dimanche 25 décembre 2016

Molenbeek: Un repas de Noël dans une mosquée


Près de 300 personnes ont participé samedi soir à un repas de Noël interculturel organisé à la mosquée El Khalil de Molenbeek.
L’initiative émane d’un groupe de travail de dialogue interculturel, sous l’égide de l’échevine Sarah Turine (Ecolo). La bourgmestre Françoise Schepmans (MR) et les membres du collège ont également participé à l’événement.
"Ce genre de moment est essentiel pour continuer le travail de dialogue interculturel que nous avons initié il y a 3 ans, a de son côté souligné l’échevine Sarah Turine. C’est par ce genre d’initiatives que nous pourrons continuer à jeter des ponts entre les personnes."
Mustapha, habitant de Molenbeek, est venu avec sa femme et ses deux filles. "Je tenais à être présent pour montrer qu’on est tous les mêmes, indépendamment de notre religion ou couleur de peau, explique-t-il. Les habitants de Molenbeek sont constamment stigmatisés, et je veux ce soir lancer un message d’ouverture. C’est uniquement en allant tous dans le même sens qu’on va pouvoir redorer l’image de notre belle commune dans laquelle j’habite depuis maintenant 35 ans."
Isabelle est venue spécialement pour l’occasion. "Je constate que de plus en plus, les différentes communautés de Bruxelles restent cloisonnées entre elles et ne prennent plus le temps d’échanger et de partager avec les autres, explique cette habitante d’Ixelles. Ce genre d’événement devrait être organisé plus souvent, ça lance un signal très positif."
"Il nous semblait important que nous puissions participer à cet effort de vivre-ensemble en accueillant ce souper de Noël au sein d’une des plus grandes mosquées de Bruxelles, a commenté Redouane, le président du conseil consultatif des mosquées de Molenbeek. Tous ensemble, nous voulons détruire les préjugés et les barrières." 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MESSAGES DE NOËL 

Toutes ces initiatives participent de la détermination d’hommes et de femmes de bonne volonté soucieux d’enclencher une dynamique de dialogue interreligieux. Il s’agit d’une initiative dictée par l’éthique universelle. Noël est propice à ce type d’initiative téméraire.
Mais pourquoi dans ce cas se limiter à une dynamique interreligieuse. Pourquoi cet apparent refus d’inclure dans ces démarches interconvictiuonnelles hardies les non croyants ? La libre pensée nourrie de libre examen est fondamentalement une démarche de caractère éthique. Mais elle participe d’une éthique libérée de sa chape  religieuse. « Fais le bien, non pas parce que ton dieu exige cela de toi » mais  fais le selon une  maxime universelle :  « fais le bien pour l’amour du bien. »  “Tous ensemble, nous voulons détruire les préjugés et les barrières." Bravo mais alors il faut oser franchir les barrières de la foi pour pénétrer dans le royaume des fins, ce   vaste empire où règne une éthique radicale et kantienne. 
MG


ECHTGENOOT SLACHTOFFER AANSLAGEN 22 MAART: "HET IS NIET MEER LEVEN, MAAR OVERLEVEN"
• VRT
 Hanne Decré


Mohamed El Bachiri, echtgenoot van Loubna die omkwam bij de aanslagen van 22 maart, bewijst dat er meer in een mens zit dan oneindig veel verdriet. In "De afspraak" roept hij op tot een "Jihad van liefde", als antwoord op verdeeldheid en terrorisme. 
De aanslagen van Brussel hebben het leven van honderden mensen verwoest. Ook het leven van Mohamed El Bachiri zal na 22 maart nooit meer hetzelfde zijn. Hij verloor zijn vrouw Loubna in het metrostation Maalbeek en moet sindsdien - samen met zijn drie kinderen - alleen verder. Toch koestert hij geen haatgevoelens. Op een TEDx-conferentie in Nederland ontroerde hij zijn luisteraars met zijn oproep tot een "Jihad van liefde", nu herhaalt hij zijn woorden in "De afspraak".
"Elke dag is de dag na 22 maart"
"Wat ik wilde uitdrukken met mijn toespraak, was noch mijn verdriet of het feit dat ik slachtoffer ben. Ik weet dat ik niet als enige lijd. Er is zo veel leed in de wereld. Ik wilde een boodschap van liefde, menselijkheid en eenheid brengen", verklaart El Bachiri zijn speech. "Ik heb uitgedrukt wat Loubna uitdrukte. Het weerspiegelt wat de meeste moslims denken. Ze willen gewoon liefde geven en krijgen. En dromen en vooruitgaan. Iets dat eigen is aan alle mensen."
In zijn hoofd staat de datum van 22 maart gegrift. "Het leven gaat verder, maar elke dag is de dag na 22 maart voor ons. Ik denk dat andere slachtoffers er ook zo over denken. Molenbeek blijft Molenbeek. Maar het leven is totaal veranderd. Het is niet meer leven, maar overleven. Zeker voor de kinderen."
"Jihad van liefde"
Daarna kijkt El Bachiri de kijker recht aan voor zijn oproep. "Ik ben Mohamed El Bachiri, Marokkaanse Belg, moslim en Molenbekenaar. Door mijn naam, godsdienst en de trieste reputatie van mijn gemeente beschouwt een deel van de bevolking en de wereld mij als een potentiële terrorist en dat doet pijn."
Hij roept vervolgens op tot zijn "Jihad van liefde", de jihad die "het antwoord moet zijn op zij die verdeeldheid willen zaaien en geweld en terrorisme propageren." 

