lundi 30 janvier 2017

Angela Merkel: les restrictions américaines à l'immigration "non justifiées"

Le Vif
Angela Merkel ne juge pas "justifiées" les restrictions à l'immigration aux Etats-Unis de ressortissants de sept pays musulmans décidées par Donald Trump, a affirmé dimanche le porte-parole de la chancelière allemande, Steffen Seibert.


© Reuters
"Elle est convaincue que même dans le cadre de la lutte indispensable contre le terrorisme il n'est pas justifié de placer sous une suspicion généralisée des gens en fonction de leur origine ou croyance", a dit le porte-parole cité par l'agence de presse DPA.
"La chancelière regrette l'interdiction d'entrée (aux Etats-Unis) imposée par le gouvernement américain contre les réfugiés et les ressortissants de certains pays", a ajouté Steffen Seibert dans un communiqué.
Le gouvernement allemand "va maintenant examiner les conséquences" de cette interdiction pour les citoyens allemands ayant une double nationalité et qui sont touchés par les mesures américaines, a-t-il précisé.
La condamnation allemande survient au lendemain d'un entretien téléphonique entre Donald Trump et Angela Merkel. Les communiqués publiés à l'issue de cet échange aux Etats-Unis et en Allemagne ne faisaient pas mention des nouvelles restrictions à l'immigration sur le sol américain.
"La Convention de Genève sur les réfugiés appelle la communauté internationale à accueillir les personnes fuyant la guerre sur une base humanitaire", et "la chancelière a fait valoir" cela lors de son entretien téléphonique avec Donald Trump, a précisé le porte-parole.
Le décret américain sur la "protection de la nation contre l'entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis", entré en vigueur vendredi, interdit pour 90 jours l'entrée aux Etats-Unis aux ressortissants de sept pays jugés à risque par Washington: Irak, Iran, Yémen, Libye, Syrie, Soudan et Somalie.


RÉFUGIÉS ET IMMIGRATION : CASSE-TÊTE MONDIAL APRÈS LE DÉCRET D'INTERDICTION AMÉRICAIN
•Par Géraldine Russell Le Figaro



