mercredi 25 janvier 2017

Allemagne: les sociaux-démocrates choisissent Schulz pour affronter Merkel

Allemagne: les sociaux-démocrates choisissent Schulz pour affronter Merkel
Le Soir
L’ancien président du Parlement européen sera opposé à Angela Merkel dans la course à la chancellerie à l’occasion des élections législatives de septembre.


• © Reporters / DPA
Le parti social-démocrate allemand a annoncé mardi soir avoir choisi l’ancien président du Parlement européen Martin Schulz pour affronter Angela Merkel dans la course à la chancellerie à l’occasion des élections législatives de septembre dans le pays.
UNANIME
Le nom de Martin Schulz a été retenu «  de manière unanime  » par les responsables du parti, a indiqué à la presse à Berlin l’actuel président du SPD, Sigmar Gabriel, qui avait annoncé renoncer à briguer ce poste en raison de son impopularité. L’ex-président du Parlement européen «  est un meilleur candidat et a de meilleures chances  » de remporter les législatives le 24 septembre, à l’issue desquelles le chancelier ou la chancelière doit être désigné par les députés allemands, a souligné M. Gabriel.
Martin Schulz a quant à lui dit «  accepter avec énormément d’honneur  » et de « fierté  » la proposition. «  Il s’agit d’un jour particulier pour moi  », a ajouté M. Schulz, qui doit aussi remplacer en mars Sigmar Gabriel comme président du parti. Cette candidature doit encore être formellement entérinée dimanche par le comité directeur du parti pour devenir officielle.
Après une présidence du Parlement européen remarquée, Martin Schulz jouit d’après les derniers sondages d’une popularité personnelle en Allemagne voisine de celle d’Angela Merkel et en tout cas nettement plus élevée que Sigmar Gabriel, qui faisait jusqu’ici figure de candidat naturel des sociaux-démocrates pour la chancellerie.
UN LOURD HANDICAP
Il part toutefois avec un lourd handicap : le SPD est à l’heure actuelle à la traîne du parti conservateur de la chancelière, la CDU, dans les intentions de vote des électeurs en vue des législatives. Il accuse une quinzaine de points de retard, à environ 20 %, un score historiquement bas pour le SPD, contre autour de 35 % pour les conservateurs.
Les sociaux-démocrates, membres minoritaires de la coalition gouvernementale actuelle, voient même se rapprocher derrière eux le parti anti-immigration Alternative pour l’Allemagne (AfD).


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
EUROPE FIRST

Les élections en France, en Allemagne, aux Pays-Bas et peut-être en Italie indiqueront si l'Union européenne pourra devenir plus forte et plus démocratique ou si elle risque de commencer sa désintégration sous l'effet d'une vague néonationaliste.
"2017 sera une année décisive pour l'Europe"  philippe Maysatdt
Qu’on se le dise, 2017 sera une née clé pour l’avenir de l’Europe : quitte ou double.
Dans son dernier discours à Davos , le vice-président américain sortant Biden  a accusé la Russie de : « s’efforcer, avec tous les outils possibles, d’éroder les contours du projet européen, de jouer sur les clivages entre pays occidentaux et de revenir à une politique définie par les sphères d’influence »
Non seulement l’union européenne doit gérer le Brexit, mais elle est la cible de tentatives de déstabilisation de la Russie et des attaques verbales de Donald Trump qui applaudit au retrait britannique et souhaite qu’il soit suivi par d’autres. « Notre destin est entre nos mains, européen », a averti Angela Merkel le 16 janvier dans un grand moment de solitude.
Si la France élit un président pro-européen en mai, cela entraînera les Allemands et le moteur franco-allemand pourra enfin redémarrer.
Si elle choisit Marine Le Pen c’en est fini du rêve européen.


