mardi 31 janvier 2017

Attentat terroriste à la grande mosquée de Québec : cinq morts et des blessés

AFP La Libre


Le Premier ministre canadien Justin Trudeau a condamné lundi un "attentat terroriste.
"Nous condamnons cet attentat terroriste dirigé contre des musulmans se trouvant dans un lieu de culte et de refuge", a déclaré M. Trudeau dans un communiqué. Le chef du gouvernement canadien a exprimé ses "sincères condoléances à la famille et aux amis des personnes décédées" et a souhaité "un prompt rétablissement à ceux qui ont été blessés".
Deux hommes ont tiré sur des fidèles rassemblés pour la prière du soir dimanche au Centre culturel islamique de Québec, dans le sud-est du Canada, faisant cinq morts et une dizaine de blessés.
Deux hommes aux visages masqués se sont introduits dans l'enceinte du centre culturel vers 19h15 dimanche (lundi 00h15 GMT), ont raconté des témoins sur les télévisions.
Un important dispositif policier s'est mis rapidement en place aux alentours, et les premiers blessés étaient soignés dans des ambulances sur place.
"On me dit qu'il y a au moins cinq morts", a déclaré Mohammed Yangi, président du Centre culturel islamique de la capitale québécoise.
Un porte-parole de la police de Québec a confirmé sur les chaînes de télévision qu'il y avait des morts, mais sans préciser le nombre des victimes.
Une vaste opération policière a été lancée après la fusillade et deux suspects ont été interpellés, dont un à quelques kilomètres de Québec après avoir pris la fuite.
"Les Canadiens pleurent les victimes de l'attaque lâche dans une mosquée de Québec. Mes pensées sont avec les victimes et leurs familles", a indiqué le Premier ministre canadien Justin Trudeau sur son compte Twitter. Il avait la veille promis d'accueillir les réfugiés "indépendamment de leur foi", au lendemain de la décision controversée de la Maison Blanche d'interdire l'entrée des Etats-Unis aux ressortissants de sept pays musulmans.
"VIOLENCE BARBARE"
Le chef du gouvernement de la province francophone Philippe Couillard a également condamné cette attaque contre des musulmans. "Le Québec rejette catégoriquement cette violence barbare. Unissons-nous contre la violence et solidarité avec les Québécois de confession musulmane", a-t-il écrit sur Twitter.
"Je condamne ce geste insensé", a aussi déclaré le maire de Québec Régis Labeaume.
Difficile dans la confusion de déterminer combien de personnes étaient rassemblées pour la dernière prière dimanche. Généralement, selon Mohammed Yangi, ce sont 60 à 100 personnes qui assistent à ces prières à la mosquée.
Les témoins avouaient leur incompréhension après cette fusillade. "Je ne comprends pas pourquoi ici, c'est une petite mosquée et Québec, ce n'est ni Montréal, ni Toronto" (sud-est), a déclaré un homme qui était à l'intérieur du centre au moment de l'attaque, sans vouloir donner son identité.
"On s'y préparait (à une attaque de ce type), car ça se passe dans le monde entier", a confié à l'AFP un policier chargé du périmètre de sécurité.
Le Centre culturel islamique de Québec, qui est également connu sous le nom de grande mosquée de Québec, avait déjà été la cible d'un geste à caractère haineux, mais beaucoup moins grave: une tête de porc avait été déposée devant l?une de ses portes l'été dernier.
D'autres mosquées au Canada ont également été la cible de graffitis à caractère raciste au cours des derniers mois.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LES FORUMEURS S’EXPRIMENT

« Les deux hommes qui ont commis cet acte terroriste ont été arrêtés. Nous saurons bientôt qui ils sont et quelles étaient leurs motivations. »
« Faut savoir s'il ne s'agit pas de terroristes islamistes qui désirent mettre le feu aux poudres. Au Moyen Orient c'est ce qui est fait. Quoi qu'il en soit bien sûr c'est un acte qu'il faut condamner avec la plus grande fermeté possible »
« N'était-ce pas l'effet recherché par les terroristes islamistes? »
« Attendons d'avoir le profil exact des assassins (si jamais celui-ci est divulgué ...) L'immense majorité des attaques de mosquées dans le monde (Irak, Pakistan, Arabie Saoudite ...) est le fait d'extrémistes sunnites contre des chiites ou vice-versa. »
« Les médias français sont prudents et ils ont raison de l'être. Ils attendent d'en savoir plus sur le profil des assaillants.
D'après radio-canada.ca, je cite :
"Un témoin, qui préfère garder l’anonymat, a raconté en entrevue à RDI que deux personnes cagoulées étaient entrées dans la mosquée.
« Elles me semblaient avoir un accent bien québécois. Un a commencé à tirer. Dès qu’il a ouvert le feu, il a crié : "Allahou akbar!" ("Dieu est grand!".Les balles ont atteint des personnes qui priaient. Des personnes qui priaient ont perdu leur vie. Moi-même, la balle a passé au-dessus de ma tête », a raconté le témoin.
http://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1013825/centre-culturel-islamique-quebec-mosquee-tirs-policiers
« En tous cas, outre atlantique, la récupération politique a déjà commencé. »
« S'il s'avère que le profil des assaillants confirme la piste d'un acte islamophobe, le matraquage médiatique va être sans précédent. »
« La barbarie n'est pas le propre du Québécois, du musulman, d’une religion, d'une nation ou d'une ethnie. Elle les transcende tous. Elle est le propre de l'homme et la femme faibles d'esprit. Elle est l'expression de cette communauté de pensé qui savoure la haine et jubile lorsque le sang coule. L'humanité a ses années de gloire et de paix. Voici venu l'ère de la peur, de la haine et de la guerre. »



SIX MORTS DANS UN ATTENTAT TERRORISTE VISANT UNE MOSQUÉE DE QUÉBEC
Par Anne-Laure Frémont, AFP, AP, Reuters Agences Figaro

Deux personnes armées ont ouvert le feu sur des fidèles rassemblés pour les prières du soir. Le premier ministre canadien a condamné un «attentat terroriste dirigé contre des musulmans». Deux suspects sont en garde à vue.
Le premier ministre canadien Justin Trudeau parle d'un «attentat terroriste dirigé contre des musulmans». Au moins six personnes ont été tuées et huit blessées dans une fusillade survenue dimanche soir dans une mosquée de la ville de Québec. Les victimes ont entre 35 et 70 ans, selon la police.
Vers 19h30, alors que s'achevaient les prières du soir, au moins deux personnes armées et cagoulées sont entrées dans la mosquée, selon les médias locaux, et ont ouvert le feu sur des dizaines de fidèles. «Les deux hommes portaient une cagoule noire» et l'un avait «un fort accent québécois», a expliqué un témoin interrogé par Radio-Canada. Quand les tirs ont commencé «les hommes se sont jetés à terre», a-t-il ajouté. «J'ai réussi à parler à des personnes à l'intérieur. Elles m'ont dit qu'il y a au moins cinq morts et que la personne a réussi à recharger son arme au moins trois fois», a affirmé le président du Centre culturel islamique de Québec, Mohamed Yangui, cité par le site canadien La Presse.
Une vaste opération policière a été lancée. Deux personnes ont été arrêtées - une sur place et une autre sur l'île d'Orléans, selon le journal Le Soleil - et placées en garde à vue; rien n'indique que d'autres agresseurs présumés soient en fuite, a précisé la porte-parole de la police de Québec, Christine Coulombe, qui a ajouté ne pas pouvoir donner davantage de précisions sur l'identité et les motifs des suspects qui ont commis cet «acte terroriste». «La situation est sous contrôle», a annoncé la police sur son compte Twitter, précisant que les occupants de la mosquée avaient été évacués.
Le deuxième suspect aurait été interpellé à l'issue d'une course-poursuite avec la police, selon les médias locaux. Le Soleil indique pour sa part que l'homme arrêté sur l'île d'Orléans aurait appelé les services d'urgence pour avouer son crime, disant «se sentir mal à cause du geste qu'il venait de poser» et menaçant «de se tirer une balle.» L'homme de 27 ans aurait immobilisé lui-même le véhicule qu'il conduisait en bordure de la bretelle d'accès du pont de l'île d'Orléans pour se rendre, selon le journal.
«LA DIVERSITÉ EST NOTRE FORCE»
Les agressions visant la communauté musulmane se sont multipliées dans la province de Québec ces dernières années. En juin, une tête de porc avait été déposée devant la porte de ce centre culturel islamique de Québec à Sainte-Foy, également connu sous le nom de grande mosquée de Québec. «On nous a mis une fois une tête de porc. On a peinturé les murs. On a qualifié ça d'actes isolés. Mais aujourd'hui, on a des morts», a dénoncé le président du centre dans La Presse. Dans la province voisine de l'Ontario, un incendie criminel a visé une mosquée en 2015, au lendemain des attentats de Paris, le 13 novembre 2015.
Sur Twitter, le premier ministre canadien a dénoncé une «attaque lâche»:

lundi 30 janvier 2017

Angela Merkel: les restrictions américaines à l'immigration "non justifiées"

Le Vif
Angela Merkel ne juge pas "justifiées" les restrictions à l'immigration aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays musulmans décidées par Donald Trump, a affirmé dimanche le porte-parole de la chancelière allemande, Steffen Seibert.


© Reuters
"Elle est convaincue que même dans le cadre de la lutte indispensable contre le terrorisme il n'est pas justifié de placer sous une suspicion généralisée des gens en fonction de leur origine ou croyance", a dit le porte-parole cité par l'agence de presse DPA.
"La chancelière regrette l'interdiction d'entrée (aux Etats-Unis) imposée par le gouvernement américain contre les réfugiés et les ressortissants de certains pays", a ajouté Steffen Seibert dans un communiqué.
Le gouvernement allemand "va maintenant examiner les conséquences" de cette interdiction pour les citoyens allemands ayant une double nationalité et qui sont touchés par les mesures américaines, a-t-il précisé.
La condamnation allemande survient au lendemain d'un entretien téléphonique entre Donald Trump et Angela Merkel. Les communiqués publiés à l'issue de cet échange aux Etats-Unis et en Allemagne ne faisaient pas mention des nouvelles restrictions à l'immigration sur le sol américain.
"La Convention de Genève sur les réfugiés appelle la communauté internationale à accueillir les personnes fuyant la guerre sur une base humanitaire", et "la chancelière a fait valoir" cela lors de son entretien téléphonique avec Donald Trump, a précisé le porte-parole.
Le décret américain sur la "protection de la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis", entré en vigueur vendredi, interdit pour 90 jours l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays jugés à risque par Washington: Irak, Iran, Yémen, Libye, Syrie, Soudan et Somalie.


