jeudi 24 novembre 2016

Trump nomme Betsy DeVos à l’éducation, les enseignants fulminent


Le Soir
La Républicaine de 58 ans est une farouche partisane de l’« école libre ». 


• © Reuters
Donald Trump a nommé mercredi Betsy DeVos, une richissime philanthrope conservatrice et farouche partisane du droit à choisir entre école publique, privée ou enseignement à la maison, pour diriger le ministère de l’Éducation.
« Sous sa direction nous allons réformer le système scolaire américain et supprimer la bureaucratie qui handicape nos enfants, afin que nous puissions offrir une éducation et un choix d’écoles de niveau mondial à toutes les familles », a déclaré le président élu des États-Unis dans le communiqué annonçant la nomination de cette ardente républicaine de 58 ans. Sa nomination doit être approuvée par le Sénat, où les républicains sont majoritaires.
Mme DeVos a dit être honorée d’avoir été choisie « pour redonner à l’éducation américaine sa grandeur », un jeu de mot sur le slogan de campagne du magnat de l’immobilier : « Make America Great Again ». « Le statu quo n’est pas acceptable dans l’éducation », a-t-elle ajouté.
HOSTILE À L’ÉCOLE PUBLIQUE
« Trump a choisi la candidate la plus idéologue et hostile à l’école publique depuis la création du ministère de l’Éducation », a pour sa part fulminé sur Twitter Randi Weingarten, la présidente du syndicat American Federation of Teachers.
Lily Eskelsen Garcia, qui dirige un autre grand syndicat d’enseignants, la National Éducation Association, a, elle, estimé dans un communiqué que l’approche de la future ministre ne « faisait rien pour aider nos étudiants les plus vulnérables tout en ignorant ou exacerbant les fossés flagrants qui existent dans les opportunités »offertes aux jeunes.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA DEMOCRATIE AMERICAINE

Selon le Vif, Hillary Clinton aurait « remporté 2 millions de voix de plus que son rival Donald Trump à la présidentielle américaine du 8 novembre, qui a cependant été remportée par le républicain en nombre de grands électeurs. » Cette avance de 1,5 point de pourcentage de la candidate démocrate, selon les experts du Cook Political Report,  ne change rien au résultat de l'élection, scrutin indirect à un tour. Donald Trump a remporté 290 grands électeurs contre 232 pour la démocrate, qui a concédé sa défaite. On commence à peine à mesurer les conséquences hallucinantes de cette défaite démocrate. « Trump a choisi la candidate la plus idéologue et hostile à l’école publique depuis la création du ministère de l’Éducation ».
C'est la deuxième fois au XXIe siècle qu'un démocrate remporte le nombre de voix mais perd l'élection. En 2000, le vice-président Al Gore a perdu face à George W. Bush même s'il devançait son rival de près de 544.000 voix. Aux Etats-Unis, c'est le nombre de grands électeurs, attribué dans chacun des 50 Etats et dont le nombre varie en fonction de la population, qui détermine la victoire finale.
Ce système singulier nous a valu un W Bush va-t-en guerre à la place d’un Al Gore champion de la cause climatique. On mesure la différence. Cette fois, c’est apparemment bien pire : wait and see. L’imprévisible est aux manettes, lisez plutôt ce qui suit.
MG


SURPRENANT ET INQUIÉTANT.
10 choses à savoir sur Jared Kushner, le gendre qui murmure à l’oreille de Trump
Redaction 1dex (PAR L’OBS [VIA L’IMPORTANT])


