mercredi 25 janvier 2017

A droite, le spectre d’une fuite vers le camp Macron

Par Laure Equy — Libération


Lors d’un meeting du l’ancien candidat Alain Juppé, le 14 novembre au Zénith de Paris. Photo Albert Facelly pour Libération
François Fillon se rend à Bordeaux ce mercredi pour l’inauguration de Droitelib, club qui vise à garder les juppéistes, alors que la «dynamique» d’En marche attire une partie des libéraux progressistes.
A DROITE, LE SPECTRE D’UNE FUITE VERS LE CAMP MACRON
Un déjeuner bordelais pour sceller l’unité… Et tenter de ramener au bercail les brebis juppéistes égarées. Deux mois après leur duel à la primaire, François Fillon se rend ce mercredi sur les terres d’Alain Juppé. Si ce n’est pas une réconciliation proprement dite que l’on met en scène - ces deux-là ne s’étaient pas quittés fâchés -, il est grand temps pour le candidat LR de rassurer cette droite estampillée «libérale et progressiste». Au sein de celle-ci, pas franchement cliente du projet économique du candidat LR ou déboussolée par quelques soutiens très conservateurs, certains ont déjà commencé à se mettre en marche… mais pas dans le sens souhaité.
(…)DÉPARTS À BAS BRUIT
« On veut croire que la grande majorité des forces serait encore dans la digestion de la défaite mais plutôt encline à suivre Fillon et que les transferts vers Macron sont à la marge. Ce n’est pas l’hémorragie mais ça commence tout de même à se voir.
«La dynamique Macron, c’est une réalité», a concédé le sénateur Christophe Béchu, alors qu’un autre a prévenu : «Attention, toute la jeunesse part chez Macron.»
Mais les néomacronistes ne cachent pas leurs interrogations quant au programme très évasif de leur candidat. Et pointent son flou sur les questions de sécurité, de lutte antiterroriste ou encore de laïcité. «Son positionnement à la façon des grandes coalitions à l’allemande est intéressant mais il manque de concret», reconnaît Marc. Cet avocat qui a animé un comité pro-Juppé avant de franchir le Rubicon mi-décembre attend aussi de voir si les socialistes vont grossir les rangs d’En marche après la primaire à gauche : «Ça me dérangerait de voir Royal ou Hollande soutenir Macron.»
, complète ce conseiller pour un groupe de cosmétique de 38 ans. Je ne crois plus à un clivage droite-gauche, mais progressistes contre conservateurs. Et quand on est progressiste, pour qui voulez-vous qu’on vote aujourd’hui ? Fillon, le candidat de la régression et ses alliés de Sens commun ?» Sur la capacité de séduction de Macron, il nuance pourtant : «Il ne faut pas négliger la notion de désir dans une présidentielle. C’est parce que Fillon ne fait pas envie que, par contraste, Macron suscite l’enthousiasme.»
Laure Equy


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
MACRON L’ÉTOILE QUI MONTE, MONTE…

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