RÉFUGIÉS ET IMMIGRATION : CASSE-TÊTE MONDIAL APRÈS LE DÉCRET D'INTERDICTION AMÉRICAIN
•Par Géraldine Russell Le Figaro



Détenteurs de carte verte bloqués dans des aéroports, Irakiens sommés de faire demi-tour alors même qu'ils sont en règle... Après la signature interdisant l'entrée aux Etats-Unis aux réfugiés et ressortissants de sept pays musulmans, les situations iniques se multiplient.
«Je suis un doctorant iranien aux États-Unis et je ne peux plus aller rendre visite à ma famille.» Après le décret signé par Donald Trump interdisant l'accès au territoire américain aux réfugiés ou ressortissants de sept pays - à majorité mulsulmane -, les témoignages se multiplient pour illustrer le casse-tête administratif qu'il représente. Le texte interdit l'entrée aux États-Unis aux citoyens irakiens, iraniens, libyens, somaliens, soudanais, syriens ou yéménites, même s'ils sont en possession d'un visa ou d'une carte verte (c'est-à-dire qu'ils habitent légalement aux États-Unis). Les réfugiés syriens sont également interdits d'entrée dans le pays.
» L'ONU RAPPELLE TRUMP À L'ORDRE SUR LA QUESTION DES RÉFUGIÉS
Samedi, nombreux sont ceux à témoigner de leur désarroi face à cette décision.
Sur Twitter, un homme d'affaires raconte que, malgré les visas obtenus, il ne peut plus se rendre aux réunions qu'il avait organisées aux États-Unis, alors même que «[s]on entreprise a des contrats de plus de 500.000 dollars avec des entreprises aérospatiales américaines». Un autre s'inquiète que son père, professeur d'université à Morgantown et rentré en Iran pour enterrer un membre de sa famille, ne puisse plus revenir.
«Irano-Canadienne avec une carte verte et vivant aux États-Unis, j'ai peur de ne plus pouvoir revenir si je vais au Canada».
L'Iran a indiqué samedi soir appliquer la réciprocité à la mesure américaine. «La République islamique d'Iran (...), tout en respectant le peuple américain et pour défendre les droits de ses citoyens, a décidé d'appliquer la réciprocité après la décision insultante des Etats-Unis concernant les ressortissants iraniens et tant que cette mesure n'aura pas été levée», a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué repris par la télévision d'Etat.
LA POLICE AUX FRONTIÈRES DÉPASSÉE
Les personnels de sécurité dans les aéroports américains sont quant à eux dépassés par la situation. Trita Parsi, le président du Conseil national irano-américain, association visant à rapprocher les deux pays, indique sur son compte Twitter que les garde-frontières ont été avisés de la nouvelle directive à 16h30 vendredi mais qu'ils n'ont pas eu de consignes précises. Il raconte ainsi que plusieurs citoyens iraniens, détenteurs d'une carte verte, ont été dans un premier temps interdits d'entrée, fouillés et interrogés durant plusieurs heures par la police aux frontières, avant d'être finalement autorisés à pénétrer sur le territoire.
Une situation d'autant plus ubuesque que les voyageurs provenant des sept pays visés par le décret ne représentent qu'une infime part des voyageurs étrangers arrivant sur le sol américain: 0,7% en 2015. Selon les statistiques mises en ligne par l'administration américaine, seuls 72.162 ressortissants irakiens, iraniens, libyens, somaliens, soudanais, syriens et yéménites ont obtenu un visa pour voyager aux États-Unis en 2015, sur 10,9 millions de voyageurs internationaux.
LES AUTORITÉS ÉTRANGÈRES OBTEMPÈRENT
À l'étranger également, les autorités doivent faire face à un casse-tête administratif. Au Caire, samedi, cinq Irakiens et un Yéménite n'ont pas été autorisés à monter à bord d'un avion en partance pour New York. Bien que titulaires de visas en règles, les voyageurs en escale ont été réorientés vers des vols à destination de leurs pays.
La compagnie Qatar Airways a quant à elle avisé ses clients que seuls les ressortissants des sept pays concernés en possession d'une carte verte de résidence aux États-Unis ou d'un visa diplomatique seront autorisés à voyager. Cela concerne notamment les membres des Nations unies, des ONG internationales ou de l'OTAN. Mais depuis, nous avons appris que les détenteurs de carte verte étaient également concernés par l'interdiction.
Air France a de son côté indiqué avoir refusé d'embarquer «une quinzaine de personnes» en partance pour les États-Unis. «Nous avons pris en charge tous ces passagers, personne n'est bloqué à Paris. On a pris les dispositions nécessaires pour réacheminer ces personnes à leur point d'origine», a indiqué un porte-parole de la compagnie. De son côté, KLM a dit avoir refusé l'accès à ses avions à sept passagers de pays concernés par l'interdiction. Sans dire où ni de quels pays il s'agissait. Un porte-parole de la compagnie Manel Vrijenhoek a souligné qu'il y avait toujours «un manque de clarté» dans les effets de cette interdiction.
LA SOLIDARITÉ S'ORGANISE
Face à cette situation, certains ont décidé d'organiser la résistance. Le New York Times évoque le dépôt d'une demande d'action de classe pour rassembler tous les cas de ressortissants étrangers issus des sept pays visés qui seraient détenus dans les aéroports américains après le décret signé par Donald Trump.
L'Union américaine pour les droits civiques (ACLU) et plusieurs organisations d'aide aux immigrés ont saisi la justice samedi pour contester le décret. La plainte contre le président Trump et le ministère de la Sécurité intérieure a été déposée samedi matin devant un tribunal fédéral de New York par l'American Civil Liberties Union et d'autres associations de défense des droits et des immigrés, qui exigent notamment la libération de deux citoyens irakiens interpellés vendredi soir à l'aéroport JF Kennedy sur la base du décret qui venait à peine d'être promulgué.
Sur Twitter, sous le hashtag #MuslimBan («interdiction des musulmans»), plusieurs personnes proposent à ceux qui sont retenus dans les aéroports de les accueillir chez eux en cas de besoin ou simplement de leur parler pour les soutenir.
«Si vous êtes coincé dans un aéroport ce soir en essayant de rentrer à la maison, sachez que je suis là pour vous parler.»


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
JUSQU’OU IRA LA PROVOCATION ?

Le duBus


“You can fool all the people some of the time, and some of the people all the time, but you cannot fool all the people all the time”.
Abraham Lincoln

Jusqu’où iront les provocations de Trump ?
Le Dow Jones nous répondra d’ici peu. Pour l’instant l’indice boursier américain est au zénith a plus de 20.000 points ce qui conforte Donald Trump dans ses décisions (im)prévisibles.
"Though this be madness, yet there is method in it" Shakespeare.
Il va donc falloir s’habituer à la méthode Trump, l’analyser, la décortiquer pour la combattre.
Ce qui semble évident c’est qu’un divorce semble inévitable entre Washington et l’Europe au bénéfice de la perfide Albion. Donald Trump et Theresa May semblent déterminés à renforcer l’axe Londres-Washington dans le prolongement de la ligne du Brexit tant vantée par le nouveau locataire de la Maison blanche.
Certes Angela Merkel et François Hollande ont manifesté déjà leur mécontentement mais l’axe Paris-Berlin ce n’est pas toute l’Europe. Comment réagissent par exemple les Polonais ?
Trump semble déterminé à affaiblir la construction européenne pour mettre en difficulté le formidable concurrent commercial qu’est l’Europe. Il saura jouer sur les contradictions internes du vieux continent qui répugne à parler d’une seule voix et à activer le processus d’intégration : une véritable tragédie.
MG


APPELS DE TRUMP À HOLLANDE, POUTINE ET MERKEL : CE QU'IL FAUT RETENIR DE CETTE SÉRIE D'ENTRETIENS



© Mandel Ngan, AFP | Le président américain Donald Trump au téléphone, samedi, avec le président russe Vladimir Poutine.
Texte par FRANCE 24 

Donald Trump s'est entretenu samedi, par téléphone, avec la chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Poutine et le président français François Hollande qui a appelé au "respect" du principe de "l'accueil des réfugiés".
En pleine polémique aux États-Unis sur le decret anti-réfugiés signé vendredi, Donald Trump a téléphoné pour la première fois, samedi, à plusieurs dirigeants étrangers : le Russe Vladimir Poutine, la chancellière allemande Angela Merkel et le président François Hollande.
Hollande met en garde Trump contre "le repli sur soi"
Le président François Hollande a mis en garde son homologue américain contre "le repli sur soi" et l'a appelé au "respect" du principe de "l'accueil des réfugiés", fondement de "nos démocraties", selon un communiqué publié par l'Elysée. "Le chef de l'État a mis en garde contre les conséquences économiques et politiques d'une approche protectionniste", en soulignant que, "face à un monde instable et incertain, le repli sur soi est une réponse sans issue".
François Hollande a aussi "rappelé sa conviction que le combat engagé pour la défense de nos démocraties" n'était "efficace" que "dans le respect des principes qui les fondent, en particulier l'accueil des réfugiés". Une réponse directe au décret anti-réfugiés que vient de prendre le président américain ainsi qu'à ses positions protectionnistes. Il a par ailleurs insisté sur "l'importance pour la planète de la mise en oeuvre de la convention de Paris sur le réchauffement climatique", que son homologue veut remettre en cause.
Dans la journée, lors d'un "sommet des pays méditerranéens de l'UE" à Lisbonne, François Hollande avait appelé l'Europe à faire bloc et à opposer une réponse "ferme" à son homologue américain qui s'était notamment réjoui bruyamment du Brexit, "une chose merveilleuse" selon lui.
POUTINE ET TRUMP D'ACCORD POUR "DÉVELOPPER" DES RELATIONS "D'ÉGAL À ÉGAL"
Vladimir Poutine et Donald Trump ont convenu de développer des relations "d'égal à égal" en accordant la "priorité" à la lutte "contre le terrorisme" et en mettant en place une "réelle coordination" contre le groupe État islamique en Syrie, a indiqué samedi le Kremlin.
"Des deux côtés a été exprimée une volonté de travailler activement en commun pour stabiliser et développer la coopération russo-américaine sur une base constructive, d'égal à égal et mutuellement avantageuse", a précisé le président russe dans un communiqué.
MERKEL ET TRUMP SOULIGNENT "L'IMPORTANCE FONDAMENTALE" DE L'OTAN
Le nouveau président américain, Donald Trump et la chancelière allemande Angela Merkel ont souligné "l'importance fondamentale de l'Otan", a indiqué la Maison Blanche.
"Le président et la chancelière sont d'accord (pour reconnaître) l'importance fondamentale de l'Otan dans le cadre d'une relation transatlantique plus large et de son rôle pour assurer la paix et la stabilité de notre communauté de l'Atlantique nord", souligne le communiqué de la Maison Blanche, qui précise que DonaldTrump se rendra en juillet au Sommet du G20 à Hambourg et qu'il recevra "bientôt la chancelière à Washington".
Donald Trump s'était montré très critique envers l'Alliance atlantique pendant sa campagne. Il avait même qualifié l'Alliance d'"obsolète" et reprochait vertement aux alliés de ne pas porter leur part du fardeau financier.
France 24 Avec AFP

dimanche 29 janvier 2017

Jean-Claude Marcourt sur Publifin: « Je suis profondément triste »


Bernard Demonty
Le Soir 


« personne n’imagine donner des rémunérations mensuelles pour quatre réunions par an, cela heurte le sens commun ». 