LE TRÈS DISCRET MARI D’IVANKA TRUMP, FILLE AÎNÉE DU PRÉSIDENT-ÉLU, A UNE INFLUENCE CROISSANTE DANS LA NOUVELLE ÉQUIPE DE TRANSITION.
Lors de la campagne du candidat républicain, Jared Kushner était la tête pensante de Donald Trump. Désormais, il est celui qui murmure à l’oreille du président-élu des Etats-Unis. Gendre de l’homme d’affaires, mari d’Ivanka Trump, Jared Kushner, 35 ans seulement, est devenu l’une des personnalités les plus influentes du futur système Trump à la Maison-Blanche. Selon la presse américaine, même les deux principaux conseillers de Donald Trump, Steve Bannon, chef de la stratégie, et Reince Priebus, secrétaire général, doivent avoir l’approbation de Jared Kushner avant toute proposition ou initiative.
Fuyant les projecteurs, effacé et calme – à la limite de la timidité, disent certains -, à l’opposé de la personnalité sulfureuse de son beau-père, il est apparu plus fréquemment sur le devant de la scène depuis l’élection du 8 novembre. On l’a vu, élégant, policé, physique de jeune premier, lors de la rencontre entre Donald Trump et Barack Obama, mais aussi lors de la visite du Premier ministre japonais, Shinzo Abe, à la Trump Tower.
Il figure parmi les happy fews qui entourent quotidiennement Donald Trump dans son bureau du 26e étage pour composer l’équipe de transition. Le milliardaire aurait confié, à propos de Jared Kushner, qu’il était « une version de lui-même en plus jeune ».
Au départ, Jared Kushner n’est apparu qu’épisodiquement au bras de sa femme au détour d’un meeting ou deux. Il s’est investi une première fois dans la campagne en élaborant le discours de son beau-père prononcé en mars devant le lobby pro-israélien AIPAC. Devant un auditoire sceptique quant à sa volonté de protéger Israël, Donald Trump avait utilisé un téléprompteur pour la première fois. « Le discours n’était pas particulièrement bon ou intéressant », souligne Vox, mais a été bien accueilli dans la salle. Une gageure pour un public qui n’était pas acquis à sa cause.
Au fur et à mesure de son implication dans d’autres discours clés, Jared Kushner a pris du galon et s’est vu confier la campagne digitale du candidat. « J’ai appelé mes amis de la Silicon Valley, parmi les meilleurs en communication digitale. Ils m’ont donné les contacts de leurs sous-traitants, » raconte Jared Kushner, dans une rare interview à « Forbes« . Le gendre de Donald Trump a mis en place une vaste base de données de supporters et élaboré des techniques perfectionnées de micro-ciblage sur les réseaux sociaux.
Il l’a également aidé à s’adapter à la réalité des collectes de fonds.
FAISEUR DE ROIS
Il serait à l’origine du renvoi de deux importants et proches conseillers du candidat : Paul Manafort et Corey Lewandowski. C’est également lui qui aurait conseillé à son beau-père de prendre Mike Pence comme colistier à la place de certains fidèles de la première heure qui étaient sur les rangs. Plus récemment, il aurait été à l’initiative de l’éviction brutale du gouverneur du New Jersey, Chris Christie, de l’équipe de transition.
Ce dernier avait poursuivi son père en 2004 pour évasion fiscale lorsqu’il était procureur du New Jersey. Plus qu’une revanche personnelle, Jared Kushner a, semble-t-il, craint que l’affaire de corruption, dite du « Bridgegate », dans laquelle Chris Christie est cité, ne porte préjudice au futur président. Le haut conseiller à la Sécurité nationale, le très traditionnel Mike Rogers, un temps pressenti pour diriger l’équipe de transition à la place de Mike Pence, aurait fait les frais de sa proximité avec Chris Christie et a été, lui aussi, mis de côté.
LE COMTE DE MONTE-CRISTO
Le roman d’Alexandre Dumas, qui raconte l’histoire d’un homme innocent emprisonné cherchant à se venger contre les personnes qui lui ont fait du tort à sa libération, figurerait au top de sa liste de livres préférés, écrit le « New York Times ». La légende voudrait que la famille Kushner ait été, comme le personnage du livre, Edmond Dantès, dans le registre de la vengeance pour gérer ses affaires et que l’affaire Chris Christie en serait l’exemple.
IVANKA
Jared Kushner s’est marié à Ivanka Trump en 2009 après que cette dernière s’est convertie pour lui au judaïsme. Le jeune couple fréquente les cercles mondains de Manhattan et réside dans un loft de Park Avenue. Selon « Vanity Fair », c’est grâce à son amie Wendi Deng Murdoch, ex-épouse du magnat des médias, Rupert Murdoch, que la fille Trump a rencontré son futur mari. Le couple, parents de trois enfants, s’attache particulièrement à donner l’image du couple parfait sur les réseaux sociaux.
MAUVAIS ÉLÈVE
