samedi 28 janvier 2017

Mikhaïl Gorbatchev sur la menace nucléaire: "il semble que le monde se prépare à la guerre"


Olivia Lepropre Le Vif
Source: Time 

Mikhaïl Gorbatchev met en garde contre une nouvelle course aux armements qui rend " la menace nucléaire une fois de plus réelle ". Il incite notamment Donald Trump et Vladimir Poutine à réagir. 


© REUTERS

Pour Mikhaïl Gorbatchev, "aucun problème n'est aujourd'hui plus urgent que la militarisation de la politique et la nouvelle course aux armements. Arrêter et renverser cette course coûteuse doit être notre première priorité". Il appelle notamment Donald Trump et Vladimir Poutine à travailler ensemble pour prendre des mesures dans le but de réduire l'arsenal nucléaire mondial. "Les politiciens et les chefs militaires sont de plus en plus belligérants et les doctrines de défense plus dangereuses. Les commentateurs et les personnalités télévisuelles joignent le choeur belliqueux. Tout se passe comme si le monde se préparait à la guerre", écrit l'ancien dirigeant de l'URSS dans un article pour le Time.
"LA SITUATION ACTUELLE EST TROP DANGEREUSE"
Mikhaïl Gorbatchev, dans le Time
Gorbatchev revient sur la seconde moitié des années 80 où, ensemble avec les Etats-Unis, il avait lancé un processus de réduction des armes nucléaires et tenté de diminuer la menace. Mais aujourd'hui, "la menace nucléaire semble à nouveau réelle ". Lutter de manière internationale contre le terrorisme ne lui semble pas suffisant, il souhaite que l'accent soit mis "sur la prévention de la guerre, l'élimination progressive de la course aux armements et la réduction de l'arsenal nucléaire".
Dans ce but, il incite la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité de l'ONU à réagir, ainsi que les présidents russe et américain. "Je pense que l'initiative d'une telle résolution devrait venir de Donald Trump et Vladimir Poutine - les présidents des deux nations qui possèdent ensemble 90% de l'arsenal nucléaire mondial et qui portent donc une responsabilité particulière", précise-t-il.
Il cite l'ancien président américain Franklin D. Roosevelt, pour qui l'une des principales libertés est l'absence de peur. "Débarrasser le monde de cette peur signifie rendre les gens plus libres. Cela devrait être un objectif commun. Beaucoup d'autres problèmes seraient alors plus faciles à résoudre. Il est maintenant temps de décider et d'agir", conclut-il. 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY:
" TOUT CELA SENT MAUVAIS ET POURRAIT MAL FINIR »

 Attention : "Débarrasser le monde de cette peur signifie rendre les gens plus libres. Cela devrait être un objectif commun. Beaucoup d'autres problèmes seraient alors plus faciles à résoudre. Il est maintenant temps de décider et d'agir" On parlait autrefois et jusqu’à la fin des années quatre vingt d’équilibre de la terreur.  Cette peur s’est estompée avec l’implosion de l’URSS au début des années nonante. Et voici que soudain elle ressurgit avec l’arrivée au pouvoir de Donald Trump que l’on qualifie à tort de Président le plus imprévisible. C’est faux, l’homme est au contraire aussi prévisible que le fut Adolphe Hitler après sa prise de pouvoir en 1933 ou Staline, ou Vladimir Poutine, ou Erdogan. Ce sont des hommes à poigne qui ne répugnent pas à recourir à la force pour résoudre des conflits ou des tensions. Fasciné par les hommes d'action, Donald Trump s'entoure d'un trio de hauts gradés plus habitués aux champs de bataille qu'aux finesses politiques. Un mélange détonant, qui pourrait réserve un lot de mauvaises  surprises.

TRUMP : LES GÉNÉRAUX AU POUVOIR
Le Vif

Washington est toujours KO. Deux mois après le séisme politique du 8 novembre, les habitants de cet " Obamaland ", où 9 électeurs sur 10 ont voté démocrate (et 4 % seulement, en faveur du candidat républicain), acceptent mal que, le 20 janvier 2017, le milliardaire new-yorkais marche sur le Capitole et la Maison-Blanche comme César entrant dans Rome. A " J - 7 ", lors d'une pendaison de crémaillère où 100 % des invités noient leur dépit dans du mousseux, Fred, l'un d'eux, résume : " Tout cela sent mauvais et pourrait mal finir... Le pays est polarisé comme jamais, le Parti républicain est en guerre contre lui-même, Trump est inapte au job, et Mike Pence, le vice- président catholique ultraconservateur, croit que Dieu a créé la Terre, les mers et toutes les espèces qui l'habitent... Sûr que les Russes doivent se frotter les mains ! " Au-delà du district de Columbia, " DC ", capitale des Etats-Unis, le slogan du nouveau président - " Make America great again " - ne semble guère convaincre : seulement 44 % des Américains approuvent la façon dont le magnat de l'immobilier et son équipe ont géré la transition depuis deux mois. En son temps, Bill Clinton, au même stade, avait été intronisé avec 68 % d'approbation ; George W. Bush, avec 61 % ; Barack Obama, avec 83 %. " Sans doute les critiques de Trump contre la CIA en ont déstabilisé plus d'un, commente, sous le couvert de l'anonymat, le patron d'une société de cybersécurité basée en Caroline du Sud. Un président qui attaque ainsi le coeur de l'Etat, c'est du jamais-vu. "



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