lundi 26 décembre 2016

Geens: «Il y a des signes de totalitarisme»

Le Soir


Dans un entretien au Soir revisitant une année 2016 sous le choc des attentats du 22 mars, Koen Geens (CD&V), ministre de la Justice, met gravement en garde contre le populisme qui menace selon lui : « C’est une vague mondiale. Avec une droite qui désigne la sécurité en première valeur, et l’utilise comme arme contre les valeurs humaines et démocratiques qui sont les nôtres, de liberté, d’Etat de droit, de justice, de tolérance. On est en train d’oublier soudainement ce que nous avons construit en septante ans. »
Dans cette première interview rétrospective de l’année dans nos colonnes, le chrétien-démocrate flamand se montre sombre mais très précis également : «  Je vois trois possibilités : soit l’establishment, comme on l’appelle, se renouvelle, s’améliore, et renoue avec le pouvoir dans de bonnes conditions  ; soit on va vers le totalitarisme  ; soit il y aura un stade intermédiaire, et l’on ne sait pas s’il conduira ou bien au totalitarisme ou à la renaissance… »
Il cite un grand historien, Mark Mazower, qui parle du «  dark continent  » à propos de l’Europe. Et épingle le discours de la N-VA au passage : «  C’est polarisant. On désigne des boucs émissaires, on a un vocabulaire plus agressif, on déborde… » . Tout n’est pas perdu pour autant. Koen Geens en appelle aux hommes « raisonnables », dit-il, et implore « le monde politique, les intellectuels, de reconnaître les signes avant-coureurs du totalitarisme, et de convaincre autour d’eux que nous sommes parfaitement capables de résoudre les problèmes devant nous. Nous ne devons pas céder à la peur et la résignation. Osons défendre nos valeurs, la liberté, la tolérance, l’Etat de droit » .
Pour lui, l’objectif est clair : il ne faut pas tomber dans les ruptures, même s’il comprend pourquoi l’homme de la rue peut être tenté par cette solution. « A quoi cela conduirait-il ? Au totalitarisme, je le crains ». Il y revient toujours. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DE WEVER ET SA N-VA SOUS LE FEU DES CRITIQUES 

Une partie de bras de fer s’est engagée entre la presse et De Wever qui tire à boulets rouges contre elle. Les médias ripostent à feu nourri.
Cela sent la crise gouvernementale à plein nez.
Les prises de position du très sobre et généralement très mesuré Koen Geens (CD&V) suggèrent, en termes non voilés, que le monde pourrait basculer- même en Belgique- vers l’extrême droite populiste. Le ministre de la Justice pointe la N-VA du doigt. Ce sont là des propos de pré-campagne électorale qui semblent bien confirmer que le CD&V en a ras la casquette de sa collaboration avec le N-VA au sein de la suédoise et du gouvernement de la Communauté flamande.
Bart de Wever en profite pour insinuer sur VTM que le roi Albert a quelquefois agi comme porte-parole de l’ancien Premier ministre Elio Di Rupo et du PS.
«  Je pense que le roi a fait son possible en 2010 pour me rendre la tâche difficile. On peut le voir par exemple au nombre d’initiatives données aux différents acteurs pour former le gouvernement. Nous étions de loin le plus grand parti mais celui auquel on a laissé le moins d’initiative. » Selon De Wever, le roi a joué un rôle politique clair à l’époque.
Dans l’émission il a également critiqué le message de Noël du roi Albert de cette année-là. Il l’a trouvé particulièrement politisé. «  On pouvait voir dans son message une opinion politique claire lorsqu’il évoquait le populisme. Tout le monde a pu reconnaître que c’était la voix d’Elio Di Rupo qui parlait à travers le monarque. »
Sans doute ceci éclaire-t-il l’acharnement de la NVA à vouloir « déshabiller la royauté » de son rôle clé d’arbitre dans la désignation d’un informateur, explorateur et surtout formateur suite à des élections fédérales. Il est clair que le roi AlbertII a fait serment de « maintenir en toutes circonstances  l’intégralité du territoire » ne saurait faciliter la tâche d’un parti dont l’article premier des statuts préconise l’évaporation de la Belgique. En ce sens oui, Albert II a assurément fait valoir ses préférences en favorisant en 2015 Di Rupo au détriment de De Wever. Mais il ne faisait en cela que respecter strictement son rôle constitutionnel.
On ne saurait lui en tenir grief, bien au contraire.
Affirmer sans vergogne que la monarchie s’est comportée en marionnette du PS c’est tenir en Flandre un discours populiste de caractère délibérément pré électoral. Et comme à son habitude Charles Michel se tait dans les deux langues nationales.
Je suis de ceux que les commentaires éclairés de Béatrice Delvaux manquent terriblement dans des moments politiques difficiles tels que celui que nous traversons. Pourquoi diable ne lisons- nous plus sous sa signature les analyse les  plus pertinentes de la presse belge ? Béatrice,  revenez-nous vite, votre plume lucide et alerte nous manque.
MG 


DE WEVER ONGEMEEN HARD VOOR ‘POLITIEKE’ KONING ALBERT
De Standaard 

N-VA-voorzitter Bart De Wever vindt dat koning Albert bij momenten optrad als spreekbuis van oud-premier Elio Di Rupo en de PS. Dat zegt hij in een reportage van het VTM magazine Royalty, die  zondag werd uitgezonden.
'Ik denk dat ik de waarheid geen geweld aandoe als ik zeg dat in 2010 de koning er alles aan gedaan heeft om het mij zo moeilijk mogelijk te maken', aldus De Wever. 'Je ziet dat alleen al aan de hoeveelheid initiatief dat er is gegeven aan diverse spelers. Wij waren veruit de grootste partij, maar de kleinste initiatiefnemer.' De koning speelde toen volgens De Wever een duidelijke politieke rol.
Ook vindt De Wever de kerstboodschap van de koning dat jaar bijzonder politiek.'In de verwarde tijden die we nu meemaken, moeten we waakzaam blijven en de populistische betoogtrant helder doorzien', stelde de koning toen. Volgens de N-VA-voorzitter zat er in die boodschap 'een duidelijke politieke opinie' die 'niet eens zo subtiel' verstopt was. 'Iedereen heeft ze wel herkend, dat was de stem van Di Rupo die door de monarchie sprak.'
Vorige zondag stelde Di Rupo in Royalty dat hij de koning in 2013 vroeg om het nieuws over de troonsafstand drie maanden stil te houden. Want de oud-premier vreesde dat de N-VA het land zou ontwrichten. De Wever noemde die aantijging 'grotesk'. 'Zelfs de ergste tegenstander van mijn partij kan toch niet bevatten dat ik het land zou destabiliseren omdat de koning zijn pensioen wil nemen.'

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