Jared Kushner a grandi à Livingston (New Jersey) dans une famille aisée et démocrate proche de plusieurs responsables politiques à qui elle a fait de larges dons financiers. Après avoir été scolarisé dans une école privée juive à Livingston, il est passé par Harvard, en dépit de ses mauvaises notes. Daniel Golden, journaliste à ProPublica, a révélé dans une enquête que le père de Jared a fait une donation de 2,5 millions de dollars en 1998 qui aurait ouvert les portes de la prestigieuse université à son fils. Jared Kuschner a ensuite étudié à l’université de New York, où il a obtenu un MBA et un diplôme en droit.
GRATTE-CIEL
Comme son beau-père, Jared Kuschner a fait fortune dans l’immobilier. Il s’est très tôt impliqué dans les affaires de son père, Charles, (autre point commun avec Donald Trump), la Kushner Companies. Il s’est retrouvé en première ligne de la prospère entreprise familiale après que son père a été envoyé en prison pendant 18 mois, accusé de fraude fiscale et de subornation de témoin. Ironie du sort, c’est Chris Christie, soutien de Donald Trump, alors procureur général du New Jersey, qui avait engagé les poursuites. Dans un effort pour réhabiliter le nom de la famille et remonter la pente, Jared Kushner a largement investi dans l’immobilier à Manhattan (comme Donald Trump encore).
L’une de ses plus grosses prises fut l’achat d’un gratte-ciel dans le Midtown Manhattan, au 666 Fifth Avenue (pas très loin de la Trump Tower) pour 1,8 milliard de dollars. Un prix record pour un immeuble de bureau à New York. Après quelques difficultés lors de la crise de 2008, les affaires de Jared Kushner vont mieux. « Jared a réussi dans l’immobilier, mais je pense qu’il aime la politique plus que l’immobilier », dit de lui Donald Trump.
« THE NEW YORK OBSERVER »
Sa fortune personnelle lui a permis d’acquérir le journal conservateur « The New York Observer » en 2006 (il n’avait alors que 25 ans), pour la somme de 10 millions de dollars. Selon la BBC, ses relations avec les différents rédacteurs en chef ont été houleuses : en sept ans, six responsables se sont succédé à la tête de la rédaction. Le journal a basculé cette année dans le tout numérique. Jared Kushner, qui s’est rapproché de Rupert Murdoch, assure qu’il préservera son indépendance, comme il l’a fait, dit-il, dans le domaine de l’immobilier. « The Observer » fut l’un des rares titres à avoir soutenu Donald Trump.
INEXPÉRIMENTÉ
Autre point commun avec le président-élu américain : son manque total d’expérience en politique. Il a expliqué, cité par le « New York Times », qu’il lui suffisait d’écouter le niveau sonore des applaudissement des supporters pour mesurer leur adhésion. Dans un éditorial dans « The Observer », il comparait l’exercice du pouvoir au management d’une entreprise :
« L’administration est composée de plusieurs strates pour éviter les erreurs. Le problème c’est que cela coûte beaucoup et que ça ne produit pas grand-chose. Dans les affaires, nous donnons le pouvoir à des gens intelligents pour faire le job et on leur donne toute la latitude pour y arriver. »
HOLOCAUSTE
Petit-fils de survivants polonais de la Shoah, juif pratiquant, Jared Kushner a dû défendre son beau-père, accusé d’antisémitisme après avoir tweeté une image d’Hillary Clinton sur fond de billets de banque, accompagnée d’une étoile de David. Il a assuré dans une lettre ouverte publiée dans son journal que Donald Trump était une « personne incroyablement aimante et tolérante ». Il a également rejeté les critiques contre Steve Bannon, considéré comme un porte-voix de l' »Alt-Right », mouvement qui véhicule des thèses racistes et antisémites.
Par ailleurs, Jared Kushner, dont la famille entretient de très bonnes relations avec des responsables politiques israéliens et avec l’AIPAC, pourrait jouer un rôle dans d’éventuels pourparlers de paix au Proche-Orient, estime Donald Trump. Jared Kushner avait essayé d’organiser une rencontre entre le candidat et le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, avant que le projet ne soit abandonné.
Steve Bannon, l’inquiétant bras-droit de Donald Trump
CONFLIT D’INTÉRÊTS
La constitution américaine, si elle interdit qu’un proche du président n’occupe un poste actif dans le gouvernement afin d’éviter toute forme de népotisme, ne dit rien sur la possibilité que ledit proche soit conseiller. Selon la presse américaine, Jared Kushner chercherait à contourner la loi pour avoir la possibilité d’entrer dans l’administration de son beau-père et ainsi avoir accès aux briefings de sécurité quotidien à la Maison-Blanche.
Sarah Diffalah