Le ministre wallon de l’Economie, le Liégeois Jean-Claude Marcourt, s’exprime sur Publifin.

Jean-Claude Marcourt, jusqu’ici discret dans l’affaire Publifin , s’exprime dans le Grand Oral sur ce scandale qui éclabousse notamment son parti. Interrogé par Béatrice Delvaux (Le Soir), Jean-Pierre Jacqmin et Jacques Cremers (RTBF), il dit d’entrée de jeu sa tristesse. « Je suis extrêmement triste. Triste de constater que malgré beaucoup de réformes il y a encore eu une faille. Le fait que cette faille vienne de ma région m’attriste encore plus. Je suis triste pour les 3.000 familles qui vivent de Nethys parce qu’aujourd’hui l’opprobre vise tout le monde et il est difficile voire impossible de défendre la structure tant l’onde de choc est importante. »
Le vice-président du gouvernement wallon annonce aussi qu’à titre personnel, il n’est pas opposé à une commission d’enquête parlementaire. « C’est le rôle du Parlement d’en décider. Mais je ne suis pas contre une commission d’enquête. Le Parlement doit mesurer si c’est utile d’en parler en commission d’enquête ou dans une autre commission. »
LE PS EN DIFFICULTÉ
Le ministre constate que le PS est en difficulté dans cette affaire. « Parce qu’on cible ce parti et on a raison de cibler ce parti parce que l’éthique doit être chevillée au corps des socialistes. »
La question se pose aussi de savoir si Stéphane Moreau peut rester patron de Nethys parce qu’il serait décrédibilisé. Pour Jean-Claude Marcourt, Stéphane Moreau doit faire un choix entre le maïorat d’Ans et la direction de Nethys, mais est totalement libre de la direction qu’il prend. « Je ne vois pas aujourd’hui de raison d’aller au-delà des règles qui imposent un choix, sauf si vous mettez au jour des faits précis. J’ai l’impression qu’on juge un peu par charrettes aujourd’hui. On va mettre un certain nombre de gens dans les charrettes, et moi qui suis attaché aux droits de la défense – j’ai été avocat – je constate qu’on n’a pas permis à Stéphane Moreau de s’exprimer alors qu’il est aujourd’hui en grande difficulté physique. »
Enfin, pour Jean-Claude Marcourt une modification des structures de Nethys s’impose. « Il faut transformer la structure juridique. Le modèle intercommunal pour Nethys ne fonctionne pas. Cela doit être une entreprise de droit public. Ou alors on démantèle, mais alors il faut supprimer un certain nombre d’emplois. »
Le ministre liégeois conclut : « Je suis triste et la tristesse est profonde. Les Wallonnes et les Wallons méritent beaucoup mieux que cela. » 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
LARMES DE CROCODILE ? 

Pas forcément. La tristesse de Marcourt est légitime et justifiée.
Il faut en analyser les causes et les éradiquer, faute de voir se répéter sans fin les conséquences et affaiblir le PS au profit du PTB qui monte, qui monte en prenant des poses de vierge effarouchée.
On se demande avec angoisse combien il faudra de partis pour former une majorité en région wallonne et bruxelloise et à Bruxelles avec un PS qui se réduit comme peau de chagrin.
MG 



François Fillon visé par de nouvelles accusations de détournement de fonds


Rédaction en ligne
Le Soir 


Mediapart établit un lien entre le candidat et un « mécanisme clandestin de captation de fonds publics ».
Après le PenelopeGate, Mediapart accuse François Fillon d’avoir profité d’un mécanisme de détournement de fonds publics destinés aux sénateurs. Selon le quotidien en ligne, « des témoignages et des documents comptables  » prouveraient que le candidat a profité d’un «  mécanisme clandestin de captation de fonds publics  » entre 2005 et 2007 lorsqu’il était sénateur. L’entourage du député n’a pas souhaité commenter.

C’est un coup dur pour le candidat de l’élection présidentielle française. Après avoir été mis en difficulté par les soupçons d’emploi fictif accordé à son épouse, Mediapart établit un lien entre le candidat et une enquête déjà ouverte sur les pratiques du groupe « Les Républicains ». Le quotidien explique : «  Les sommes siphonnées entre 2005 et 2007 par l’actuel candidat LR à la présidentielle ne dépassent sans doute pas les 25.000 euros mais des juges d’instruction ont d’ores et déjà estimé que le stratagème utilisé, partagé avec nombre de sénateurs UMP entre 2003 et 2014, pouvait relever d’une infraction pénale  ».
Le candidat officiel de la droite et du centre a déclaré jeudi 26 janvier sur TF1 : «  la seule chose qui m’empêcherait d’être candidat, c’est si mon honneur était atteint, si j’étais mis en examen  ». Ces révélations changeront peut-être l’élection présidentielle et même le destin du pays. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
TOUT EST CHAMBOULÉ 



On l’a compris, pour Fillon qui se présentait en chevalier blanc de la vertu républicaine, c’est désormais plié : « ces révélations changeront peut-être l’élection présidentielle et même le destin du pays ». Ajoutons et de l’Europe…
Reste à savoir, en cas de désistement du candidat Fillon, qui montera au créneau pour défendre les couleurs du parti républicain.
Tout ceci est pain bénit pour Macron, l’homme de nulle part : ni de droite, ni de gauche…
Sait-il seulement, celui-là, où il va et où il conduit la République et France ? La lecture de son bouquin, je l’ai dit déjà, ne répond pas à cette question. Voilà qui est angoissant pour l’avenir de l’Union Européenne. Et quid de l’Allemagne : Merkel ou le social-démocrate autodidacte Schultz ? Incertitude, quand tu nous tiens…
MG 

FRANÇOIS HOLLANDE INCITE L’EUROPE À FAIRE BLOC FACE À DONALD TRUMP


Le président français a notamment appelé son homologue américain à respecter le principe de l’acceuil des réfugiés.
Le président français François Hollande a appelé samedi l’Europe à faire bloc et à opposer une réponse «  ferme  » à son homologue américain Donald Trump qui s’était réjoui bruyamment du Brexit, «  une chose merveilleuse  » selon lui.
«  Je crois que nous devons lui répondre  » avec « fermeté  », a martelé M. Hollande en marge d’un sommet de sept pays du sud de l’Union européenne à Lisbonne, réunis pour relancer le projet européen mis à mal par le Brexit et le changement radical à la tête des Etats-Unis.
APPEL AU RESPECT DE L’ACCUEIL DES RÉFUGIÉS
Quelques heures plus tard, lors d’un premier entretien téléphonique, il a mis en garde le nouveau locataire de la Maison Blanche contre «  les conséquences économiques et politiques d’une approche protectionniste  » et l’a appelé au «  respect  » du principe de «  l’accueil des réfugiés  ».
«  Face à un monde instable et incertain, le repli sur soi est une réponse sans issue », a averti le chef de l’Etat français, selon un communiqué de la présidence.


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
HOLLANDE SE REVEILLE ENFIN 

Et voilà qu’enfin il se réveille, ce président normal que l’Europe attendait pour relancer le processus d’intégration.
Il a joué son Godot, celui qui jamais ne vient au rendez-vous, en l’occurrence celui avec Europe, laquelle l’attendait avec impatience.
C’est sans doute le plus gros reproche que fera l’histoire à cet hypo président au demeurant sympathique et intelligent mais au caractère labile et fragile. Qui réveillera Europe au bois dormant ?
MG

samedi 28 janvier 2017

Mikhaïl Gorbatchev sur la menace nucléaire: "il semble que le monde se prépare à la guerre"


Olivia Lepropre Le Vif
Source: Time 

Mikhaïl Gorbatchev met en garde contre une nouvelle course aux armements qui rend " la menace nucléaire une fois de plus réelle ". Il incite notamment Donald Trump et Vladimir Poutine à réagir. 


© REUTERS

Pour Mikhaïl Gorbatchev, "aucun problème n'est aujourd'hui plus urgent que la militarisation de la politique et la nouvelle course aux armements. Arrêter et renverser cette course coûteuse doit être notre première priorité". Il appelle notamment Donald Trump et Vladimir Poutine à travailler ensemble pour prendre des mesures dans le but de réduire l'arsenal nucléaire mondial. "Les politiciens et les chefs militaires sont de plus en plus belligérants et les doctrines de défense plus dangereuses. Les commentateurs et les personnalités télévisuelles joignent le choeur belliqueux. Tout se passe comme si le monde se préparait à la guerre", écrit l'ancien dirigeant de l'URSS dans un article pour le Time.
"LA SITUATION ACTUELLE EST TROP DANGEREUSE"
Mikhaïl Gorbatchev, dans le Time
Gorbatchev revient sur la seconde moitié des années 80 où, ensemble avec les Etats-Unis, il avait lancé un processus de réduction des armes nucléaires et tenté de diminuer la menace. Mais aujourd'hui, "la menace nucléaire semble à nouveau réelle ". Lutter de manière internationale contre le terrorisme ne lui semble pas suffisant, il souhaite que l'accent soit mis "sur la prévention de la guerre, l'élimination progressive de la course aux armements et la réduction de l'arsenal nucléaire".
Dans ce but, il incite la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité de l'ONU à réagir, ainsi que les présidents russe et américain. "Je pense que l'initiative d'une telle résolution devrait venir de Donald Trump et Vladimir Poutine - les présidents des deux nations qui possèdent ensemble 90% de l'arsenal nucléaire mondial et qui portent donc une responsabilité particulière", précise-t-il.
Il cite l'ancien président américain Franklin D. Roosevelt, pour qui l'une des principales libertés est l'absence de peur. "Débarrasser le monde de cette peur signifie rendre les gens plus libres. Cela devrait être un objectif commun. Beaucoup d'autres problèmes seraient alors plus faciles à résoudre. Il est maintenant temps de décider et d'agir", conclut-il. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY:
" TOUT CELA SENT MAUVAIS ET POURRAIT MAL FINIR »

 Attention : "Débarrasser le monde de cette peur signifie rendre les gens plus libres. Cela devrait être un objectif commun. Beaucoup d'autres problèmes seraient alors plus faciles à résoudre. Il est maintenant temps de décider et d'agir" On parlait autrefois et jusqu’à la fin des années quatre vingt d’équilibre de la terreur.  Cette peur s’est estompée avec l’implosion de l’URSS au début des années nonante. Et voici que soudain elle ressurgit avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump que l’on qualifie à tort de Président le plus imprévisible. C’est faux, l’homme est au contraire aussi prévisible que le fut Adolphe Hitler après sa prise de pouvoir en 1933 ou Staline, ou Vladimir Poutine, ou Erdogan. Ce sont des hommes à poigne qui ne répugnent pas à recourir à la force pour résoudre des conflits ou des tensions. Fasciné par les hommes d'action, Donald Trump s'entoure d'un trio de hauts gradés plus habitués aux champs de bataille qu'aux finesses politiques. Un mélange détonant, qui pourrait réserve un lot de mauvaises  surprises.