 

LES AUMÔNIERS DE L'AÉROPORT PARIS-CHARLES-DE-GAULLE, PIONNIERS DE LA FRATERNITÉ RELIGIEUSE
Le Figaro
Quatre espaces prière accueillent chaque jour de nombreux voyageurs - chrétiens, musulmans et juifs - dans l'aéroport. Un exemple de vivre-ensemble.

La file d'attente s'allonge, pour passer la douane, dans le terminal 2E de l'aéroport Paris-Charles-de-Gaulle. Les valises roulent et les touristes - passeport en main - attendent leur tour. A quelques mètres de là, une voyageuse musulmane franchit la porte coulissante de l'espace prière. Elle passe la tête dans le bureau que se partagent les aumôniers, et demande la permission d'entrer. C'est le pasteur, Pierre de Mareuil, barbe ébouriffée et sourire débonnaire, qui lui répond. «Allez-y, bienvenue». Elle se dirige vers la salle de prière, passe sous une rosace multicolore accrochée au plafond. «Chacune de nos religions est représentée par une teinte de verre différente», explique le diacre Yves de Brunhoff. Un symbole du partage et de la fraternité en ce lieu où les aumôniers des différentes religions sont collègues. La synagogue est mitoyenne d'une chapelle que les catholiques partagent avec les protestants. Cette dernière est collée à la salle de prière musulmane. Il y a aussi un bureau, où la Bible n'est pas rangée bien loin du Coran. Un îlot de calme de 70 m2 en zone de transit que ni le sectarisme, ni les conflits du monde ne semblent atteindre.
Le dernier-né des quatre espaces prière dans l'aéroport accueille en moyenne, 60 à 100 personnes par jour. Des voyageurs, mais aussi des salariés. La vie est rythmée par les cultes. Mais le travail des aumôniers est aussi d'aller à la rencontre d'autrui. «Il y a une activité intense, nous sommes en perpétuelle pérégrination, explique l'imam Hazem El Shafei. Les hommes de foi répondent aux questions des voyageurs perdus. Partagent un bout du chemin avec eux. «Nous sommes des serviteurs. J'éprouve du plaisir à être en communion avec tout ce monde. A parler avec des Syriens, des Péruviens, des Chinois...», explique le diacre. «Les gens se confient avec une profondeur stupéfiante, confie Haïm Korsia, le grand rabbin de France, également aumônier de l'aéroport. Ils ne nous reverront plus, alors ils n'ont pas peur d'être jugés».
Langage universel

Les hommes de foi se côtoient au quotidien. «Entre nous il y a un partage extraordinaire», pointe Hazem El Shafei. Le pasteur Pierre de Mareuil se souvient: «Il y a un an, lors du dimanche du Christ roi, nous avions reçu la visite de deux imams progressistes égyptiens. Je me suis retrouvé à faire mon culte avec eux. Il y avait aussi deux coptes, un collègue pasteur évangélique et un méthodiste. J'ai rarement eu des échanges aussi intéressants que ce jour-là. Il y a aussi des occasions où l'on s'invite, poursuit-il. Les fêtes juives Pourim ou Hanoucca par exemple. Et quand on voit sur le calendrier qu'il y a une fête importante pour l'un de nos collègues, on envoie un petit message, on passe un coup de fil». La religion devient le langage universel.
Cette année, le 25 décembre, «il se peut que l'orchestre de l'Armée du Salut (un mouvement protestant, NDLR) qui tournera dans l'aéroport ce jour-là, joue à proximité de la chapelle au moment de l'élévation eucharistique, lors de la messe», indique le pasteur.
Cellules de crise

Les aumôniers sont aussi en première ligne en cas de catastrophe aérienne. Ils intègrent la cellule de crise mise en place à Paris-Charles-de-Gaulle. A mille lieues des célébrations quotidiennes, il s'agit de soutenir les proches, et de tenter d'apaiser au mieux leur détresse. La dernière fois, c'était en mai 2016, lors de la catastrophe du vol Egyptair. 40 Égyptiens et 15 Français étaient décédés. «Là, il n'y a pas que le religieux qui compte, soutient le diacre. L'écoute humaine est fondamentale. C'est de l'aide pratique. Parfois, au contraire, certaines interrogations peuvent être également très métaphysiques. Dans ces moments difficiles, la solidarité entre les religions se renforce.» L'aumônerie musulmane a par exemple été créée à la suite de l'accident de Charm el-Cheikh en janvier 2004, sur une suggestion du rabbin Haïm Korsia.
D'autres circonstances funestes amènent les hommes de foi à travailler main dans la main: les attentats. Après celui de Charlie Hebdo, ils ont préparé ensemble un temps de recueillement et une déclaration commune. «Le fait que nous soyons si proches, permet d'aller plus loin, quand ça demanderait beaucoup d'organisation en dehors», confie Pierre de Mareuil. L'imam Hazem El Shafei, lui aussi, estime que leur exemple gagnerait à être reproduit hors des terminaux de l'aéroport. «C'est mon rêve: la possibilité de vivre ensemble dans la proximité».



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