ACCUSÉE DE CONFLITS D'INTÉRÊT, IVANKA TRUMP ENTEND SÉPARER SON BUSINESS DE SES PRISES DE POSITION
Le Vif
Source: Belga



Accusée de conflits d'intérêt, la fille du futur président américain Donald Trump, Ivanka, semble désormais vouloir mettre une séparation entre ses affaires et ses prises de position, en commençant par ses comptes sur les réseaux sociaux.
Ivanka Trump au jeu du "C'est pas moi c'est lui" © Reuters
Dans une "lettre" postée mardi sur ses comptes Instagram et Twitter, elle explique qu'elle utilisera désormais deux comptes séparés. @IvankaTrumpHQ pour tout ce qui touche à ses marques de vêtements et bijoux et la façon dont elle les a toujours promues en écrivant sur les femmes qui jonglent entre travail et famille.
Son compte existant, @IvankaTrump, suivi par quelque 2,4 millions de personnes, sera désormais son compte "personnel". La lettre-communiqué souligne que cette séparation doit permettre aux sociétés au nom de la fille du président élu de rester complètement apolitique, tandis que le compte "personnel" permettra à Ivanka de mettre en avant ses points de vue.
Ivanka Trump est appelée à gérer, avec ses frères, la fortune et les affaires de son père pendant le mandat de ce dernier à la Maison Blanche. Déjà très présente pendant la campagne, elle est apparue depuis l'élection plus incontournable encore, assise au côté du Premier ministre japonais Shinzo Abe lors de sa rencontre avec le président élu jeudi dernier, provoquant un tollé chez les démocrates qui ont crié au conflit d'intérêt.
Elle a aussi participé la semaine dernière à une conversation téléphonique avec le président argentin Mauricio Macri. Le chef de la diplomatie argentine a cependant assuré que M. Macri et elle n'avaient parlé que de "banalités". Et qu'aucune discussion n'avait eu lieu sur une tour que voudrait construire Donald Trump dans la capitale argentine, contrairement à ce qu'avait rapporté un influent journaliste argentin.
Au point que certains médias américains l'ont surnommée "Première dame", la femme de Donald Trump, Melania, étant elle beaucoup plus discrète. Le mari d'Ivanka, Jared Kushner, absent des réseaux sociaux, est présenté lui depuis quelques jours comme l'éminence grise de son beau-père. Même si aucun poste officiel ne lui a été encore attribué, Donald Trump a indiqué mardi au New York Times qu'il le verrait bien l'aider à essayer de faire la paix entre Israéliens et Palestiniens.

Aucun commentaire: