samedi 28 janvier 2017

Avec le PenelopeGate, c'est l'identité politique de Fillon qui s'effondre


Renaud Dély Marianne
Directeur de la rédaction
"Je vois que la séquence des boules puantes est ouverte", a tempêté Fillon. Il se trompe. Avec la campagne présidentielle, c'est la séquence de l'explication démocratique qui est ouverte. 



SARAH ALCALAY/SIPA

Imagine-t-on «Tante Yvonne» bénéficier d'un emploi fictif ? Imagine-t-on le général de Gaulle verser à son épouse 500 000 € d'argent public pendant huit ans sans que celle-ci ne fournisse aucun travail en contrepartie ? Le scandale révélé par nos confrères du Canard enchaîné est une déflagration qui frappe de plein fouet l'une des qualités communément attribuées à François Fillon : l'honnêteté.
L'HONNÊTETÉ, C'ÉTAIT SA MARQUE DE FABRIQUE, SON «MOI, PRÉSIDENT» À LUI.L'ancien Premier ministre en avait fait un argument de campagne pour éliminer Nicolas Sarkozy. Après avoir incité en 2014 le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, à actionner la justice pour empêcher le retour de son rival, il l'avait ciblé dès l'amorce de sa campagne en lançant : «Imagine-t-on le général de Gaulle mis en examen ?» Plus tard, lors des joutes télévisées qui l'opposaient à son ex-supérieur, le candidat Fillon ressassait sa maxime : «Il ne sert à rien de parler d'autorité quand on n'est pas soi-même irréprochable.» L'honnêteté, c'était sa marque de fabrique, son «Moi, président» à lui. S'il a copieusement rémunéré son épouse pour un emploi fictif durant de longues années, c'est la crédibilité et même l'identité politique de François Fillon qui s'effondrent. Et c'est l'avenir de sa candidature à la présidentielle qui est en péril.
Le danger est d'autant plus menaçant que l'intéressé se complaît à fustiger les assistés qui profitent d'un système de protection sociale qu'il juge trop coûteux. Et qu'il préconise une sévère purge libérale qui passe, notamment, par la suppression de 500 000 fonctionnaires caricaturés par ses fidèles en parasites oisifs. Piocher dans les fonds alloués par le Parlement, puis solliciter la générosité d'un riche ami patron pour récompenser le temps libre de son épouse, voilà qui confortera chez ses détracteurs son image de Robin des bois à l'envers, prompt à prendre aux pauvres pour donner aux riches. Le sort de Penelope menace de transformer son odyssée élyséenne en naufrage et d'entraîner son Ulysse candidat par le fond.
(...)


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
ET SI FILLON JETTAIT L’EPONGE …

Déjà Juppé a juré ses grands dieux qu’il ne jouerait pas les bouche- trous. Dommage mais l’homme à sa fierté et c’est tout à son honneur. Alors qui ? Sarko ? Nooooon.
Tout ça, c’est pain bénit pour Macron.
Mais qui est Macron ? J’ai lu « Révolution » son bouquin de campagne et n’y ai franchement rien trouvé d’excitant, hormis son excellent auto portrait. Le reste n’est que déclarations d’intentions floues et tout sauf un vrai programme...Ceci dit ses chances de passer au second tour avec l’hydre Le Pen son réelles. Face à elle, il a toutes les chances de faire un excellent score en bénéficiant d’un report de voix de droite et de gauche.
Mais pour en faire quoi ?
MG


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