mercredi 18 janvier 2017

QUELLES ONT LES CONSÉQUENCES, POUR L’EUROPE, L’ARRIVÉE DE DONALD TRUMP À LA MAISON BLANCHE?


D’abord, cela signifie que les Etats-Unis auront, pour 4 ans au moins,  le même président. Donc, une certaine  vision de l’avenir, d’où découlera  une stratégie. Et celui-là a une vision du rôle des Etats-Unis  beaucoup moins universaliste  que  tous ses prédécesseurs, au moins depuis   quatre-vingt ans.
Donald Trump est clairement isolationniste. En particulier, il  veut laisser à l’Europe le soin de se défendre, rapatrier aux Etats-Unis les usines américaines aujourd’hui installées en Europe, ou qui voudraient s’y implanter.  Il se moquera de la parité du dollar et le laissera plonger  si cela peut attirer des investissements aux Etats-Unis   et pousser le reste du  monde à consommer des produits américains.
Plus généralement, cette élection  place l’Europe dans une situation géopolitique radicalement neuve : Pour la première fois, elle se trouve face à trois grands pays dont les dirigeants ont du temps devant eux, avec une stratégie claire, dont l’alliance avec l’Europe ne fait pas partie.
Outre les Etats-Unis de Trump,  la Russie de  Poutine voudra, comme un bon joueur d’échec,  reconstituer son statut de grande puissance, en  reprenant ses places fortes et en  s’assurant que l’Europe ne peut lui nuire, ni économiquement, ni militairement. La  Chine de  Xi Jinping voudra, comme un bon joueur de go,  nouer  des alliances sur la planète entière pour affirmer sa puissance et assurer son approvisionnement en matières premières, en affaiblissant, par conséquent,  les réseaux d’alliance, et les positions d’influence des autres, dont les Européens.
Pour les trois plus grandes puissances du monde, l’Europe n’est plus un partenaire, c’est une proie. Et ils feront tout pour l’affaiblir, tout en jurant le contraire.
Face à ces appétits,  les trois  dirigeants les plus importants de l’Europe, sont  paralysés, pour toute l’année 2017, par des élections,  programmées  en France, en Allemagne, et à la Présidence de l’Union. Sans compter toutes les forces centrifuges en Italie, aux Pays Bas, et en Europe centrale.
C’est donc,  pour les trois autres superpuissances, l’année rêvée pour  se débarrasser d’un rival potentiel ;   et, pour cela, ils joindront leurs  forces avec ceux qui, en Europe même, veulent défaire l’Union.
Car il n’y a qu’en Europe que des gens croient que l’Union Européenne ne peut pas être la première puissance du monde au 21ème siècle. Il n’y a qu’en Europe que des gens veulent revenir au provincialisme des petits espaces, quand ils ont la chance de pouvoir construire une grande nation, démocratique et souveraine,  de la même taille que ses principaux rivaux.
Qu’on le veuille ou non, dans un monde irréversiblement connecté, la puissance, (c’est-à-dire le niveau de vie, l’emploi, la démocratie, la souveraineté,  et la liberté) appartiendra  aux nations les plus peuplées, disposant du plus d’espaces, de ressources naturelles, d’accès à la mer.  Les petits pays ne pourront survivre que par un très délicat jeu d’alliances,  comme  le Japon ou la Grande Bretagne, ou en situation sans cesse militarisé, sans cesse assiégée, comme Singapour ou  Israël. De cela, on peut multiplier les exemples. Sans contrexemples.
Tel est l’enjeu de 2017, pour les Européens : survivre aux attaques venant de l’extérieur, et de l’intérieur, les uns  se mettant, sans le savoir ni le vouloir, au service des autres.    Pour cela, il faudra, sans même attendre  2018, lancer le grand projet d’une Europe de la Défense. Si on ne le fait pas, les évènements nous y contraindront ; et il sera peut
être trop tard.
j@attali.com 


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
« L’EUROPE N’EST PLUS UN PARTENAIRE, C’EST UNE PROIE. » 

Lucide comme toujours Jacques Attali nous montre et nous ouvre la voie.
Mais les prophètes sont rarement écoutés, quant aux champions de l’Europe, ils sont souvent raillés. Guy Verhofstadt le plus européen des députés européens en fait les frais.
Il reste Angela Merkel qu’on a le droit d’aimer ou pas. Mais qu’on le veuille ou non, elle demeure le meilleur rempart de l’Europe face à une épidémie de trumpenne prévisible et vindicative. Kroll résume cela d’une inimitable façon : 

 

GUY VERHOFSTADT SE RETIRE DE LA COURSE À LA PRÉSIDENCE DU PARLEMENT EUROPÉEN
Belga et Le Soir

Un accord a été conclu entre les libéraux européens et le Parti Populaire Européen.
Le groupe des libéraux européens (ALDE) a conclu un accord avec le Parti Populaire Européen (PPE), le parti de Juncker. Suite à cet accord, l’homme politique belge se retire de la course à la présidence du Parlement.
Cette alliance entre les deux partis est, selon lui, « la première étape importante vers la construction d’une coalition pro-Union européenne afin de réformer et renforcer l’Union européenne ». Une décision importante, indique-t-il dans une vidéo postée sur Twitter, « avec Trump, Poutine et les nombreux autres challenges ». La coalition a pour but de changer la direction vers laquelle se dirige l’Europe.