TRUMP : LES GÉNÉRAUX AU POUVOIR
Le Vif

Washington est toujours KO. Deux mois après le séisme politique du 8 novembre, les habitants de cet " Obamaland ", où 9 électeurs sur 10 ont voté démocrate (et 4 % seulement, en faveur du candidat républicain), acceptent mal que, le 20 janvier 2017, le milliardaire new-yorkais marche sur le Capitole et la Maison-Blanche comme César entrant dans Rome. A " J - 7 ", lors d'une pendaison de crémaillère où 100 % des invités noient leur dépit dans du mousseux, Fred, l'un d'eux, résume : " Tout cela sent mauvais et pourrait mal finir... Le pays est polarisé comme jamais, le Parti républicain est en guerre contre lui-même, Trump est inapte au job, et Mike Pence, le vice- président catholique ultraconservateur, croit que Dieu a créé la Terre, les mers et toutes les espèces qui l'habitent... Sûr que les Russes doivent se frotter les mains ! " Au-delà du district de Columbia, " DC ", capitale des Etats-Unis, le slogan du nouveau président - " Make America great again " - ne semble guère convaincre : seulement 44 % des Américains approuvent la façon dont le magnat de l'immobilier et son équipe ont géré la transition depuis deux mois. En son temps, Bill Clinton, au même stade, avait été intronisé avec 68 % d'approbation ; George W. Bush, avec 61 % ; Barack Obama, avec 83 %. " Sans doute les critiques de Trump contre la CIA en ont déstabilisé plus d'un, commente, sous le couvert de l'anonymat, le patron d'une société de cybersécurité basée en Caroline du Sud. Un président qui attaque ainsi le coeur de l'Etat, c'est du jamais-vu. "



Avec le PenelopeGate, c'est l'identité politique de Fillon qui s'effondre


Renaud Dély Marianne
Directeur de la rédaction
"Je vois que la séquence des boules puantes est ouverte", a tempêté Fillon. Il se trompe. Avec la campagne présidentielle, c'est la séquence de l'explication démocratique qui est ouverte. 



SARAH ALCALAY/SIPA

Imagine-t-on «Tante Yvonne» bénéficier d'un emploi fictif ? Imagine-t-on le général de Gaulle verser à son épouse 500 000 € d'argent public pendant huit ans sans que celle-ci ne fournisse aucun travail en contrepartie ? Le scandale révélé par nos confrères du Canard enchaîné est une déflagration qui frappe de plein fouet l'une des qualités communément attribuées à François Fillon : l'honnêteté.
L'HONNÊTETÉ, C'ÉTAIT SA MARQUE DE FABRIQUE, SON «MOI, PRÉSIDENT» À LUI.L'ancien Premier ministre en avait fait un argument de campagne pour éliminer Nicolas Sarkozy. Après avoir incité en 2014 le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, à actionner la justice pour empêcher le retour de son rival, il l'avait ciblé dès l'amorce de sa campagne en lançant : «Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ?» Plus tard, lors des joutes télévisées qui l'opposaient à son ex-supérieur, le candidat Fillon ressassait sa maxime : «Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable.» L'honnêteté, c'était sa marque de fabrique, son «Moi, président» à lui. S'il a copieusement rémunéré son épouse pour un emploi fictif durant de longues années, c'est la crédibilité et même l'identité politique de François Fillon qui s'effondrent. Et c'est l'avenir de sa candidature à la présidentielle qui est en péril.
Le danger est d'autant plus menaçant que l'intéressé se complaît à fustiger les assistés qui profitent d'un système de protection sociale qu'il juge trop coûteux. Et qu'il préconise une sévère purge libérale qui passe, notamment, par la suppression de 500 000 fonctionnaires caricaturés par ses fidèles en parasites oisifs. Piocher dans les fonds alloués par le Parlement, puis solliciter la générosité d'un riche ami patron pour récompenser le temps libre de son épouse, voilà qui confortera chez ses détracteurs son image de Robin des bois à l'envers, prompt à prendre aux pauvres pour donner aux riches. Le sort de Penelope menace de transformer son odyssée élyséenne en naufrage et d'entraîner son Ulysse candidat par le fond.
(...)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET SI FILLON JETTAIT L’EPONGE …

Déjà Juppé a juré ses grands dieux qu’il ne jouerait pas les bouche- trous. Dommage mais l’homme à sa fierté et c’est tout à son honneur. Alors qui ? Sarko ? Nooooon.
Tout ça, c’est pain bénit pour Macron.
Mais qui est Macron ? J’ai lu « Révolution » son bouquin de campagne et n’y ai franchement rien trouvé d’excitant, hormis son excellent auto portrait. Le reste n’est que déclarations d’intentions floues et tout sauf un vrai programme...Ceci dit ses chances de passer au second tour avec l’hydre Le Pen son réelles. Face à elle, il a toutes les chances de faire un excellent score en bénéficiant d’un report de voix de droite et de gauche.
Mais pour en faire quoi ?
MG


vendredi 27 janvier 2017

Un Gambien se noie dans le Grand Canal de Venise sous les rires des passants


J. Dy Le Soir

Alors que le jeune homme se noyait, des personnes présentes sur les lieux ont sorti leur téléphone pour filmer la scène, tandis que d’autres l’ont insulté.


Un jeune homme de 22 ans, originaire de Gambie, s’est jeté dans le Grand Canal de Venise ce dimanche 22 janvier, probablement dans le but de se suicider. Il s’est noyé sous les regards des passants et des voyageurs d’un bateau de transport en commun, sans que personne ne tente de le sauver.
Selon la presse italienne, la victime s’appelait Pateh Sabally et bénéficiait depuis deux ans d’un titre de réfugié.
L’INDIFFÉRENCE DES TÉMOINS
Plusieurs vidéos montrant la noyade du jeune homme devant des centaines de personnes, indifférentes à son sort, ont fait le tour des réseaux sociaux, suscitant la polémique. On y voit un homme qui tente difficilement de garder la tête hors de l’eau alors que plusieurs personnes assistant au drame sortent leur téléphone pour filmer.
Sur l’une des vidéos, on entend un homme crier en italien « Afrique ! Afrique », puis « Lancez-lui des gilets de sauvetage ». Trois bouées sont alors lancées à l’eau mais le Gambien ne les attrapera jamais.
DE NOMBREUSES INSULTES
Alors qu’il se noyait, plusieurs personnes l’ont insulté depuis les bateaux : « C’est une merde », « Allez, rentre chez toi », « Laissez-le mourir ! », « Il est stupide, il veut mourir ». Dans une autre vidéo, on entend les touristes discuter : alors que certains veulent aller à l’eau, d’autres les en empêchent, estimant que c’est trop dangereux.
Le directeur local de la Société nationale de sauvetage a expliqué au journal Corriere del Veneto qu’un maître-nageur était sur le point de sauter mais qu’il avait été « distrait par une femme qui criait depuis le bateau que le jeune homme faisait semblant. Le temps de vérifier, il avait disparu ».
UNE ENQUÊTE EST OUVERTE
Le jeune homme a fini par se noyer. Lorsque les secours ont repêché son corps, des centaines de personnes ont regardé la scène depuis les bateaux ou depuis le rivage. La procureure de Venise a ouvert une enquête pour déterminer d’éventuels manquements dans ce drame. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MORT A VENISE 

Ce fait divers tragique qui fait le buzz sur les réseaux sociaux est une belle métaphore de l’insensibilité européenne/occidentale  face à la détresse des réfugiés de ce qu’on appelle le tiers monde. Un Gambien se noie dans le grand canal de Venise dans l’indifférence, voire l’hostilité des blancs à bord du vaporetto. Cela ne saurait s’inventer. Venise symbolise l’allégorie de la décadence européenne, comme l’illustre la superbe nouvelle de Thomas Mann mise à l’écran par le génial Visconti.  Le vaporetto évoque un Titanic en réduction dont les passagers arrogants ignorent encore qu’il finira par heurter les icebergs et s’abimer dans les eaux glacées.
Aujourd’hui, les Africains se noient par milliers  dans la Méditerranée, ce mur liquide qui sépare le continent noir du continent blanc, terre promise de tous migrants sub-sahariens. Seul le bon pape François s’en émeut. La noyade du Gambien apparaît comme l’exact contraire de la parabole du bon Samaritain. C’est qu’il n’y a plus en Europe, hormis Angela Merkel, beaucoup de Samaritains généreux, seulement des millions de Trumps aux petits pieds qui s’ignorent mais plus pour très longtemps. Mais plutôt que de tendre un doigt accusateur, demandons-nous dans notre for intérieur si nous nous serions jetés dans l’eau glacée pour venir en aide au Gambien en détresse. Angela Merkel, fille de pasteur, immigrée originaire de la République démocratique allemande, l’ancienne RDA communiste  est sans doute la seule dirigeante à avoir de l’empathie pour le drame des déracinés d’Afrique et d’Orient. Mais cela risque de coûter à Mutti sa réélection en avril prochain face à la montée de l’A.F.D.
AFD veut dire : une alternative pour l’Allemagne. C’est le parti qui monte, qui monte, singulièrement dans les anciens Länder communistes, là où paradoxalement il y a le moins de réfugiés et demandeurs d’asile.
En avril nous saurons ce que veulent désormais les Allemands ; en mai nous saurons si les Français choisiront de confier leur destin à Marine Le Pen. Souvenons-nous que personne en Europe ne vit venir le Brexit, ni la présidence de Donald Trump. DiverCity ne fut pas du tout surpris et DiverCity pense que face à un Fillon décrédibilisé par les émoluements de Pénélope, Marine pourrait bien l’emporter, à moins que les Français ne plébiscitent Emmanuel Macron au premier tour, ce qui apparait de moins en moins impossible.
MG 


LE ROI PHILIPPE ET LA REINE MATHILDE VISITENT UN CENTRE POUR SANS-ABRI À BRUXELLES
BELGA  La Libre 



 © Photo News

Le roi Philippe et la reine Mathilde ont visité en toute discrétion mercredi soir le centre d'accueil nocturne de l'ASBL Pierre d'angle, rue Terre-Neuve à Bruxelles. La visite de ce dispositif hivernal pour sans-abri était une initiative du Roi lui-même. Le couple royal est arrivé juste avant le service du repas du soir. Les sans-abri peuvent passer la nuit gratuitement et de façon anonyme dans ce centre. Un repas est en outre servi le soir et le matin. Les lieux, qui font le plein chaque soir, peuvent accueillir 48 personnes.
Le refuge a noué un partenariat avec la chaîne Exqi, qui lui permet de mettre la main sur les surplus quotidiens de pain. S'il n'y a pas assez pour nourrir les sans-abri, des riverains préparent à manger de manière bénévole. Ce qui était le cas mercredi soir.
Quelques mots d'explications ont été donnés au Roi et à la Reine avant le service. Le Roi a même aidé à dresser la table et quelques mots et sourires ont été échangés avec certains pensionnaires.
La Reine a entre-temps visité le point de secours de la Croix-Rouge. Elle a pu discuter avec l'un ou l'autre sans-abri venu se faire soigner. Le froid cause des dommages importants aux personnes vivant dehors, les pieds notamment étant mis à rude épreuve. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
REX SAMARITANUS 

Et voilà que Philippe, neveu du « roi prêtre », se souvenant des leçons de miséricorde de tonton, s’en va visiter les sans-abris et leur mettre le couvert avec la belle Mathilde habillée « sobre » par le couturier Vermeulen. Il ne manquait que la princesse Mathilde pour incarner la « sagrada familia ». 

