mardi 27 décembre 2016

"Toutes les élections dans les pays voisins augmentent les risques d'élections anticipées chez nous"

Donald Trump, Nigel Farage, Marine Le Pen et Geert Wilders © AFP 

Jan Cornillie Le Vif
Directeur du bureau d'étude du sp.a

"L'année prochaine, la vague anti-establishment en Europe risque fort de rompre une digue. Et le gouvernement belge n'est pas du tout préparé à un tel scénario", écrit Jan Cornillie (sp.a) qui engage un pronostic pour 2017. "Que se passera-t-il en cas de nouvelle crise de l'euro ? Ou de nouvelle crise de réfugiés ?"

(…) Nous devons nous préparer à une année 2017 politiquement intense. La vague anti-establishment en Europe risque fort de rompre une digue et le gouvernement belge n'est pas du tout préparé à un tel scénario. Qui plus est, il risque même de ne pas survivre aux élections dans les pays voisins.
2017, UNE ANNÉE OÙ ÇA PASSE OU ÇA CASSE
En 2017, les Néerlandais, les Français et les Allemands iront voter. Dans les trois pays, les populistes de droite sont en train de gagner. S'ils réussissent à gouverner dans un de ces pays, l'Europe sera sens dessus dessous. Et s'ils échouent, il reste l'Italie qui pourrait changer la donne. Sur les quatre grands partis italiens, il y en a trois qui sont explicitement anti-européens. Le seul encore en faveur de l'Europe vient de perdre un référendum et un premier ministre.
60 ans après le Traité de Rome, 2017 sera une année charnière pour la zone euro et l'Union. Ça passe ou ça casse.
Si on regarde un peu plus en détail ce qu'une rupture de digue populiste de droite dans le coeur de l'Europe peut provoquer, les perspectives ne sont guère réjouissantes. Il est certain que ces pays organiseront un référendum sur l'adhésion à l'UE. Tant le PVV néerlandais de Wilders, le FN français de Le Pen que l'AfD allemand le promettent. Mais même sans référendum, les dommages risquent d'être irréparables pour l'Europe. Tous les gouvernements populistes de droite fouleront aux pieds le rafistolage qui a tenu l'Europe ensemble ces dernières années.
Petit florilège: annuler l'accord entre l'Union européenne et la Turquie pour canaliser le flux de réfugiés, car "nous repousserons ces bateaux nous-mêmes", soit une application stricte du traité de Dublin qui oblige des pays comme l'Italie et la Grèce - souvent les premiers pays d'arrivée - à résoudre leurs problèmes. Economiquement chacun-pour-soi, ce qui augmente les risques d'une faillite grecque. D'importantes baisses d'impôts (sans harmonisation de l'UE) pour les entreprises, qui ébranleront les budgets des états providences occidentaux. L'incertitude dans la zone euro ne fera qu'augmenter, alors que c'est justement là que se trouve la réponse pour donner plus de contrôle aux gens : un marché financier stable, une croissance économique et de l'emploi. Nous devons effectivement mettre fin au rafistolage de l'UE en assurant plus solidement les états providences. Repartir à zéro, vers "chaque état membre pour soi" ne ramènera pas le contrôle.
LA LIGNE DE RUPTURE TRAVERSE LE GOUVERNEMENT BELGE
À première vue, tout ceci semble peut-être éloigné ou de moindre importance pour la Belgique. Or, rien n'est moins vrai. Vous vous souvenez du mois de novembre 2011? La Belgique venait de battre le record de plus longue formation de gouvernement. Les taux d'intérêt sur les fonds d'État grimpaient en flèche, l'euro était sur le point de sauter et les états membres d'Europe du Sud étaient virtuellement en faillite. La Belgique suivrait-elle les pays du nord ou du sud ? Heureusement, elle a formé un gouvernement une semaine plus tard et les taux se sont rapidement rapprochés des pays voisins. Comment jugera le marché en 2017 ? Et surtout, que fera notre gouvernement ?
Il y aura au moins un parti, la N-VA, qui sera du côté des défenseurs de l'exit et des critiques de l'Europe. Si Wilders, Le Pen ou AfD réussissent à transformer leur programme en politique, l'envie de participer deviendra irrésistible. Pour toutes les questions, la ligne de rupture traverse le gouvernement. Toutes les élections dans nos pays voisins augmentent les risques d'élections anticipées chez nous. Que se passera-t-il en cas de nouvelle crise l'euro ou de nouvelles crises des réfugiés ? Quelle que soit l'excentricité de la communication, pour l'instant la N-VA reste intégrée dans la culture du consensus belge. Il n'est pas certain que celle-ci se maintienne longtemps si les digues rompent autour de nous.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LA NVA EST EN MODE ELECTORAL PERMANENT 

Tout semble indiquer en effet que la N-VA (qui avait tout misé sur la politique de redressement économique du gouvernement Michel qui marque le pas) soit très encline à faire monter en permanence une espèce de tension identitaire de caractère pré-électoral laquelle mine la confiance et la crédibilité du gouvernement fédéral.
Tombera ou tombera pas ? Plusieurs observateurs inclinent à penser que la suédoise est en sursis.  Pour l'instant la N-VA reste intégrée dans la culture du consensus belge. « Une  vague anti-establishment en Europe risque fort de rompre une digue. Le gouvernement belge n'est pas du tout préparé à un tel scénario. Il risque même de ne pas survivre aux élections dans les pays voisins. Un parti, la N-VA, sera assurément  « du côté des défenseurs de l'exit et des critiques de l'Europe. »
Bref, il se pourrait bien que les jours de la suédoise soient désormais comptés.
MG

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