Détenteurs de carte verte bloqués dans des aéroports, Irakiens sommés de faire demi-tour alors même qu'ils sont en règle... Après la signature interdisant l'entrée aux Etats-Unis aux réfugiés et ressortissants de sept pays musulmans, les situations iniques se multiplient.
«Je suis un doctorant iranien aux États-Unis et je ne peux plus aller rendre visite à ma famille.» Après le décret signé par Donald Trump interdisant l'accès au territoire américain aux réfugiés ou ressortissants de sept pays - à majorité mulsulmane -, les témoignages se multiplient pour illustrer le casse-tête administratif qu'il représente. Le texte interdit l'entrée aux États-Unis aux citoyens irakiens, iraniens, libyens, somaliens, soudanais, syriens ou yéménites, même s'ils sont en possession d'un visa ou d'une carte verte (c'est-à-dire qu'ils habitent légalement aux États-Unis). Les réfugiés syriens sont également interdits d'entrée dans le pays.
» L'ONU RAPPELLE TRUMP À L'ORDRE SUR LA QUESTION DES RÉFUGIÉS
Samedi, nombreux sont ceux à témoigner de leur désarroi face à cette décision.
Sur Twitter, un homme d'affaires raconte que, malgré les visas obtenus, il ne peut plus se rendre aux réunions qu'il avait organisées aux États-Unis, alors même que «[s]on entreprise a des contrats de plus de 500.000 dollars avec des entreprises aérospatiales américaines». Un autre s'inquiète que son père, professeur d'université à Morgantown et rentré en Iran pour enterrer un membre de sa famille, ne puisse plus revenir.
«Irano-Canadienne avec une carte verte et vivant aux États-Unis, j'ai peur de ne plus pouvoir revenir si je vais au Canada».
L'Iran a indiqué samedi soir appliquer la réciprocité à la mesure américaine. «La République islamique d'Iran (...), tout en respectant le peuple américain et pour défendre les droits de ses citoyens, a décidé d'appliquer la réciprocité après la décision insultante des Etats-Unis concernant les ressortissants iraniens et tant que cette mesure n'aura pas été levée», a affirmé le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué repris par la télévision d'Etat.
LA POLICE AUX FRONTIÈRES DÉPASSÉE
Les personnels de sécurité dans les aéroports américains sont quant à eux dépassés par la situation. Trita Parsi, le président du Conseil national irano-américain, association visant à rapprocher les deux pays, indique sur son compte Twitter que les garde-frontières ont été avisés de la nouvelle directive à 16h30 vendredi mais qu'ils n'ont pas eu de consignes précises. Il raconte ainsi que plusieurs citoyens iraniens, détenteurs d'une carte verte, ont été dans un premier temps interdits d'entrée, fouillés et interrogés durant plusieurs heures par la police aux frontières, avant d'être finalement autorisés à pénétrer sur le territoire.
Une situation d'autant plus ubuesque que les voyageurs provenant des sept pays visés par le décret ne représentent qu'une infime part des voyageurs étrangers arrivant sur le sol américain: 0,7% en 2015. Selon les statistiques mises en ligne par l'administration américaine, seuls 72.162 ressortissants irakiens, iraniens, libyens, somaliens, soudanais, syriens et yéménites ont obtenu un visa pour voyager aux États-Unis en 2015, sur 10,9 millions de voyageurs internationaux.
LES AUTORITÉS ÉTRANGÈRES OBTEMPÈRENT
À l'étranger également, les autorités doivent faire face à un casse-tête administratif. Au Caire, samedi, cinq Irakiens et un Yéménite n'ont pas été autorisés à monter à bord d'un avion en partance pour New York. Bien que titulaires de visas en règles, les voyageurs en escale ont été réorientés vers des vols à destination de leurs pays.
La compagnie Qatar Airways a quant à elle avisé ses clients que seuls les ressortissants des sept pays concernés en possession d'une carte verte de résidence aux États-Unis ou d'un visa diplomatique seront autorisés à voyager. Cela concerne notamment les membres des Nations unies, des ONG internationales ou de l'OTAN. Mais depuis, nous avons appris que les détenteurs de carte verte étaient également concernés par l'interdiction.
Air France a de son côté indiqué avoir refusé d'embarquer «une quinzaine de personnes» en partance pour les États-Unis. «Nous avons pris en charge tous ces passagers, personne n'est bloqué à Paris. On a pris les dispositions nécessaires pour réacheminer ces personnes à leur point d'origine», a indiqué un porte-parole de la compagnie. De son côté, KLM a dit avoir refusé l'accès à ses avions à sept passagers de pays concernés par l'interdiction. Sans dire où ni de quels pays il s'agissait. Un porte-parole de la compagnie Manel Vrijenhoek a souligné qu'il y avait toujours «un manque de clarté» dans les effets de cette interdiction.
LA SOLIDARITÉ S'ORGANISE
Face à cette situation, certains ont décidé d'organiser la résistance. Le New York Times évoque le dépôt d'une demande d'action de classe pour rassembler tous les cas de ressortissants étrangers issus des sept pays visés qui seraient détenus dans les aéroports américains après le décret signé par Donald Trump.
L'Union américaine pour les droits civiques (ACLU) et plusieurs organisations d'aide aux immigrés ont saisi la justice samedi pour contester le décret. La plainte contre le président Trump et le ministère de la Sécurité intérieure a été déposée samedi matin devant un tribunal fédéral de New York par l'American Civil Liberties Union et d'autres associations de défense des droits et des immigrés, qui exigent notamment la libération de deux citoyens irakiens interpellés vendredi soir à l'aéroport JF Kennedy sur la base du décret qui venait à peine d'être promulgué.
Sur Twitter, sous le hashtag #MuslimBan («interdiction des musulmans»), plusieurs personnes proposent à ceux qui sont retenus dans les aéroports de les accueillir chez eux en cas de besoin ou simplement de leur parler pour les soutenir.
«Si vous êtes coincé dans un aéroport ce soir en essayant de rentrer à la maison, sachez que je suis là pour vous parler.»


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
JUSQU’OU IRA LA PROVOCATION ?

Le duBus


“You can fool all the people some of the time, and some of the people all the time, but you cannot fool all the people all the time”.
Abraham Lincoln