 
KAZAKHGATE : LIEN TROUBLANT ENTRE LA FONDATION PRINCESSE LÉA ET UN AVOCAT GÉNÉRAL
Thierry DenoëlJournaliste au Vif/L'Express
Dans le dossier judiciaire du Kazakhgate, une information impliquant un magistrat fait l'objet d'un nouveau devoir d'enquête. Le Vif/L'Express et De Standaard ont appris qu'il s'agit de l'avocat général Jean-François Godbille et que cela concerne les 25 000 euros versés à la Fondation de la princesse Léa à la demande d'Armand De Decker. 


Princesse Lea de Belgique © Belga 

(…)Que vient faire ce magistrat, bien connu du monde de la justice, dans le bourbier du Kazakhgate ? L'enquête s'intéresse à la destination finale des 25 000 euros versés au Fonds d'entraide Prince et Princesse Alexandre de Belgique, dont la princesse Léa, belle soeur du roi Albert II, est administratrice. L'enquête sur les flux financiers dans l'affaire De Decker-Chodiev avait mis au jour un virement de 25 000 euros au Fonds d'entraide, début 2012, depuis un compte bancaire appartenant à l'avocate française Catherine Degoul, qui représentait Pathokh Chodiev, comme l'a révélé Le Soir en novembre dernier. Me Degoul avait affirmé aux enquêteurs que c'est à la demande d'Armand De Decker que ce versement avait été effectué. Ce que nie ce dernier.
Quoiqu'il en soit, il apparaît qu'en 2012, parmi les quelques associations qui ont bénéficié du haut patronage de la Princesse Léa, figure l'ASBL Amitié et Fraternité Scoute (AFS) dont Jean-François Godbille préside le conseil d'administration, comme l'indique le site internet de l'ASBL. On connaît par ailleurs la passion de Godbille pour le scoutisme et les Scouts d'Europe en particulier. En soi, ce don de la princesse Léa à l'association d'un haut-magistrat n'a rien d'illégal.
Sauf que Jean-François Godbille est au parquet général depuis 2002, qu'il a certainement eu connaissance en 2011 de la fameuse transaction pénale concernant le trio kazakh (le parquet est un et indivisible), qu'il a été substitut au parquet financier de Bruxelles avec Patrick Dewolf, le magistrat qui a conclu la transaction pénale le 17 juin 2011. Les deux hommes se connaissent bien. Ils se sont succédé à la tête du parquet financier. Au parquet général de Bruxelles, ils étaient, en 2011, tous deux spécialisés dans la même matière. Jusqu'ici rien ne démontre que Godbille ait quelque chose à voir avec la transaction pénale des Kazakhs. On sait juste qu'un avocat général a cosigné le document avec Dewolf, celui-ci devant porter la signature de deux magistrats. Son paraphe apparaît sur la transaction.
Par ailleurs, la date du don de la princesse Léa à l'ASBL scoute coïncide avec le versement de Catherine Degoul au Fonds d'entraide princier. On imagine que les enquêteurs vont scruter les comptes en banque d'AFS et du magistrat lui-même, ainsi que les versements effectués par la Fondation. S'il apparaît que le don correspond aux 25 000 euros mentionnés dans l'enquête, il y aura vraiment de quoi s'interroger. Pour l'heure, le magistrat bénéficie évidemment de la présomption d'innocence. Cela dit, en communiquant comme il l'a fait hier et en annonçant que la conclusion de l'enquête était ainsi retardée, le parquet général montre qu'il prend ce nouvel élément fort au sérieux. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
QUEL RAPPORT ?
Aucun, bien sûr, sauf qu’il concerne un autre aspect de la famille royale et contraste quelque peu avec la visite caritative du couple royal chez les sans-abris.


jeudi 26 janvier 2017

Il faut en finir avec cette politique consanguine

Le Vif

Paul Furlan démissionne et Paul Magnette annonce une "révolution éthique" en Wallonie. A contre-coeur. L'affaire Publifin et ses ramifications illustrent pourtant l'urgence de mettre fin à l'entre-soi de nos dirigeants.


Paul Magnette (PS), Paul Furlan (PS) et Maxime Prevot (CDH). © Belga
Certaines crises politiques sont davantage révélatrices que d'autres du climat délétère ambiant. Ainsi en est-il de l'emballement de ce jeudi matin avec la démission de Paul Furlan (PS), ministre wallon des Pouvoirs locaux, le départ de tous les membres PS du conseil d'administration de Publifin, l'intercommunale visée depuis un mois par des révélations en cascade, et l'annonce d'une "révolution éthique" par le ministre-président wallon Paul Magnette (PS). "Nous sommes conscients de la gravité du moment", a souligné le Premier wallon qui doit regretter le temps pas si lointain où il était le héros de la fronde contre l'accord économique et commercial global entre l'Union européenne et le Canada, le Ceta. "Nous vivons une époque de profonde défiance et des événements comme ceux-ci ne font qu'aggraver les choses", dit-il. Pour le moins. Et enfin, les politiques en ont pris une certaine mesure. Insuffisante, faut-il le dire !
Depuis plusieurs semaines, à la lisière de la légalité, profitant du flou dans les législations ou d'une scandaleuse absence de contrôle, certains mandataires ont donné par leurs agissements une bien triste image de la politique à des citoyens légitimement dégoûtés. Comment accepter que des élus touchent des sommes démesurées pour des métiers qu'ils n'exercent même pas (un scandale qui rejoint celui qui touche désormais le candidat "propre" François Fillon en France avec l'emploi fictif de son épouse) ? Comment comprendre que des apparatchiks cumulent les rémunérations au point de gagner davantage que le Premier ministre ? Qu'ils exercent parfois plusieurs temps-plein à l'heure où l'on se plaint amèrement de la difficulté de créer de l'emploi ? Comment ne pas se poser des questions quand les conflits d'intérêts potentiels se multiplient, quand ceux qui décident sont les (très) proches de ceux qui profitent ?
Un grand nombre de membres du cabinet du ministre démissionnaire sont des proches et viennent pour la plupart de la commune dont il est bourgmestre. Un chef de cabinet tenait tous les leviers de la décision pour un investissement immobilier d'envergure à Namur, multipliait les mandats et dispose de deux voitures de fonction utilisées à l'envi par ses collaborateurs. Le rapport sur ces agissements problématiques est rédigé par l'ancien chef de cabinet du ministre. Les exemples sont légion. Si ces actes pas toujours illégaux, s'il n'y pas (toujours) d'enrichissement personnel, cette confusion des genres permanente pose question. Bien sûr, le super-ministre CDH Maxime Prévot le rappelait ce jeudi matin, une majorité de nos élus travaillent sans relâche pour le bien commun. Mais les agissements répréhensibles de certains et l'aveuglement de beaucoup cachent cela.
Nous voici donc à une ère où l'idée de "tous pourris" se répand dans la population - avec des arguments pour le prétendre. Une époque grave, donc, où le ministre-président wallon présente une série de mesures radicales afin de (tenter de) mettre fin à l'hémorragie démocratique. Pêle-mêle, il est question de simplifier drastiquement les structures supracommunales en Wallonie (à un train forcé, avec propositions dans les 45 jours), de veiller à une transparence totale des mandats et des rémunérations avec un encadrement strict, de renforcer les incompatibilités entre mandats ou de renforcer les contrôles. D'une part, on se demande pourquoi certaines de ces décisions n'avaient pas été prises ou à tout le moins appliquées. D'autre part, on s'interroge déjà sur l'ingénierie que les "profiteurs" mettront en place pour contourner ces nouvelles règles. C'est dire l'absence de confiance, désormais. Mais acceptons-en l'augure : Magnette affirme que la Wallonie rejoint le degré d'exigence supérieur en matière d'éthique qui prévaut, par exemple, dans les pays scandinaves. Soit.
L'annonce de mesures wallonnes et la détermination soudaine affichée par les partis constituent la moindre des réponses. Il s'agit d'appuyer sur la pédale d'accélérateur pour mettre ce chantier en route et, cette fois, le faire appliquer. Par tous : comment interpréter le fait qu'un Stéphane Moreau continue à cumuler les fonctions de patron de Nethys et de bourgmestre de Ans (indisponible, c'est vrai), si ce n'est comme un geste de défiance à l'égard du boulevard de l'Empereur ?
D'ailleurs, que du bout des lèvres tout cela est annoncé... Paul Furlan démissionne suite à un faisceau de révélations accablantes sur sa gestion du dossier Publifin, sans parler d'autres indices inquiétants en matière de conflits d'intérêts, mais dans la majorité, on le pleure, on le remercie pour tout ce qu'il a fait, on affirme qu'il n'a pas commis de fautes et on laisse pratiquement entendre qu'il n'aurait pas dû démissionner. Le gouvernement wallon promet la transparence sur les rémunérations, avec un publication "nominative" à la clé, mais semble déplorer qu'en cette ère nouvelle, cette transparence prenne le pas sur la protection de la vie privée. Le souci est peut-être légitime, mais comment oser l'exprimer quand certains en ont allègrement profité ! N'est-il pas venu le moment de faire amende honorable et de retrouver une indispensable humilité ?
Car nous ne sommes certainement pas au bout du chemin. On n'empêchera pas le mouvement en cours et la légitime colère citoyenne d'obtenir davantage encore. Il faut en finir avec cette politique consanguine, cet entre-soi malsain, et vite. Cela signifie aussi, par exemple, une réglementation effective de la nomination des conseillers ministériels pour empêcher que cela ne reste, comme aujourd'hui, le fait du prince. Sans doute n'évitera-t-on pas non plus que l'on tourne certaines pages du passé. Comment un Elio Di Rupo, qui avait fait de la croisade contre les "parvenus" un combat personnel, peut-il aujourd'hui continuer à prétendre qu'il est l'homme de la situation ? Même au sein de son parti, on se pose la question.
"Le danger de tout ce qui se passe, c'est le rejet de la politique et la montée des populisme", peste Stéphane Hazée, chef de file Ecolo, dans les colonnes du Vif/ L'Express cette semaine. Pour le moins. En Wallonie, le PTB ne dit rien, il engrange. En France, Marine Le Pen se tait, elle profite des divisions et des errements. Comment en-t-il possible que l'on en soit arrivé là... ?


