dimanche 1 janvier 2017

AYONS EN 2017 LE COURAGE DE DU MEILLEUR, LA VOLONTÉ DE L’OPTIMISME ET LA RAGE DE L’ESPOIR


Formalité de pure routine,  les meilleurs vœux de janvier, sont devenus un exercice périlleux. Les temps sont si troublés, les relations si incertaines, l’avenir tellement imprévisible et les solidarités à ce point introuvables qu’on perd pied dans un climat que plombe l’adversité.
Tout semble  devenu tellement aléatoire, difficile, insupportable et il semblerait, selon les plus grincheux, qu’on n’aurait rien vu encore.
Comment donc « affronter le pire en ayant le courage du meilleur ».
La démocratie sera notre passion à tous ou alors elle ne sera plus.
Le reflux des dogmes, des certitudes populistes, identitaires, bref le retour du refoulé (Freud) nous bouche l’accès à la complexité. Celle-ci domine un monde globalisé que nous avons tellement de mal à comprendre et à affronter mains nues.
Jean Daniel nous rappelle que Raymond Lulle, « ce moine majorquin du XIIIème siècle invitait les mécréants à ne pas choisir entre les trois monothéismes mais à en faire leur synthèse personnelle. »
On ne saurait donner meilleur conseil. Qui se sent-il de taille à le suivre ?
L'argent répugne à être notre esclave. Il nous impose ses lois. La spéculation débridée en fait une fin et non plus un moyen.
La violence a choisi son camp, celui du nihilisme totalitaire à visage religieux, grimaçant, « radical » comme disent les médias. De quelle « racine » (radix) est-il ici question si ce n’est de celle de la violence brute, aveugle : une violence « au front de taureau » pour pasticher Baudelaire ?
Quid de la non-violence offensive comme la pratiquait Gandhi ?
Faut-il donc se résigner à ce que la guerre élargisse partout son territoire ?
"Chaque fois qu'un opprimé prend les armes au nom de la justice il fait un pas dans le camp de l'injustice" (Camus)
« Il n'est pas dans le destin d'une victime de le rester ; elle peut, après s'être libérée, devenir à son tour bourreau. »
« Répondre à la barbarie par la barbarie c’est trahir les valeurs au nom desquelles on livre combat. »
La seule haine qui s'impose n’est-elle pas  celle de tous les absolus ?
De tous les fléaux, le plus pernicieux, est sans doute l'humiliation car c’est « celui qui  blesse le plus profondément l'âme d'un individu ou d'une collectivité.  »
"La vie n'est rien, mais rien ne vaut une vie" (Malraux), "il ne faut pas chercher dieu ailleurs que partout" (Gide) et seule une admiration qui se transforme en amour peut nous empêcher de voir la vie comme "un conte plein de bruit et de fureur raconté par un idiot et qui ne signifie rien" (Shakespeare). De toute façon, comme le dit magnifiquement François Cheng, "tous les jugements, tous les cultes et tous les rites peuvent disparaître, sauf un seul, celui de la Beauté".
Ces sombres pensées de janvier que m’inspirent l’édito de Jean Daniel dans  son cher Obs ne nous invitent-elles pas à nous recentrer sur l’essentiel, notre proximité immédiate, nos compagnes et compagnons de vie, nos enfants, nos amitiés électives et toutes celles et tous ceux que les circonstances et le hasard des rencontres nous ont rendus irremplaçables ? Je pense à l’autre, le tout autre croisé sur le chemin de la vie et qui nous incite, nous invite au dialogue interconvictionnel. Exercice difficile entre tous mais tellement fécond pourvu qu’on se donne la peine de relativiser nos propres certitudes et convictions pour en accueillir d’autres tout en demeurant soi, pleinement.
Et c’est à chacune de ces précieuses amitiés que je pense à l’aube glaciale de cette année toute frémissante d’espoir et de nos fragiles résolutions. Mis aussi à toutes ces inconnues, à toutes ces inconnus qui me rendent courtoisement visite sur ce blog qui comptera cette année plus de 600.000 visiteurs. Cela peut paraître beaucoup mais c’est en vérité dérisoirement peu.
Je vous embrasse collectivement et individuellement et vous souhaite le moins pire.
Ayons comme nous y invite Gramsci la volonté de l’optimisme et souhaitons que nous aurons tous à cœur de continuer à brûler du feu de l’espoir.
Ayons donc tous ensemble le courage du meilleur
Marc Guiot

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