelle nationale.
« Hitler a lancé des programmes de travaux publics mégalomanes comme les autoroutes, protégé les industries de la concurrence étrangère, élargi le crédit, institué des programmes d’emploi, intimidé le secteur privé quant aux prix et aux décisions de production, élargi considérablement les contrôles forcés de capitaux, mis en place la planification familiale, pénalisé le tabagisme, créé une agence nationale de santé et d’assurance chômage, imposé des normes d’éducation et, finalement, il a enregistré des déficits énormes. »
Hitler a institué un New Deal pour l’Allemagne, qui ne différait de ceux de Roosevelt et de Mussolini que dans les détails. Le chômage est resté faible parce qu’Hitler n’a jamais tenté de relancer les salaires au-delà de leur niveau de marché. Même si ses programmes fonctionnaient au sens purement économique, ils sont incompatibles avec la liberté qui, elle-même est incompatible avec le protectionnisme.
Et voici qu’ aujourd’hui, aux États-Unis, les politiques protectionnistes font un retour en fanfare.
Le revers de ces politiques, c’est qu’elles ne sont pas concevables sans un État Léviathan assez large et assez puissant pour manipuler la demande globale, pour violer les libertés civiles des gens et attaquer leurs droits dans tous les autres domaines.
Hitler, comme Franklin Delano Roosevelt, a brisé les tabous contre la planification centrale.
Et voici que en 2016, Steve Bannon, homme de l’ombre et nouveau conseiller en stratégie de Donald Trump se présente comme « un nationaliste économique » qui veut bâtir un « nouveau mouvement politique » sur la base d’un plan de grands travaux créateur d’emplois.
Marine Le Pen applaudit, les Européens retiennent leur souffle, les immigrés latinos et les noirs tremblent déjà. Un fascisme new-look serait-il en marche outre atlantique ?
Non, Trump n’est pas un  Reagan bon enfant et Thatchérien c’est-à-dire schumpétérien qui ferait sa seconde entrée à la maison blanche. Les deux présidents républicains présentent certes quelques similitudes, mais l'isolationnisme forcené  de Donald Trump est totalement inédit depuis 1945.
Trump et Reagan sont tous les deux perçus comme de «grandes gueules». Chacun dans son style car le franc-parler reaganien est assez éloigné de la vulgarité de Trump qu'Internet et les réseaux sociaux dégorgent sans frein. Mais quoi de commun entre l'ancien acteur pauvre de série B de Hollywood accédant à la Maison-Blanche après avoir été huit ans gouverneur de Californie et un milliardaire né avec une cuillère d'argent dans la bouche gourmande
Donald Trump, c’est carrément autre chose et ce tout autre chose fondé sur un refus têtu de la globalisation mondialisée,  est tout à fait imprévisible et franchement inquiétant.
MG

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