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
CINQ CHOSES À RETENIR

(1)Jusqu'à l'écoeurement, les électeurs assistent une nouvelle fois au grand déballage d'une classe politique qui vit, comme la noblesse d'antan, dans une forme de consanguinité malsaine
(2)Une majorité de nos élus travaillent sans relâche pour le bien commun. Mais les agissements répréhensibles de certains et l'aveuglement de beaucoup cachent cela.
(3)Nous voici donc à une ère où l'idée de "tous pourris" se répand dans la population - avec des arguments pour le prétendre.
(4)on s'interroge déjà sur l'ingénierie que les "profiteurs" mettront en place pour contourner ces nouvelles règles. C'est dire l'absence de confiance, désormais.
(5)Comment un Elio Di Rupo, qui avait fait de la croisade contre les "parvenus" un combat personnel, peut-il aujourd'hui continuer à prétendre qu'il est l'homme de la situation ? Même au sein de son parti, on se pose la question.
Nous ne commenterons pas cette fois, laissant ce soin à Jules Gheude qui une fois de plus met les points sur les « i » et le doigt où ça fait mal.
« Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et qui mobiliseront ce qui en reste. Voilà ce qu’avait répondu, à la fin des années soixante, le président français Charles de Gaulle au professeur Robert Liénard de l’Université de Louvain, qui venait de lui évoquer la situation de la Wallonie. »(JG)


LA WALLONIE DÉCOLLERA LE JOUR OÙ…
PAR JULES GHEUDE, ESSAYISTE POLITIQUE (1)

Les chiffres qui mesurent le fossé séparant le Nord et le Sud du pays démontrent que la politique menée pour le redressement de la Wallonie n’a pas été efficace. Et ceci n’est pas une question de fatalité, mais de choix !
Il paraît que la Wallonie va mieux. Il est vrai que Jean-Claude Van Cauwenberghe l’affirmait déjà en… 2004 !
Tâchez de vous trouver des chefs jeunes qui diront la vérité au peuple et qui mobiliseront ce qui en reste. Voilà ce qu’avait répondu, à la fin des années soixante, le président français Charles de Gaulle au professeur Robert Liénard de l’Université de Louvain, qui venait de lui évoquer la situation de la Wallonie.
Paul Magnette est jeune. Mais il ne dit pas la vérité et, face aux défis majeurs qui attendent la Wallonie, la population reste d’une inquiétante apathie.
La méthode Coué et les chiffres tiennent des langages diamétralement opposés.
La première nous dit : La Wallonie n’est pas à la traîne ni en retard de développement. Elle ne vit pas aux crochets de la Flandre. Il n’y a pas de surconsommation wallonne en matière de santé. Jamais autant d’emplois n’ont été créés. Nous nous rapprochons de la moyenne belge.
A cela, les chiffrent répondent :
1.  En 2015, la Flandre a exporté 79 % du total des exportations belges, la Wallonie 18 % et Bruxelles 3 %. Cela représente 185,8 milliards d’euros pour la Flandre contre 42,6 milliards pour la Wallonie.
En comparant les deux premiers trimestres de 2016 avec ceux de 2015, on constate que la Flandre connaît une hausse de 6,3 % et la Wallonie une chute de 5,3 %.
Il s’agit ici des statistiques de la Banque Nationale de Belgique, les plus fiables.
2.  Certes, le chômage wallon est en train de baisser légèrement. Mais il atteint toujours un taux de quelque 14 %, soit plus du double qu’en Flandre.
Coordinatrice scientifique à l’Institut wallon pour l’Evaluation, la Prospective et la Statistique, Béatrice Van Haeperen nous explique : En 1983, moins de trois points de pourcentage séparaient le taux de chômage le plus bas, observé en Flandre (10,7 %), et le plus élevé, observé en Wallonie (13,5 %). En 2015, l’écart entre ces deux régions a explosé, passant à sept points.
3.  Une étude du Vlaams & Neutraal Ziekenfonds (mutuelle flamande et neutre) révèle que l’écart communautaire n’a cessé de croître.
En 2015, les dépenses par ayant droit en Flandre s’élevaient à 2.109 euros, contre 2.245 en Wallonie, soit une différence de 136 euros. En 2010, l’écart était de 50 euros. Il a donc plus que doublé en cinq ans.
En ce qui concerne les contributions, elles représentaient, en 2014, 19.265 euros par ayant droit en Flandre, contre 15.061 en Wallonie.
L’évolution est également frappante en ce qui concerne les journées d’hospitalisation pour incapacité de travail ou invalidité. Alors que la différence entre la Flandre et la Wallonie était de 3,8 jours il y a cinq ans, elle est aujourd’hui de 5,7 jours.
4.  Contrairement à la Flandre, la Wallonie ne parvient pas à réaliser l’équilibre budgétaire. Son budget 2017 a été bouclé avec un déficit de 300 millions d’euros.
5.  Paul Magnette a déclaré que sans la culture et l’enseignement, la Wallonie est eunuque. Mais c’est son parti, le PS, qui refusé, en 1980, de suivre l’exemple flamand de la fusion régional-communautaire.
En attendant, le dernier rapport Pisa révèle l’écart entre les performances des élèves flamands et francophones.
Avec un résultat de 483 points en lecture, la Communauté française arrive en 35e position, soit en retrait de 10 points par rapport à la moyenne des pays de l’OCDE (493) et loin derrière la Flandre qui, avec 511 points, se classe 10e. En mathématiques, la Flandre totalise 521 points, contre 493 pour la Wallonie.
Le déclin industriel de la Wallonie a débuté à la fin des années 50. Que n’a-t-on entendu dire que la Belgique unitaire, sous emprise flamande (l’Etat CVP !), n’a pas fait le nécessaire pour redresser la situation. De fait, jusqu’en 1977, les aides de l’Etat n’ont fait qu’accompagner le recul économique de la Wallonie, tandis que tout était mis en œuvre pour investir en Flandre dans des secteurs porteurs d’avenir et créateurs d’emplois.
Mais depuis 1980, la régionalisation est intervenue et, à travers les réformes successives de l’Etat, n’a cessé d’amplifier ses effets. Depuis 1980, force est aussi de constater que la ministre-présidence du gouvernement wallon a été confiée, de façon quasi ininterrompue, au PS. Difficile donc de nier l’influence que ce parti a pu avoir sur la conduite des affaires.
Il est clair que la politique menée n’a pas été efficace. Il ne faut pas, en effet, 35 ans pour qu’un pays ou une région en difficulté puisse se redresser. Il n’y a pas de fatalité. Ce n’est qu’une question de choix politique, comme l’a bien montré Gerhard Schröder en Allemagne.
Invité sur le plateau de France 2 en 2014, Guy Verhofstadt a précisé : «  J’ai été pour la première fois ministre du Budget au moment où nous avions 137 % de dette publique. C’était un record historique. Et on a réussi à diminuer jusqu’à 80 %. Avec de la croissance ! »
Le mal wallon est bien connu. Il a pour nom « hypertrophie politico-administrative » et est causé par l’affairisme et le clientélisme. Le scandale Publifin en est l’exemple le plus récent.
La Wallonie décollera vraiment le jour où ses dirigeants auront mis en place un réseau dense de PME innovantes et offert aux entrepreneurs l’oxygène nécessaire pour aller franchement de l’avant. Il faut également jeter un magistral coup de pied dans cette fourmilière des intercommunales, abroger le cumul des mandats, opérer les rationalisations et dégraissages nécessaires. On pense ici aux filières du TEC, aux réseaux d’enseignement, à l’institution provinciale. Sans discipline budgétaire, point de salut possible !
Nous vivons au-dessus de nos moyens et en dessous de nos capacités, disait l’économiste Robert Deschamps, qui vient de nous quitter.
Aux Wallons de faire entendre leur voix pour amener les dirigeants à emprunter enfin la bonne voie !
(1)Dernier livre paru : Un Testament wallon – Les vérités dérangeantes, Mon Petit Editeur, Paris, 2015.

mercredi 25 janvier 2017

A droite, le spectre d’une fuite vers le camp Macron

Par Laure Equy — Libération


Lors d’un meeting du l’ancien candidat Alain Juppé, le 14 novembre au Zénith de Paris. Photo Albert Facelly pour Libération
François Fillon se rend à Bordeaux ce mercredi pour l’inauguration de Droitelib, club qui vise à garder les juppéistes, alors que la «dynamique» d’En marche attire une partie des libéraux progressistes.
A DROITE, LE SPECTRE D’UNE FUITE VERS LE CAMP MACRON
Un déjeuner bordelais pour sceller l’unité… Et tenter de ramener au bercail les brebis juppéistes égarées. Deux mois après leur duel à la primaire, François Fillon se rend ce mercredi sur les terres d’Alain Juppé. Si ce n’est pas une réconciliation proprement dite que l’on met en scène - ces deux-là ne s’étaient pas quittés fâchés -, il est grand temps pour le candidat LR de rassurer cette droite estampillée «libérale et progressiste». Au sein de celle-ci, pas franchement cliente du projet économique du candidat LR ou déboussolée par quelques soutiens très conservateurs, certains ont déjà commencé à se mettre en marche… mais pas dans le sens souhaité.
(…)DÉPARTS À BAS BRUIT
« On veut croire que la grande majorité des forces serait encore dans la digestion de la défaite mais plutôt encline à suivre Fillon et que les transferts vers Macron sont à la marge. Ce n’est pas l’hémorragie mais ça commence tout de même à se voir.
«La dynamique Macron, c’est une réalité», a concédé le sénateur Christophe Béchu, alors qu’un autre a prévenu : «Attention, toute la jeunesse part chez Macron.»
Mais les néomacronistes ne cachent pas leurs interrogations quant au programme très évasif de leur candidat. Et pointent son flou sur les questions de sécurité, de lutte antiterroriste ou encore de laïcité. «Son positionnement à la façon des grandes coalitions à l’allemande est intéressant mais il manque de concret», reconnaît Marc. Cet avocat qui a animé un comité pro-Juppé avant de franchir le Rubicon mi-décembre attend aussi de voir si les socialistes vont grossir les rangs d’En marche après la primaire à gauche : «Ça me dérangerait de voir Royal ou Hollande soutenir Macron.»
, complète ce conseiller pour un groupe de cosmétique de 38 ans. Je ne crois plus à un clivage droite-gauche, mais progressistes contre conservateurs. Et quand on est progressiste, pour qui voulez-vous qu’on vote aujourd’hui ? Fillon, le candidat de la régression et ses alliés de Sens commun ?» Sur la capacité de séduction de Macron, il nuance pourtant : «Il ne faut pas négliger la notion de désir dans une présidentielle. C’est parce que Fillon ne fait pas envie que, par contraste, Macron suscite l’enthousiasme.»
Laure Equy


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MACRON L’ÉTOILE QUI MONTE, MONTE…

Allemagne: les sociaux-démocrates choisissent Schulz pour affronter Merkel

Allemagne: les sociaux-démocrates choisissent Schulz pour affronter Merkel
Le Soir
L’ancien président du Parlement européen sera opposé à Angela Merkel dans la course à la chancellerie à l’occasion des élections législatives de septembre.


