mercredi 21 décembre 2016

L'Allemagne déjà attaquée sur son sol


La Libre Belgique 


L'Allemagne a été jusqu'ici épargnée par des attaques jihadistes d'ampleur, alors que la police soupçonne un attentat après qu'un camion a foncé lundi soir dans la foule sur un marché de Noël à Berlin, faisant au moins neuf morts.
En revanche, plusieurs attentats islamistes ont été commis depuis juillet par des personnes isolées, et d'autres projets ont été déjoués.
LES ATTAQUES REVENDIQUÉES PAR L'EI
- Le 18 juillet 2016, un jeune demandeur d'asile de 17 ans, affirmant être afghan, agresse les passagers d'un train à coups de hache et de couteau près de Wurtzbourg, en Bavière (sud). Cinq personnes sont blessées, l'auteur est tué par la police. Le lendemain, le groupe Etat islamique (EI) revendique l'attentat, une première en Allemagne.
- Le 24 juillet, un réfugié syrien de 27 ans, débouté de sa demande d'asile, se fait exploser dans le centre d'Ansbach, une ville de 40.000 habitants en Bavière, à proximité d'un festival de musique en plein air. Il est tué dans la déflagration, tandis que quinze personnes sont blessées. L'agence Amaq, un organe de propagande de l'EI, affirme que l'auteur de l'attentat est l'un de ses "soldats".
- Le 30 octobre, l'EI revendique le meurtre d'un adolescent commis quinze jours plus tôt à Hambourg. Selon la police, la victime âgée de 16 ans avait été poignardée alors qu'elle était en compagnie d'une amie. Les autorités allemandes n'ont jamais arrêté de suspect, mais recherchent un individu âgé de 23 à 25 ans de type "méditerranéen".
TENTATIVES ET ATTENTATS NON-REVENDIQUÉS
- En septembre 2015, un Irakien de 41 ans, en liberté conditionnelle après avoir été détenu pour appartenance à une organisation "terroriste" et un projet d'attentat contre un Premier ministre irakien en 2004, est tué par la police après avoir blessé au couteau une policière à Berlin.
- En février 2016, une adolescente germano-marocaine de 16 ans blesse grièvement au couteau un policier en gare de Hanovre. Cette action a été menée "sur ordre" du groupe Etat islamique, selon la police, bien qu'elle n'ait jamais été revendiquée.
- En octobre, un réfugié syrien qui voulait s'en prendre à un aéroport de Berlin est arrêté avant son passage à l'acte. Il se suicide en prison.
- Fin novembre, un agent du renseignement intérieur allemand, "islamiste présumé", est arrêté alors qu'il cherchait sur internet des complices à qui donner des informations pour organiser un attentat contre le siège de la centrale à Cologne (ouest).
- Le 16 décembre, les autorités ont annoncé qu'un enfant germano-irakien de 12 ans, "radicalisé" était soupçonné d'avoir voulu faire exploser fin novembre un engin comportant des clous à deux reprises, dont une fois sur un marché de Noël à Ludwigshafen (sud-ouest). Son appareil de fabrication artisanal n'a cependant pas fonctionné.

COMMENTAIRE DE DIVERCITY
UN OBJECTIF TRIPLEMENT SYMBOLIQUE 

Un processus délétère a été enclenché contre l’occident et l’Europe en particulier. On voit mal ce qui pourrait l’arrêter. L’attentat de Berlin est pain béni pour l’AFD. (Alernativ für Deutschland).
La démocratie est hyper vulnérable à ce type d’attaque qui a pour principal dessein de la déstabiliser.  Les djihadistes nous ont déclaré une guerre sans merci et ils s’entendent à mobiliser les médias sur leurs attentats barbares.
Le fait qu'un marché de Noël ait été ciblé donne à l'attentat un impact encore plus retentissant en Allemagne. Il  place Angela Merkel dans une position très délicate.
Berlin est touché au cœur, sur un lieu doublement symbolique. Les terroristes ne pouvaient pas choisir d'endroit plus marquant pour signifier à l'Allemagne qu'ils sont en guerre contre elle. Les assaillants ont frappé un marché de Noël dans un pays, qui contrairement à la France, a inscrit ses racines chrétiennes dans la loi fondamentale, sa Constitution. Le poids lourd a percuté la foule au pied de l'église du souvenir, la Gedächtniskirche, en grande partie détruite par un bombardement aérien en 1943 et transformée en lieu de mémoire de la Seconde Guerre mondiale.  Enfin, la place donne sur le Kurfürstendamm, la plus célèbre avenue commerçante de la ville, à deux pas du non moins célèbre KaDeWe, le grand magasin qui symbolisait l’opulence de la société occidentale dans le Berlin-Ouest de la guerre froide.
Il y aura un avant et un après le 19 décembre 2016 en Allemagne. C’est la première fois que le terrorisme islamiste y fait tant de morts. La première fois, aussi, qu’il frappe au cœur de Berlin.
Cet attentat constitue une épreuve délicate pour le gouvernement allemand, et d’abord pour Angela Merkel, qui briguera en septembre 2017 un quatrième mandat de chancelière. Or elle le sait : pour être réélue, il lui faut absolument réussir à conserver l’image qui a longtemps été la sienne, celle de la chancelière protectrice, en démontrant que « Mutti » est capable d’assurer à la fois  la sécurité du pays face à la menace terroriste et aussi de défendre son économie face à la crise de la zone euro.
Le camion de 38 tonnes, immatriculé en Pologne, a été volé à son chauffeur polonais censé livrer à Berlin sa cargaison de produits métallurgiques. Le propriétaire du camion ayant de fait perdu contact avec son employé après l’avoir joint par téléphone "vers 8 ou 9 heures" du matin lundi. L'employé a été retrouvé mort, dans le camion, tué par balle. Un suspect a été arrêté, ce n’est apparemment pas l’assassin terroriste. Sale temps pour Angela Merkel. « Elle sait qu'elle va sans doute devoir faire face à une nouvelle salve de critiques au sujet de sa politique d'immigration généreuse, en rapport notamment avec la crise en Syrie. »
Une riposte européenne musclée s’impose de toute évidence. Il se pourrait que la chancelière se décide à mobiliser ses collègues chefs d’Etats dans ce sens. On peut du moins l’espérer.
Le ministre belge des Affaires étrangères Didier Reynders a plaidé mardi au Caire (Egypte) pour une collaboration internationale renforcée contre le terrorisme, après plusieurs attaques sanglantes survenues ces dernières heures. Quant à Yvan Mayeur, il se demande vraiment s’il est bien raisonnable de maintenir le feu d’artifice du 31 décembre.
MG 