L'ITALIEN ANTONIO TAJANI, PROCHE DE BERLUSCONI, ÉLU PRÉSIDENT DU PARLEMENT EUROPÉEN 

Par LIBERATION, avec AFP 

 
L'Italien Antonio Tajani, membre du parti de droite PPE, candidat à la présidence du Parlement européen, le 16 janvier 2017 à Strasbourg Photo FREDERICK FLORIN. AFP

Tajani a gagné face à son compatriote Gianni Pittella, candidat des sociaux-démocrates. Proche de Berlusconi dont il a été le porte-parole, Tajani est membre fondateur de Forza Italia et ancien commissaire européen.
L'Italien Antonio Tajani, proche de Berlusconi, élu président du Parlement européen
L’Italien Antonio Tajani, représentant de la droite, a été élu président du Parlement européen, a annoncé mardi soir à Strasbourg le chef sortant de cette assemblée, l’Allemand Martin Schulz. Au quatrième et dernier tour de scrutin, Tajani a remporté 351 voix contre 282 à son adversaire de gauche, Gianni Pittella, un autre Italien, a précisé Schulz devant les eurodéputés qui ont applaudi le vainqueur.
Tajani, candidat de la droite, était le grand favori dans la course à la présidence du Parlement européen, après le troisième tour de scrutin mardi soir à Strasbourg. Plus tôt dans la journée, Tajani avait récupéré un soutien de poids à l’issue du troisième tour: le groupe des Conservateurs et Réformistes européens (ECR), troisième force du Parlement avec 74 eurodéputés, dont 21 Tories britanniques, avait indiqué sur son compte Twitter qu’il le soutiendrait au 4ème tour. Antonio Sajani est membre fondateur de Forza Italia.
«Triste jour pour le Parlement européen avec l’élection de Tajani, l’homme de Berlusconi, soutenu par les libéraux démocrates et #ECR» a commenté sur Twitter l'eurodéputé et candidat écologiste à la présidentielle Yannick Jadot.
POLYGLOTTE COMMUNICATIF
Ancien journaliste de l’audiovisuel italien (RAI) puis du quotidien Il Giornale, membre fondateur du parti Forza Italia de Silvio Berlusconi, il est l’ombre de ce dernier à Bruxelles et au sein du Parti populaire européen (PPE, droite). Homme de contact, il respecte à la lettre les consignes du Cavaliere: costume sobre, cravate discrète et poignée de main ferme.
Très communicatif et polyglotte -il parle Français, Anglais et Espagnol- il est cajolé par les journalistes européens. Le problème est qu’il «parle beaucoup, mais ne dit rien», plaisante un communiquant du Parlement européen. «Mais il est habile et sent les choses en politique», fait valoir un porte-parole.
L’Italien n’était pas le postulant préféré du président du groupe PPE, l’Allemand Manfred Weber. «Tajani n’était pas son candidat. Trop controversé à cause de ses liens avec l’industrie, trop marqué Berlusconi», a confié à l’AFP un proche de M. Weber. Tajani a été vivement critiqué à la suite du «Dieselgate», en tant qu’ancien commissaire chargé de la législation aujourd’hui mise en cause sur les mesures des émissions de gaz polluants.
HOMME DE RÉSEAUX
Là est la force d’Antonio Tajani. Il connaît tout le monde au Parlement européen, où il siège depuis 1994, mais aussi au sein de la Commission européenne, dont il a été membre à deux reprises de 2008 à 2014, et au sein du Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement grâce à son mandat de vice-président du PPE depuis 2002. «Il a rendu service à énormément de gens et beaucoup d’élus sont ses obligés», a expliqué à l’AFP un responsable de groupe sous couvert de l’anonymat.
Lorsqu’il était membre de l’exécutif bruxellois, Tajani se vantait d’être le second commissaire de l’Espagne, car le socialiste Joaquin Almunia - alors dans l’équipe Barroso - était un farouche opposant du chef du gouvernement espagnol, le conservateur Mariano Rajoy. «Il n’a pas vraiment d’ennemis. Tajani c’est la politique des réseaux et de l’affabilité», précise un autre responsable.
«L’ironie dans cette affaire, c’est qu’un disciple de Berlusconi va remplacer Martin Schulz, dont la carrière politique a été lancée par Silvio Berlusconi», fait remarquer un vieux routier du Parlement, en faisant allusion à un accrochage entre l’Italien et l’Allemand, resté dans les annales européennes.
L’incident s’est produit en 2003 pendant la présentation du semestre de présidence italienne de l’UE, lorsque, excédé par les critiques de M. Schulz, Berlusconi lui a suggéré de postuler pour un rôle de «Kapo» (un détenu de droit commun qui encadrait les prisonniers dans les camps nazis, ndlr) dans une série télévisée en tournage en Italie. «C’est Tajani qui a calmé le esprits au sein du groupe PPE après cette attaque scandaleuse et il est intervenu auprès de Berlusconi pour qu’il s’excuse auprès de Schulz», rappelle Markus Ferber.
Président du Parlement européen, Antonio Tajani va chercher à se démarquer de son prédécesseur, qui a exercé un pouvoir omnipotent au perchoir. «Nous n’avons pas besoin d’un président du Parlement européen fort. Nous avons besoin d’un Parlement européen fort», a plaidé Tajani. «Je suis un homme de consensus, je veux être le président de tous les députés».


COMMENTAIRE DE DIVERCITY
BERLUSCONI AU PERCHOIR ? 

« L’ironie dans cette affaire, c’est qu’un disciple de Berlusconi va remplacer Martin Schulz, dont la carrière politique a été lancée par Silvio Berlusconi ».
Verhofstadt a fait campagne pour le poste et notre Guy national hyper-européen  a définitivement perdu la face et la partie. C’est absolument désolant. Martin Schulz incarnait avec force l’esprit européen. Tajani c’est comme une doublure de Berlusconi. Pauvre Europe.
MG






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