• © Reporters / DPA
Le parti social-démocrate allemand a annoncé mardi soir avoir choisi l’ancien président du Parlement européen Martin Schulz pour affronter Angela Merkel dans la course à la chancellerie à l’occasion des élections législatives de septembre dans le pays.
UNANIME
Le nom de Martin Schulz a été retenu «  de manière unanime  » par les responsables du parti, a indiqué à la presse à Berlin l’actuel président du SPD, Sigmar Gabriel, qui avait annoncé renoncer à briguer ce poste en raison de son impopularité. L’ex-président du Parlement européen «  est un meilleur candidat et a de meilleures chances  » de remporter les législatives le 24 septembre, à l’issue desquelles le chancelier ou la chancelière doit être désigné par les députés allemands, a souligné M. Gabriel.
Martin Schulz a quant à lui dit «  accepter avec énormément d’honneur  » et de « fierté  » la proposition. «  Il s’agit d’un jour particulier pour moi  », a ajouté M. Schulz, qui doit aussi remplacer en mars Sigmar Gabriel comme président du parti. Cette candidature doit encore être formellement entérinée dimanche par le comité directeur du parti pour devenir officielle.
Après une présidence du Parlement européen remarquée, Martin Schulz jouit d’après les derniers sondages d’une popularité personnelle en Allemagne voisine de celle d’Angela Merkel et en tout cas nettement plus élevée que Sigmar Gabriel, qui faisait jusqu’ici figure de candidat naturel des sociaux-démocrates pour la chancellerie.
UN LOURD HANDICAP
Il part toutefois avec un lourd handicap : le SPD est à l’heure actuelle à la traîne du parti conservateur de la chancelière, la CDU, dans les intentions de vote des électeurs en vue des législatives. Il accuse une quinzaine de points de retard, à environ 20 %, un score historiquement bas pour le SPD, contre autour de 35 % pour les conservateurs.
Les sociaux-démocrates, membres minoritaires de la coalition gouvernementale actuelle, voient même se rapprocher derrière eux le parti anti-immigration Alternative pour l’Allemagne (AfD).


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EUROPE FIRST

Les élections en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et peut-être en Italie indiqueront si l'Union européenne pourra devenir plus forte et plus démocratique ou si elle risque de commencer sa désintégration sous l'effet d'une vague néonationaliste.
"2017 sera une année décisive pour l'Europe"  philippe Maysatdt
Qu’on se le dise, 2017 sera une née clé pour l’avenir de l’Europe : quitte ou double.
Dans son dernier discours à Davos , le vice-président américain sortant Biden  a accusé la Russie de : « s’efforcer, avec tous les outils possibles, d’éroder les contours du projet européen, de jouer sur les clivages entre pays occidentaux et de revenir à une politique définie par les sphères d’influence »
Non seulement l’union européenne doit gérer le Brexit, mais elle est la cible de tentatives de déstabilisation de la Russie et des attaques verbales de Donald Trump qui applaudit au retrait britannique et souhaite qu’il soit suivi par d’autres. « Notre destin est entre nos mains, européen », a averti Angela Merkel le 16 janvier dans un grand moment de solitude.
Si la France élit un président pro-européen en mai, cela entraînera les Allemands et le moteur franco-allemand pourra enfin redémarrer.
Si elle choisit Marine Le Pen c’en est fini du rêve européen.


FRANÇOIS FILLON TIRE "LE SIGNAL D'ALARME": "L'EUROPE EST MENACÉE DE DISPARITION"
DH BELGA

Le candidat de la droite à l'élection présidentielle française, François Fillon, a tiré lundi à Berlin le "signal d'alarme" pour une "Europe menacée de disparation" et estimé que la Russie avait vocation à devenir "un partenaire majeur" du continent.
L'ancien Premier ministre, actuellement favori des sondages en vue du scrutin d'avril-mai, s'est exprimé dans un discours tenu devant une fondation proche du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel, qu'il a rencontrée dans la journée.
"Je tire le signal d'alarme", a-t-il dit, appelant à un "sursaut européen" car l'Europe est "menacée de disparition sur la scène internationale".
"L'Europe devrait décupler notre puissance, aujourd'hui elle la réduit. Elle devrait décider, elle hésite. Elle devrait simplifier, elle complique", a jugé M. Fillon. "A force de tergiversations nous ne savons plus où nous voulons aller ni ce que nous voulons construire ensemble, notre faiblesse nous disloque", a-t-il ajouté.
Le candidat de la droite a dit dans ce cadre faire le choix "clair du couple franco-allemand". Mais il a dans le même temps pointé du doigt les divergences entre son programme et la politique menée à Berlin.
"Nous avons des différences ? Assumons-les au lieu de les nier", plaide le candidat, afin de "trouver une place entre les Etats-Unis de Donald Trump, la Russie de Vladimir Poutine et la Chine de Xi Jinping".
M. Fillon a notamment réaffirmé sa position de fermeté sur la question des réfugiés. "La France ne peut pas accepter plus de réfugiés", a-t-il dit, alors que la chancelière allemande réclame elle davantage de solidarité de ses partenaires européens via un système de quotas d'accueil de demandeurs d'asile.
Concernant la Russie, l'ancien Premier ministre a aussi marqué sa différence estimant que ce pays a vocation à devenir "un partenaire majeur des nations européennes".
Mme Merkel plaide elle pour la fermeté à l'égard de Moscou, notamment via le maintien des sanctions au sujet de l'Ukraine.
"Plus on isole la Russie, plus elle use de sa puissance de façon unilatérale et plus elle bascule vers l'Asie", a argumenté M. Fillon, "je veux avec Moscou une relation franche, respectueuse, ferme si nécessaire".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ANGELA MERKEL SEMBLE PRÉFÉRER MACRON

François Fillon, vainqueur incontesté des primaires de la droite et candidat hyper conservateur à la succession de Hollande a voulu rencontrer A. Merkel sa partenaire allemande naturelle. Il semblerait cependant qu’idéologiquement Angela serait beaucoup plus proche du centriste Macron, l’homme qui ne cesse de monter dans les sondages. Fillon, marié à une Britannique, n’est pas naturellement tourné vers le puissant partenaire allemand. Par sa visite à Berlin, il a cependant voulu montrer combien est important à ses yeux le sauvetage de l’Europe face à l’écrasante puissance de la Russie des Etats Unis et de la Chine. Il a donc souhaité rappeler combien l’axe franco-allemand était essentiel dans la construction européenne. Il n’a pas caché  que le lien entre Paris et Berlin s’était considérablement relâché et affaibli. Or, selon lui rien ne peut réussir en Europe sans une étroite coopération franco-allemande.
Mais ce n’est que le candidat président français qui a rencontré la chancelière, elle-même devant être réélue prochainement. Or l’étoile de Merkel ne cesse de pâlir en Allemagne et sa réélection n’est pas garantie. Schultz, qui a démissionné de son poste prestigieux de président du parlement européen, entend la défier en qualité de candidat SPD au poste de chancelier.
L’issue des élections fédérales allemande en avril et celles pour la présidence française en mai est tout à fait incertaine voire franchement imprévisible. Altenativ Für Deutschland, parti nationaliste et populiste talonne la SPD dans les sondages tandis que Marine Le Pen dépasse Fillon dans les intentions de vote des Français.
On relèvera qu’ Emmanuel Macron n’a pas manqué, contrairement à Fillon, de saluer la politique généreuse de Merkel en faveur des réfugiés syriens. Et lui aussi fait de l’Europe sa première priorité, un peu comme Schultz. Fillon au contraire s’est montré  très critique pour la générosité de la chancelière à l’endroit des demandeurs d’asile. Il entend bien mettre un frein aux flux migratoires.
De plus, Fillon s’est montré très hostile à l’égard des sanctions économiques imposées par l’Europe, Merkel en tête, à la Russie. Fillon, pilote de course amateur, regarde la Ostpolitik européenne assortie de sanctions comme une erreur de pilotage.
A Berlin, Fillon a déclaré sans ambages qu’il entendait corriger la relation avec Moscou.
Ce qui devrait en revanche plaire à la chancelière, c’est sa volonté de réformer en profondeur la société française qui en a grand besoin. Fillon veut imposer un remède de cheval pour venir à bout du  déclin français (suppression de 500.000 postes de fonctionnaires, fin de la semaine de 35 heures, réduction de 100 milliards les dépenses publiques d’ici 2022).  Reste à savoir si les Français voudront de lui, de sa cure d’austérité et de sa dégaine de hobereau hyper catho. Gagner la primaire de droite est une chose ; battre Le Pen au deuxième tour en est une autre.
Pour relancer le moteur Europe, un tandem Schultz-Macron semble un bien meilleur carburant.
MG

mardi 24 janvier 2017

Trump promet de supprimer 75% de la réglementation aux Etats-Unis


AFP


Le président des Etats-Unis Donald Trump a reçu lundi matin 12 chefs d'entreprise à la Maison Blanche, leur promettant des baisses "massives" d'impôts et une réduction de 75% de la réglementation.
"Nous pensons que nous pouvons réduire la réglementation de 75%, peut-être plus", a-t-il affirmé devant les journalistes en début de réunion, tout en assurant, sans autres précisions, que la sécurité des employés et la protection de l'environnement seraient garantis.
"Nous allons baisser les impôts de façon massive, à la fois pour la classe moyenne et pour les entreprises", a-t-il ajouté, martelant sa volonté de "faire revenir les emplois" aux Etats-Unis et de favoriser la production des produits sur le sol américain.
Parmi les dirigeants d'entreprises présents figuraient en particulier Mark Fields (Ford), Marillyn Hewson (Lockheed Martin), Alex Gorsky (Johnson&Johnson), Michael Dell (Dell), ou encore Elon Musk (SpaceX) et Kevin Plank (Under Armour).
"Le problème de de la réglementation que nous avons aujourd'hui est que vous ne pouvez rien faire (...) c'est devenu hors de contrôle", a-t-il ajouté.
"Nous allons nous occuper de l'environnement et de la sécurité et de toutes les autres choses dont nous devons nous occuper", a-t-il encore dit. "J'ai reçu beaucoup de récompenses pour l'environnement mais certains de ces trucs rendent impossible de construire quoi que ce soit, cela prend des années et des années".
"Nous aurons une réglementation qui sera tout aussi forte et tout aussi bonne et tout aussi protectrice des gens que celles que nous avons aujourd'hui", a-t-il encore dit, sans aucune autre précisions.
Le nouveau président a une nouvelle fois lancé un avertissement aux groupes américains qui seraient tentés de délocaliser leur production: "Ils devront payer une taxe, une importante taxe à la frontière", a-t-il mis en garde.
Après un premier week-end à la Maison Blanche marqué par des manifestations massives d'opposants, à Washington et ailleurs, le président républicain a prévu d'y signer lundi une série de décrets pour traduire dans les faits certains de ses engagements de campagne.
L'exécutif américain est jusqu'ici resté très évasif sur le contenu des décisions à venir, comme sur le calendrier. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
DONALD TRUMP ET ADOLPHE HITLER SUR LA MÊME LIGNE POLITIQUE ? « AMERICA FISRST ; DEUTSCHLAND ÜBER ALLES.”