UN FEU D'ARTIFICE À BRUXELLES LE 31 DÉCEMBRE ? YVAN MAYEUR "REFROIDI" PAR BERLIN
Yvan Mayeur : "C'est un point presse contrasté que nous faisons". En cause : le bourgmestre de Bruxelles devait décrire les festivités mises en place en cette fin d'année, dont le traditionnel feu d'artifice, mais "ce qui s'est passé hier à Berlin refroidit l'enthousiasme de tout le monde".
D'après le socialiste, les autorités bruxelloises espèrent maintenir les activités prévues pour les fêtes. Cependant, Yvan Mayeur a reporté la décision à prendre à la semaine prochaine. "Nous ferons une évaluation de la menace avec l'Ocam. Nous souhaitons maintenir l'événement du 31 décembre."
Le mayeur bruxellois a également souligné que "la ville est pleine de monde depuis trois semaines".
Dès lundi soir, Yvan Mayeur avait affirmé que les mesures de protection des "Plaisirs d'hiver" ont toutes été vérifiées dans le courant de la soirée, après l'annonce de l'attentat de Berlin. "Nous avons ajouté un véhicule de police à un des accès potentiels qui ne permettait pas la pose d'obstacles fixes afin de permettre le cas échéant, aux véhicules de secours d'accéder au site lorsque nécessaire", avait notamment déclaré le bourgmestre, sans donner de précision sur cet endroit. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TOUT CECI EST-IL BIEN RAISONNABLE ?
Le problème est ailleurs. Mayeur a trouvé un nouveau prétexte pour faire parler de lui : il est aux anges.  Pendant ce temps Rudy Vervoort, ministre président de la Région bruxelloise que personne ne connaît ou presque travaille en silence et sans communiquer. 

BERLIN : MERKEL ADMET D'EMBLÉE QUE LE TERRORISTE POURRAIT ÊTRE UN MIGRANT
Thomas Vampouille Marianne
Réagissant ce mardi 20 novembre à l'attentat perpétré lundi soir contre un marché de Noël à Berlin, la chancelière allemande a anticipé sur les critiques auxquelles sa politique migratoire ne manquera pas de faire face si les premières informations qui sont sorties le suspect sont avérées : "Cela serait pour nous particulièrement difficile à supporter s'il se confirme que cet acte a été commis par une personne qui a demandé à l'Allemagne protection et asile". 


Angela Merkel a réagi ce mardi 20 décembre à l'attaque du marché de Noël de Berlin lundi soir. - Michael Sohn/AP/SIPA
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"Je sais que cela serait pour nous particulièrement difficile à supporter s'il se confirme que cet acte a été commis par une personne qui a demandé à l'Allemagne protection et asile", a-t-elle ainsi souligné devant la presse, indiquant qu'elle se rendrait dans l'après-midi sur les lieux de l'attaque. Et d'ajouter :
"Ce serait particulièrement odieux pour tous ces Allemands qui sont engagés jour après jour pour aider les réfugiés et pour tous ces gens qui ont besoin de notre protection chaque jour et s'efforcent de s'intégrer".
Angela Merkel, qui s'est dite "horrifiée, choquée et très triste", a ainsi donné crédit aux première informations dévoilées par la presse allemande sur l'identité du suspect arrêté peu après les faits. Selon plusieurs médias allemands, celui-ci serait en effet de nationalité pakistanaise ou afghane, et arrivé en Allemagne cette année.
La chancelière a promis que la lumière sera "faite sur chaque détail, et que (le crime) sera puni avec toute la fermeté de nos lois". Elle sait néanmoins d'ores et déjà, et c'est d'ailleurs tout le sens de son intervention sur le sujet, qu'elle va sans doute devoir faire face à une nouvelle salve de critiques au sujet de sa politique d'immigration généreuse, en rapport notamment avec la crise en Syrie. Les populistes de droite, en particulier, estiment qu'elle a mis en danger son pays en l'ouvrant en 2015 à près de 900.000 réfugiés fuyant la guerre et la misère. Environ 300.000 personnes supplémentaires sont arrivées cette année. Une polémique qui s'annonce cruelle, alors que le drame d'Alep a mis encore en lumière ces derniers jours, s'il le fallait, la situation désespérée de milliers de civils syriens.


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