FRANÇOIS FILLON TIRE "LE SIGNAL D'ALARME": "L'EUROPE EST MENACÉE DE DISPARITION"
DH BELGA

Le candidat de la droite à l'élection présidentielle française, François Fillon, a tiré lundi à Berlin le "signal d'alarme" pour une "Europe menacée de disparation" et estimé que la Russie avait vocation à devenir "un partenaire majeur" du continent.
L'ancien Premier ministre, actuellement favori des sondages en vue du scrutin d'avril-mai, s'est exprimé dans un discours tenu devant une fondation proche du parti conservateur de la chancelière Angela Merkel, qu'il a rencontrée dans la journée.
"Je tire le signal d'alarme", a-t-il dit, appelant à un "sursaut européen" car l'Europe est "menacée de disparition sur la scène internationale".
"L'Europe devrait décupler notre puissance, aujourd'hui elle la réduit. Elle devrait décider, elle hésite. Elle devrait simplifier, elle complique", a jugé M. Fillon. "A force de tergiversations nous ne savons plus où nous voulons aller ni ce que nous voulons construire ensemble, notre faiblesse nous disloque", a-t-il ajouté.
Le candidat de la droite a dit dans ce cadre faire le choix "clair du couple franco-allemand". Mais il a dans le même temps pointé du doigt les divergences entre son programme et la politique menée à Berlin.
"Nous avons des différences ? Assumons-les au lieu de les nier", plaide le candidat, afin de "trouver une place entre les Etats-Unis de Donald Trump, la Russie de Vladimir Poutine et la Chine de Xi Jinping".
M. Fillon a notamment réaffirmé sa position de fermeté sur la question des réfugiés. "La France ne peut pas accepter plus de réfugiés", a-t-il dit, alors que la chancelière allemande réclame elle davantage de solidarité de ses partenaires européens via un système de quotas d'accueil de demandeurs d'asile.
Concernant la Russie, l'ancien Premier ministre a aussi marqué sa différence estimant que ce pays a vocation à devenir "un partenaire majeur des nations européennes".
Mme Merkel plaide elle pour la fermeté à l'égard de Moscou, notamment via le maintien des sanctions au sujet de l'Ukraine.
"Plus on isole la Russie, plus elle use de sa puissance de façon unilatérale et plus elle bascule vers l'Asie", a argumenté M. Fillon, "je veux avec Moscou une relation franche, respectueuse, ferme si nécessaire".


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ANGELA MERKEL SEMBLE PRÉFÉRER MACRON

François Fillon, vainqueur incontesté des primaires de la droite et candidat hyper conservateur à la succession de Hollande a voulu rencontrer A. Merkel sa partenaire allemande naturelle. Il semblerait cependant qu’idéologiquement Angela serait beaucoup plus proche du centriste Macron, l’homme qui ne cesse de monter dans les sondages. Fillon, marié à une Britannique, n’est pas naturellement tourné vers le puissant partenaire allemand. Par sa visite à Berlin, il a cependant voulu montrer combien est important à ses yeux le sauvetage de l’Europe face à l’écrasante puissance de la Russie des Etats Unis et de la Chine. Il a donc souhaité rappeler combien l’axe franco-allemand était essentiel dans la construction européenne. Il n’a pas caché  que le lien entre Paris et Berlin s’était considérablement relâché et affaibli. Or, selon lui rien ne peut réussir en Europe sans une étroite coopération franco-allemande.
Mais ce n’est que le candidat président français qui a rencontré la chancelière, elle-même devant être réélue prochainement. Or l’étoile de Merkel ne cesse de pâlir en Allemagne et sa réélection n’est pas garantie. Schultz, qui a démissionné de son poste prestigieux de président du parlement européen, entend la défier en qualité de candidat SPD au poste de chancelier.
L’issue des élections fédérales allemande en avril et celles pour la présidence française en mai est tout à fait incertaine voire franchement imprévisible. Altenativ Für Deutschland, parti nationaliste et populiste talonne la SPD dans les sondages tandis que Marine Le Pen dépasse Fillon dans les intentions de vote des Français.
On relèvera qu’ Emmanuel Macron n’a pas manqué, contrairement à Fillon, de saluer la politique généreuse de Merkel en faveur des réfugiés syriens. Et lui aussi fait de l’Europe sa première priorité, un peu comme Schultz. Fillon au contraire s’est montré  très critique pour la générosité de la chancelière à l’endroit des demandeurs d’asile. Il entend bien mettre un frein aux flux migratoires.
De plus, Fillon s’est montré très hostile à l’égard des sanctions économiques imposées par l’Europe, Merkel en tête, à la Russie. Fillon, pilote de course amateur, regarde la Ostpolitik européenne assortie de sanctions comme une erreur de pilotage.
A Berlin, Fillon a déclaré sans ambages qu’il entendait corriger la relation avec Moscou.
Ce qui devrait en revanche plaire à la chancelière, c’est sa volonté de réformer en profondeur la société française qui en a grand besoin. Fillon veut imposer un remède de cheval pour venir à bout du  déclin français (suppression de 500.000 postes de fonctionnaires, fin de la semaine de 35 heures, réduction de 100 milliards les dépenses publiques d’ici 2022).  Reste à savoir si les Français voudront de lui, de sa cure d’austérité et de sa dégaine de hobereau hyper catho. Gagner la primaire de droite est une chose ; battre Le Pen au deuxième tour en est une autre.
Pour relancer le moteur Europe, un tandem Schultz-Macron semble un bien meilleur carburant.
MG

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