samedi 21 janvier 2017

Passez la main Di Rupo!


Luc Delfosse Le Vif
Résumons la ligne de défense du ministre Paul Furlan face au Parlement wallon qui le somme de s'expliquer sur les dérives de l'affaire Publifin.


Dérives assurément et sempiternellement "mafieuses" comme les a qualifiées avec une très saine brutalité le politologue François Gemenne.
Etais-je au courant? Non.
Aurais-je pu savoir? Oui.
Ai-je cherché à savoir? Non.
Et, d'un coup, nous voila au coeur du mélodrame socialo-socialiste.
"Ai-je cherché à savoir ? Non"... Venant d'un baron du PS dont on découvre par ailleurs les arcanes familiaux de son cabinet, une telle candeur abasourdit. Mais tant qu'à faire, tant qu'à sur jouer dans le registre des "Trois orphelines" et de l'innocence trahie, on aurait préféré entendre cela de la bouche de Celui Qui en a Marre des Parvenus plutôt que ses habituelles pleurnicheries. Et le glouglou de son coeur qui saigne depuis si longtemps à gros bouillon que l'on est en droit de se demander où il opère ses transfusions miraculeuses.
Mais non : Di Rupo est "profondément choqué" par le comportement de ses apparatchiks. Il découvre, il n'en revient pas en quelque sorte. Néanmoins, pas le moindre mea culpa en ce qui concerne son propre champ d'action, au président: ces chefs de cabinet et chefs de cabinet adjoints, par exemple, qu'il choisit et impose avec le plus grand soin à ses ministres.
Mais foutredieu, monsieur le président : si vous, le boss, ne vous enquerrez pas du curriculum exact de vos hommes-liges, de leurs accointances, de leurs ramifications, de leurs réseaux très amicaux, de leurs petites poires pour la soif, pourquoi voudriez-vous que vos lieutenants le fassent ? Et les lieutenants de vos lieutenants et ainsi de suite, jusqu'au dernier échelon? C'est une fameuse image que vous rendez de vous-même: goupil avec vos alliés, molosse avec vos adversaires politiques mais chaton aveugle avec vos apparatchiks qui se couvrent d'or public et privé et qui, pour vous remercier de votre aimable cécité - excusez ma vulgarité, elle est dictée par une saine colère et des pratiques qui n'en finissent pas depuis un demi-siècle - vous compissent la jambe en vous demandant si c'est chaud.
Cela suffit ! Passez la main plutôt que de vous accrocher à votre fonction, comme si vous aviez reçu "le signe de Dieu" et qu'il vous suffisait de "buriner le mot éthique au fronton du parti socialiste" (je vous cite, hélas). Cela aura au moins le mérite de laisser pendant un certain temps à votre dauphin et à vos troupes qui débandent en masse, l'illusion de la fraîcheur et de l'action retrouvée. Il s'agit d'en débattre de toute urgence avec votre ego.
D'ici là, votre orgueil démesuré couplé à votre aveuglement très étrange font des ravages et nourrissent le populisme le plus crasseux. Et ce cancer-là, voyez-vous, nous concerne tous. Il vous faut en accepter la lourde responsabilité. 


NO COMMENT

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