L’analyse du professeur De Grauwe pointe exactement dans cette direction. A lire donc, à tête reposée.
Si le nouveau président américain Donald Trump instaure des droits de douane plus élevés comme il l’a promis, de 1.200 à 5.000 emplois belges seraient en péril, écrit De Tijd mardi.
Ces mesures protectionnistes pourraient également, selon Le Soir,  coûter de 0,1 à 0,42 % de croissance à l’économie belge, selon des simulations effectuées par Hylke Vandenbussche, professeur d’économie internationale à la KU Leuven. « La Belgique exporte chaque année  7,6 milliards exportés chaque année vers les États-Unis
Les États-Unis appliquent actuellement une taxe moyenne de 2,1 % sur les importations européennes. Donald Trump a annoncé son intention de faire grimper ce taux à 5 %, voire 15 % temporairement.
La Belgique exporte directement et indirectement quelque 8,2 milliards de dollars (7,6 milliards d’euros) vers les États-Unis. Ces activités représentent environ 54.000 postes, soit 1,2 % de l’emploi dans le pays. »
C’est dire qu’à bien des égards, la présidence de Trump est « révolutionnaire ».  De même que le Hitler du début des années trente, Trump est avant tout un populiste nationaliste : America fisrst ; Deutschland über alles.
MG 


BIJ WINST ZAL TRUMP VERPLICHT ZIJN ONGEVEER DEZELFDE POLITIEK TE VOEREN ALS HITLER

Paul De Grauwe is professor aan de London School of Economics. Zijn column verschijnt wekelijks.
Het is ontstellend te moeten constateren dat Trump zijn hele verkiezingscampagne gebaseerd heeft op dezelfde kernideeën als die van Hitler tijdens de verschillende verkiezingen die voorafgingen aan de nazimachtsovername.
Ten eerste is het politiek systeem rot en is de politieke elite corrupt (met Hillary Clinton het symbool van die corruptie). Ten tweede zijn er duistere externe en interne krachten die erop uit zijn het eens machtige Amerika indien niet te vernietigen dan toch tot een tweederangs mogendheid te herleiden. Ten derde kan Amerika alleen gered worden door een sterke man zoals Trump, die geen relaties heeft met het corrupte politieke establishment. Hij alleen kan Amerika van de ondergang redden en Amerika weer sterk maken. Vervang Amerika door Duitsland en je verkrijgt de nazipropaganda.
Een eerste bestanddeel is protectionisme. Trump heeft heel duidelijk gemaakt dat hij de bestaande handelsakkoorden die 'unfair' zijn voor Amerika zal vernietigen. Dat geldt voor het Noord-Amerikaanse handelsverdrag (NAFTA), maar het betekent ook dat hij protectionistische maatregelen zal treffen ten aanzien van andere landen waaronder China en Europa. Ten tweede wil hij 11 miljoen illegalen deporteren.
De combinatie van die twee maatregelen zal tot een recessie leiden in de VS (en ook bij ons trouwens). Protectionistische tegenmaatregelen door China en Europa zullen de exportsector in Amerika treffen en de verdrijving van 11 miljoen illegale arbeiders zal vele andere sectoren in Amerika die gebruikmaken van die arbeiders een harde slag toebrengen.
Om die recessie te vermijden zal Trump hetzelfde moeten doen als Hitler, met name een groot programma van openbare werken en militaire uitgaven op het getouw zetten. Als dat allemaal groot genoeg is kan dit beleid zelfs tot een economische boom zorgen die Trump, zoals Hitler tijdens de eerste jaren van zijn regime, immens populair maakt. Wat er nadien zal gebeuren, daar durf ik vandaag niet over na te denken.
Er is één groot verschil tussen Trump en Hitler. Trump zal het Amerikaanse Congres moeten overtuigen om dit nationalistische en protectionistische programma door te voeren, en dat wordt geen gemakkelijke klus omdat in grote delen van de Republikeinse partij een aversie bestaat tegenover protectionisme en grote overheidsuitgaven. Hitler kende geen problemen met 'checks and balances' en slaagde er snel in het Duitse parlement uit te schakelen.


AUSSITÔT AUX COMMANDES, DONALD TRUMP S'ATTAQUE À L'AVORTEMENT
Le Vif

Le nouveau président américain Donald Trump a signé lundi un décret interdisant le financement d'ONG internationales qui soutiennent l'avortement, s'attirant des condamnations immédiates d'organisations progressistes et de défense des femmes.


Lors d'une manifestation anti-Trump à Chicago, le 15 janvier. © REUTERS/Kamil Krzaczynski

Donald Trump a pris cette mesure au lendemain du 44e anniversaire de "Roe V. Wade", l'arrêt emblématique de la Cour suprême qui a légalisé l'avortement en 1973 aux Etats-Unis, et deux jours après que des millions d'Américaines ont manifesté pour leurs droits.
"Les femmes les plus vulnérables dans le monde vont souffrir de cette politique, qui va saper des années d'efforts en faveur de la santé des femmes", a réagi Cecile Richards, la présidente de Planned Parenthood, le plus grand réseau de planning familial des Etats-Unis.
"Cela va provoquer des fermetures de cliniques dans le monde entier, avec pour corollaire une augmentation des grossesses non désirées et des avortements dangereux", a-t-elle averti en appelant au "combat".
Le décret signé par Donald Trump "représente une agression à l'encontre de la santé des femmes", a de son côté jugé l'ACLU, la grande association américaine de défense des libertés.
"Le fait que le gouvernement de M. Trump et les républicains du Congrès mettent à profit leur première semaine aux commandes de l'Etat pour s'attaquer à la santé des femmes en dit long sur leurs priorités", a dénoncé pour sa part le parlementaire démocrate Steny Hoyer.
A l'opposé, les associations "Pro Life", qui militent contre l'avortement, ont félicité Donald Trump pour son initiative.
BON "POUR LES CONTRIBUABLES"
"Il s'agit d'une étape cruciale sur la voie pour rendre sa grandeur à l'Amérique", a jugé Tony Perkins, président de l'organisation conservatrice Family Research Council, en reprenant le slogan du milliardaire.
UN DÉCRET SIGNÉ ENTRE HOMMES
Le nouveau président s'est entouré dans son gouvernement de hauts responsables ouvertement hostiles au droit à l'avortement. C'est d'ailleurs entouré d'une dizaine d'hommes qu'il a signé lundi son décret, parmi lesquels le vice-président Mike Pence.
Donald Trump s'est par ailleurs engagé à nommer très prochainement à la Cour suprême un juge farouchement opposé à l'IVG.
Des millions de femmes ont manifesté samedi en Amérique et dans le reste du monde pour "adresser un message fort" à Donald Trump et défendre leurs libertés en matière de contraception et d'avortement.


VIER REDENEN WAAROM TRUMPS "LEUGENS" EEN DOORDACHTE STRATEGIE KÚNNEN ZIJN
De Morgen

De media liegen dat ze barsten. Die boodschap verkondigden de Amerikaanse president Donald Trump en zijn persvoorlichter Sean Spicer op hun eerste werkdag in de Oval Office. Lage opkomst tijdens inauguratiedag? Een leugen. Hatelijke verhouding met de CIA? Idem. Amerikaanse media spraken honend over propaganda. Maar is dit zo? Of is dit onderdeel van een doordachte mediastrategie?
Irene de Zwaan - Bron: Volkskrant.nl
Hij zei het met een stalen gezicht. Volgens persvoorlichter Sean Spicer kon de inauguratie van zijn baas rekenen op "de grootste menigte ooit". Een foto waarop de witte gaten duidelijk afstaken tegen de zwarte kolkende massa tijdens de inauguratie van Obama in 2009, werd afgedaan als manipulatie. Diezelfde zaterdag beweerde Trump tegenover CIA-medewerkers dat hij vierkant achter ze stond. Uitspraken die hij eerder deed over deze organisatie "met nazi-trekjes" bestonden opeens niet meer.
De vergelijking met persconferenties in landen die het minder nauw nemen met de democratie is dan snel gemaakt.
(…)De vraag is: in hoeverre gelooft Trump in zijn eigen werkelijkheid? Datzelfde kun je je afvragen bij Trump: liegt hij bewust of is zijn wantrouwen tegenover journalisten zo diep geworteld dat hij niets van ze aanneemt? Hoewel het nog te vroeg is hier een eenduidig antwoord op te geven, kan er volgens Linda Bos, universitair docent politieke communicatie aan de Universiteit van Amsterdam, wel degelijk sprake zijn van EEN DOORDACHTE STRATEGIE. En wel om de volgende vier redenen:
1. ZICHZELF INDEKKEN
Trump en Spicer zijn de werkelijkheid te slim af door voorafgaande aan de presentatie van de officiële bezoekerscijfers tijdens inauguratiedag met eigen cijfers te komen. "Die cijfers zijn daardoor helemaal niet meer belangrijk", zegt Bos. "Wat er ook wordt gezegd, het zal worden afgedaan als een leugen."
Volgens de universitair docent komt hier weer de populist Trump om de hoek kijken: "Het is onderdeel van de populistische strategie om de elite, in dit geval de media-elite, te diskwalificeren, corrupt te noemen en weg te zetten als immoreel."
2. POLARISATIE AANWAKKEREN
Amerika is een verdeeld land. De verkiezingsuitslag - een overwinning voor Trump, maar een absolute meerderheid voor zijn Democratische rivale Clinton - is hier het directe bewijs van. Die polarisatie kan in Trumps voordeel werken, stelt Bos. "De echte Republikeinen en Trump-aanhangers zullen hem klakkeloos geloven. Zij zullen inderdaad denken dat de foto van de inauguratie trucage is of dat de foto eerder op de dag is genomen."
Hoewel uit onderzoek blijkt dat Amerikanen meerdere mediakanalen volgen, zullen doorgewinterde Trump-aanhangers geneigd zijn rechtse kanalen als Fox News en Breitbart te geloven. Die onderschrijven de stellingen van Trump.
3. AANDACHT AFLEIDEN
Op de dag dat Trump en Spicer de pers verloochenden, demonstreerden wereldwijd honderdduizenden vrouwen tegen seksistische uitlatingen van Trump. Geen wenselijk begin voor een president die nog geen dag op de troon zit. De aandacht afleiden is dan een slimme zet. "Spicer repte met geen woord over de vrouwenmarsen", zegt Bos. "Hij beantwoordde ook geen vragen van de pers, dus deze gebeurtenis werd naar de achtergrond geschoven."
Het gaat volgens haar te ver om de eerste persconferentie van het Witte Huis te vergelijken met de gang van zaken in landen als Noord-Korea en China, waar de pers loyaal is aan de politiek. Amerika kent een geschiedenis van persvrijheid. "Je mag toch hopen dat de democratie daar anders werkt."
4. EIGEN BELEID LEGITIMEREN
Door de tegenstander - in dit geval de media - te diskwalificeren, legitimeert Trump zijn eigen, in vele opzichten radicale beleid. "Hij zegt: wij kunnen niet met deze mensen (journalisten) samenwerken, want zij accepteren niet dat wij hebben gewonnen", zegt Bos.
Volgens haar is pas sinds de inauguratie duidelijk dat Trump zich manifesteert als populist. "Voor die tijd zei hij geregeld dat hij een goede leider voor het volk zou zijn, maar tijdens zijn inauguratiespeech zei hij voor het eerst dat de macht bij het volk zelf zou komen te liggen."
De boodschap die daarbij hoort is dat hij de waarheid terugbrengt naar het volk. Alleen hij kan dat. Zijn tegenstanders zijn er alleen maar op uit hem onderuit te halen.