Jusqu’où iront les provocations de Trump ?
Le Dow Jones nous répondra d’ici peu. Pour l’instant l’indice boursier américain est au zénith a plus de 20.000 points ce qui conforte Donald Trump dans ses décisions (im)prévisibles.
"Though this be madness, yet there is method in it" Shakespeare.
Il va donc falloir s’habituer à la méthode Trump, l’analyser, la décortiquer pour la combattre.
Ce qui semble évident c’est qu’un divorce semble inévitable entre Washington et l’Europe au bénéfice de la perfide Albion. Donald Trump et Theresa May semblent déterminés à renforcer l’axe Londres-Washington dans le prolongement de la ligne du Brexit tant vantée par le nouveau locataire de la Maison blanche.
Certes Angela Merkel et François Hollande ont manifesté déjà leur mécontentement mais l’axe Paris-Berlin ce n’est pas toute l’Europe. Comment réagissent par exemple les Polonais ?
Trump semble déterminé à affaiblir la construction européenne pour mettre en difficulté le formidable concurrent commercial qu’est l’Europe. Il saura jouer sur les contradictions internes du vieux continent qui répugne à parler d’une seule voix et à activer le processus d’intégration : une véritable tragédie.
MG


APPELS DE TRUMP À HOLLANDE, POUTINE ET MERKEL : CE QU'IL FAUT RETENIR DE CETTE SÉRIE D'ENTRETIENS



© Mandel Ngan, AFP | Le président américain Donald Trump au téléphone, samedi, avec le président russe Vladimir Poutine.
Texte par FRANCE 24 

Donald Trump s'est entretenu samedi, par téléphone, avec la chancelière allemande Angela Merkel, le président russe Vladimir Poutine et le président français François Hollande qui a appelé au "respect" du principe de "l'accueil des réfugiés".
En pleine polémique aux États-Unis sur le decret anti-réfugiés signé vendredi, Donald Trump a téléphoné pour la première fois, samedi, à plusieurs dirigeants étrangers : le Russe Vladimir Poutine, la chancellière allemande Angela Merkel et le président François Hollande.
Hollande met en garde Trump contre "le repli sur soi"
Le président François Hollande a mis en garde son homologue américain contre "le repli sur soi" et l'a appelé au "respect" du principe de "l'accueil des réfugiés", fondement de "nos démocraties", selon un communiqué publié par l'Elysée. "Le chef de l'État a mis en garde contre les conséquences économiques et politiques d'une approche protectionniste", en soulignant que, "face à un monde instable et incertain, le repli sur soi est une réponse sans issue".
François Hollande a aussi "rappelé sa conviction que le combat engagé pour la défense de nos démocraties" n'était "efficace" que "dans le respect des principes qui les fondent, en particulier l'accueil des réfugiés". Une réponse directe au décret anti-réfugiés que vient de prendre le président américain ainsi qu'à ses positions protectionnistes. Il a par ailleurs insisté sur "l'importance pour la planète de la mise en oeuvre de la convention de Paris sur le réchauffement climatique", que son homologue veut remettre en cause.
Dans la journée, lors d'un "sommet des pays méditerranéens de l'UE" à Lisbonne, François Hollande avait appelé l'Europe à faire bloc et à opposer une réponse "ferme" à son homologue américain qui s'était notamment réjoui bruyamment du Brexit, "une chose merveilleuse" selon lui.
POUTINE ET TRUMP D'ACCORD POUR "DÉVELOPPER" DES RELATIONS "D'ÉGAL À ÉGAL"
Vladimir Poutine et Donald Trump ont convenu de développer des relations "d'égal à égal" en accordant la "priorité" à la lutte "contre le terrorisme" et en mettant en place une "réelle coordination" contre le groupe État islamique en Syrie, a indiqué samedi le Kremlin.
"Des deux côtés a été exprimée une volonté de travailler activement en commun pour stabiliser et développer la coopération russo-américaine sur une base constructive, d'égal à égal et mutuellement avantageuse", a précisé le président russe dans un communiqué.
MERKEL ET TRUMP SOULIGNENT "L'IMPORTANCE FONDAMENTALE" DE L'OTAN
Le nouveau président américain, Donald Trump et la chancelière allemande Angela Merkel ont souligné "l'importance fondamentale de l'Otan", a indiqué la Maison Blanche.
"Le président et la chancelière sont d'accord (pour reconnaître) l'importance fondamentale de l'Otan dans le cadre d'une relation transatlantique plus large et de son rôle pour assurer la paix et la stabilité de notre communauté de l'Atlantique nord", souligne le communiqué de la Maison Blanche, qui précise que DonaldTrump se rendra en juillet au Sommet du G20 à Hambourg et qu'il recevra "bientôt la chancelière à Washington".
Donald Trump s'était montré très critique envers l'Alliance atlantique pendant sa campagne. Il avait même qualifié l'Alliance d'"obsolète" et reprochait vertement aux alliés de ne pas porter leur part du fardeau financier.
France 24 Avec AFP

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